‹ Le Canada illustréChapitre 32 sur 80 · I.K Canada li.u sirk · texte numérisé non relu

I.K Canada li.u sirk

mais cotlc (r.uiitc ne ])(miI rxister (|ti(> pciuLmt un lomps; les ("oiidit iciis industrielles du (an.id.i sont lout .uissi lavoranlcs cpTaux lu, ils luis, avec un l('-j;er avantai^c sur le ])n.\ d(> la main d'œuvre; il armer. 1 1res \ île un moinent oii les industries i .ni.idiennes ne cr.iindrt ini plus la eoncurrenee des lùats l'nis el, (|uanl aux Irusls, les léj^islateurs canadiens pourront toujours arrêter leurs manœu- \res, si le ("ong^rès de Washington n'y arrive pas. Les fermiers de l'Ouest demandaient pour leurs blés l'ouverture du grand marché américain; ils étaient dans le vrai, mais sir Wilfrid Laurier, en comptant sur eux, n'avait pas calculé l'influence qu'allait prendre le sentiment de loyalisme .surrexcité par une campagne de presse intense. Nous l'avons déjà dit : la terre saisit l'homme- les fer-

miers (h^s prairies, même ceux f]ui sont \('nus du lar West, deviennent rapidemenl ( il())'ens canadiens et veulent rester sujets anglais. Ils l'ont prouvé en votant en grand nombre contre le traité de réciprocité, bien (ju'on fil miroiter à leurs yeux les ventes de leurs récoltes, plus faciles de l'autre côté de la frontière.

De cette grande dispute, qui porta le parti conservateur au pou\oir, il reste donc debout deux faits : d'une i)arl la nécessité d'abaisser la barrière douanière entre les deux pays, de l'autre le sentiment de loyalisme pour la couronne d'iXngleterre, si fort ancré dans la population canadienne qu'il s'opposera sans doute, dans l'aNenir, à toute fusion avec les Etats-L'nis, quelles que soient les conditions économicjues.

CllAlMlKl: X\'

Energie électrique. — Electricité. — Tramways. Télégraphes. — Téléphones.

l:ncrgic électrique.

Le Canada possède des forces hydrauliques incomparables dont une faible partie est utilisée directement par des turbines actionnant les scieries, les moulins et d'autres industries. La plus grande partie utilisée de ces forces est employée pour produire l'énergie électrique parce que, sous cette forme, la force peut se transporter à de longues distances et y distribuer le mouvement, la lumière et la chaleur.

La création de l'électricité, son transport et son utilisation sont devenus la spécialité des ingénieurs canadiens; ils ont d'autant mieux étudié ces questions que le champ d'action est plus vaste et aussi plus difficile. Au Canada, les éléments de l'énergie électrique se trouvent partout ; les pojivoirs d'eau, comme on dit à Québec et à Montréal, sont innombrables et très puissants, mais leur utilisation présente très souvent de grandes difficultés techniques. Parmi les nombreuses chutes canadiennes, tous les cas se rencontrent et les ingénieurs acquièrent une expérience qu'ils ne pourraient conquérir aussi vite ailleurs.

Les usines hydro-électriques du Canada sont difficiles à exploiter parce que les chutes canadiennes ont. en général, un très grand débit et peu de hauteur. Par suite, elles exigent de grands travaux et de gros capitaux. Même dans les cas les plus favorables, là où la chute a une hauteur importante, il faut tenir compte des travaux de captation plus considérables à cause du volume des eaux, de la longueur des canalisations nécessaires pour atteindre les grands centres de consommation €t il peut arriver qu'aux lieux où la vente est possible, le prix de revient soit élevé.

Quelque difficiles et coûteuses que soient la création et l'application de l'énergie électrique,

cette force est le seul agent qui puisse remplacer au Canada les bras absents et jjermettre la mise en valeur raj^ide des immenses richesses qui existent. Qu'il s'agisse des mines, des bois ou de l'agriculture, de faire marcher une machine industrielle ou de remplacer un travail de main-d'œuvre, l'énergie électrique est l'ouvrier le plus docile et le plus robuste; elle peut en même temps déployer une force irrésistible et se diviser à l'infini pour les travaux les plus délicats. C'est à l'énergie électrique que le Canada doit, en grande partie, la rapidité de ses progrès dans toutes les directions, mais il faut reconnaître que ses hommes techniques ont été secondés par les vœux incessants de la population et les efforts des gouvernements.

