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ia menace leur prédisait le châtiment contre la révolte, les encourager et les exciter à suivre la voie tracée par l’ ordre divin.
Le péché originel eut de prompts et tristes résultats, bien propres à nous éclairer sur la puissance de la volonté humaine en rébellion contre la volonté de Dieu. Nos premiers parents furent jetés dans ua séjour plus éphémère et la mort se produisant tous les jours devant leurs yeux, sous un millier de formes Aifférentes, sur un sol arrosé de leurs sueurs, leur rappela sans cesse la menace redoutable qu'une vie trop heureuse leur avait fait oublier. ÆEt la promesse éternelle subsistant malgré la punition, la misère qui pesait sur eux leur fit trouver bien douce à accomplir la loi divine qu'ils avaient violée ; au milieu de leur repentir et de leurs larmes, il leur fut moins difficile de ne pas s’attacher à une terre ingrate semée de ronces et d’épines ; l’ordre que le tentateur leur avait montré comme oppressif et orgueilleux leur apparut désormais comme une espérance, et ce put être pour eux une consolation à leur immense chagrin de se dire, comme plus tard Saint Paul aux Hébreux :—Non habemus hic manentem civilatem, sed futuram inquirimus.
Dès l’origine, l’homme apprit donc que cette terre n’était qu’un lieu d’épreuve, et ne renfermait rien à quoi ses vœux ni son cœur pussent s'attacher définitivement. Sorti du soutile de
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Dieu, destiné à se reposer pendant toute une
| éternité sur le sein de ce Dieu, il se sentit de
suite étranger à tout ce qui l’entourait ; de suite, mille instincts intimes le poussèrent à des aspi-
rations incapables d’être satisfaites ici-bas, et portèrent son âme dans des régions supérieures incapables d’être contenues entre les bornes de ce monde. Sa propre nature, ses propres sentiments, ses propres tendances, comme un souvenir de la Patrie dont il était l’hôte futur, mais l’exilé actuel, comme qui dirait une pensée encore au moule dans la pensée de Dieu, tout cela évoquait sans cesse en lui une origine à laquelle 1l était rappelé sans cesse comme à son but, comme à son terme, comme à sa fin dernière.
Cet être étrange, dont les merveilles mêmes du”Paradis terrestre ne pouvaient pas arrêter les aspirations ni les désirs, avait reçu dans son cœur un besoin infini d’amour auquel un Dieu infini seul pouvait satisfaire pleinement. Néanmoins, le Créateur voulut contenter une partie de ce besoin de l’homme, en créant la femme.
Adam, voyant cette créature tirée de la meilleure partie de lui-même, s’écria transporté d’ameur : —* Voilà l’os de mes os, et la chair de ma chair ! ”—Ce fut là l’origine de ia société. Ainsi, cette dernière naquit au sein du Paradis terrestre, par la co-opération et sous le regard de Dieu, composée de créatures libres et pourtant sujettes aux lois divines, plus éclairées et plus intelligentes ab de toutes celles qui sont venues après elles dans la suite des temps. C’est de là que date, non pas le prétendu contrat social imaginé par le dix-huitième siècle,. ni moins encore la société sauvage, mais la vraie société civilisée telle qu’elle existe dans les pays où les hommes vivent sous des lois qui respectent la loi de Dieu. |
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La philosophie du dix-huitième siècle, rebelle à tout frein, révoltée contre toute idée de domination, ne savait pas au juste quels étaient les droits de l’homme, et ignorait plus encore quels étaient ses devoirs. Le matérialisme en était le fond. ‘Aussi faisait-elle de l'homme une bête, ayant un peu plus -d’insticts qu’une autre bête, mais qui n'avait plus rien à prétendre au delà de cette vie. Et son matérialisme était l’incarnation de l’égoisme le plus abject. Après nous, le déluge ! La société civilisée était la cause de la corruption des mœurs, prétendait-elle, et cette corruption engenürait parmi les hommes des faiblesses, des misères, des maladies, des désordres dont la société civilisée était encore tenue pour la cause directe. Le remède était le retour à la barbarie sauvage.
En examinant de près cette barbarie, elle y aurait pourtant trouvé des croyances repoussées par ses doctrines, une certaine civilisation qui aurait effrayé son matérialisme, et des sentiments de générosité que son égoïsme n'aurait pas voulu accepter. Le sauvage croyait qu'il avait été mis au monde par un ftre suprême; il croyait à une sorte de providence représentée par une foule de dieux qui se partageaient la tâche de gouverner le monde ; il n'aurait pas voulu croire que les animaux qui le nourrissaient n’eussent pas un sort différent du sien après la mort. Le sauvage gardait avec un scrupuleux respect les traditions du passé ; il s’efforçait de les main-
2 tenir intactes, et toute son ambition tendait à
en jeter le germe impérissable dans l'avenir. Il avait des chefs auxquels il obéissait, des habi-
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tudes, des mœurs et des usages dout il était jaloux ; il formait partie d’une tribu à laquelle il était fier d’appartenir ; il avait des enfants qu'il élevait dans cette fierté, dans ces habitudes, dans ces mœurs, dans ces usages, et dans l’obéissance aux chefs.
