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Rome est une ville à part, une ville unique. Comme il n’y a qu'un soleil pour éclairer l'univers, il n'y a qu’une Rome au monde, d’où viennent, avec la lumière d'en haut, la règle et l’autorité. Prendre
Rome à elle-même et au monde, c’est arracher le soleil au firmament.
Insensés ceux qui voulaient s'emparer de la Ville-Eternelle, comme si elle était à eux ! Non, Rome n'appartient pas à l'Italie, parcs que la Ville maitresse du monde ne peut appartenir qu’à son Pc. ‘ife-Roi ; Rome r’appartient pas à l'Italie, parce qu'elle est la reine des nations par l’antiquité et la majesté !
Elle doit demeurer à jamais ce qu’elle est, pour le bien de l’Eglise et du monde.
Continuez donc votre marche, vous, ses défenseurs accourus de si loin. Jamais plus noble cause n’arma un bras d'homme, et ne mérita mieux un si noble dévouement. Partez, que les anges vous accompagnent, et que les flots de la mer s’abaissent sur ‘otre passage.
Arrivés au terme de votre voyage, restez toujours dignes de la cause que vous êtes venu servir, et soyez fidèles à votre mission.
Nous venons d'offrir à votre intention le saint sacrifice de la messe ; nous continuerons de prier pour vous, unis à votre œuvre, avec cette attachement que tout catholique doit avoir pour Rome, dans son cœur et dans sa foi.
Les Zouaves ne voulurent pas laisser Paris sans remercier M. Hamon de ses bonnes paroles, et ils lui firent parvenir l'adresse suivante :
Au RÉVÉREND MESSIRE Hamon.
Monsieur,
C'est un beau jour pour les vingt-huit Zouaves du Canada que le 15 juin. Comment pouvons-nous vous remercier de tant de douces paroles qui jettent la paix dans l’âme ? Oui, Révérend Monsieur, nous avons laissé nos familles, notre patrie, nous foulons maintenant le sol de la noble France; dans quelques jours, nous serons dans la capitale du monde entier. Nous avons fait un sacrifice bien naturel. Pourquoi donc tant de louanges? A peine étions-nous dans ce monde que le signe de la croix nous fit enfants de l'Eglise. Plus tard, le beau jou de notre confirmation, nous fûmes soldats du Christ. Eh bien!
e gore des armées du Christ nous appele sous son drapeau. Comme le Français, le Canadien a sénti que était le devoir et l’honneur, nous y allons. Les bénédictions de nos évêques mirent notre cœur en paix; nous étions calmes, la tempête ne nous effrayait pas, l’Etoile était là. Vos bénédictions et vos prières, Révérend Monsieur, nous font dédaigner le fer de l'ennemi. Faibles arbrisseaux au pied du chêne séculaire de la Papauté, nous braverons les vents révolutionnaires ; nous tomberons peut-être, mais avec honneur. Le Canadien est brave parce qu'il est Français. Quelle récompense alors, pour un sacrifice tout humain! Ne nous louangez pas, ces louanges appartiennent à ceux qui sont tombés; priez pour que nous soyions leurs fidèles imitateurs.
Après un heureux voyage à travers la France, le troi sième détachement parvint à Rome le 19de juin, quelques jours avant la fête St. Jean-Baptiste, dont la célébration
articulière par les Zouaves Canadiens a été racontée dans es journaux d’une manière complète. Les Canadiens se rappelleront longtemps, nous n’en doutons pas, cette première fête nationale, chômée sur la terre étrangère, à dix-huit cents lieues de la patrie. Lorsqu'ils seront revenus dans leurs ioyers, ce souvenir sera, sans doute, l’un des plus doux de leur long voyage et l’une des plus agréables réminiscences de leur lointaine expédition.