‹ Le Canada illustréChapitre 13 sur 80 · loo · texte numérisé non relu

loo

^'(nlte des jjommes de terre de ^^' '

6 acres 5-5oo » H faut ajouter à ce chiffre la consommation

Vente des fraises i -550 » locale, qui augmente en de bien ]ilus grandes

proportions.

Bénéfice i .goo )> Si l'on songe, à côté de ces chiffres considérables,

qu'une petite partie seule de ces terres à fruits

Dépenses après (luatre ans d'exploitation... 15. ^7:; » i- ^ i.- ' 1 /- 1 u- tî •*.

^ ^ ' -^ ^'^ canadiennes est cultivée, que la Colombie critan-

nique, la presqu'île de Toronto, certains points de la province de Québec et le Xouveau-Brunswick offrent encore de vastes espaces à la culture des pommes, on se rend compte de l'importance que la culture des fruits j^eut acquérir au Canada. L'Angleterre et les Etats-L'nis importent largement les truits du Dominion et leur consommation ne fera qu'augmenter. On peut prévoir que dans les temps futurs la pomme «ranadienne ira approvisionner tous les pays auxquels leur climat rend difficile ou impossible la culture des fruits.

\crcnt une telle quantité de vigne sauvage qu'ils ia nommèrent l'Ile de Hacchus.

C'était en septembre, et les marins, fatigués d'une longue lra\ersée, se régalèrent de ces beaux fruits sans trop se préoccuj^er s'ils avaient ou non le goût foxé.

Lile d'Orléans se trouve sous le quarante-sejj tième parallèle et Mayence est sous le cinquantième. Les plus célèbres vignobles du Rhin se trouvent donc à une latitude plus élevée que lile du Saint-Laurent. Mais sans nous arrêter aux quel-

VlGNOBLES PRÈS DE HaMILTON.

La ^ igné.

Nous provoquerons peut-être une certaine surprise en parlant des vignes canadiennes, car bien peu de Français ont goûté les raisins et surtout les vins du Canada, et la plupart même n'en ont jamais entendu parler. Cependant la vigne existe dans le Dominion et elle n'y existe pas par importation, elle est indigène.

Lorsque Jacques Cartier découvrit le fleuve Saint-Laurent, en 1535. et le remonta avec ses deux navires, la Petite et la Grande-Hermine, il aborda à la grande île qu'on rencontre immédiatement avant le rocher de Québec et qui se nomme aujourd'hui l'île d'Orléans. Ses équipages y tron-

ques coteaux de vignes que l'on cultive dans la province de Québec, nous devons parler des vignobles fort étendus qui existent dans le sud de la presqu'île de Toronto et notamment sur toute la côte septentrionale du lac Erié. Xous avons déjà fait remarquer que cette pointe du Dominion descend jusqu'au quarante-deuxième parallèle ; comment s'étonner que les vignobles y aient pris im grand développement ?

On y rencontre de nombreuses variétés de raisins blancs, roses et noirs ; les plus appréciés sont le Concord en raisins noirs, et le Niagara en raisins blancs, mais aucune de ces espèces n'a la finesse des cépages de Fontainebleau et de la Loire, les bouquets exquis du Médoc et de la Bourgogne.

Le Canada Illustrk

Les raisins caii.ulicMis sont plus icrn)cs, souxcnt tirs j^ros, très sucrés r\ ils consorxciit un ^oûl de tcrn Mitres prononcé ;\u(|uol les Canadiens tieiniciil hcau coup et (]ui doniu" aux \ nis (]u'ds pi-odinscnl le <4"oùt lOxé.

Les raisins canadiens sont en j^i-.ind'" partie consommés comme fruits de tal)Ie, le reste est envoyé au pressoir, mais on ne laisse pas la fermentation se produire ou, si elle s'est produite, on resucre le vin pour se conformer au j^oût du consommateur canadien qui préfère le vin doux, qu'il soit blanc ou rouge.

Tout le vin canadien est bu dans le pays et, dans les statistiques officielles, il n'est pas fait mention d'une seule barrique exjiortée, même en Amérique.

D'ailleurs, la fabrication du vin au Canada est récente- non seulement les Canadiens boivent neuf fois plus de vins doux que de vins secs, mais la consommation se porte sur le jus de raisin non fermenté ou \in sans alcool. Tl ne semble pas que ces conditions commerciales doivent changer de sitôt.