A société sauvage n’était, donc pas encore la réalisation des rêves de la philosophie du dixhuitième siècle, car ce que voulait celle-ci : c'était l’homme sans passé et sans lendemain, l’homme délivré du joug des traditions, du joug des usages, du joug des lois et de l’homme, et de tous les jougs possibles, même de celui d’enseigner l’avenir.: Des hommes assez heureux pour naître à une époque où ils pouvaient rejeter tous les enseignements, ne devaient-ils pas logiquement faire la supposition que le jour qui leur donnait tout-à-coup cette lumière, ne la retirerait pas à leurs descendants ?
Insensés ! ils ne s’apercevaient pas qu'ils étaient le crépuscule d’une nuit affreuse qui s’avançait à grands pas, et allait envelopper dans ses ombres ce qui restait de lumière au monde ! Ils forgeaient les ténèbres dont la débauche et le vice sous toutes les formes profiteraient pour essayer le dernier coup contre Dieu et son Christ, et ils criaient : Fiat lux !
Fiat lux ! Le Créateur l’a faite, cette lumière indélébile à laquelle le monde a bien fermé les yeux, mais qu'il n’a jamais pu empêcher de
l’éclairer. Le dix-huitième siècle est mort dans ses ténébreuses orgies, enfantées par l’extrava-
gance de sa philosophie, maïs la vraie lumière, celle que Dieu a créée, subsiste encore, et c’est à
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ses lueurs bienfaisantes que nous revenons aux sentiers perdus de notre origine.
Fiat lux ! Elle a été faite pour nos pre uiers parents, et c'est sous l'éclat de cette lumière
ue la société a reçu la vie, et accepté sa mission, dès le commencement du monde.
N'’existant que .pour l’homme, et n’existant que par lui, n'étant pas, même à proprement parler, un être distinct puisqu'elle s'efface dès que l’homme disparaît, la société réunit ensemble toutes les forces et tor.tes les ressources individuelles, ec les emploie pour le plus grand bien de tous, sans nuire aux droits ni à la liberté de chacun. Elle répond à ce vaste besoin que l’homme sent au fond de son cœur d’aimer, d’étre aimé, de se répandre, de se communiquer, de donner et de recevoir. Elle est donc fondée sur 15 nature la plus intime le l’homme ; elle est la conséquence, non-seulement logique, mais encore nécessaire de ces nobles sentiments que Dieu a :nis dans le cœur humain.
Née avec l’homme, sa mission a commencé de suite. Son devoir principal, c’est d’aider l’individu à atteindre sa fin dernière, c’est de lui préparer la voie, de lui indiquer tout le chemin. L'homme n'est en ce monde que pour aïmer Dieu, le servir, et par ce moyen acquérir la vie éternelle. Il ne doit user des richesses, de l’influence de sa position, des honneurs que comme des moyens à employer pour gagner le Ciel. La pauvreté, les abandons, les chagrins, toutes les souffrances doivent le réjouir plutôt que l’abattre et le décourager, car, $ ] se consulte, il sent que rien en ce monde ne pourrait encore le laisser
sans regrets, et s’il regarde son devoir, il reconnaît qu'il n’est pasici-bas pour jouir, et que ses misères ne sont que les accessoires de l'exil. Fait our être herreux, il souffre ; puisqu'il souffre, il est donc exilé ; puisqu'il est exilé, il n’a donc d'occupation vraiment sérieuse que de retrouver le vrai chemin de la Patrie. Aussi, la société doit-elle le respecter dans cette occupation, et le iaisser libre dans cette recherche. La liberté la plus essentielle à l’homme c’est celle de se sauver. La société doit nonseulement permettre cette liberté ; son plus essentiel devoir, c’est de la favoriser, de l’encourager, de lu; faire le champ vaste et grand, de la protéger et de la défendre. |
Primitivement, une seule famille constitua Ja société. Bientôt un grand nombre de familles surgirent, et vinrent agrandir la société. Les hommes se mnltipliant à l'infini,il y eut division, et alors se formèrent les peuples. Un veuple est une société particuiière, composée d’un plus ou moins grand nombre d'individus associés ensemble pour vivre sur un même sol, sous un même soleil, à l'ombre des mêmes lois et des mêmes institutions. L'homme y ayant transporté les mêmes droits et les mêmes devoirs, cette soviété a donc la même mission protectrice à exercer envers lui. :
Les hommes, séparés après la confusion des langues, oxblièreuc le; enseignements divins et se jetèrent dans les voies du pagan'sme. C’est là qu'il faut remonter pour retrouver l’origine de ces famsux empires de l'antiquité, qui donnèrent au monde l’exempis d’une civilisation
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qui honore encore le génie de l’homme, mais qui montre en même temps son impuissance à
fonder quelque chose de vraiment beau et de
vraiment civilisé, sans les lumières de la vraie religion. Là encore, commencèrent ces sociétés d'hommes moins intelligents, préférant l’indépendance d’une vie nomade à l'embarras %° faire des lois et de s’y soumettre.
