‹ Le Canada illustréChapitre 38 sur 80 · F.ABRIQUE DE CIMENT A SVD.NEV (CAP-BRETON · texte numérisé non relu

F.ABRIQUE DE CIMENT A SVD.NEV (CAP-BRETON

La Compagnie fit donc d'excellentes affaires jusqu'au moment où les provinces du Centre et de l'Ouest réclamèrent du ciment à grands cris sans pouvoir en obtenir, parce que la Société ne disposait pas de moyens de transport suffisants. Le gouvernement, ému de ce manque de matériaux qui pouvait causer de grandes pertes dans le Centre et dans l'Ouest, alla au plus pressé et suspendit tous les droits protecteurs qui s'opposaient à l'entrée aii Canada des ciments américains. Les ciments américains affluèrent alors à Winnipeg, à Régina et à Calgary et firent tomber les prix un moment jusqu'à 55 cents le baril.

Les entrepreneurs en profitèrent pour se constituer d'impoirtants stocks, mais la baisse dura peu; bientôt les prix remontèrent à 65 et même à go cents, l'activité de la construction eut raison de tous les calculs et même, actuellement, on prévoit

nir en 1913 les 10 millions de barils qui lui sont demandés.

A la dernière assemblée générale relative à l'exercice clos le 31 décembre 191 2, le président a donné des explications intéressantes dont nous extrayons les déclarations suivantes :

(( En 1912, la Société a souffert de l'insuffisance des transports sur le Saint-Laurent et les grands lacs et les prix du transport par eau du charbon et des produits fabriqués ont accru les dépenses. L'usine de Winnipeg, qui doit produire jusqu'à 1,400,000 barils de ciment par an et les augmentations de la capacité de production des établissements de l'Ouest permettront de satisfaire aux demandes des marchés de cette région; l'usine qui sera construite dans la propriété achetée à Medicine Hat pourvoira aux accroissements ulté-

Li:; Canada Illi siki:

rieurs. En manufacturant le ciment aux endroits où il doit être consommé, la Compagnie évitera les délais de livraisons et les lourdes charges de transport par eau et par chemins de fer qui grèvent les expéditions faites de l'Est.

Quand ces constructions seront achcxécs, li ct)iiii)agnic espère pouvoir vendre le ciment dans les provnices de la Prairie à un j^rix inférieur aux prix actuels.

Poursuivant la même politique, la direction cherche une propriété convenable à acheter dans le Xouveau-Brunswick ; jusqu'à présent, les ingénieurs n'en ont pas trouvé qui convienne, mais ils espèrent en trouver une cette année qui permettra la construction d'une usine dans cette province.

Nous cherchons à diminuer nos prix de vente dès que les circonstances le permettent, festimant que cette politique a produit et produira des résultats avantageux pour la clientèle et pour la Société. *

Les résultats obtenus par la Canada Cernent depuis sa réorganisation en 1910 sont les suivants pour les trois dernières années, en dépit de la suspension temporaire des droits d'importation :

Soldes des bénéfices Soldes reportés Années Produits nets non répartis au 31 décembre

iQii 1.382.038 278.808 496.802

Briques.

La brique est peut-être plus indispensable que le ciment dans les contrées ovi ne se trouvent pas de pierres à bâtir, ce qui est le cas pour une très grande partie du Canada, mais elle exige, pour sa fabrication, la présence de gisements de terres à briques, d'argile ou de schiste argileux, dont la qualité est très différente et détermine la qualité de la brique elle-même. Les inventeurs se sont efforcés de trouver des combinaisons chimiques ou mécaniques capables de donner à la terre ordinaire les qualités propres à constituer de bonnes briques, et l'on a pu tout récemment encore lire des annonces pleines de promesses à ce sujet, mais il arrivapresque fatalement que tous les procédés ou mélanges qu'on invente augmentent le prix de la fabrication au point de les rendre inapplicables.

Au Canada, les terres capables d'être cuites et de former des briques ne sont pas rares; on fabrique beaucoup de briques dites de marais avec des terres de basse qualité, mais les bons gisements argileux sont assez rares. Il en existe cependant

dans les environs de Toronto, et l'on en trouvera certainement dans les différentes contrées du Dominion, notamment dans les provinces centrales; toutefois, il faut noter que la brique est une mar chandise lourde et de faible valeur pour laquelle la question de trans|)ort csl d'une importance ca])itale.

11 est arrivé qu'à de certains moments les entrepreneurs de Montréal, manquant de briques et ne voulant pas de briques des marais, ont employé des briques américaines qui revenaient à $ 25 le mille, ('est-à-dire plus du double du prix habituel des briques à Montréal, qui est en général de $ 12; c'est ainsi que le manque de briques a arrêté ou retardé souvent les constructions.

A Toronto, la situation a été plus précaire encore qu'à Montréal ; les constructions s'y étant développées dans ces dernières années d'une façon exceptionnelle, puisque Toronto tient depuis longtemps le premier rang sur la liste des jjermis demandés pour construire; elle a de plus le désavantage de ne posséder aucune pierre calcaire, tandis que la pierre voisine est employée dans beaucoup de constructions à Montréal. Toronto n'a eu pendant longtemps que quelques briqueteries, dont la production s'est trouvée insuffisante pour les besoins croissants de la capitale de l'Ontario. Ce que nous disons de Montréal et de Toronto peut s'appliquer à de nombreuses villes des provinces centrales.

L'industrie de la brique au Canada comprend environ 400 établissements employant un capital de $ 14,782,226 et produisant annuellement pour une valeur de plus de $ 8 millions. La consommation est d'environ 50 0/0 supérieure à la production, et en ce moment les briques sont importées des Etats- L'nis et d'Angleterre pour une somme d'environ $ 3,800,000 par an. Sur une grande partie de ces briques provenant des Etats-Unis, les droits sont de 22 1/2 0/0 et de 12 1/2 0/0 sur celles de provenance anglaise.