Prenons pour exemple le Xiagara, dont la force hydraulique est estimée à 2,765,000 HP, soit 1,382.500 HP pour la part qui reviendra au Canada [i\ La puissance actuellement utilisée dépasse 400.000 HP et le gouvernement a nommé une commission chargée d'étudier l'établissement de nouvelles usines pour distribuer l'énergie au.x municipalités de la province.

Cette commission a étudié l'équipement progressif d'une usine de 100,000 HP, qui représente une immobilisation de 59 millions de francs, dont 31 millions payés par Toronto, 5 millions par London et le reste par seize autres municipalités.

Les prix de vente proportionnés aux distances varient de J^ à 140 francs par cheval de vingtquatre heures, 180 à 300 francs pour une lampe à arc et le kilowatt pour lampes à incandescence est payé de 30 à 50 centimes.

Si l'on compare aux chutes françaises, suisses et

1) Rapport de la commisîion de conservation, page

Lie Canada Illusiuk

norvry^icniics, on Iroinr (|uc la Toronto Nids^ard Power C" ;i un capital de Su millions de francs pdiir Ii\icr 6o,t)0O HP, ce (jui donne plus de i,;;tH) francs de dépense p.n- cheval, tandis qu'un j^r.uid nimibre de chutes cui()p(''ennes sont établies sur hi base de 500 à 800 francs par cheval.

Nous venons de citer la Toronto Nia}::^ara Power et nous avons enregistré son capital de 80 millions; il faut tenir compte que ce capital est sans doute majoré et (|ue le prix de l'instal- ].\tu)n appar.iît ainsi plus fort ([u'il n'est réellement. Le rendeiHent fmancier d'une usine hydroélectrique dépend l)eaucoup de la quantité d'énerjj'ie vendue et par conséquent de sa situation relativement à sa clientèle. Les diverses Sociétés qui se sont établies sur la chute canadienne du Niagara peuvent s'agrandir, se fusionner, employer de meilleures méthodes, et arriver sans doute à des prix de revient plus faibles.

L'histoire de l'énergie électrique au Niagara est le meilleur exemple qu'on puisse donner puisque c'est actuellement la plus grande force hydraulique du monde et que deux grands pays y travaillent depuis longtemps en y appliquant toutes les découvertes nouvelles.

Le Niagara appartient à l'Ontario pour la partie canadienne de la chute. Avant 1898, les forces hydrauliques d'un cours d'eau n'avaient pas, au Canada, de législature propre; la propriété de la chute appartenait aux propriétaires de la rive, sauf réserve faite. Ainsi, en janvier 1821, au cours d'une régularisation de contrats d'achats de propriétés foncières à Innisfail (Haut-Canada), l'arpenteur général écrit au lieutenant gouverneur pour savoir s'il faut réserver pour la Couronne la largeur d'une chaîne sur le haut de la rive et, en fait, il est ordonné que sur les bords des rivières navigables, la largeur d'une chaîne soit réservée à la Couronne.

Des réserves semblables sont faites dans les lettres patentes de concessions gratuites et de ventes relativement aux mines et à la iDropriété des eaux.

Le 17 janvier 1898, l'assemblée législative de l'Ontario vote une loi en vertu de laquelle le commissaire des terres de la Couronne peut réserver de la vente tout privilège hydraulique et spécifier les conditions auxquelles ce privilège et les terrains nécessaires pourront être affermés.

Enfin, le 16 janvier 1907, la loi de 1898 fut abrogée et un règlement nouveau fut établi, conférant à la Hydro-Electric Power Commission of

Ontario un jjouvoir discrétionnaire sur les chutes d'eau produisant plus de 150 chevaux-vapeur. La Couronne se réserve donc les forces hydrauliques au-dessus de 150 III* et les considère comme une propriété séjmrée de celle des terrains riverains.