Il ne faudrait cependant pas en jurer. Dans la province d'Ontario, la vigne couvre environ 12,000 acres, ou 4,800 hectares, et, bien que les deux tiers environ de la récolte soient consommés en raisins de table, le tiers vinifié produit, bon an mal an, 13,500 hectolitres.

Le vin ne se fait pas encore, au Canada, chez le vigneron, mais dans des fabriques qui achètent le raisin aux propriétaires à des prix qui varient de $ 18 à $ 30 la tonne.

On compte que la culture d'un vignoble jusqu'au moment de son rendement normal revient à $ 75 l'acre, ou 940 francs environ l'hectare. Les frais de culture et d'expédition de la récolte montent à 750 francs pour un rendement moyen de 12 1/2 tonnes, valant $ 282, ou 1,410 francs, ce qui laisse un bénéfice de culture de 660 francs par hectare pour un prix d'établissement de 940 francs.

L'importation des vins étrangers au Canada augmente chaque année. Voici les chiffres pour les trois dernières années avec la provenance des vins :

Espagne $ 172.841 161.12g 147.924

France 172.195 152.467 127.522

Portugal 106.920 86.779 61. 711

Angleterre 43-334 35-398 34.102

Etats-Unis 36.276 25.986 22.552

Divers 131.654 103.194 87-717

On voit que la France tend à prendre la première place, ce qui s'explique par les avantages de droits

(|ue possèdent ses \iiis de degré moyen depuis le trait('' de commerce de 1907, axantages (jue n'ont pas l(>s vins d'ICspagne, plus chargés d'alcool. La deiiiande en \ins de Cliaiiipagne, (]ui augmente

beaucoup, \ ronlnbue aussi.

Le Sucre d'crablc.

L'érable est l'arbre flu Canada ; il figure dans ses armes. Mais qui j^arle du sucre d'érable et surtout qui en a goûté s'il n'est pas de la province de Québec ou des province mariliines ? Nous nous ra])]ielons tout au plus nos lectures d'autrefois, ces livres oîi Fenimore Cooper et les romanciers dont les fictions se déroulent dans les solitudes de l'Amérique du Nord parlent de l'eau d'érable chère aux Flurons surtout lorsque, fermentée, elle les enivre.

Mais personne ne parle du suer?, d'érable comme d'une richesse naturelle ayant quelque importance. Personne, excepté M. Louis Arnould, qui, dans son livre A^os A uns les Canadiens, consacre au sucre d'érable un chapitre charmant dans lequel il déplore qu'en France on n'ait jamais parlé du sucre d'érable et que les circulaires du gouvernement canadien ne le mentionnent guère.

Le sucre d'ér.able.

Le sucre d'érable se fait au printemps, au moment où les neiges disparaissent sous les rayons chauds du soleil. La prairie a peu d'érables, mais dans la province de Québec, dans le Nouveau- Brunswick et dans la Nouvelle-Ecosse, chaque pro-

Li-: Canada Illistri:

pri^taire, même s'il a défrirh^ toute sa propriété, a conservé son liois d'érable. Il )' a une cabane de troncs d'arbres où sont installés les trois fournaises et tout le matériel de la fabrication.

A tous les troncs d'érable, on pratique une léj^ère saii^née ; \ers le pied, une coulisse en métal fait y^lisser l'eau d'éralile dans des récipient^ Os récipients sont vidés dans un tonneau installé ■-ur un pctil traîneau c]u'uii ( lic\al traîne vers la labane à sucre où l'eau d'érable est versée dans la ]ucmière fournaise. Successivement, par l'évaporation, l'eau d'érable devient réduit, puis sirop; on met enfm le sucre liquide dans des moules où il se cristallise en pains d'un jaune de cire.

L'opération dure plusieurs jours et les feux des iournaises ne doivent jamais s'éteindre. C'est la fête du printemps jiour le colon et sa nombreuse famille, c'est surtout la fête des enfants qui Vichent la palette. M. Arnould, <^rave professeur de l'Université Laval à Montréal, a lui-même liché la palette entre deux conférences, il s'en souvient avec délices.