La plus importante briquetterie du Canada, la Xatiox.\l Brick of Laprairie, est située à quelques kilomètres de ^Montréal. Trois conditions soni nécessaires pour assurer la prospérité d'une fabrique de briques : un approvisionnement illimité de terre à briques sur place, le combustible à bon marché et des transports faciles. Partout ailleurs qu'au Canada nous ajouterions une quatrième condition: l'écoulement certain ; mais nous venons de voir que la demande au Canada est double de la production.

Ces trois conditions nécessaires sont réunies à la

ig.

Le Canada Ilijsiki;

NatioJKil Bricly.' Conipiiuy ol l.dprd'irr, i.\\\\ possrdc 320 acrrs de terrains arj^ilcux à son iisiiir dv. Delson l't iiH) acres à Lapr.iirie. ( )n a porté la sonde jusciu'à i,8oo pieds sans rencontrer la limite du «gisement, qui est le seul de quelque étendue existant dans cette partie du Canada à proximité de Montréal. D'ailleurs, la fabrique de Laprairie, qui ai>partient aujourd'hui à la Compaj^nic, a exploité le gisement ])endant xinj^t-dcux ans et elle a extrait la matière première sur une surface de 30 acres à une profondeur de () pieds. La grandeur du gisement argileux répond donc à une exjiloitation illimitée en importance et en durée.

hie. L'alimentation des fours en charbon se fait tics régulièrement, un homme suffit jjour deux fours, grâce à des wagonnets chargés de houille (]ui passent à intervalles réguliers le long des portes d'alimentation, à l'étage supérieur.

Un puissant vent dateur chasse l'air c haud sortant des fours vers le séchoir où il hâte l'assèchement des briques.

Toute la fabrication passe par les phases suivantes où les machines mues par la force électri- (]ue jouent le jjrincipal rôle :

Une énorme drague à vapeur entame le banc d'argile et dépose les masses de glaise sur des

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DRAGIE a VAI'EIR.

Le charbon livré par bateaux revient de 16 à 17 shillings par tonne, et la situation des deux usines permet tous les moyens de transport. L'ancienne usine de Laprairie se trouve aujourd'hui sous la même direction que celle de Delson ; elle peut produire annuellement 60 millions de briques. Celle de Delson possède des fours qui sont considérés comme les plus grands du monde. Chacun d'eux a soixante-cinq chambres qui ont chacune une capacité de 95,000 briques. La cuisson dure quinze jours. Quand la cuisson est terminée, le four est vidé, rechargé à nouveau et allumé en vingt-quatre heures.

Les opérations se font presque automatiquement avec la plus grande économie de personnel possi-

wagonnets qui les portent à l'usine toute proche; la glaise est comprimée puis mélangée avec du schiste; le mélange passe sous de puissantes meules, il est additionné d'eau et envoyé dans des formes qui le façonnent en grands rectangles. Ensuite, de nouvelles machines s'emparent de ces rectangles, les découpent en forme de briques qui sont soumises à des presses et envoyées au séchoir où elles subissent l'action de l'air chaud envoyé par les fours.

Les wagonnets reçoiv'ent les briques séchées et les portent dans les fours où elles sont cuites.

Une fois fabriquées, les briques sont chargées dans l'usine sur de grands wagons de marchandises à boggies, qui en contiennent chacun 15,000,

Lk Canada Ilh siriI

puis diriijécs vers les lieux de consoinniatioii ])iir un (.les tHMS ^r.uids chemins de 1er qui coniniunicjuent aver l'usine.

Ces usines tlonnent au visiteur une impression de surprise. 11 aperçoit dans les parties les plus actives de grandes machines dont le travail est automatique, quelques ouvriers seulement les surveillent; ailleurs, des hommes travaillent dans une atmosphère embrasée, mais partout les derniers l)erfectionnements de la mécanique suppléent au travail humain.

Le personnel ne dépasse pas 400 employés, que la Société a entourés de toutes les commodités de la vie. mais le travail est ininterrompu pendant les vingt-quatre heures et tout se fait aux pièces. La Compagnie a créé un village, une gare, un hôtel, des maisons en papier où les contremaîtres ont des pianos. L"n village indien est proche.

Grâce à ces conditions exceptionnelles, il n'y a pas de grève à craindre à Laprairie. Au contraire, les équipes d'ouvriers, classées en deux sections, ont Je stimulant de l'intérêt. Celle des deux qui a produit le plus au coût minimum reçoit à Xoël une large gratification.

La brique de Laprairie est supérieure aux autres, ce qui permet de l'employer même dans les fondations à cause de sa dureté et de sa résistance.

Les usines sont outillées pour émailler. polir, rougir et mouler des briques dont le prix de vente est supérieur, variant de $ 12 à $ 40 le mille.

La capacité de production de ces usines est d'environ 150 millions de briques par an.

Constructions.

Il est difficile de se figurer la rapidité avec laquelle se construisent les villes canadiennes. Cependant, le Far-West américain a donné, il y a cinquante ans, des exemples célèbres et trop peu connus.

Dans son ouvrage De San Francisco au Canada, Jules Huret dit que la fondation de Denver remonte à 1858 et qu'en 191 1 la ville renfermait 250.000 habitants. Mais en 1880 la ville était encore très modeste et l'on chassait le bison tout près de là.

En 1848. San Francisco avait 57 maisons bâties •en terre sèche et en bois. Aujourd'hui, elle a plus de 400.000 habitants. Los Angeles, où n'a pas régné la fièvre de l'or, comme à San Francisco, n'avait pas 2,000 habitants il y a cinquante ans; elle en possède aujourd'hui 100,000.

