COUP'D'ŒIL SUR! NOTRE MISTOIRE
“Consultons nos poëtes, nos ‘historiens,/nos orateurs, nos écrivains-journalistes, ce sont'autant devoir qui: proclament à l’envi que nous sommes cé que: Dieu nous à faits,' 1 Recueillons ces échos sacrés qui retentissent danblos:chaires de: nos églises, Chacue' année, le jour de notre
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belle fête nationale, lorsque nous nous pressons \
en foule au pied des saints autels, pour y faire F
à Dieu l’offrande, de notre foi et. dé notre
1 patriotisme. Ecoutons. ces: émotions si douces
" et si: consolantes Qui remplissent nos cœurs, lorsque, tout. petits enfants :ehrore, nos mères
nous parlent du passé national, :n nous berçant
| il tendrement sur leurs geponux.:: Enf£n, sppeloué- Fr b en tous à notre propre témoigrage.: L À N'est-ce pas que. nous. so/nmes: ss sm
gâtés du bon Dieu ?.que nous sommesvraiment, en: Amérique, sén-peuple de; prédilection ? | :«N’estsce, pas que nous, devions: ärrévocable- ; ] 112) ment périr, sans; une, assisiance toute particu- | | lière dela: Providence, ei que nous sommes | 1 aujourd'hui :: miracle pérs stant de la protegtion n divine ? 4 1 ‘ Aujourd’ hui, pot ais ps” lice et resriéetés, : il nous possédons Je présent, et mous tenonsle sceptr> de lävenir.! Nous commandans! en | d maîtres sur les rives Gu St. Laurent, et mous faisons ; éntendre ai: sein: d'Ottawa, aux pro- À £ / vinces n6s rivales, an voix: qu’elles honorént " quand l'organe qui la fait retentir comprend les devoirs de sa mission. ÿ8 C’est un homme de notre sang et de notre P6 race, qui représente à nos yeux, la domination de la vieille Alpion.
«N'est-ce. Has que nous one grands, ours, confants? 01ilerroi QE. 2 Li Et : pourtant hi. hote, nous étions, asent- É, D jettis, tyrannisés, foulés aux pion: parenixpou- D 14 voir brutal:et oppresseur, : :5:5 re l ::On:vonlait détruire l'idée: fr angine 6 en. x dsnËt ”
rique... Pour cela, de quels:moyens n’a-t-on pas essayé ?: L'on s’est attaqué surtout à no’re foi
* de catholiques, et sonr faire de nous des apostats,
lon:a tout tenté pour nous arracher notre langue, nos lois, nos institutions, tout ce que l’on nous avait solennellement: promis à Québec, à Moniréal et à Paris. Trois traités, parjures !
L'idée française a prévalu et règne aujourd'huïi, mais il nous a fallu lutter, combattre, résister de tous nos efforts à une oppression sans scrupule et sans frein.
Vous, nos vétérans politiques, blanchis sous le poids des travaux et de l’âge, qui avez vécu aux :jours de notre long martyre, dites donc ce que notre tranquillité présente vous a coûté de colères, d’indignation, de fermeté, de protestations. ‘Dites ce qu’il vous à fallu endurer de mépris, d’outrages, d’injustices ! : Plusieurs d’entre-vous n’ont-ïils pas vu les prisons de 1837 ?
Eh bien ! oui ! hier, iln’y a qu'hier, nos droits lès plus chers étaient violés; et l’on voulait nous faire renier notre religion, nos lois, notre langue, nos institutions, et l’on voulait tuer l’idée françcaise; et l’on voulait nous faire mourir comme
er ver Et nous vivons, et nous sommes français, et nous sommes un peuple !
‘Mais, remontons plus haut, à cette époque qui: n’a plus dé représentants vivants parmi nous, aux sombres origines de la conquête. :
Le: drapeau-français disparu de nos rives, soixante-mille canadiens sont à jamais livrés à la dornination anglaise. Les nobles, les per-
| sonines influentes, les hommes instruits,:tous les
gens capables de retrouver une situation en France désertent un sol foulé par les pas de l'étranger. Nos pères, abandonnés de leurs guides, sont désormais assujettis à des gouver: nants angleis, qui n’entendent pas notre langue. À part Murray, ces nouveaux maîtres sont hostiles à notre religion, à nos lois, à nos institutions.
Un conseil purement militaire d’ déeit transformé ensuite en un conseil civil, gouverne les canadiens jusqu’en 1774.
Jusqu'à cette dernière époque, tout est: mis en œuvre pour étouffer l’idée française.
L'idée française, c'est cette idée. généreuse qui a de tout temps frayé le chemin à l'Evangile et à la civilisation en Europe; qui a fourni les premiers croisés à la Terr2 Sainte, qui a donné au monde la nation de Clovis, de Charlemagne, et de Saint Louis, qui s’est faite la protectrice de tous les droits violés, et que l’on a toujours vue accourir victorieuse au secours dé la justice opprimée.
Ah! vainqueurs, fils de Luther et dHonri VIII, vous avez eu an moment de délire; en songeant que vous pouviez vus venger contre nos pères de la persistance de l’idée française à défendre le bon droit, la justice:et Ja:vérité.