La miséricorde divine vint au secours de l'humanité, Abraham, demeuré fidèle aux traditions du Paradis terrestre, fut appelé à former un peuple qui conserverait le dévit des vérités que Dieu avait enseignées au monde.
Désormais, le peuple juif est né. Lisez son histoire, et dites que les peuples n’ont pas comme les individus, des devoirs à accomplir envers Dieu, et que la Providence ne récompense pas leurs actions bonnes, et ne punit pas leurs actions mauvaises ! Quand il ÿeut châtier son peuple ingrat et rebelle, Dieu fait lever contre lui des milliers d’enremis, qui l’oppriment après l’avoir vaincu et fait prisonnier. Mais si son peuple se repent ei lui adresse de ferventes prières, Dieu alors se laisse toucher. Il pardonne, et Sa Provideuce suscite un autre peuple qui vient le venger du joug tyrannique que le vainqueur des Juifs avait fait peser sur eux. On retrouve des exeraples de ce genre À chaque page de l'histoire sainte. Dès les premières lignes presque, on y lit le récit d’un fait qui annonce d'une manière frappante l'intervention de la Providence : les eaux de la mer Rouge ouvrent un passage à pied sec aux enfants d'Israël, ruais elles sé rejoignent an moment où toute l’armée
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de Fhsraon est lancée à la poursuite des premiers, et l’engloutissent toute entière.
Nous terminons ici nos considérations générales. Nous pourrions les «mplifier davantage, et nous devrions le faire même, afin de rendre notre étude plus cozaplète. Dans les enseignements donnés par l’histoire de l’ Eglise, et dans ies ouvrages des philosophes catholiques, nous puiserions de nouveaux aperçus très-lumineux sur l’action de la Providence dans le monde.
Malheureusement, ni l’espace, ni le temps, ni nos études professionnelles ne nous permettent ce travail. Tout ce que nous avons fpu faire, c'est d’avoir amplifié ces considérations suffisamment au moins pour justifier le point de vue auquel nous allons nous placer dans nos considérations sur le passé, le présent et l'avenir de la race canadienne-francçaise.
SECONDE PARTIK.
C’est dc’ic une thèse établie et démontrée par l’histoire et la philosophie, par le bon sens et la tradition, que les peuples ont, comme les individus, l'obligation de servir Dieu ; qu’ils sont récompensés lorsqu'ils l’accomplissent, et qu’ils sont punis lorsqu'ils la transgressent, sujets ainsi à l’action irrésistible de cette Providence qui gouverne le monde depuis qu’il est créé, et qui fait tout servir aux vues éternelles du Créateur, le montrant sans cesse comme le seul et vrai centre de coute sagesse, de tout ordre, de
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Appliquant à l'histoire! nachionitèré ds Moto patrie nos considérations: gémérales sur: la conduite de la Providence àl'égard des peuples, nous: posons d’abord cette question :-- Dieu at-il protégé d’une manière:toute spéciale le Canadu- Français ?et nous :répondons : oui.! Or, Dieu \’ag’ssant jamais au “hasard et no faisant rien sans un: moti£' réglé ‘par: sa: sagesse infinie, il s'ensuit que: cette protection divine .vute spéciale, visible à toutes les pages de notre histoire,
-en' nous conseïllant l'espoir en:l’avenir: nous
commande'de méditer sérieusement nos dévoirs présents. :: La première question résolue, celle-
‘ci la suivra donc -Avotisnous une | viséion
providentielle à exercer dans l'avenir ?--à laquelle nous répondrons eaéore: oui. :Enc ce cas, sion: quels sont nos devoirs actuels ?- : Le reste de: notre étude ‘8e diviser donc en trois points. :: L ÆEt d’abord :--Dieu: at-il protégé: ve ma-
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