Ces exemples célèbres des Ltats l ins se rejjro- (luisent de nos jours au Canada, plus rapides peutêtre. En 1870, lors de sa fondation, Winnipeg comptait 215 habitants. Le recensement de igrji accusait 42,340 habitants et celui de 1906, 90,155. La population avait plus que doublé en cinq années. Aujourd'hui, elle s'achemine vers 150,00».

Cet accroissement formidable de Winnipeg est dû à sa situation géographique qui en fait la porte du Nord-Ouest canadien; quatorze lignes de chemins de fer et un réseau de voies maritimes y aboutissent. Partout, au Ciiuada, où une cause s]:)éciale vient s'ajouter au développement naturel de l'agriculture et de l'immigration, les villes croissent avec une rapidité ])rodigieuse. Nous en avons, en ce moment, un exemple des plus remarquables dans la ville de Prince-Rupert, qui sera le point terminus, en Colombie Britannique, du Grand Trunk Pacific. On estime qu'en trois années la ville passera de 6,oco à 25,000 habitants.

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Les coxsTRrrTiONS a Wixxipeg.

On comprend que cette rapidité de croissance, plus étonnante sur quelques points, mais très remarquable dans tout le Canada, ait fait surgir dans les provinces du Dominion de grandes entreprises de construction. Il fallait tant de maisons nouvelles que les entrepreneurs se sont multipliés.

Comme toujours, les besoins du public ont fait naître les organisations utiles. Non seulement le nombre des entrepreneurs a augmenté d'autant plus qu'ils faisaient vite fortune, mais des maisons se sont créées qui construisent à la seule condition, par contrat, de recevoir 10 o/o en plus du prix de revient de la construction.

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U.\ GRATTE-CIEI. A TORONTO.

Un seul chiffre de la statistique officielle résume ce que nous venons de dire.

Les autorisations de construire demandées au Canada en 191 1 ont été de 28 0/0 supérieures à ce qu'elles étaient en 1910. S'il y a un métier productif au Canada, c'est bien celui d'entrepreneur.

La P. Lyall & Sons Construction Cy Ltd est une des plus grandes entreprises de construction du Canada. L'intense développement du pays a créé des organisations qui n'existaient pas dans les vieux pays d'Europe.

En France, un entrepreneur qui construit une maison sous les ordres d'un architecte a besoin de sous-entrepreneurs pour la maçonnerie, pour la charpente, la menuiserie, la peinture, la vitrerie, la serrurerie, etc., etc.

Au Canada, Lyall Construction C" fait ellemême tout ou presque tout le travail. Elle a ses usines qui taillent la pierre, le marbre et le bois, son personnel de terrassiers et de maçons, de peintres et de sculpteurs, de sorte que tous les maté-

riiiii.v cl détails de construction arrivent sur chantier polis et termines, prrts à rtrc mis en place.

l'.lle \ ient de terminer la (onstruction des |)alais du gouvernement à. Kcgina, capitale de la Saskatchewan ; les seuls matériaux ou travaux que hi L)'ail a demandés hors de ses propres usines sont : les tuyaux de plomb, l'installation de l'électricité et du chauffage et certains matériaux de la toiture.

Cette organisation très com[)lète a été nécessitée jiar le nombre toujours croissant des constructions et l'impossibilité de signer des contrats à date fixe s'il eût fallu attendre les livraisons de matériaux ou d'objets fmis de sous-entre])reneurs ou d'industriels étrangers.

Elle est d'ailleurs le résultat de trente années de travail prospère et de la fusion des deux Sociétés Lyall : la P. Lyall & Sonset la Lyall Realties Ltd.

La maison P. Lyall & Sons aétéfondéeen 1878; elle a donc trente-cinq ans d'existence. Ses débuts ont été modestes, mais bientôt les affaires se présentèrent de plus en plus nombreuses et sa clientèle ne lit que grandir, attirée par la correction qui présidait à l'exécution de ses traités et par la perfection de ses travaux.

La Société actuelle P. Lyall & Sons Construction Cy Ltd, qui a opéré la fusion, date du i" février 191 2. Elle est restée sous la même direction qu'autrefois, et M. P. Lyall, mort en 191 2, a

Transportation' Buildi.xg, a Montré.\l, Construite par la P. Lyall & Sons Company.

Le Canada Illisirr

))our siuresscur à la i(rcsidenrc, M. \\ . Lyall, son lils aîné. Elle est l'entreprise de travaux publics la plus connue du Canada et peut passer la plupart de ses contrats comme le font seuleuT^nt les maisons de i^remier ordre. Elle exécute ses constructions au prix coûtant, c'est-à-dire qu'elle produit î^es mémoires sans aucune majoration et son bénélice consiste en un pourcentage convenu d'av^nrc sur le i-">rix total. On comprend que. de cette façon, tous les risques de perte, par suite d'erreurs ou de modifications sur les prix des matières premières, sont d'avance éliminés. La maison est sûre de toujours toucher un bénéfice fixé d'avance sur le prix (le ses travaux.

est comparable aux meilleurs travaux des praticiens. Les motifs décoratifs qu'on emploie aujourd'hui partout au Canada arri\ent toujours au moment voulu et prêts à mettre en place. Les grands et sujierbes immeubles qui ornent les rues de Montréal, et dont la liste serait trop longue à écrire ici, sont la ])reu\e de ce que nous disons. A Winnipeg, la gare et l'hôtel du Canadian Pacific à Ottawa, la gare du Grand Trunk, et à Regina le palais du Parlement sont les œuvres les plus remarquables de la P. Lyall & Sons Construction. La dernière assemblée générale de la Société a eu lieu le 3 juin 191 3. M. W'illiam Lyall, président, a expliqué que le dernier exercice a été difficile

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L Si-XL LiL LA .NATIONAL BRIDGE A .\lC)MKK\L

Elle possède des carrières de pierre; elle est intéressée dans de grandes briqueteries, dans des usines métallurgiques qui fabriquent les poutrelles et tous les matériaux de fer et d'acier qui entrent aujourd'hui dans presque toutes les constructions. Ses ateliers de menuiserie et de taille des pierres et des marbres, situés à ]^Iontréal et à ^\"innipeg, sont des modèles du genre. On y voit des blocs de pierre et de marbre, sciés, aplanis, tournés et polis au moyen de machines-outils qui font le même travail sur le marbre qu'on est accoutumé à voir faire sur le bois.

