I.K Canada Ii.i.i si ri
sihlos en Xoiivoiiu Hninswu k, ru Xouxrlle-Ecosse rt sur les (irux m os du S.\nit Laurent.
Autour (lu lac SauU-jean cl surtout à l'ouest (le ("0 ]m\ toute l.i région, semée de cours d'eau et de petits lacs, est très riche en truites et en poissons de toutes sortes; là le canij^iny est captivant pour les amateurs de solitude; on y est seul au milieu d'un désert d'e.iu et de hois.
Bien que les grandes pèches du Nouveau-Bruns wick et de la Xouvelle-Ecosse soient pour la plupart louées, les petites rivières sont tellement nombreuses que les amateurs peuvent facilement trou ver des i)laces de pêche où les truites, les saumons, les bass, les maskinonges et autres esjièces sont assez nombreuses pour les satisfaire pleinement.
Toutes les espèces de truites existent au Canada depuis la petite truite des ruisseaux, qui pèse 250 grammes, jusqu'à la grande truite grise des lacs, qui atteint 40 livres. Cette dernière se prend ordinairement avec la ligne à crémaillère armée de mouches ; cette pêche se fait en canot à marche lente, en juin, juillet et septembre.
Chaque année, de nombreux Anglais traversent l'Atlantique pour venir au Canada se livrer à leur sport favori. La pêche au saumon est l'accompagnement naturel de la chasse à l'ours. Elles se font au printemps et dans les mêmes parages.
La pêche du Saumon à la ligne a des adeptes fervents qui d'Angleterre et d'Amérique viennent nu Canada pour y faire des prises exceptionnelles. La Matapedia et la Cascapedia, deux rivières du sud de la province de Québec, qui se jettent dans la baie des Chaleurs, sont réputées parmi les meilleures rivières à saumons. Le Cascapedia Salinou Club paie ses droits de pêche $ 8,500, mais les rivières voisines de la baie des Chaleurs et les tributaires du Saint-Laurent en aval de Québec sont libres pour la plupart et très vifs en saumons.
Les espèces de saumons sont nombreuses. Le saumon du Jaquet ^Xouveau-Brunswick) va de 4 à ic livres; celui du Upsalquitche a souvent 25 livres et atteint 40 livres. On a limité les prises à cinq saumons par jour, parce que certains touristes en prenaient plus de vingt-cinq. Il y a du reste quantité d'autres poissons pour lesquels le nombre des prises n'est pas limité.
Dans la plupart des rivières de la Xouvelle- Ecosse, à l'est d'Halifax, la pêche est libre ainsi qu'au Cap-Breton; elles ont du saumon et de la truite en quantité.
\.'(hi<inaiii( /it\ impropremcnl appelé saumon d'eau douce, est un poisson <.\\\\ ])eut se classer entre la truite et le saumon. Très répandu dans les eaux canadiennes, entre le détroit d'Iludson, l'Ottawa et l'Ai lanti(]i".e, c'est -à dire en Québec,
Sm.mo.n dk
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Xouvelle-Ecosse et Xouveau-Brunswick, on le pèche surtout dans le lac Saint-Jean, dans les tributaires de la baie d'Hudson, au sud, près du Saint-Laurent et dans les nombreux lacs en Québec et en Ontario. La pêche de l'ouananiche à la ligne est un sport que beaucoup d'amateurs préfèrent à celle de la truite et du saumon. Lorsque l'eau est claire, sa défense est extraordinaire, il fait des sauts prodigieux pour s'échapper et les professeurs recommandent la ligne de 10 ])ieds en acier avec 80 yards de fil. Au début de la saison, fin mai, ou peut employer les grosses mouches, mais au fur et à mesure que les eaux deviennent plus claires, il faut en prendre de plus petites.
La région la meilleure est celle du lac .Saint^- Jean, où l'on fait cette pêche en canot, avec deux guides à cause des rapides. Les Indiens pèchent l'ouananiche tout l'hiver à travers la glace, mais la bonne saison de ce sport est de fin mai à miseptembre.
Dès que le lac est navigable, il faut aller aux embouchures de l'Ouiatchouan et du Metabetchouan, qui sont au sud du lac, le poisson ne remontant clans les rivières du nord qu'à l'époque du frai.
Après la fonte des neiges, quand les eaux baissent, les meilleures places sont à la sortie du lac et à l'embouchure de la Saguenay dans le Saint- Laurent.
En juillet, on peut remonter avec succès la Peribonka ou le Mistassini. On y trouvera en outre beaucoup de canards et des ours noirs.
Lie Canada Illustré
Esquimaux dans leurs cayaks.