Un moment, vous avez eru à notre ruine comme français, comme catholiques, comme peuple. :::
Sachez que nous serions morts 2nssi avec elle, martyrs de notre liberté.et de nos devoirs. Nous naissons, nous vivons el. nous mourons avec notre idée. : Oh! non! vous n’auriez pas eu la joie de compter des apostats dans nos rangs,
Et de fait, nous étions perdus. L'Angleterre avait une: colonie déjà ‘puissante, groupée par branches ‘sur plusieurs points :de cette: vaste contrée qui forme aujourd’huiles Etats-Unis.
Ces colons angiais jouissaient de notre asservissement à des lois et à dés maîtres qui nous étaient étrangers. Au besoin, ils auraient fourni à leur::métropole la violence nécessaire por nous'obliger à reconnaître la suprématie spirituelle du roi protestant d’Albion, comme-nous reconnaissions:$a suprématie temporelle. :
Etablir le règne spirituel de Greorge IIE:sur les rives du St. Laurent, voilà quel était aussi le: vœu le plus chet de bien des personnes en Angleterre; et de la plupart de celles qui avaient à administrer ici nos affaires publiques. De part et d'autre c'était ur £change de correspon-
dances, et de conseils qui tondaient à persuader au gouvernement anglais à employer contre nous toutes les mesurés vexatoires possibles.’ À Londres; au sein des Chambres, il y avait bien quelques esprits généreux qui invoquaient pour nous la foi des traités, mais en général l'opinion publique nous était contraire et hostile.
Repoussés, exclus de toute: participation à-la régie des affaires publiques, gouvernés par des anglais qui avaient accaparé toutes lés charges, tous les emplois, :tous les pouvoirs, :et: dont ils avaient à souffrir toutes les injustices et tous les mépris; voyant sur ‘un’ sol voisin une colonie nombreuse qui faisait des vœux pout leur perte et prête à y mettre elle-même la:main, nos pères
| dürent'ressentir bien des angoisses sur le sort | de ce bel héritage national qu'ils voulaient
transmettre pur etentier aux générations futures. N'importe! ils ne se laissèrent dominer ni par la crainte,ni-par les menaces, ni par les promestes :: Réunis autour du clergé, qu fut toujours notre ‘refuge aux: jours de ‘péril, qui est notre sauvegarde dans le présent, «et notre espérance dansl’avenir, ils prièrent, ils signèrent des: protestations, ils'-refusèrent de soumettre leurs différends à des juges ignorants-et injustes, ils résistèrent avec fermeté aux exigences tyran- EL du pouvoir, ils mirent leur confiance en ieu. | :
‘1774 nous sauva, Depuis quelque temps; les colonies anglaises s'animaient de plus en plus de l esprit de révolte: contre la métropole: qui les avait-:mécontentées.. Songeant: à gagner leur indépendance, elles: trouvèrent dans leur intérêt le motif de taire leurs rancünes envers nous; elles! mous: tendirent même les: bras, L’ Angleterre tenait alors beaucoup à conserver ses colonies ; elle-aussi trouva dans son intérêt des sentiments de justice: que le devoir n’evait pas su li'inspirer. Tont-à-coup, en 1774, après de longs débats, après bien des discussions sur dés. mesurés proposées dont plusieurs nous étaient tout-à-fait ennemies -et POTTER l’Acte de Québec nous fnt accordé. -
Ici, j'appelle l’attention::dn lecteur sur : les événements, et: je lui: demande si l’action. de la Providence:n’y est pas manifeste. :
‘L’insurrection américaine -nous: délivrait du denger justement redouté jusques-là par nos
pères, d'être :enveloppés sun jour, cernés de
toutes parts par les celonies anglaises, et d’être
obligés àe succomber au nombre et à la violence.
En séparant l'intérêt de ces dernières del’ intérêt de la mé-ropole, ellenous garantissait néces-
sairement un allié. De quelque:part qu’elle
viendrait. et qu'elle serait acceptée, l'alliance
sans doute serait intéressée, maïs enfin: elle
nous ‘sauverait du péril et: nous assurerait le libre éxercice de tous nos droits. : Per
D'un autre côté; l'Acte de: Cuébiei àcbordé par l’Angleterre qui voulait nous attacher à elle, en nous ouvrant les portes du Conseil Législatif nouvéllement créé, nous mettait aux mains uné arme puissante, la seule dont mous pussions nous servir avec une véritable efficacité pour protéger nos libertés de nouveau reconnues, et pour nous défendre sûrement contre les efforts et les ruses de toute:oppression:: Dès lors, nous pourrions avoir des représentants au conseil des gouvernants, et toutes ‘les mesures publiques seraient sujettes à nos appréciations et à nos suffrages. L'ère de la‘tyratfnie n’était pas encore terminée, mais il'n’était plus permis à persovne de nous ‘empêcher ‘de: prendre notre part de direotion des affaires) ae nr sa ge
La Providence venait donc manifestement au secours de’son-peuple. Elle apparaissait tout-àcoup, au mihiéu du plus grand de nos: périls, pour nous arracher à une mort presque certaine, méditée ei-mérer-m et décrétée parigs one nemis.
