FRERES CONVERS
1° Frère Didace de Liesse (1637-1652).
Excellent religieux qui fut enployé au séminaire de Port-Royal.
2° et 3° Frères Côme de Sentis et Joseph de Saint-Jean de Luz (1643).
On ne connaît que leur nom.
4° Frère Félix de Troyes (1643-1652).
Loué par le Père Ignace dans sa relation.
5°, 6°, 7° Frères Félix de Reims (1643-1655), Elzéar de Saint-Florentin (1645-1655), Georges d’ Abbeville (1648) noyé en Loire.
8e, 9° Frères Jean Desnouse de Troyes et François-Marie de Paris (1653-1654).
Ont travaillé au séminaire de Port-Royal.
Le Père Yves de Paris (1590-1679).
M. l’abbé Brémond, dans sa monumentale Histoire Littéraire du Sentiment religieux en France, 1 vient de tirer d’un oubli immérité une des plus pures gloires de l’Ordre des Capucins, le Père Yves de Paris. I! le place au tout premier rang parmi les illustrations religieuses du XVIIe siècle, François de Sales, Bérulle, Olier, Vincent de Paul, Eudes et Bossuet. Il lui consacre enfin deux chapitres de son premier volume intitulé YHumanisme dévot.
« J’étais à Rome, dit-il (p. 424), où les vieux livres religieux se trouvent plus facilement qu’à Paris, et j’eus bientôt sous la main, non seulement la Théologie naturelle, œuvre maîtresse du Père Yves, mais dix autres volumes de lui. Quelle surprise, quel éblouissement, quelle joie parfaite ! Auprès de ce beau génie lumineux, Richeome qui m’occupait alors, et Binet et les autres faisaient une figure si misérable que j’eus un moment la tentation de les délaisser. »
Le Père Yves naquit à Paris vers 1590, de bonne et très riche maison, comme le prouve son livre intitulé le Gentilhomme chrétien. « Avocat de grand avenir, il brilla dans sa jeunesse, dans le plus fameux Parlement du monde, et il s’y fit admirer lorsque les autres à peine savent-ils balbutier. Il n’y a fait que passer quelques années. Il s’est fait regretter pendant plusieurs autres. » A trente ans, c’est-à-dire en 1620, il entra chez les Capucins.
Il commença d’abord par prêcher, préférant, comme tout bon franciscain, les humbles auditoires de campagne à ceux des villes, mais excellant partout ; puis il se mit à écrire ; et ses ouvrages eurent une influence prodigieuse.
1. Histoire Littéraire du Sentiment religieux en France, 1°. L’Humanisme dévot, par Henri Brémond, de l’Académie française.
« Je le trouve, dit en terminant l’abbé Brémond, incomparable, et de tous nos humanistes il n’en est pas un seul que je lui préfère. C’est une de ces intelligences pures et rayonnantes qui ne semblent pas avoir péché en Adam. Totus ipse lumen. »
Tel est ce Père Yves, que l’on s’étonne bien un peu de trouver perdu dans notre mission d’Acadie à l’âge de soixante-quatre ans. Le désir du martyre le poussa sans doute dans nos parages, où, d’ailleurs, il ne fit que passer. Les Anglais l’expulsèrent après un séjour très court, et il rentra dans Paris où il vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-huit ans.
Nos lecteurs, je l’espère, nous excuseront de nous être attardé à la mémoire de ce grand homme.