ET LA
Nous ne venons pas faire de politique, ni toucher à aucune des questions ardues et particulièrement périlleuses aujourd'hui, que le Journal de St. Roch a laissées en dehors de son programme. Écrivant pour notre nationalité, nous avons bien plutôt en vue de lui exposer les sentiments d'un patriotisme vrai et sans préjugés, que de servir les intérêts d'une coterie politique quelle qu'elle soit. Nous nous tenons donc scrupuleusement à l'écart de toutes les rivalités qui se montrent le poing, et sans même les regarder combattre nous nous contentons de puiser, aux sources de l'histoire et de laphilosophie,quelques considérations morales sur l'avenir de notre nationalité et sur les devoirs présents que cet avenir nous commande. Plein de déférence pour tous nos hommes publics, quelles que soient leurs opinions et leur manière d'envisager les moyens de servir la Patrie ; respectueux envers les gloires de tous les camps, parce qu'elles sont nos gloires nationales ; sans rancune et sans haine envers aucun parti, parce qu'aucun parti ne nous a jamais fait de mal, et que nous sommes
trop jeune encore pour avoir à nous plaindre ou à nous venger, nous mettons toute notre ambition à plaire à tout le monde, et à ne froisser personne, à parler à tous un langage entièrement fraternel, et renfermé dans le silence de notre âme, à méditer avec nos lecteurs les destinées providentielles de la race française en Amérique.