Entre autres, un disque de 6 pieds de diamètre dont la circonférence est armée de 380 diamants, coupe d'énormes blocs de pierre à une vitesse de 35 centimètres par minute et les marbres les plus durs à une vitesse moitié moindre. Ces 3S0 diamants valent environ $ 10.000 et doivent être remplacés deux fois par an.

Le travail fait pa: cet outillage perfectionné

par suite de la rareté de la main-d'œuvre; mais, grâce à son organisation, la Société en a peu souffert et les constructions élevées pendant l'année sociale ont atteint $ 3,864,697.

La Société a installé des succursales à Toronto, Regina, Moose Jaw. Swift Current et Calgary, qui est le centre de l'organisation sociale dans l'Ouest. Au i" avril 191 3 les contrats se montaient à plus de $ 4 millions, en augmentation de près d'un million sur le total au i" avril 1912.

Constructions métalliques.

Les grandes usines métallurgiques ou du moins certaines d'entre elles fabriquent les charpentes en acier qu'on emploie dans la construction des ponts, des gares, des grands édifices publics ou privés. Cependant, les constructions métalliques sont une spécialité dans laquelle de grandes Sociétés et des industriels sont devenus fameux en

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Eurc)|)e et aux Elals-l uis. L.i plus imporlanlc de dans la môme entreprise les deux plus {.grandes

ces entreprises est la Dominion Hridj^e C" dont les autorités d'Angleterre et d'Américpie dans le même

usines sont situées auprès de Montréal et qui a commerce. L'association lit des ])royrès constants

ahsorhé.en H)!-;, la National Hridj^c C" of Canada, et les directeurs réalisèrent toutes les améliorations

Cisaille coupant les barresd'acier a la National Bridge C (AIontréal).

Peintures et Vernis.

Voici encore une industrie dont le Canada est redevable aux Etats-Unis. La maison américaine Sherwin Williams Cy était depuis longtemps une des premières entreprises de peintures et de vernis des Etats-Unis, lorsqu'en 1888 elle installa une succursale au Canada, à Montréal, qui, disposant de toutes les ressources de la maison-mère et de toute la main-d'œuvre expérimentée qui lui était nécessaire, devint bientôt la première maison canadienne de sa spécialité Cependant, il y avait d'autres établissements qui exploitaient la même industrie et notamment la Canada Paint C", qui avait déjà réuni, en 1894, trois maisons de peintures et vernis situées à Montréal, à Toronto et à Winnipeg.

La vieille maison anglaise Lewis Berger et fils, qui existait à Londres depuis plus de cent cinquante ans, acquit le contrôle de la Canada Paint C° et se trouva ainsi puissamment installée au Canada. En 1905, elle s'associa avec la maison américaine Sherwin Williams, réunissant ainsi

nouvelles possibles. Enfin, en 191 1, ils reconstituèrent tous ces éléments en une seule Société, la Sherwin Williams Cy of Canada.

La Sherwin Williams Cy of Canada est la plus grande fabrique de peintures et vernis du Canada, ses usines occupent 4 acres dans la ville de Montréal et sont munies de l'outillage le plus perfectionné; elles réunissent la fabrication des couleurs, des vernis, de l'huile de lin, un atelier de ferblanterie et une manufacture de boîtes et d'emballages. La force motrice y est assurée par une source centrale qui la produit économiquement. .Ses usines et ateliers de Toronto fabriquent spécialement les vernis et les établissements de Winnipeg et de Vancouver produisent les couleurs et l'huile de lin, avec des ateliers de manipulation et de fabrication pour toutes leurs spécialités.

Le capital de la Sherwin Williams Cy of Canada est, actions et obligations comprises, de $ 10 millions.

Depuis sa fondation, les ateliers de Winnipeg ont été agrandis, les ventes et les bénéfices sont enaugmentation.

CHAIMTKI-: XX Industries diverses.

(^onscr>cs alimentaires. — Automobiles.

Conserves alimentaires.

L'industrie des conserves aHmentaires, que les Américains ont développée dans de si gigantesques proportions, ne pouvait pas manquer de stimuler des miitateurs au Canada, au fur et à mesure que S2 révélait plus facile et plus puissante la production des produits ahmentau'es.

Les pêcheries canadiennes ont naturellement donné lieu aux premiers établissements. La pêche des homards en Nouvelle-Ecosse, dans l'île du Prince-Edouard, au Xouveau-Brunswick et sur les côtes de la province de Québec, celle du saumon en Colombie Britannique ont pris une grande importance.

Nous avons parlé, dans la première partie de ce livre, des armées de saumons qui remontent le fleuve Fraser; c'est là où les fabriques de conserves de ce poisson ont pris la plus grande extension et sont le plus perfectionnées. La main-d'œuvre humaine ne prend, pour ainsi dire, plus part à la fabrication des boîtes de conserves. Les poissons passent du bateau qui les a péchés dans de grands wagons qui les portent à l'usine et les déversent dans une machinerie compliquée où tout le travail est fait automatiquement. Les poissons sont écaillés, coupés, cuits et accommodés, mis en boîtes de fer-blanc, soudées et étiquetées mécaniquement.