Le Bass et le Maskinonge sont deux poissons canadiens qti'on rencontre ordinairement dans les mêmes eaux douces. Le Bass ne dépasse guère 4 livres, il se nourrit de mouches, d'insectes, de grenouilles et d'écrevisses ; il se prend aux mouches et aux amorces vivantes, mais c'est un fantaisiste qui a des goûts divers, de sorte qu'on ne sait jamais quelle amorce il préférera. Il ne se rend jamais. Tandis que la truite, une fois prise et fatiguée, se laisse amener comme un morceau de bois, le bass se défend jusqu'au dernier moment et sa prise en est d'autant plus émouvante.
Il y a deux bass d'eau douce : l'un à grande bouche, l'autre à petite bouche; ce dernier est, plus que l'autre, un poisson de sport. Il faut beaucoup de précautions pour le pêcher et quand il y a des vagues sur les lacs, il faut pêcher sur les bords au-dessous du vent, parce que ce poisson vient chercher les débris et animaux amenés par les vagues. Les Bass sont, croyons-nous, un poisson
spéci.il .111 C.iii.id.i, qui a la forme de la tanche. Les dictionnaires anglais traduisent Bass par lou[> de mer ou Bar; il y a en effet des Bass en mer, mais la forme du p(jiss(>ii dont nous reproduisons la ])li(jlograpl)ic n'est certainement i)as celle du Jiar.
i.c Mdsiànonge, appelé aussi J igre d'eau douce, est un brochet monstrueux qui cléj)asse souvent loo livres et une longueur de i m. 1/2. Il a la tcte longue et [)late et une gueule qui s'ouvre assez pour engloutir des i)roies de sa taille.
La ])rise du Maskinonge n'est pas facile; une lois amorcé, il se défend avec fureur et emploie tous les moyens pour se débarrasser de l'hameçon ; sa capture est d'autant plus passionnante qu'il combat jusqu'à la mort. On ne doit pas le quitter des yeux un instant et ne cesser de le fatiguer en se garant avec vigilance, car il en est qui peuvent faire chavirer le canot. On ne doit pas chercher à le saisir avec un filet à cause de son poids; les Indiens l'assomment d'un coup de rame ou le tuent d'un coup de pistolet derrière les yeux.
Les Maskinonges sont nombreux dans l'est de Québec, dans le lac Saint-Louis, dans le lac des Deux-Montagnes, à Montréal, dans le lac Saint- François, dans l'Ottawa, aux Mille Iles. En Ontario, on le trouve au lac Nipissing, dans la French-River et aux lacs Kawartha.
Le Grand Brochet canadien, qui atteint communément de 50 à 60 livres dans le lac des Bois et dans le Wakami, offre aux amateurs une pêche des plus difficiles. Il faut beaucoup d'habileté et de patience pour amener à bord du bateau un animal aussi puissant qui se défend furieusement.
Bass et Brochet du lac Ont.ario.
L'espèce en est commune dans toutes les parties des provinces de Québec et d'Ontario. La rivière de Saint-Charles, qui se jette dans le Saint-Laurent
Li: Canada Illustré
à Québec, est fameuse pour ses brochets; dans la Mistigassa Ontario on trouve une variété de brochets à dos noirs qui est renommée pour l'intérêt et la difficulté de sa prise autant que pour la qualité de sa chair.
Outre les poissons dont nous venons de parler, dont la capture est particulièrement recherchée par les gens de sport, il existe lieaucoup d'espèces : l'esturgeon, le doré, spécial au Canada, la perche, la carpe, l'anguille et les nombreuses familles de poissons blancs, spéciales ou non au Canada, ordinairement plus grands que leurs congénères d'Europe, et, par suite, plus intéressants à pêcher et meilleurs à manger, mais ces nombreuses variétés constituent plutôt la pêche industrielle que la pêche sportive. Nous avons dit au chapitre XI la richesse des pêcheries canadiennes; ici, nous ne parlons que des espèces intéressantes au point de vue sportif, mais ce sujet restreint est lui-même tellement vaste que des auteurs anglais ont écrit des livres dans le seul but d'approfondir un simple < hapitre du sport captivant de la pêche à la ligne. Xous devons nous borner aux quelques indications qui précèdent. Ajoutons que. dans le Saint-Laurent, un pêcheur n'a pas de chance si, sur trois prises, il n'en ramène pas une de 25 livres.
Tous les cours d'eau et tous les lacs canadiens, sauf ceux dont les eaux sont alcalines, sont riches en poissons et offrent 3ux pêcheurs amateurs un
chani]:) s])ortif aussi vaste que varié. Au Canada, le pêcheur n'a guère qu'un ennemi, le moustique.
