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Le Canada-français et la providence [microforme]

Je crois devoir donner une forme, un corps à ces articles pour lesquels un ami généreux a bien voulu laisser à ma disposition, pendant plusieurs semaines, quelques colonnes du Journal de Saint-Roch. Plusieurs raisons m'ont sollicité à le faire ; j'expose ci-dessous les deux principales.

ÊN PREMIER LIEU, j'ai considéré que ces articles développaient avec quelque étendue la pensée dominante d'à peu près tout ce que j'a! écrit depuis cinq ans.

J'ai toujours eu une foi très-vive dans l'avenir de notre race. Cette foi s’est éveïillée en moi, lorsque j'étais encore sur les bancs classiques du Petit-Séminaire de Québec, en étudiant l’abrégé de notre histoire nationale. Elle s’est 1ortifiée plus tard par ia lecture de nos grands ouvrages historiques, et surtout des Considéralions de Mgr. l’évêque des Trois-Rivières sur la société civile. Alors, elle m’a inspiré la pensée d’une mission particulière : celle de rappeler sans cesse à mes compatriotes que nous devons à la protection de la Providence d’être demeurés français et catho-

liques ; qué cette protection nous impose le devoir de propager en Amérique la vérité religieuse, et que si nous manqnons au but à nous désigné par Dieu, nous mériterons d’être punis comme yrace, et de disparaître, comme nation distincte, de la scène du monde.

C’est par obéissance aux conseils de cette foi de ma conscience de canadien-français que j'ai donné aux journaux quelques écrits contre le libéralisme dit catholique, parceque ce dernier système politique place la Religion et l'État dans deux sphères étrangères l’une à l’autre, à l'effet que l'Etat puisse repousser la royauté sociale du Christ, et par conséquent soit indépendant de toute autorité morale et religieuse. Or, mes idées sur notre nationalité ne peuvent pas être comprises si l’on n’admet pas cette VÉRITÉ : que l'État est dans l’Église, et subordonné à Elle en toute matière purement spirituelle, ou même mixte, qui intéresse les âmes.

Les articles que je renouvelle en cette brochure sont la reprise d’une étude publiée en 1872, dans les colonnes du journal Le Courrier du Canada, et intitulée “l'AvENIR.” Mes articles d'alors concluaient comme ceux d'aujourd'hui. Un de nos confrères montréalais les jugea remarquables, mais il jugea aussi que je regardais trop le Ciel. Je n'ai pas jugé, et je ne juge pas encore

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) comme lui ; mes lecteurs s’en apercevront bien, du reste. Je pense avec l’Église, que, mème lorsqu'il s’agit d'entreprises matérielles, il faut lever les yeux là d’où les bénédictions descendent.

Cette brochure donne donc une forme vivante à la pensée qui a toujours dirigé ma plume, depuis que j'appartiens au journalisme.

EN SECOND LIEU, j'ai considéré que, par le temps qui court, ces quelques pages mises en brochure peuvent être utiles à mes compatriotes. L'idée en est bonne. Et aujourd’hui, surtout, qu'un certain nombre d'anglais à Ontario, et ailleurs, ne perdent pas une seule occasion d’insulter à nos convictions nationales et à nos croyances religieuses, la publication de mon travail a toute son opportunité.

Et voilà comment il se fait que je suis l’auteur d'une brochure. (Ces articles m'ont donné beaucoup de travail ; l’idée de les mettre en cette nouvelle forme encore plus. Il a fallu solliciter des souscripteurs ; j'en ai trouvé suffisamment pour faire écouler deux mille exemplaires.

Que ces généreux souscripteurs veuillent bien . accepter l'expression sincère de ma reconnaissance.

Pxinippe Masson.

Saint-Roch de Québec, } ce 24 Juin +875. \

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gnons pas faire de politique, ni toudes questions ardues et particud'hui, que le Journal

Nous ne V cher à aucune lièrement périieuses aujour de St. Roch à laissées en dehors de son PTO” gramme. Écrivant pour notre nationalité, nous vons bien plutôt en vue de lui exposer es

sentiments d'un patriotisme vrai et sans préjugés, que de servir les intérêts d'une coterie poli- Nous nous tenons donc

tique pra qu'elle soit.

scrupu eusement à l'écart de toutes le rivalités

qui se montrent le poing, et sans méme les regar”

der combattre nous nous contentons de puiser, aux sources de l'histoire et de la philosophie.quelues cons ir de notre

idérations morales sur l'avenir nationalité et sur

avenir nous commande.

pour tous nOS hommes publics, quelles que soient

leurs opinions et leur manière d' envisager les

moyens de servir la Patrie ; respectueux envers les gloires de tous les camps, parce qu'elles sont nos gloires nationales ; Sans rancune et sans : haine envers aucun parti, parce qu'aucun parti

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ne nous a jamais fait de mal, et que nous £

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trop jeune encore pour avoir à nous plaindre ou à nous venger, nous mettons toute notre ambition à plaire à tout le monde, et à ne froisser personne, à parler à tous ur langage entièrement fraternel, et renfermé dans le silence de notre âme, à méditer avec nos lecteurs les destinées providentielles de la race française en Amérique.

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