CHAPITRE VI
Les martyrs Jésuites1 (1833-1650).
Nous divisons, pour plus de clarté, ce chapitre en deux parties : Les martyrs de l’Huronie et les martyrs des Cantons Iroquoïs.
Les martyrs de î’Huronie.
On s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que les Hurons, les Pétuneux, les Neutres et les Iroquois des cinq Cantons confédérés n’étaient que des groupes séparés d’une seule et même famille et que les langues qu’ils parlaient n’étaient que des dialectes d’un unique idiome primitif. Comment et à quelle époque ces groupes se divisèrent-ils en nations distinctes, nous l’ignorons ; mais nous savons qu’au commencement du XVIIe siècle, Hurons et Iroquois se faisaient une guerre cruelle, laquelle devait se terminer en 1650, par l’extermination presque complète des premiers. C’est à l’instigation des Hurons que Champlain, leur allié, livra deux fois bataille aux Iroquois.
Les Hurons habitaient une portion assez restreinte du territoire de notre province actuelle d’Ontario, d’une soixantaine de lieues de longueur, sur trente de largeur, formant presqu’île, et limitée à l’est par le lac Simcoe, au nord par la rivière Severn, à l’ouest par les profonds contours de la Baie Géorgienne ; territoire généralement fertile, assez uni et relativement tempéré. Bien supérieurs aux Algonquins et aux Montagnais nomades, ils étaient sédentaires et possédaient quelques notions d’agriculture. Ils défrichaient à la hache et à la houe des lopins de terrain autour