LIVRE II
St-Charles. Malheureusement ce bel ordre ne dura guère. Les détachements français, commandés par les deux héroïques frères, de Longueuil et de Sainte-Hélène, escarmouchèrent si bien que les Bostonnais se virent forcés de chercher l’abri tutélaire des grands bois, sans que les régiments français, rangés de l’autre côté de la rivière, aient eu à tirer un seul coup de fusil. -Un fâcheux accident troubla la fête. Longueuil et Sainte-Hélène reçurent des blessures dont ce dernier mourut. Nous eûmes en plus deux tués et deux blessés.
Rentrés sur le soir dans leur camp, les Anglais s’abandonnaient déjà au découragement, lorsque la vue de cinq canons qu’on leur amena pendant la nuit ranima leurs espérances.
Ils reprirent donc le jour suivant, samedi, 21 octobre, leur attaque interrompue. Mal leur en prit encore. Ce fut, cette fois, le lieutenant de Villieu, à la tête de soldats volontaires, qui commença les escarmouches. D’autres, de Cabanac, Duclos, Beaumanoir, le suivirent. Les Anglais se lancèrent à leur poursuite, tombèrent dans des embuscades dressées par eux et par les gens de Beaupré, de Beauport et d’Orléans, et vinrent finalement se butter contre une maison fortifiée qu’ils ne purent enlever. La nuit tombait déjà, lorsque le tocsin sonna en ville et leur fit croire à une sortie des troupes régulières. Pris de panique, ils lâchèrent pied et s’embarquèrent à la faveur des ténèbres, abandonnant leurs canons, 22 octobre.
Telle fut la fin de cette ridicule aventure. Le 23, au soir, la flotte de Phipps leva ses ancres et fit voile pour la haute mer.
Quelles furent les pertes des deux armées ? M. E. Myrand, dans son livre, évalue les pertes des Français à 61 hommes dont 9 tués. Celles des Anglais s’élevaient, en morts ou blessés mortellement, à 150. Mais la maladie en fit périr des centaines.
Si les pertes de vie n’étaient pas considérables, en revanche le déshonneur était complet.
Voici la liste des morts connus, du côté des Français :
A. S. de Clermont,
J. Pézard de la Touche,
Un homme engagé,
F. Roberge,
Pierre Maufils, séminariste, de Sainte-Hélène,
J. Acmée,
Fr. Tribot.
On sait que les séminaristes de Québec et de St-Joachim se battirent vaillamment1.
,C’est à, ,a suite de cette victoire, gagnée dans les taillis de la Canardière, quon donna le nom de Notre-Dame de la Victoire à la chapelle de la Basse-