‹ Le Canada illustréChapitre 39 sur 80 · I.K Canada Ii.li sirk · texte numérisé non relu

I.K Canada Ii.li sirk

On estime (luc ces <j^araiities st)nt suHisaiites; le st'iil (as (Ml les porteurs de l)ill(>ls n'aient pas été reiiilxiursés remonte à 187g el a ('-té la cause des ni)U\elles dispositions de la loi de iSSo.

Cependant, six JDanques ont lait faillite depuis 1905 et, si leurs billets ont été payés, ces déconfitures n'en alteij^nent pas moins le système et la conliance du puhli<' dans les billets.

Si le Canada veut, h juste titre, conserver le ré}4"ime libéral des banques qui lui a rendu de si grands services, il doit assurer plus Icirtement la garantie des billets émis.

Dans un remarquable article écrit par M. Correard, vice- président de la Canadienne, l'auteur conseille de rendre obligatoire l'inspection des banques ])ar VAsso;'i(7/io// des Banques Canadiennes. Mais il faut pour cela une loi spéciale, car l'Association n'a de pouvoir que sur ses membres.

Sir Edmund W'alker, président de la Banque Canadienne du Commerce, a proposé que des inspecteurs nommés par l'Association visitent, aU moins tous les deux ans, chaque banque et vérifient exactement sa situation. L'intervention légale de l'Etat est pleinement justifiée dans une question d'intérêt aussi général que la garantie des billets, et l'inspection confiée à une institution privée vaut mieux que faite directement par l'Etat.

Les lois qui régissent les banques canadiennes ont été promulguées successivement au fur et à mesure que le besoin s'en faisait sentir.

Nous avons dit que les deux premières banques, celle de Montréal et celle de Québec, avaient été créées en 1817 et 18 18, sur le modèle des banques américaines; elles reçurent une charte du gouvernement royal en 1821. Au début, elles se bornaient à trois opérations principales : l'escompte du papier, l'émission des billets et la garde des dépôts. La charte de 1821 de la Banque de Montréal contenait une clause curieuse qui, bien entendu, a disparu par la suite. En cas d'accident et de perte, si un administrateur est convaincu de malversation, il est traité comme félon, ce qui entraîne la peine de mort, malgré le recours du clergé.

De 1821 à 1836, plusieurs banques sont incorporées par chartes royales, parmi lesquelles se trouve la Banque anglaise du Nord de l'Amérique.

En 1830, les chartes sont modifiées; les billets de banque ne peuvent pas être inférieurs à $ i et ceux au-dessous de $ 5 pourront être supprimés.

En 1890, il y avait trente-quatre banques canadiennes incorporées et, chose assez curieuse, leur nombre a diminué; il y a eu des fusions, l'accrois-

sement des affaires porte à l'agrandissement des mo)'eiis (ra(tnin.

\'A\ Kji I, il y axait au Canada 29 banques à ( harte |)()ssédaiil, à lin )uillet, 2,544 succursales répandues dans, tout le pays, dont I4() avaient été créées pendant le i)remier semestre de 191 1; nous ne parlons pas des succursales fonctionnant à l'étranger, (]ui étaient au nombre de 13.

En dix ans, de 1901 à 191 1, les progrès des banques canadiennes à charte se résument dans le tableau suixant :

Capitaux vcrs(îs f 67. 0(^5. 7 iS 101.065.306

Billets en circulation.... 4(). r i(}.47() H8.6i8.69(j

D':pôts 315.775.426 874.672.408

Prêts 318.240.540 786.743.770

Actif 528.304.119 1.302.131.886

Passif 417.320.761 I . 101 .875.234

Les Bank clearings ou Chambres de compensation, instituées en 1893, o'^t ^^i^ depuis cette époque d'énormes progrès. Les compensations s'élevèrent la première année (1893) à- ? 979.163,296; en 1896, elles dépassaient 4 milliards; en 1910, elles dépassaient 6 milliards 100 millions.

Les banques canadiennes ont rendu d'immenses services au pays; c'est à elles et aux chemins de fer qu'est àSx le rapide développement des richesses du sol et du sous-sol, et si elles ont pu rendre de si grands services, c'est que leur organisation assure en même temps leur solidité et leur élasticité.

Cette élasticité est plus nécessaire au Canada qu'ailleurs parce que, chaque année, au moment des récoltes, elles doivent pourvoir aux énormes besoins de capitaux nés des transactions, des trans ports, des réalisations de ces récoltes.

Les banques avaient déjà fait leurs preuves en 1907, au moment de la grande crise américaine, qu'elles ont pu éviter; elles viennent, en 191 1, d'affirmer encore leur puissance au moment de l'énorme récolte de 191 1. Jamais les besoins n'avaient été aussi impérieux; elles y ont fait face sans que la tension de l'argent, assez habituelle à ce moment, se soit manifestée. Elles ont ainsi prouvé que le système bancaire du Canada est beaucoup meilleur que celui des Etats-Unis. C'est une constatation que nous ne saurions trop faire ressortir, car on est trop porté, en France, à confondre les choses canadiennes avec celles des Etats- Unis. En beaucoup de questions, et notamment en questions de banque, il y a une très grande différence tout à l'avantage du Canada.

