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FORMATION DU COMITÉ CANADIEN DES ZOUAVES PONTIFICAUX

C’est peu de temps après la publication de la lettre de Mgr. de Montréal, et soutenus par l'autorité de ces paroles vénérées. que plusieurs citoyens de cette ville se réunirent pour aviser aux moyens d'imprimer une direction commune et de régulariser les aspirations ardentes que nous venons de signaler.

En effet, malgré toute la bonne volonté, l’excellent esprit et les efforts des personnes qui s’y étaient dévouées, en essayant de le diriger et de le mener à bonne fin, ce mouvement n'aurait pu, probablement, obtenir le succès qu'il a eu depuis, sans des influences plus puissantes, une action sagement combinée, et surtout sans une organisa tion forte et bien centralisée.

En conséquence. le 19 décembre 1867, l’'Hon. J. L. Beaudry, MM. Olivier Berthelet, Louis Beaudry, Alfred LaRocque, Narcisse Valois, Dr. Trudel, Edmund Barnard, E. Lef. de Bellefeuille, F. X. St. Charles, Sévère Rivard, etc., etc. se réunirent dans une des salles de lInstitut- Canadien-Français, et s'étant constitués en assemblée régulière, ils nommèrent un comité qui fut chargé de prendre les moyens propres à assurer la formation d’un contingent canadien pour l’armée pontificale.

Les officiers suivants furent élus à l’unanimité:

Président—M. Olivier Berthelet.

Vices-Présidents—M. Ls. Beaudry, Dr. Hingston. (1)

Trésorier —M. Alfred Larocque.

Secrétaires—MM. Joseph Royal et Sévère Rivard.

A l’assemblée suivante, le 26 décembre, un comité exécutif fut formé, chargé de diriger efficacement le mouve-

{1} Voir la note ci-après p. 30.

ment et d'organiser le détachement canadien. Ce comité fut composé des officiers que nous venons de nommer et de MM. C. À. Leblanc, F. X. A. Trudel, E. Lef. de Bellefeuille, etc., et il fut résolu d'informer immédiatement les évèques et les curés du Bas Canada de la formation de ce comité et de son but, et de les prier de vouloir bien lui donner le concours de leur active coopération. Déjà, Sa Grandeur Mgr. de Montréal avait pris l'initia tive et invité tous les fidèles de son diocèse à contribuer de leurs deniers à l’œuvre de la défense du St. Siége. Pendant les quelques jours qui s'étaient écoulés entre la remière et la seconde assemblée du Comité, le 22 décemre, le vénérable évêque avait adressé à ses curés une lettre accompagnée d’une invitation à se mettre généreusement à contribution pour porter secours à N. S. P. le

Pape.

Voici cette lettre et cette invitation :

Montréal, le 22 décembre 1867.

Monsieur,

Vous recevrez avec la présente, une copie de l’Invilalion, qui sera faite aujourd'hui au prône de la Cathédrale, à l’ouverture du Tripuum qui s’y fait, et qui est comme l'ouverture de tous ceux qui vont se célébrer dans ce diocèse.

Votre dévouement à la Cause Ponlificale vous inspirera tout ce que vous aurez à dire et à faire, pour que cette Invilation soit bien comprise et mise au plus tôt à exécution ; car il n’y a pas de temps à perdre, si nous voulons que le secours, qu’il s’agit d'envoyer au St. Père, arrive à temps.

Vous reviendrez si souvent et si fortement sur l’indécence qu'il y aurait, pour les enfants de l'Eglise, de se livrer aux divertissements du carnaval, pendant que le Père commun est dans le deuil, que vous réussirez à les en détourner, du moins en grande partie.

Avec les économies que vous ferez faire par là à vos paroissiens, il ne sera pas difficile de les amener à payer chacun un trente sous; de manière qu’une paroisse de 1,600 âmes, par exemple, aurait à déposer, dans la Caisse Pontificale, 400 piastres, c'es ire, autant qu'il en faudrait pour faire les frais d’un soldat, qu’il ne serait pas diflicile, je pense, de trouver dans la paroisse même. Si c'était le cas, il pourrait être invité à faire lui-même la quête à l’église, et à vous accompagner chez ceux de vos paroissiens à qui vous jugeriez à propos de faire un appèl À arderse e pour âtteindre le chiffre de souscription demandé. Pour fournir à tous le moyen de donner sa contribution, il faudrait faire quêter aux messes basses, et inviter ceux qui ne peuvent venir ni à la grand’messe ni à la messe basse, les jours fixés pour la quête, à vous envoyer leur souscription.

Au reste, je pense que le Nouveau Monde vous donnera d'utiles renseignements, dont vous pourrez vous servir avec avantage, pour enflammer tous les cœurs de ce généreux dévouement, dont tous les

enfants de l'Eglise doivent faire ouvertement profession, dans cette solennelle circonstance, qui sera peut-être la seule de ce genre à enregistrer dans les annales de l'Eglise.

Aujourd’hui, 46me anniversaire de mon diaconat, je suis heureux * d’avoir occasion de montrer au digne successeur de St. Xiste II quelque chose du dévouement de St. Laurent pour son Pontife et Père chéri et vénéré. Aussi, ai-je tâché de me bien pain de ces sentiments affectueux qui animaient le Père et le Fils, et que nous a conservés la légende de ces deux Saints. Quo progrederis sine filio, Que ? Quo, sacerdos sancte, sine ministro properas ?.…… Non ego le desero, fit : majora te manent pro Christi gs cerlamina.