Le long du Fraser, le nombre des usines grandit et l'importance des anciens établissements augmente de plus en plus, constituant pour la Colombie Britannique un mouvement industriel important Prince-Rupert deviendra un grand centre pour cette industrie quand, en 1914. le Grand Trunk Pacific y aura son terminus.

Sur toute la côte Atlantique, c'est la conserve

du homard qui domine, mais la pêche y est variée comme elle l'est, du reste, sur le littoral du Pacific et dans l'archipel de la Reine-Charlotte. Dans l'estuaire du Saint-Laurent, dans la baie des Chaleurs et dans la baie de Fundy, sur 'les côtes des îles du Cap-Breton et du Prince-Edouard et tout le long de la Nouvelle-Ecosse, dont les côtes dentelées sont les plus propices à la multiplication du poisson, on prend non seulement le homard, mais la morue, le maquereau, le hareng et aussi le saumon. Les conserves de homard, particulièrement fines, sont les plus réputées dans le monde entier. Les conserves de fruits, de légumes et de viandes se font en grandes quantités dans l'Ontario, où la plupart des usines se groupent dans la presqu'île de Toronto, ce jardin fruitier et potager du Canada. Les pommes, pêches, framboises, fraises, poires et prunes; les tomates, les haricots, le maïs et d'autres légumes donnent lieu à une industrie fort active qui a particulièrement perfectionné ses moyens et procédés de transport.

La Dominion Cavvers a réuni sous son contrôle les quatre cinquièmes des fabriques de conserves du Canada. Constituée en 1910, elle a groupé quinze fabriques dans l'Ontario et possède cinquantequatre usines sur tout le territoire du Dominion.

Elle s'est outillée dans tous les sens pour obtenir les meilleurs produits, installant une grande ferme d'expérience pour rechercher les meilleures semences et deux fermes de culture fruitière et potagère. Elle possède ses fabriques de boîtes et ses ateliers de soudage, des ateliers de lithographie pour les étiquettes et enfin les laiteries de la Alymer Condensed Milk, où elle produit de grandes quantités de lait condensé et de crème.

D'autres entreprises de conserves existent au

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< "an. 1(1.1, iKit.iinniciit colles do Cal^j^ary /'Ali)orta , pour la xi.iiuio, iiiii app.irt icMinonl à dos partKU Hors ol sdiit i)r(is|)î-ios ; on a aussi fait des leiilali\os de ( (lustiluliou de sociétés à Winiiipc}^, mais ces entreprises disjiaraissent devant l'importance de la Dominion Canners. On peut cependant citer la British Can.idian Canners deconstitution récente oui aura terminé en 1913 ses installations. Elle a cinq fal)ri(iues en activité clans l'Ontario, à Rowmanville, Cobour.i^-, 1 li<4h<4ate, Berlin et Port- Robinson.

pail H iiiiors se sont associés dans le but d'obtenir ht rote(ti(jn des routes existantes et la création de rout(^s nouvelles; les pouvoirs publics ont jjromis leur a(ii\e coopération et ces efforts ont déjà abouti à un commencement d'exécution. La pro- \incc (le Ouobec a voté une somme considérable pour cet objet. Quant à la nei^e, un fait sans doute inattendu [trouve qu'elle n'est pas un obstacle; c'est dans les provinces du centre, dite des Prairies, oii la noi<4o osl plus épaisse et lient plus ]()U'^toiiips, (luo l'on^ouoiiioiit (\c rauloinobijo s'ost le

Fabrique de conserves.

Automobiles.

L'automobilisme a pris au Canada, depuis quelques années, un grand développement ; on craignait que les automobiles fussent peu pratiques dans un pays où les routes laissent à désirer et sont couvertes de neige pendant quatre mois de l'année. L'expérience a prouvé que ces voitures rendent des services inappréciables à condition d'avoir des roues assez hautes, pour que les châssis soient élevés et quelles passent facilement partout. Leur iisage a d'ailleurs suscité dans la presse et dans le public une campagne très vive en faveur de l'amélioration des routes, campagne que les municipalités et le gouvernement lui-même soutiennent. Des

plus vite développé. Les fermiers déclarent que l'automobile leur est indispensable et la demande d'automobiles venant des prairies en 191 2 est plus grande que jamais. A Calgary (Alberta), le nombre de licences accordées en 191 1 a atteint 700, et à Edmonton 350.

Il y a eu à Montréal, en 191 2, deux Salons de l'automobile : le premier, sous le patronage de l'Automobile Club du Canada, était plus particulèrement l'exposition des voitures de luxe ; le second, organisé par le commerce de Montréal, offrait plus de véhicules industriels et de camions. Dès le 4 janvier 191 3, on avait vu au Canada, avant le Salon de New-York, les modèles américains 191 3 caractérisés par de gros moteurs très démul-

Le Canada Illistré

tipliés aux longs empattements, des châssis très robustes et très hauts, avet^ des roues de grand diamètre, de gros pneus et une carrosserie très soignée avec démarrage et éclairage électriques.

A la fin de 191 2, le bureau d'enregistrement provincial percevait la taxe, à Montréal seulement, sur 2,500 voitures, tandis qu'en 1910 il n'avait enregistré que 1,000 voitures.

Etant donné l'accroissement rapide de la population et de la richesse sur son vaste territoire, on peut dire avec certitude que le Canada est actuellement un des plus gros clients de l'automobilisme.

La statistique générale de 191 1 fournit sur l'automobilisme au Canada des données certaines et précises, non pas sur tous les points, mais sur une bonne partie des questions les plus intéressantes. Ainsi, le nombre d'automobiles provenant de France ne peut pas être déterminé exactement, parce que beaucoup d'entre elles viennent par l'Angleterre et sont enregistrées comme de provenance anglaise.