Li-: Canada Illlstré

Eli 191 3, r.Associatiun des banques de New York, représentée par ()00 déléjjués, vint fêter à Ottawa la fin d'un siècle de ]iai.\ dans les pays de lan<jue anj^iaise. La délégation fut reçue par M. Burrell. niinir^tre de l'aj^ru ullure. Le président, M. Cornélius A. Pagsb\-, prononça un discours dont nous détachons ce passage : n Nous pensons que le siècle de paix qui vient de s'écouler est le précurseur de beaucoup d'autres pour les nations de langue anglaise... Je félicite le Canada pour son excellent système de valeurs courantes et j'ajoute que la finance, l'industrie et le commerce des Etats- Unis tendent de plus en plus à imiter l'organisation du Canada, qui commande, à juste titre, le respect, l'admiration et la confiance du monde entier. »

Il est intéressant d'étudier de plus près les trois principales banques canadiennes.

BaxK OF MoxTRE.VL. — La Banque de Montréal est la plus grande banque du continent américain et la première du Canada. Elle a eu les plus modestes débuts.

B.-B. Angus, ancien président

DE LA BANQI'E de MONTRÉAL.

En 18 17, un groupe anglo-canadien créa une société pour faire des affaires de banque dans le Bas-Canada. On ouvrit le livre des souscriptions le 23 juin 18 17, et le 20 septembre les 5,000 actions de $ 50 étaient souscrites. La première assemblée générale eut lieu le 17 août et la banque ouvrit ses guichets le 3 novembre suivant, dans un

modeste appartement de Saint l'aui Street, loué /, 150 par an, sous le nom de MuiitreaL lUnik et avec un capital versé de % 35(),0(xj. Sa charte ne différait pas sensiblement des autres chartes délivrées à cette époque. Le nom de .Montréal Bank ne fut modifié qu'en iS2(), jxjur prendre (chii de Bank of Montréal.

On peut dire que l'histoire de la BaïKiuc de Montréal se confond avec l'histoire financière du Canada, sous cette réserxe que la banque, bien qu'influencée par les troubles politiques qui agitèrent le Haut et le Bas-Canada de 1817 à 1841, ne subit pas les périodes désastreuses que traversa le pays à plusieurs reprises.

Cependant, il faut mentionner la panique de 1857, qui sévit surtout aux Etats-Unis et qui se fit sentir à tel point au Canada que, d'octobre 1856 à novembre 1857, la circulation des billets de la Banque de Montréal tomba de $ 14,616,000 à $ 9,886.400.

Les étapes successives de l'existence de la banque se mesurent par les augmentations de son capital. En 1819, il était de £, 162, 5rx); en 1820, £ 187,500; en 1828, £ 200,790; en 1831, £ 200,500; en 1841, £ 500,000.

Les dépôts grandirent de £ 60,206 en 18 19 à £ 878,022 en 1841.

L'année 1866 marqua le début de la période de grande prospérité de ia société ; le capital fut doublé, les dépôts augmentèrent d'un tiers, les bénéfices triplèrent et les dividendes, augmentés de bonus, montèrent à 16 o O.

En 1870, la banque ouvrit une succursale à Londres et sa situation ne fit que grandir avec le développement du pays. Avec le vingtième siècle s'ouvrit uik; nouvelle ère de prospérité plus grande encore et plus rapide, comme elle le fut pour toutes les entreprises canadiennes. En 1903, le capital est augmenté de $ 2 millions, souscrits avec une prime de 70 0/0. En 1905, achat de la People Bank, à Halifax, qui apporte à la Société vingt-quatre nouvelles succursales. Le nombre des succursales a d'ailleurs suivi une progression qu'il est intéressant de constater; en voici l'indication par régions en 1885 et en 1910 :

En Ontario 21 51

En Québec 2 22

Dans les provinces maritimes 4 25

Dans le Nord-Ouest 2 26

En Colombie Britannique » 20

A l'étranger 2 7

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lui loi*', It"^ (Irpt'U tiiil .ui^iiK'iilr (le ^ \() mil lions.

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Son premier client est le Canadian Pacific, comme le Canadian Northern est le premier client de la Canadian Bank of Commerce.

L'orii^inc de la ROYAL Bank OF CANADA est aussi des plus modestes. A Halifax (Nouvelle-Ecosse), il \- ax.iit, en i.S()4, une banque privée nommée Merchants Bank qui fut incorporée en 1869 et reçut \ine charte sous le nom de Merchants Bank of Halifax. Son capital était d'un million de dollars, moitié payé. Ses opérations restèrent longtemps confinées dans les provinces maritimes où elles progressèrent d'ailleurs lentement, mais sans incidents notables. En 1895, le capital était de $ 1,500,000 et le fonds de réserve de $ i million. A partir de ce moment, les progrès de la banque devinrent importants, bien que sans aucune proportion avec ceux qu'elle a obtenus depuis.

Agence d'une b.anque

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