C. Pijard
Davost,
P. Pijard,
Du Péron,
Poncet de la Rivière
Garnier,
Ragueneau,
Greslon,
Raymbault.
Racontons, maintenant, la fin tragique de la nation huronne et de ses glorieux martyrs.
Le commerce qui se pratiquait depuis longtemps entre les Français et les Sauvages était devenu pour les premiers une source de revenus considérables et pour les seconds une véritable nécessité. Depuis que ceux-ci avaient appris l’usage de nos haches, de nos couteaux, de nos clous, de nos marteaux, de nos aiguilles, de nos marmites de métal, de notre fil, de nos couvertes de laines, etc., etc., et aussi, hélas ! de nos boissons enivrantes, enfin sur le tard, de nos armes à feu, ils ne pouvaient plus s’en passer.
Iis prirent donc l’habitude de descendre chaque année, à la fonte des glaces, en flottilles nombreuses et pesamment chargées, par le Saguenay, à Tadoussac, par le St-Maurice et l’Ottawa à Montréal, aux Trois- Rivières et à Québec, et de troquer dans l’un ou l’autre de ces postes, leurs précieuses fourrures contre les objets divers dont ils avaient besoin. C’est ce qu’on appelait faire la traite. Puis ils remontaient dans leur pays. Or, la route des Hurons se trouvait être précisément la rivière' Ottawa.
Cette route, par malheur, ne leur assurait aucune sécurité, car les Iroquois, cachés dans les roseaux des rivages et derrière les arbres de la forêt, les guettaient avec une patience de bêtes féroces et les massacraient sans pitié. Dans ces rencontres les Hurons imprévoyants se laissaient fréquemment surprendre et avaient presque toujours le dessous. C’est ainsi que, chaque année, ils perdaient du monde.
Ce n’est pas tout. Les Iroquois, enhardis par leurs succès, prirent l’habitude de se répandre dans les giboyeuses forêts de l’Ontario, de tendre des embuscades aux chasseurs Hurons et d’envoyer des maraudeurs jusqu’aux confins de l’Huronie.
Les Hurons consternés apprenaient la mort de leurs jeunes hommes scalpés dans les profondeurs des bois, et s’épuisaient à la poursuite d’ennemis insaisissables.
Ajoutez à ces calamités permanentes deux épidémies de petite vérole qui, en 1636 et en 1640, décimèrent la nation, et vous vous rendrez compte de l’affaiblissement graduel de ce peuple.
Avouons, d’ailleurs, que ces malheureux ne méritaient guère de sympathies. Tout en subissant l’ascendant graduel des missionnaires, ils les détestaient cordialement, lis les traitaient de sorciers, d’empoisonneurs, ils leur attribuaient leurs maux. Par deux fois ils les condamnèrent à mort. La peur seule les empêcha d’exécuter la sentence. Ce n’est que lorsqu’ils furent réduits à l’extrémité que, perdant toute confiance terrestre, ils se réfugièrent dans les espérances célestes.
Le premier glas de leurs funérailles sonna en juin 1642. Le bourg fortifié de Contarea, situé à l’extrême frontière, se laissa sottement surprendre par l’Iroquois. Tout fut brûlé ; les hommes furent égorgés et les jeunes femmes emmenées captives.
Dans les premiers jours du printemps de 1648, l’ennemi fit une nouvelle apparition. Les gens du bourg St-Jean-Baptiste, bastion de l’Huronie, pris de panique, évacuèrent leur village sans combattre et se dispersèrent un peu partout.
Tout près de St-Jean-Baptiste se trouvait le bourg de St-Joseph, place forte et peuplée de 2,000 habitants. Le missionnaire du lieu, Père- Daniel, célébrait la messe devant le peuple assemblé, lorsqu’un bruit effroyable se fait entendre. Les Iroquois dont personne ne soupçonnait la présence sont là. Ils abattent le Père d’un coup de mousquet, égorgent 700 personnes. Le reste fuit dans les bois.
Le village voisin de St-Michel subit le même sort.
C’en est assez pour cette année. Rassasiés de carpage, gorgés de butin, les Iroquois s’en vont, poussant devant eux un troupeau de captifs,, goûter dans leurs quartiers un repos bien gagné.
Le répit laissé aux Hurons fut court et mal employé. Le 16 mai 1649', les guerriers du grand village de St-Ignace, faisant preuve d’une insouciance étonnante, étaient tous absents, à la chasse, lorsque soudain l’ennemi îeparut, 400 femmes et vieillards périrent. Trois jeunes gens échappés; seuls au massacre portèrent la nouvelle au bourg voisin de St-Louis.
Ils trouvèrent là deux héros, les Pères Jean de Brébceuf et Gabriel Lalemant. Ces deux hommes se hâtèrent d’expédier les femmes et les enfants de leur village au bourg de Ste-Marie, place très forte et chef-lieu