A la fin de 19 10, il existait au Canada huit fabriques d'automobiles où étaient immobilisés $ 4 millions 699,236, dont les produits attergnaient une valeur de $ 6,251.885. et onze ateliers pour réparations d'automobiles et accessoires où était immobilisé un capital de $ 361,272, produisant $ 170,930.

Ces fabriques sont très prospères, mais elles sont surtout des succursales de certaines maisons américaines qui exécutent, avec des pièces importées, le montage et l'assemblage des voitures. La valeur des pièces importées s'est élevée, en 19 10, à S 494.264 et. en 191 1, à $ S50.906.

Tandis que les Etats-Cnis fournissent au Canada les dix onzièmes de son importation en voitures automobiles, le Canada exporte, surtout en Australie et en Nouvelle-Zélande, une importante quantité de voitures 'i\ En 191 2. la Matatua a

'• Exportation canadienne

de voitures

automobiles:

Xoiobre

Valeur

ombre

Valeur

Australie

Etats-Unis

Afrique du Sud

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Grande-Bretagne . .

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Autre; pays

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emporté de Montréal, en un seul voyage, 189 automobiles à destination de Melbourne et de Sydney |)ùur la jîlus grande partie. L'ne maison canadienne qui avait exporté, en 1909, 19 machines en Nouvelle-Zélande et 95 en 1910, en a envoyé 336 en 191 1, au prix de vente moyen de $ 1,150.

La province d'Ontario possède le plus grand nombre d'automobiles, 7,338 pour 2,523,208 habitants; celle de Québec en a 2.500 pour 2,002,712 habitants, et l'Alberta en a 3,000 pour 400,000 habitants. Dans l'ile du Prince-Edouard, la loi provinciale interdit l'usage de l'automobile dans les rues et places publiques de son territoire, sous peine d'une amende de $ 5cxd ou six mois de prison. La grande majorité des automobiles en usage au Canada provient donc des Etats-Unis, qui augmentent leur production dans des proportions considérables. Si l'on s'en rapporte aux statistiques américaines, les Etats-L'nis ont fabriqué, en 19 12, 210.000 voitures d'une valeur de $ 321,930,000, contre 140.000 en 1911, valant $ 175,000,000. En 1904, la production américaine ne dépassait pas 20,000 voitures, valant environ $ 40 millions.

Si la fabrication américaine a rapidement augmenté, la valeur moyenne de chaque voiture a beaucoup diminué; cette moyenne, qui était de $ 1,800 en 1909, est tombée en 191 2 à $ 980. Cette diminution n'est pas seulement due au mode de fabrication par séries des Américains et à la réduction de leurs prix, mais aussi au grand nombre des machines d'occasion qu'ils ont exportées. D'ailleurs, il faut convenir que les statistiques américaines n'ont pas de prétention à une grande exactitude.

Les méthodes de travail américaines ont fait, en quatre ou cinq ans. des Etats-L'nis le deuxième pays d'exportation d'automobiles après la France. Les usines américaines produisent 12,000 châssis avec autant de facilité que les usines françaises 1,200; leur énorme production est encore stimulée par une demande correspondante, mais quand les 90 millions d'Américains seront servis, que deviendront les prix et quelle concurrence feront les Etats-Unis dans le monde entier? D'ailleurs, les fabricants américains ne cherchent pas les perfectionnements, ils se contentent d'entretenir à Paris un ingénieur chargé de signaler toutes les inventions nouvelles, et les plans aussitôt parvenus sont immédiatement exécutés et les machines nouvelles fabriquées par séries. Naturellement, la qualité et le fini du travail ne sont pas tout à fait les mêmes que chez les premières marques françaises.

Lk Canada Ilh'siuk

m. us la (lilTrrciui" n'rsl p.is facile à dislin^iicr et il laut reconii. litre que les voitures .iinrricaiiies ont 111) aspect élé<4aiit et très confortable.

Dans les dix mois (lui se sont terminés le 30 avril 1012, les fabriques fran(;nises ont rcpendanl envoyé aux Etats-Unis 33g xoitures d'une \alevude $ 818,564, ce qui jirouve que, même aux lùat.sl'iiis, les \()itures fran(;aises sont appréciées.

Cepcnd.nit, s'il semble dillicile (|ue la fabrication fran(;aise puisse soutenir la lutte contre la fabrication américaine ]iour les voitures ordinaires, oti ne comprend ;^uèie <|ue, pour les voitures de fabri-

( al lui) supérieure, les françaises n'aient pas l'avc.nlaj^e puis(ju'elles bénéficient d'une différence de 5 0/0 sur les droits de douane. Disons que la suprématie des lùats-Unis tient surtout à ses hardies métlK)des connuerciales et aux frais de pro])agande et de publicité devant lesquels les Américains n'hésitent jamais dès (|u'ils en cntrcN-oicnt les résultats.

Au second .Salon auloniobilc de \[)\2. il y avait à Montréal trente-cinq marques américaines, dix fabriques canadiennes et deux des meilleures maisons françaises.

(:iiAi>iTKi-; XXI

Le Canada financier.

Le Budget. Les Banques. — Les Trusts. - Le Stock Lxchange.

Le Budget.

Pour donner une idée rapide du budget du Dominion, nous ne pouvons pas évoquer une plus haute autorité que celle de M. White, ministre des finances du Canada ; voici le résumé rapide du discours qu'il a jirononcé au Parlement le 12 mai 191 3 :

Les recettes ont atteint en 191 2 la somme de $ 136.108,217, et le ministre estime que, pour 1913, elles attenidront $ 168,250,000, par une augmentation de $ 32 millions. ^Les huit premiers mois ont produit $ 114,640,295 contre $ 110,434,375 «n 1912.^

Cette augmentation de recettes en une seule année est la meilleure preuve du développement du pays, car le chiffre atteint presque la somme de ce qu'était il y a vingt ans le revenu total du Canada.