Dès 1894, le Conseil municii)al de Tdronto cherche à obtenir pour la ville et ses habitants la lumière et la force à bon marché; il revient souvent sur cette question, nomme des commissions, des comités ])(jur obtenir le droit de ])roduire l'énergie électrique dans un rayon de i(j<) kilomètres autour de la ville; il demande même aux pouvoirs publics si Toronto, comme ville, ne doit pas avoir la possession de cette force tirée du Niagara. En 1900, il étudie ce que coûterait une usine et en 1901 il nomme un délégué pour communiquer avec la Niagara Power C" et savoir à quelles conditions elle fournirait la force motrice aux habitants de la ville. Tous ses efforts tendent à empêcher l'accaparement du Niagara par des syndicats.

En juin 1902, les industriels de l'ouest de l'Ontario se réunissent à Berlin pour obtenir la force motrice du Niagara au meilleur marché possible et en 1903 une loi autorise les municipalités à construire des usines, à transmettre et à distribuer l'énergie.

En mars 1906, soixante municipalités envoient des représentants à Galt qui demandent au gouvernement provincial d'installer une force motrice aux chutes du Niagara et le mois suivant toute une députation des municipalités, des chambres de commerce, des manufacturiers va trouver à Ottawa le premier ministre Whitney et, en définitive, toute cette agitation aboutit à la loi du 16 janvier 1907 qui donne un pouvoir discrétionnaire à la commission de la force hydro-électrique de l'Ontario.

Depuis 1905, la situation des forces hydrauliques du Niagara est assise sur de nouvelles bases. On a cru longtemps que l'eau et la force du Niagara étaient inépuisables; depuis 1905, non seulement on ne le croit plus, mais on estime qu'elle arriverait à ne plus suffire aux emprunts qu'on lui fait pour obtenir l'énergie électrique et qu'il est nécessaire de limiter ces emprunts. Cette opinion se double du sentiment qu'ont fait naître aux Etats-Unis et au Canada diverses associations comme V American Civic Association, V American Scenic and Historical Society, la Colonial Dames of America sur la rive droite et plusieurs sociétéscanadiennes. Ces sociétés ont fait campagne pour maintenir intactes le régime du fleuve et les beauté-;^ pittoresques des chutes.

Lk ("anaua Ilh stré

lu rapport de rAmcruMii ("ivic Association publié en 191 i a môme chiffré la \aleur esthétique du Niagara :

M 11 est constaté, expose-t-il, que, chaque année, Scx:),000 visiteurs viennent de loin visiter la célèbre cataracte. En admettant que chacun d'eux dépense en moyenne $ 2^. on trouve que la simple vue des chutes rapporte 20 millions de dollars par an, somme qui capitalisée à 5 0;0 représente un capital de $ 4(X^ millions, de beaucouj) sujiérieure au coût du canal de Panama. »

Le Congrès américain demanda un rapport au comité des rivières et des ports qui en confia la rédaction au capitaine Kutz. Puis une commission internationale fut instituée, partagée en deux sections, une américaine et une canadienne, qui décidèrent que les dérivations ne devaient pas excéder 36,000 pieds cubes d'eau par seconde sur le côté canadien et 18,500 pieds cubes par seconde sur le côté américain, étant donné que le canal de drainage de Chicago prend 10,000 pieds cubes par seconde au lac Michigan et qu'une certaine quantité de force est fournie aux Américains par les usines canadiennes.

Les dérivations maxima recommandées sont les suivantes pour chaque Compagnie (i) :

Pieds cubes COXIPAGMES C.AXADIE.VN'ES par second.-

Canadian Niagara Power C° 9.500

Ontario Power C° 12.000

EU ctrical developtaent C 11. 200

Niagara falls Park and River Railway C°.. 1.500

Canal Welland, en plus du service des écluses i .800

Pieds cubes COMPAGNIES AilERICALNXS par seconde

Niagara falls Hydraulic & ^lanufacturing C° 9 . 500

Niagara falls Power C° 8.600

Canal Eric, en plus du service des écluses. . 400

En dehors des cinq Compagnies canadiennes et des trois Compagnies américaines que nous venons de citer, il y avait un certain nombre d'autres Sociétés établies en vertu d'une charte sur les deux rives; les permis de quelques-unes sont expi-

I II faut environ 0.75 pied cube d'eau par seconde pour produire un cheval-vapeur.

rés, d'.iutre.s sont encore en \igueur; il serait trop long de suivre l'histoire de toutes ces Sociétés. Nous ne donnerons, comme exem|)le, que l'installation de l'Ontario Power C".