Au reste, n'oublions pas que le n 1 de Montréal fut gravé, en 1854, sur une des colonnes de St. Pierre, et enrégistré au Capitole, en 1862. Puisse-t-il aussi figurer, avec honneur, dans les rangs de l’armée pontificale, dans le temps présent et à venir! Cette gloire nous est déjà acquise, comme vous le savez; il n’est plus question que de la soutenir.

de suis bien cordialement, Monsieur, Votre très-humble et dévoué serviteur,

+ Ic., Ev. DE MONTRÉAL.

INVITATION DE MGR. L’EVEQUE DE MONTREAL A SE METTRE GENEREUSEMENT A CONTRIBUTION POUR PORTER SECOURS A N. S, P. LE PAPE,

Le Souverain Pontife est assiégé de mille angoisses et exposé à d’imminents dangers, pour l’amour de l'Eglise.

L'Univers Catholique en est vivement ému et profondement affligé. De là ce dévouement inouï et inconnu aux siècles passés, qui, comme un courant irrésistible, entraine les cœurs des vrais enfants de l'Eglise vers les collines de la Ville Eternelle. Tous se rallient autour de la Chaire Apostolique, pour la défendre, selon la mesure de leurs moyens, parce qu’ils comprennent que l’union de la famille chrétienne fait sa force.

Ce dévouement a créé ici, comme ailleurs, un mouvement de patriotisme religieux parmi nos jeunes gens, qui veulent à tout prix s’enrôler sous l’Etendard Pontifical, afin de combattre les combats du Seigneur, pour la défense du St. Siége et de l'Eglise toute entière, qui n’ont qu’un seul et même intérêt. Car qui attaque la tête attaque tout le corps, toute la famille chrétienne.

Or, pour que les aumônes puissent se recueillir plus facilement, voici quelques suggestions que nous abandonnons à vos bons cœurs.

1° Il se fera dans chaque église trois quêtes, à chacune desquelles chacun donnera dix sous, pour former plus facilement les trente sous qu'il faudrait donner pour atteindre le chiffre de 100,000 piastres, mentionné plus haut.

2 Chaque curé est invité à faire un appel particulier, et à domnicile, à ceux de ses paroissiens qui étant avantagés des biens de la fortune, ne voudraient pas se contenter de cette modique somme

3° Les parents sont invités à exhorter leurs petits enfants à faire le sacrifice de ce qu'ils ont coutume de leur donner pour étrennes, jeux, toilettes, etc., afin que leur offrande au Père commun, étant le prix d’un sacrifice, leur soit plus méritoire.

4 Les entrepreneurs, chefs d'ateliers et bourgeois feraient très bien d'engager leurs compagnons, apprentis et autres sous leur domination à se mettre ainsi à contribution, suivant leurs moyens.

Dans notre Lettre Pastorale du huit courant, Nous vous parlions, N.T. C.F., de ce mouvement laïque, tout en vous faisant observer que nous y demeurions étranger, mais que Nous le bénissions de tout notre cœur.

Dans cette même Lettre, Nous vous disions que la population de ce diocèse étant environ de 400,000 âmes, nous pourrions réaliser 100,000 piastres, si l’on prélevait seulement trente sous par tête. Or, la présente /nvilalion est pour en venir à l'exécution; et à cette fin, nous allons tous, riches et pauvres, grands et petits, nous exécuter généreusement, et prouver une fois de plus que quand il s’agit des intérêts de la Sainte Eglise, notre Mère, et de son Auguste Chef, nous savons faire des sacrifices. Voici entr'autres ceux qui se présentent d'eux-mêmes à notre dévouement filial.

1° Faisons avec une vraie ferveur, le 7riduum de prières demandé par le Saint-Père, en assistant fidèlement aux exercices du matin ou du soir, en faisant de bonnes confessions et de ferventes communions, et en priant aux intentions du Souverain Pontife, pour gagner, pour nous et pour les saintes âmes du purgatoire, les indulgences qu'il a bien voulu accorder. La ‘bonne prière, ne l'oublions pas, est {outepuissante.

2 Ajoutons la mortification à la prière. Or, qu’une des mortifications et pénitences que nous nous imposerons, soit de rous priver des plaisirs du carnaval, qui malheureusement a coutume de commencer quand se termine la grande solennité de la Naissance du Sauveur, et qui d’ordinaire se prolonge jusqu’au saint temps du Carèême. D'ailleurs, tous les bons enfants de l'Eglise n'auront pas de er à comprendre qu'ils serait honteux pour eux de fréquenter les bals, les soirées, les partis de plaisirs, les maisons de jeux, les auberges et autres où l’on a coutume de faire tant de folles dépenses, pendant que notre Père, le meilleur de tous les Pères, est dans une profonde afiliction. Car enfin, tous les enfants qui ont un bon naturel doivent partager le deuil de leur père. Donnons au Pape le fruit de nos épargnes, pendant ces jours de carnaval, et nous nous trouverons plusriches et plus heureux. . 3° À la prière et à la mortification, joignons l’aumône qui est toujours si efficace, surtout quand elle a un objet grand, nobie et saint, tel qu’est celui dont il est ici question, puisqu'il comprend les intérêts religieux de l’univers entier.

Souvenons-nous, N. T. C. F., de ce bel adage: Le Jeuet la débauche ont ruiné des milliers de familles, l'aumône n’en a pas appauvri une seule ; ou cet autre: En donnant au Vicaire de Jésus-Christ, c’est à Jésus-Christ lui-méme que l'on donne.

Daigne le Seigneur répandre sa bénédiction sur cette Invilalion, et lui faire produire des fruits de charité, de zèle et de dévouement.

Daigne aussi la Divine Providence rendre le centuple aux bons re de l'Eglise qui, en donnant au Père commun, prêteront à Dieu ui-même !

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