L'excédent des recettes est estimé à $ 55 millions.

La dette publique canadienne en fonds consolidés s'élève à $ ^^ millions, sur lesquels 2^ millions ont été amortis en 1912, et M. White ajoute : « Le fait que le nnnistre a pu, pendant une période de resserrement monétaire aussi considérable, non seulement éviter de s'adresser aux marchés congestionnés du monde entier, mais même réduire fortement la dette du Trésor, ce qui diminue la charge des intérêts à payer et augmente la valeur intrinsèque de la Rente canadienne, doit être un sujet de satisfaction pour tout le peuple canadien. >>

Pendant l'exercice, deux emprunts ont été remboursés et une réserve importante a pu être constituée sous forme d'achat des obligations 3 0/0 du

Grand Trunk Pacific Railway, qui sont remboursables en cinquante ans.

Les valeurs en portefeuille s'élèvent à $ 13 millions 961,006.

La dette publique totale se montait à $ 316 millions 619,460 qui ont été réduits de $ 23 millions. Au mois d'octobre prochain 191 3), une partie du 400 Canadien, garanti par le gouvernement impérial, émise en 1878, sera remboursée. Elle se monte à £ 1,700.000.

Parlant du bilan commercial, le ministre a dit que les importations faites pendant l'année fiscale qui s'est terminée le 31 mars 191 3 ont atteint $ 691,943,515, tandis que les exportations ne se montent qu'à $ 393,232,057. 11 estime que la forte différence existant entre les importations et les exportations, qu'on nomme généralement le déficit du bilan commercial, n'est défavorable au pays qu'en apparence; qu'il est dû au développement du Dominion, à l'augmentation de sa population, et qu'il ne doit pas être un sujet d'inquiétudes.

Les importations de provenance anglaise montent à $ 138,652,198 et les exportations canadiennes vers l'Angleterre atteignent $ 177,984,002, soit 40 millions de plus.

Les importations venant des Etats-Unis ressortent à $ 435.783.343 et les exportations pour ce pays à $ 150,961,675, en augmentation pour cette année de près de 140 millions i).

Les modifications de tarifs ont été fort peu nom-

(i) On estime que les immigrés américains qui vont s'installer dans le Xord-Ouest canadien apportent avec eux en bestiaux, matériel et marchandises une valeur de i.ooo dollars par personne.

Lk Canada Illustré

l)iviiscs l't, pour 1.1 |)l ii| i.iit, icihIiu's nc( css.iiics p.ir le Irailé avec: les Iiulcs ixcidciitalcs. \Ln ce (|iii concerne le sucre, ^f. W'hito dit qu'un repliement spécial a été lait \u>uv abroger le pnxilèj^c dcnit jouissaient les raflnicnes d'inipcjrler du sucre brut étranger, à un tarif de préférence, jusqu'à 20 0/0 de leur production, ("elle mesure a été prise poiu' (juc les planteurs des Indes pussent bénéli<ier du tant nnninuuii priviléj^ié plutôt (\ue tous les autres miporlateurs de sucre brut étran<4ers au Canada.

Un groupe de notabilités c^^nadiennes. au ce.\tre, lord sxrathcona et m. borden.

Le ministre a annoncé une réduction des droits sur le ciment allant jusqu'à 16 0/0. Un certain nombre d'objets seront exonérés de tout droit d'entrée, par exemple les machines linotypes, les machines de traction et de dragage pour la culture et le drainage des marais, les appareils en verre destinés aux laboratoires ou aux hôpitaux, ainsi que les appareils de sauvetage pour les mineurs.

Il nous semble que l'exposé d'un semblable budget n'appelle aucun commentaire. Il ne fait que constater l'immense progrès économique, industriel et commercial du Canada. Quant au crédit de l'Etat, nous pouvons en suivre les progrès par les taux des emprunts depuis 1868 (i).

( I ) Taux d'emprunts payés par le gouvernement canadien sur les emprunts nationaux:

Dette nette Taux

.années du Canada d'emprunt

Les Manques.

IUnk ot Mon I Ki.Ai,. — • Kcj'ial 1>ank 01 (wX.nada. Canadian I)Ank ot (>ommki<(;k.

Le système des baïKjues ( aiiadiennes, s'il n'est pas parfait, semble aussi près de la f)erfection que possible et il a un grand avantage qui a fait son succès, c'est qu'il est arrivé aux fms pour lesquelles il a été établi. Les deux ])rincipaux besoins du pays sont un marché monétaire élastique et des facilités d'emprunt à peu près uniformes à travers l'énorme étendue du Dominion; ces besoins, l'expérience en fait foi, ont été admirablement servis par les lois en vigueur. Au Canada, la formation d'une banciue est comparativement simple; un certain nombre d'individus ayant rempli certaines formalités, dont il est inutile de donner le détail ici, font une demande pour obtenir une charte du Parlement, qui la leur accorde généralement après examen du caractère de la demande, où doivent être mentionnés les noms des premiers administrateurs provisoires et le capital projeté. Le Conseil dti Trésor délivre une autorisation après avoir contrôlé la demande, et la banque ne peut commencer ses opérations qu'après avoir reçu cette autorisation. Le capital minimum doit être de $ 500,000, dont la moitié, soit $ 250,000, est déposée au ministère des finances. Le mot <( banque » ne peut être employé sans avoir obtenu cette charte ou acte du Parlement, qui n'est d'ailleurs valable que pour un terme de dix années. Les administrateurs provisoires convoquent une assemblée à quatre semaines de date qui fixe le jour où les assemblées générales auront lieu et élit ati moins cinq administrateurs.