L'usine hydraulique de l'O.NTARlO PoWER C" est située dans la gorge en aval des chutes et la jirise d'eau est faite en amont, près des îles Dufferin. L'eau se précijiite dans deux tuyaux souterrains de 18 pieds de diamètre intérieur et de 6,0(X) pieds de longueur, l'un en fonte, l'autre en béton armé, puis elle est amenée sur les turbines par des coursiers de 9 pieds de diamètre intérieur et de 300 pieds de longueur.

Sur les plans figurent vingt-deux groupes électrogènes, de sorte que si l'on admet que deux groupes sont laissés inactifs, l'usine a une puissance de 200,000 HP. La hauteur de la chute est d'environ 176 pieds, mais elle peut varier suivant les variations de niveau du lac Erie. De 1860 à 1907, les variations extrêmes de niveau du iac Erie ont été de 3.89 pieds ; sa décharge maximum a été relevée en juin 1876, elle était de 257,8cjo pieds cubes par seconde et la décharge minimum, a été observée en mars 1896 où elle a donné 167,700 pieds cubes par seconde.

On évalue à 12,000 pieds cubes par seconde la quantité d'eau nécessaire à toute l'installation de l'Ontario Power C", et la commission des eaux limitrophes internationales lui a concédé cette quantité.

Parmi les très nombreuses chutes d'eau que possède la province de Québec, quelques-unes mieux situées ou offrant des conditions plus favorables sont exploitées depuis un certain nombre d'années par des sociétés florissantes. La plus célèbre est la chute de Shawinigan, sur laquelle s'est installée la Shawixigan W^ater & Power C° qui fournit la force motrice et la lumière à la ville de Montréal et à tout le pays environnant.

La chute Shawinigan est située sur la rivière Samt-^Iaurice, un des affluents les plus considérables de la rive gauche du Saint-Laurent et à près de 34 kilomètres de la ville de Trois-Rivières, bâtie au confluent de la rivière et du fleuve.

L'n barrage naturel de rochers arrête les eaux qui s'étalent en amont, formant un vaste lac profond de 8 à 9 mètres, dont l'effet est de régulariser le débit des chutes. Plus haut, le cours supérieur du Saint-Maurice traverse de nombreux lacs qui sont autant de régulateurs de son débit, de sorte que si nous mettons à part les chutes du Saint-Laurent qui bénéficient d'une régularité

Lk (Canada Ii.i.i sirk

<\\i("| il K >iiii('l le, la Sli.iwiiu^iui .i|)|).u\iil coiiniic une (les tdicrs li\ ( Il .111 1 1( |ii('s les plus rr^ul irrcs du Cm ul.i.

l.'.ittciit ion (lu |>ul)lic c[ (les hoinines d'à f laircs était clc|nus lonj^tcinps attirc'-c par la Shawiiiij^Mii que les touristes allaient \isiter, mais personne n'.u.iit osé mettre ses forces hydrauliciues en \aleur jiarce c]u'on n'était pas assez sûr de pouvoir transmettre l'éncrj^ie électrique jusqu'à Montréal, distante de 1.^5 kilomètres. A cette époque, il n'existait d'ailleurs aucune usine importante dans les eiixiroiis.

J.-N. Greenshields, K. C.