C'est une fête utile, car 2 à 300 érables rapportent, sans aucun soin de culture, 3 à 4,000 pains de sucre qui sont vendus o fr. 50 pièce ; c'est un revenu supplémentaire qui. en quelques jours de travail joyeux, tombe dans la famille.

I^a production moyenne du sucre d'érable s'élève actuellement à 18 millions de livres, estimées 8,900,000 francs. Le Canada fournit à peu près la moitié du sucre et du sirop d'érable produit

dans le monde entier. La jirovinre de Québec en produit 13 1/2 millions de livres, le Nouveuu- Ikunsvvick, 207,450, et la Nouvelle-Ecosse, 112,500

li\res.

Le Canada con^juuiic la plus grande partie du sucre et du sirop d'érable (ju'il produit, il n'en ex])orte que pour rx)2,S4o francs.

Il semble étonnant que cJans un ])ays où riiinnensc forêt contient tant d'érables, une récolte aussi facile et relativement aussi fructueuse ne soit jnas poussée avec plus d'activité. Il faut croire que la demande en sucre d'érable est peu importante; s'il en était autrement, les bras se trouveraient vite pour aller le recueillir.

Une autre raison paraît plus sérieuse : la récolte du sucre d'érable n'est pas régulière ; les années 191 1 et 1912 en ont produit très peu, il y a des habitants qui n'ont même pas été à la cabane de sucre.

Pour que l'érable donne beaucoup de sève, il faut que son pied soit dans la neige, qui fond pendant la journée au vif soleil du printemps et se congèle en glace le soir. L'arbre passe ainsi par de brusques écarts de temjiérature ; sollicitée par la chaleur de la journée, la sève, la délicieuse eau d'érable, monte et s'échappe à flots pour s'arrêter net pendant la nuit et demander le lendemain un nouvel effort aux racines nourricières. Si le temps est uniformément doux, sans neige, l'érable se contente du moindre effort, la sève monte doucement vers les branches, l'eau d'érable coule à peine.

3LCRE D" ÉRABLE.

CHAPITKi: IX

Le Bois.

( Les différentes essences de la forêt canadienne.)

Le service des forêts.

Quand on parle du Canada, la première difficulté est d'en parler avec méthode. La matière est si vaste et les différentes parties du Canada sont tellement dissemblables qu'il est impossible de ne pas revenir de temjîs en temps sur ses pas.

Le Canada est l'empire du blé et du bois. Il faut donc s'occuper d'abord de ces richesses principales, sauf à revenir plus tard sur d'autres sujets.

Une immense forêt couvrait autrefois toute l'Amérique du Nord, le feu et les défrichements l'ont presque complètement détruite aux Etats- L^nis. Au Canada, il en reste encore 136,016,700 hectares dans les neuf provinces confédérées du Dominion et dans les territoires du Xord-Ouest. Au Yukon et dans les îles du cercle arctique, il existe encore bien d'autres hectares de forêts canadiennes dont nous ne nous occuperons pas.

On peut dire qu'au Canada la forêt couvre le tiers de la surface totale du pays. Le service forestier du gouvernement canadien, qui a été organisé avec le plus grand soin, estime que les feux de forêts, dus surtout à la négligence des Indiens, ont détruit la moitié de la forêt primitive et que la colonisation, par les défrichements, la consommation industrielle et toutes les autres causes, ont à peine fait disparaître 15 0/0.

Pour se faire une idée de l'étendue des forêts canadiennes, considérez ces trois carrés. Le plus petit représente la surface de la France, le moyen

la surface des forêts canadiennes et le grand la surface du Canada.

Les bois étant avec les blés les principaux objets d'exportation du Dominion, le gouvernement devait apporter tous ses soins à sauvegarder ses richesses forestières qui, si immenses qu'elles soient, pourraient disparaître si elles n'étaient pas protégées. Le gouvernement fédéral et les divers gouvernements provinciaux, notamment celui de la province de Québec, qui est la plus riche en forêts, ont pris les mesures les plus efficaces. Une commission permanente, dite Commission de conservation des ressources naturelles, a fait une œuvre incessante de propagande dans le pays tout entier,

I F, Canada Ii.i.i strk

ap|H'l.nit II" l)c)is, icl.iiit Idiil loiirir ,1

Page 1