EXPORTATIONS
Royaume-Uni % 151.603.326 126.753. 191
Etats-Unis 120.127.465 86.337.354
Belgique 3 -637 .701 2.698.367
Antilles anglaises 2. 915. 061 2.772.675
Allemagne 2.678.993 3.032.783
Hollande 2.292.262 1.405. 129
République Argentine 2.019.851 2. 371. 271
France • 1.862. 531 1.613.507
Le Canada Ilu strk
huitième rang dans les exportations canadiennes; le Canada lui envoie surtout des conserves de homards, des machines agricoles et du blé.
Jusqu'au i" mai 1910, les marchandises allemandes étaient frappées à leur entrée au Canada d'une surtaxe de ^^ 13 0/0. Depuis cette époque, l'Allemagne a obtenu, comme la France, un tarif S{>érial ; elle a au>sitôt créé une ligne directe de Brème et Hambourg au Canada, et ses exportations ont pris la troisième j:)lace, que la France a reconquise depuis.
Sir Wilfrid Laurier.
La Chambre ds commerce française de Montréal n'est qu un rouage du commerce canadien, et nous en parlons plus longuement à cause de l'intérêt spécial qu'elle a pour les Français, mais Montréal et les autres grandes villes du Dominion ont des chambres de commerce très actives qui multiplient leurs efforts, dirigés particulièrement vers les pays de langue anglaise; les chiffres qu'on a lus plus haut montrent que ces efforts sont très efficaces et maintiennent l'énorme majorité des affaires entre les Etats-Unis et l'Angleterre, d'une part, et le Canada de l'autre. La Chambre de commerce
canadienne du district de Montréal, notamment, réunit les jXîrsonnalités les plus marquantes du commerce de la métropole.
On peut dire qu'aujourd'hui comme à la fin du siècle dernier, si les Etats-Unis sont le j)lus grand fournisseur du Canada, l'Angleterre est restée son plus foit client. Cette situation est le nœud gordien de la politique économique du Dominion; elle explique l'élaboration du traité de réciprocité par le cabinet Laurier, les discussions passionnées qu'il a soulevées dans tout le pays et son rejet par le suffrage universel, rejet qui a entraîné la venue au pouvoir du cabinet conser\ateur de M. Borden.
Sir Wilfrid Laurier a négocié le traité de réciprocité avec les Etats-Unis parce qu'il n'est pas possible de maintenir entre deux grands pays séparés par une frontière idéale de 5,000 kilomètres et possédant les mêmes ressources, les mêmes richesses, les mêmes affinités économiques, une barrière de douane aussi élevée que celle qui existe entre les Etats-Unis et le Canada. C'est là une vérité fondamentale qui reste évidente en dehors des conditions de temps et d'opportunité, et l'on peut affirmer dès maintenant que le traité de .réciprocité rejeté en 191 1 sera signé dans l'avenir avec telles clauses de prudence ou d'opportunité qui paraîtront utiles. C'est, du reste, ce dont conviennent tous les Canadiens, hommes politiques ou hommes d'affaires que nous avons consultés.
Que Sir Wilfrid Lî urier ait été trop vite et n'ait pas suffisamment pris en considération les intérêts des industriels de l'Est et les sentiments loyalistes de la population canadienne, c'est un fait que les événements ont prouvé, mais le célèbre homme d'Etat qui dirigea les destinées du Dominion pendant la plus magnifique période de son développement ne s'est trompé que d'une nuance; la cause qu'il a défendue triomphera.
Quant aux raisons qui ont donné la victoire aux conservateurs, on a beaucoup écrit et beaucoup discuté sur la concurrence industrielle dans l'Est, sur le grand marché à ouvrir aux céréales du Centre et de l'Ouest, sur l'absorption politique du Canada par les Etats-Unis; de cette discussion aussi vive que complexe a jailli surtout le sentiment profond de loyalisme britannique qui a balayé toutes les autres considérations.
Certainement, les industries américaines sont beaucoup plus puissantes et ont à leiu- disposition beaucoup plus d'argent que les industries canadiennes; les industriels canadiens ont pu craindre d'être absorbés ou dominés par les grands trusts,