Quand la banque fonctionne, le ministre rembourse le dépôt de $ 250,000, moins 5 o/o des billets de la banque mis en circulation.

Au Canada, comme dans tout autre pays, l'organisation des banques est le résultat d'une évolution progressive, parallèle au développement du pays et se prêtant aux nouvelles méthodes commerciales, industrielles et financières.

Les premières banques du Canada, la Banque de Montréal et la Banque de Québec, furent constituées sur le modèle des banques existant alors aux Etats-Unis.

Le système bancaire s'est naturellement transformé, mais il n'a jamais subi de changement radical. Le premier « bank act » fut promulgué en 1870, trois ans après la constitution du Dominion;

Li-: Canada Illustré

smi hiil n'ct.iil p.is tic t li.\ii}4cr I.i tunrtion des h.iiunu's. 111.1 1^ (Ir rciuiro uni i ormes les différentes lois des <;()ii\ernenienls i)roviiui;iux. Mnsuite, les ](>is de 1880. iSt)(), itjcx) ne lirent tjue renforcer les poMits fail)lcs et rendre la loi conforme aux conditions nouvelles. Le « Bank act >> de icjii, dont le texte ne comporte pas moins de soixante-dix images, stipule tout d'abord que les chartes des banques incorporées sont maintenues en vigueur jusqu'au i*"" juillet 1921 en ce qui concerne le montant du capital social, le montant de chaque action et le siège social. Pour tout le reste, les banques existantes doivent se mettre en règle avec la nouvelle loi, ■qui, au point de vue du capital, précise ce que nous avons dit plus haut.

Elle exige que, dans la formule de l'acte constitutif, la mention que les souscripteurs seront responsables ))our le double de leur souscription soit inscrite en gros caractères.

Elle réglemente d'une façon étroite l'élection des administrateurs et le mode de voter. Les augmentations et réductions de capital doivent être approuvées par le Conseil de la Trésorerie. Les transferts d'actions doivent être enregistrés sur un livre tenu à la disposition des actionnaires; la loi indique le mode de vérification des comptes et exige la signature du bordereau par le président et trois administrateurs, sous leur responsabilité personnelle et civile.

Les dividendes sont semestriels ou trimestriels. Xul dividende ne peut entamer le capital, et les dividendes ne peuvent pas dépasser 8 0/0, à moins que le fonds de réserve n'atteigne au moins 30 0/0 du capital versé, déduction faite de toute créance douteuse.

Enfin, toute banque doit garder, en billets du Dojuinion, 40 0/0 de sa réserve.

Le point capital sur lequel nous devons insister est la différence totale qui existe entre le système canadien et le système français relativement à l'émission des billets de banque.

En France, il n'y a qu'une seule banque d'émission, la Banque de France, dont le rôle est très différent de celui des autres banques. Elle doit conserver une réserve extraordinaire, régulariser le taux de l'escompte, défendre son numéraire qui est celui de la France, égaliser le cours des changes, être, en somme, la banque des banques.

Au Canada, toutes les banques à charte sont sur le même pied et peuvent émettre des billets de banque, dont la garantie repose sur leur actif et sur des règles tracées par la loi.

Le s\st<iiie Iraiiçais est ( ertaineiiient plus c(jmluode, parce cju'il n'existe (ju'une seule série de billets faciles à reconnaître et que la lîantjue de l-"rance ayant des succursales dans tout le ])ays, il est aisé d'en obtenir ])artout le rciiiboursement en espèces.

Etant donnée l'étendue du Canada et le |)eu de densité de la population, la Banque unique était impossible; la loi canadienne de 1890 a pris les mesures suivantes : elle oblige chaque banque d'émission à assurer le rachat de ses billets dans un certain nombre de places du Dominion désignées à l'avance, et Y Associatioit des banques oblige toutes les banques qui lui sont affiliées à accepter les billets émis par l'une d'entre elles.

Cette Association des banques canadiennes a été créée en lyoo et a pris une influence considérable dans le pays, aussi avantageuse pour les banques affiliées que pour les affaires en général. Elle joue un rôle analogue à celui des chambres syndicales.

La faculté d'émettre des billets est très avantageuse pour les banques et elle a été un puissant instrument de crédit et par conséquent de développement pour un pays neuf qui manquait surtout d'argent.

Les banques canadiennes paient ordinairement 3 0/0 d'intérêt sur les dépôts à vue faits chez elles par les particuliers, de sorte que ceux-ci, s'occupant d'affaires pour la plupart, préfèrent mettre en dépôt leur argent, qui reste ainsi toujours à leur disposition, plutôt que d'acheter des titres pour les conserver en portefeuille. C'est ce qui explique qu'une grande partie des titres canadiens se trouve dans les portefeuilles étrangers et surtout à Londres.

Les principales garanties imposées par les lois de 1880 et 1890 aux banques sont les suivantes : les porteurs de billets ont un privilège sur tout l'actif et passent même avant l'Etat. Les banques ne peuvent émettre des billets que jusqu'à concurrence du capital versé. A l'époque de la moisson, elles peuvent dépasser ce chiffre de 15 o'o, mais elles paient alors une taxe très élevée.

Les actionnaires des banques sont responsables du montant des billets pour une somme égale à celle des actions qu'ils ont souscrites.

Chaque banque verse au Trésor, en dépôt, 5 o/o du montant moyen de sa circulation calculé sur les maxima de chaque mois, et ces dépôts servent de fonds commun de garantie pour tous les billets; chacune doit publier un bilan mensuel qui tient exactement le public au courant de sa situation.

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