Cependant, un homme de grande initiative, J. N. Greenshields, conçut le projet de mettre ces chutes en valeur. Après avoir réuni les fonds nécessaires et acquis la conviction que les ventes de force seraient suffisantes, il constitua en 1898 la Shawinigan Water & Power C° et obtint une charte. Cette charte cJonnait à la Société le pouvoir de construire et d'entretenir des barrages sur la rive nord-ouest de la rivière Saint-Maurice, près des chutes de Shawinigan, et d'établir des canaux d'amenée pour fins hydrauliques et manufacturières, de construire les écluses, quais et usines génératrices nécessaires pour prendre possession du lit et de la grève de la rivière, à l'entrée des canaux d'amenée et à la sortie des canaux ou coursiers d'aval. La Compagnie recevait le droit d'utiliser,

Nciidrc ou louer l'eau pour a(tionn('r des iiiacliines et de j)roduire el vendre du ga/, de l't'-lci tri( ité et des carbures.

La chute de .Shawinigan a .\^ niclres de hauteur et peut donner 1 jo.cxjo HP d'après la connnission de conservation. La Société a construit un large canal de dérivation percé dans le roc à l'ouest du sommet des chutes sur }}o mètres de longueur. D'énormes conduits an)ènent Venu dans deux bâtiments qui contiennent les générateurs mus par six turbines de 55,CXX) IIP. En 191 2, la Société a construit une seconde usine à côté de la première, cjui sera affectée au service de la Montréal Light, Méat & Power C", avec laquelle la .Shawinigan a passé un contrat pour la vente de 4(),(xx) IIP en sus des 25,000 qu'elle fournissait déjà. Les deux .Sociétés, très ])ros]5ères toutes deux, ont d'ailleurs des intérêts communs.

En mai 191 3, on annonce que la Shawinigan va encore agrandir cette seconde usine en y ajoutant deux unités de 20,000 chevaux chacune, ce qui porterait sa production à 80,000 HP. Les travaux doivent commencer immédiatement et l'on compte qu'ils seront terminés au commencement de 19 14.

Cette extension remarquable de la Shawinigan a été facilitée par les progrès réalisés dans la science hydro-électrique. La production de l'énergie est augmentée et les moyens de transmission plus parfaits sont d'un rendement supérieur. A la .Shawinigan, à côté des générateurs, se trouvent les transformateurs qui fournissent le courant à diverses Sociétés, entre autres à la Calcium Carbide Works, qui prend 25,000 volts, aux lignes de tramways de Montréal et aux mines d'amiante de Lhedford qui en prennent 50,oaj.

Deux lignes de câbles en aluminium suivent la voie du Canadian Northern et apportent l'énergie électrique à plusieurs stations de distribution et à la station terminus de Maisonneuve, à Montréal. Sur le parcours, à Joliette,, un câble traverse le Saint-Laurent et porte un courant de 12,500 volts à la ville de Sorel et à ses environs.

En somme, la Société de .Shawinigan a quatorze années d'existence; avec un capital modéré, elle est parvenue à prendre une place très importante parmi les sociétés industrielles du Canada, ses usines et ses installations sont considérées comme parfaites et elle ne cesse de progresser. Sa clientèle,augmente avec le développement industriel de toute la contrée qui s'étend de Trois-Rivières à Montréal, et ce mouvement industriel, bien loin de se ralentir, paraît au contraire s'accentuer. Les

Li: Canada Illi stré

travaux cntrcpiis dans le dislrut tiu SaiiitM.iunce pour capter l'eau des lacs sur une superlicie de RX1 milles carrés sont aclnenicnt j)oussés et toute la réj^ion est triluUairc de la Shavvinij^Mn. qui a passé partout des contrats jîour la distribution du courant. On prévoit que, dans un avenir ]ir()chani. l'embranchement de Shawinij^an au dr.ind Irunk qui passe à 20 milles dans le nord et la termmaison du Canadian Xorthern vont encore aujj^menter l'importance industrielle de ce territoire.

Pour avoir une idée plus juste et plus complète des sociétés h\-dro-électriques canadiennes, nous en examinerons encore deux autres qui travaillent à l'autre extrémité du Canada, en Colombie Britannique : l'une, la Western Canada Power 6", parce quelle est trcs récente et qu'elle promet de devenir la Shawinigan de Vancouver; l'autre, la Prince Ritpcrt Hydro-Electric C°, parce qu'elle est, comme la ville où elle s'est créée, à l'aurore de son existence. C'est à peine si elle exploite et il est intéressant de voir comment une jeune société se prépare à devenir une grande affaire.