Eh ! bon Dieu! délaisserait-Rlle- un puy
fidèle, dont elle avait toujours soutenu l'existence au! sein, des orages, lés plus violents, et qu’Elle avait protégé: contre tous les vents et toutés les tempêtes ?
Quelques hommes avaient fondé la colonie frinçaise. 11s l'avaient fondée à une très-grande distance de: leur patrie, sur un sol couvert d’une épaisse forêt où non-$eulement de difficiles et pénibles défrichements s'étaient imposés à leurs travaux, mais où ils avaient dû se défendre:sans cessé-contre les ruses, les perfidies et:les attaques d’ur ennemi:toujours grossissant et que la défaite rendait toujours plus altier et: plus intraitable. :: : 2,
En même temps, sur le sol. de nus voisins s'était élevée une colonie anglaisé envieuse de la nôtre, et qui avait pris à tâche d'animer contre nos pères la haineuse barbarie des [roquois.
Et quand la fureur de :ces ‘sauvages fatigués d’une lutte l’un siècle contre nous s'était calmée, l Angleterre qui nous faisait la gueire depuis déjà plusieurs années, avait augmenté: ses armements et ses troupes;:et poussé ‘jusque sur nos rives ses tentatives ambitieuses. |
Faibles, et laissés par la mère-patrie presque à nos seules ressources, nous n'avions eu à opposer à des soldats toujours multipliés que des soldats infiniment moïns nombreux; épuisés, souvent à bout de vivres, et mal armés. :
: Enfin, après avoir remporté de brillantes victoirés, il nous avait fallu: céder à la: persistance des anglais, écrasés que nous:étions sous: le fardeau de nos triumphes, détruits par notre propre valeur mais non vaincus par l’ennéini.
Oh ! oui! la Providence nous avait protégés tout spécialement au milieu de tant de difficultés que la nature nous avait offertes, et sou: les coups de tant de fureurs indomptables qui 8’étaient abattues sur nous. C'était Elle qui avait inspiré à de pauvres français bien éloignés de leur patrie cette énergie généreuse qui les fit s'obstiner à vouloir créer une colonie sur les bords du St. Laurent, malgré les plus grands dangers, les privations les plus pénibles, les plus accablantes fatigues, les attaques les plus sauvages et les moins justifiées. Eux-mêmes avaient compris qu'ils étaient les favorisés du Ciel. Environ un siècle avant la Conquête, la Mère de l’'Incarnation avait dit :—“ Le Canada “est un pays spécialement gardé par la Provi- “dence. Siles épreuves les plus sensibles lui sont souvent venues quand il croyait toucher à ‘“ des terres prospères, C’est aussi lorsqu'il croit “tout perdu et qu'il se sent rouler d’abîme en “ abîme, que la Providence se plait à le relever, “à le maïntenir debout et à le diriger, sans “ qu'il le sache, vers la véritable prospérité, et ‘“ cela d’une manière impénétrable à toutes les “ prévisions humaines.” :
Et ces paroles de la sainte femme étaient une prophétie. En tombant aux mains des Anglais, le Canada avait été arraché à cette France déjà corrompue qu'un philosophisme méchant préparait aux horreurs de là révolution. Il demeurait de cé côté-ci des mers le continuateur dé la France catholique et civilisatrice. Nous sommes donc les fils du dix-septième siècle ; nous n’avons pas pris de part aux orgies de 93 ;
pendant que les fils de Veltaire et de Jean Jacues Rousseau donnaient au monde le spectacle ‘une impiété et d’une barbarie sans exemple, nus luttions, nous autres, de tous nos efforts pour la défense de notre foi. Nous pouvons nous glorifier de tout.ce que la France a fait de bien et de beau depuis cette époque, car ce qu’elle a fait ainsi est une conséquence d°s traditions &es âges catholiques, mais EN pas été les parlisans du dix-huitième siècle, nous n'avons ni à nous repentir ni à nous humilier de ses fautes, car elles nous sont étrangères. Et de même, de l’autre côté des mers, en Europe, la vraie France n’a pas fait le siècle philosophique etrévolutionnaite ; elle n’en a été que la victime.
L'Acte de Québec, si favorable à nos droits et à notre liberté, mécontenta les anglais établis au Canada. Accoutumés à nous traiter comme des esclayes, à nous gouverner selon leur gré et sans tenir compte en aucune manière de nos réclamations les, mieux fondées, ils virent avec colère, le. Parlement anglais nous accorder le droit d'aller défendre et faire valoir nos: priviléges au sein du Conseil Législatif. Ils auraient voulu conserver tout le pouvoir entre leurs mains. | | ui di .
Grâce à l’insurrect:: 1 américaine, un grard nombre d'anglais. veulant demeurer fidèles à leur métropole, s'étaient renfuis des Etats-Unis et fixés danse, Hant-Canada. Ce dernier ne formait pas alors une partie distincte de ce que nous appelons aujourd'hui la Province de Québer. Par cet accroissement, nos ennemis avaient pu espérer de nous asseryir plus facilement. Et
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