PREMIERE PARTIE
Nos destinées providentielles ! Mais, est-ce que la Providence règle les destinées (’une race, d’un peuple, d’une nation ? Ne restreint-elle pas l'influence de son action à l'individu ? ou l’étendelle encore à tous les individus qui forment un corps, une sociét® ? C'est-à-dire agit-elle seulement sur l’homme solitaire ? ou agi:-elle aussi sur ce composé que l’on nonime le peuple, et qui réunit en un seul tout les milliers d'hommes qu’il renferme ?
Et d’abord : qu'est-ce que la Providence ?
Le mot Providence, pris dans scn sens rigoureusement exact, exprime la suprêine sagesse de Dieu gouvernant le monde. Lu Providence (comme l’écrivait nn grand polémiste catholique, en 1842,) est “ la conduite de Di>u sur toutes les choses créées, la puissance qu’il déploie dans l'administration du monde, l’impalsion irrésistible qui fait tout obéir à ses desseins ; conduite
% souvent impénétrable à nos regards ; puissance
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souvent effrayante à nos cœurs, souvent form:dable à nos péchés ; mais, après tout, conduite, puissance, foïce, providence, en un mot, d’un Dieu souverainement bon, souveraineinent sage, souverainement miséricordieux, qui ne veut que le sälut du pécheur, quand nous croyons qu’il veut sa mort; quine craint pas de nous éprouver ici par beaucoup d'arigoisses, de nons purifier par beaucoup de vunitions, parce qu’il connait aussi bien que les nécessités de sa justice, les secrets de son inépuisabie clémence et de son éternité.” |
La Providence, c’est Dieu veillant à l'observation äes lois donc Il a si merveilleusement coor?.,ané l’assemblage, en créant le monde, faisant résulter de leur accomplissement de grandes récompenses pour les hommes, et de leur violation des châtiments quelquefcis terribles, des événements désordonnés puisqu'ils découlent d’une transgression de l’ordre, mais où Dieu trouve encore à exercer sa justice et sa miséricorde.
Loïn de nous la pensée de faire de la Providence quelque chose qui ressemble au dieu Haserd des matérialistes ct des athées, c’est-àdire à une inexorablie fatalité qui aurait invinciblement réglé d'avance le marcar des événements et les actions h:maines, en sorte, par exenple, que l’irrésistible destinée d'une époque serait de voir surgir des révolutions et des massacres de tous les côtés, et ceile d’un mme de mourir sur l’échafaud pour avoir iué son semblable.
De toute éternité, Dieu a prévu te“ites choses;
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ChOSES ;
Il à connu la direction que les hommes donneraient à leurs actions, le but particulier où chacun d'eux pousserait ses aspirations ; son regard à pénétré jusqu'au fond de Ja plus secrète pensée des hommes qui n’existent pas encore.
Dieu a lu dans l’avenir mieux que nous ne lisons dans le passé, car pour nous le passé a toujours des ombres que ne dissipent point les plus éclatentes lumières de !’histoire, tandis que Dieu a lu dans l'avenir au sein d’une ciarté infinie à laquelle il n’y a pas de ténèbres qui résistent.
Oui, Dieu à prévu toutes choses : Il a su d'avance que l’homme se révoltersit centre son Créateur et son Maître, que cette révolte engendrerait le désordre dans la famille humaine, que ce désordre couvrirait la terre de vices et de misères. Mais cette révolte de l’homme, connue de Dieu, n’a pas été décrétée par Lui. Il a fait une créature libre, libre de choisir entre le bien qui seraït la conséquence infaillible de l'observation fidèle des lois qu’Il avait posées, et le mal qui pourrait suivre de la violation de ces mêmes lois ; libre d’être het, use en ne touchant pas au fruit défendu, libre d’être malheureuse en écoutant les subtiles inspirations de l’orgueil ; libre d’obéir à Dieu ou au démon.
Le péché de nos premiers parents fut un péché horrible. Un néant que Dieu, par pure bonté, avait retiré d’un chaos informe, et tout impuissani, sans souflle et sans vie ; un néant auquel Dieu avait denné l’inteliigence et l'empire sur les chosés créées ici-bas, se révolta contre Celui qui lui avait donné cette royauté, et voulut
ire MPa
; dont il le tenait !
Dès lors, le mal naquit dans le monde, non pas
lonté de Dieu, mais bien par la volonté,
soumettre à SOI empire Celu
par la vo
ar le choix libre, intelligent et raisonné de Tn 1838, le Révérend Père Lacormi :— Tu sunposes toujours
eu qui a fait le monde comme il est,
et je t’assure qu 1 Le mal es l’homme s'est préféré à Dieu... L'homme a mal choisi, et le mal a été la suite de cette élection
fausse.” :
La Providence n est donc pas un tyran qui ait donné d'avance une direction irrésistible aux
actions humaines, et les événements Au? se bien que
assent tous les jours SO"È nos veux, permis par Elle, sont plutôt la conséquence et
la suite de nos actions, que des faits nécessaires
dérivant d'une Force Absolue qui ne nous laisserait ni liberté, ni aucune part de response” bilité, et qui nous nènerait bon gré mal gré, les
uns dans la voie du mal, les autres du bien. L'homme a été créé libre ; il s'est servi de sa liberté pour détruiré l’orâre établi
ar la Providence et d’où ne pouvait découler Ÿ t résultés
ue du bien ; il a choisi le mal d’où son
{fous les malheurs ni pèsent sur JU: Ce choix éteit infame ; 1 était l'acte d'ure ingratitude monsirueuse. Et pourtant, Dieu n’a pas rejeté ce ver de terre qui se révoltait contre Lui ;
Il en a eu pitié au conireire, et, docile aux
inspirations de sa miséricorde infinie, J1 nous à envoyé 84 Providence, e est tonjours au milieu jen que nous faisons,
de nous, bénissant le
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qui le aux qui se n que ce et asaires » nous sponsagré, les la voie il s'est , établi lécouler résultés lui. Ce e ingTan’a pas tre Lui ; cils aux [1 nous à u milieu . faisons,
nous punissant du’ mal que nous commettons par les suites de ce mal même, faisant servir notre malice et nos misères à nous instruire de nos devoirs et des conséquences funestes de la violation des lois divines, à nous éprouver, à nous faire marcher dans la voie de notre salut. à montrer ceux qui trouvent l’abîme infernal au bout de la voie qu'ils ont choisie et librement suivie, à les montrer, dis-je, en exemple à ceux qui seraiént tentés de marcher après eux.
Voilà ce qu’est la Providence : l’acte de Dieu sgouvernant toute chose dans le monde, employant le mal qu’Il n’a pas fait à servir le bien qu’Il destine aux hommes, le Aésordre à prouver l’excellence de l’ordre, le vice à faire honorer et aimer la vertu, et faisant tout correspondre à ses vues éternelles, ce qui est la suite du choix libre de l’homme pour le mal, comme ce
“qui 4’ oule de l'observation fidèle des lois qu’Il
a etablies.
Maintenant, revenons à la question que nous nous sommes posées tout d’abord au commencement de ces considérations. : La Providence est une, comme Dieu est un ; au fond, élle n’est pas autre chose ae Dieu même agissent dans le monde. Or, cette Sainte Providence s’occupet-Elle seulement de l’homme pris individuellement ? En un mot, pour rendre notre pensée plus claire, un peuple a-t-il comme peuple, des devoirs à accomplir envers Dieu ? Ni cette thèse est démontrée, il sera clair ensuite que la même Provideuce aui instruit, éprouve, récompense ou puñnit l'individu, instruit aussi, éprouve, récompense ou puürit ies peuples.
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