La Western Canada Power a été créée en mai 1909 dans le but d'acheter à la Stave Lake Power C° les chutes de la rivière Stave ainsi que les constructions faites pour les utiliser et les privilèges qu'elle avait obtenus.

Les chutes de la rivière Stave sont à Ruskin, à 56 kilomètres au nord de la ville de Vancouver (Colombie Britannique et à 1 1 kilomètres en aval du lac Stave, qui reçoit la Stave supérieure ainsi que de nombreux cours d'eau et torrents qui descendent des névés et des glaciers des C oast Range. Le lac a 14 1/2 kilomètres de long et i 1/2 kilomètre de large environ; la rivière en sort puissante et descend de 11 pieds pendant 11 kilomètres jusqu'aux chutes. Là elle tombe de 27 mètres et se précipite dans une gorge étroite jusqu'à son confluent. Depuis le lac jusqu'au confluent, la différence de niveau est de 68 mètres environ, que l'on a pu augmenter déjà de 2 mètres par des barrages construits sur la chute, mais qu'on pourrait augmenter encore de 8 mètres s'il en était besoin. Le lac Stave formerait alors un grand réservoir de 25 i'2 kilomètres de longueur et de 16 milles carrés de superficie, ayant un débit constant de 300 pieds cubes par seconde, donnant 28,000 HP continuellement, nuit et jour, pendant toute l'année, ce qui suffit, dans les conditions ordinaires de travail, pour produire 50,000 HP.

La Société pourrait aussi utiliser sa concession en aval, près du confluent, en construisant un

second barrage de 40 mètres de hauteur et en installant quatre turbines de I3,5<'<' HP chacune qui donneraient des forces à |)eu jirès équivalentes à celles des chutes. Elle ])Ourra dis|)oser ainsi à un moment donné de ioo,(x)o HP à 5O kilomètres de deux grandes villes, \'ancouver et Xew-Westminster.

La Société a terminé ses installations en \'.j\2. L'énergie électrique est transmise, à une tension de 60,000 volts, à la station de réception distante de 56 kilomètres, à égale distance de Vancouver et de Xew-Westminster. Cette station est munie de six transformateurs d'une capacité totale de 25,000 HP, mais les demandes de force se sont produites si nombreuses que la Société a dîi augmenter sa production ])lus vite qu'elle ne s'y attendait. Un contrat passé avec la British Columbia Electric C" l'oblige à l'accroître de 40,000 HP de plus.

D'ailleurs, l'usine n'a marché que dans la seconde quinzaine de décembre 1912 et a immédiatement distribué l'énergie électrique à Mission, Vancouver et Xew- Westminster.

La Western Canada Power n'est pas la seule à fournir l'énergie électrique à Vancouver; une autre usine, dite du Bras du Nord, est exploitée par la \'ancouver Power C", société auxiliaire de la British Columbia Electric Ry. L'usine génératrice est située sur le bras nord de l'anse Burrard. Le lac Buntzen, situé à 400 pieds au-dessus de l'usine, sert de réservoir; l'eau y est amenée du lac Coquitlam par un tunnel de 4,258 mètres que l'on dit être le plus long tunnel hydraulique du inonde. L'usine a six groupes électrogènes, dont quatre de 3,000 HP chacun, et deux de 10,500 HP, soit en tout 33,000 HP. Les turbines sont actionnées par une colonne d'eau de 400 pieds de hauteur.

On peut dire que la PRINCE RUPERT Hydro- EleCTRIC nous montre une installation hydroélectrique avant la lettre. Quand elle s'çst constituée, en juin 191 1, la ville de Prince-Rupert ne contenait guère que 6,000 habitants, et le Grand Trunk Pacific avait encore trois années de travaux à faire pour arriver à son point terminus sur le Pacifique, mais le fait que Prince-Rupert était choisi comme point terminus, les facilités qu'offre son grand port en eau profonde, complètement à l'abri et ouvert toute l'année, le nombre des fabriques de conserves des environs, la certitude d'un trafic futur très intense ont fait surgir les initiatives et les capitaux.

Page 1