Pour ceux qui craignent les piqûres d'insectes, nous conseillerons les embouchures des fleuves, car l'air marin n'est pas favorable aux moustiques. A mer haute, les amateurs de pêche jirendront de nombreux poissons, autant d'eau douce que de mer.
Le meilleur moment pour une expédition de chasse et de pêche, car généralement on se livre conjointement aux deux sports, est en septembre. Il est facile de se procurer, pour ces parties, des guides indiens qui possèdent généralement les ustensiles de campement, les tentes et les canots d'écorce indispensables à toute expédition dans les bois et sur les rivières.
Les Canadiens, extrêmement hospitaliers, se font toujours un plaisir de donner aux chasseurs européens tous les conseils et toutes les facilités qu'ils peuvent désirer.
De nombreux clubs de chasse et de pêche organisent des expéditions permettant aux amateurs de sports de jouir de la vie en plein air et de rapporter de nombreux trophées en poissons et en gibiers. En somme, le Canada est un pays de chasse et de pêche exceptionnel et d'autant plus favorable aux chasseurs et pêcheurs français que. dans tous les coins du Dominion, ils sont accueillis en hôtes privilégiés.
Après dix minxtes de pêche.
ciiAriTKi-: xw'i
De l'Est à rOuest.
Détroit de lîcllc-lle, Tcrrc-Ncu\c, Anticosti.
Si vous voulez visiter le Canada, si les pages malheureusement bien insuffisantes qui précèdent ont piqué votre curiosité, n'hésitez pas à faire comme nous j^irenez, en France ou en Angleterre, un paquebot qui aille directement à Montréal par le Saint-Laurent et choisissez de préférence un bateau canadien. Votre voyage vous coûtera moins cher et pendant la traversée vous recueillerez plus facilement des indications qui vous seront utiles. Mais surtout que votre steamer prenne la voie la plus courte, qu'il liasse au nord de Terre-Neuve et non au sud, et qu'il entre dans le grand fleuve canadien par le détroit de Belle-Isle. A la seule condition de faire le voyage après la débâcle des glaces, vous pouvez toujours assurer votre route et celle que nous vous indiquons vous laissera des souvenirs inoubliables.
Vous irez sans ^doute un peu moins vite, mais vous serez moins secoués, votre vie à bord sera plus agréable, et, au lieu de faire la route banale et brumeuse que sillonnent les navires allant à New- York, vous aurez peut-être la chance de passer à un jour de mer du Groenland par un beau soleil ou par une nuit claire. Le calme des mers polaires pendant le court moment qui, en été, sépare le crépuscule de l'aurore, les derniers icebergs qui glissent vers le sud comme de blancs fantômes, donnent une impression profonde et exceptionnelle.
L'entrée du détroit de Belle-Isle entre les hauteurs sauvages du cap Bauld, pointe nord de Terre-Neuve, et les falaises de l'île, a un caractère désolé; plus lom vers le nord se dessinent les crêtes arides des rochers du Labrador. C'est un paysage étrange où n'apparaît aucune trace de vie humaine, sauf quelques cabanes dans les marécages de Terre-Neuve. Pendant 14 ou 15 kilomètres, on longe l'île que termine un phare construit
à son extrémité méridionale, puis le détroit se resserre, l'impression de solitude aride et désolée grandit encore jusqu'à ce qu'on pénètre dans l'estuaire du Saint-Laurent, par une grande baie qui s'élargit de plus en plus.
Terre-Neuve, de toutes les colonies anglaises la plus rapprochée de la métropole, n'a pas bénéficié du courant d'émigration qui peuple le Canada. Elle resterait dans l'abandon dont ses fameuses pêcheries n'ont pas pu la tirer, sans ses forêts, mais, depuis que la consommation du papier dévore les épinettes du Nord, de grandes exploitations de bois commencent à animer Terre-Neuve et lui apporteront sans doute une certaine richesse, ju"^ qu'à ce que le Dominion l'entraîne plus tard dans sa prospérité.
Le bateau double bientôt la pointe est de l'île d'Anticosti, côte basse et triste qui ressemble à celle de Terre-Neuve et ne laisse pas deviner les travaux qui la fécondent.
Anticosti. — L'île d'Anticosti, située dans l'estuaire même du Saint-Laurent, s'étend de l'est à l'ouest sur une longueur de 220 kilomètres et une largeur de 48 kilomètres. Ses côtes ont un développement de 520 kilomètres et sa superficie atteint I million d'hectares; elle est plus grande que la Corse, égale au tiers de la Belgique. Sa falaise nord domine les eaux du Saint-Laurent d'une centaine de mètres et le sol, couvert de magnifiques forêts, s'abaisse à peu près régulièrement vers la rive sud. Plusieurs baies peuvent recevoir des bâtiments d'un fort tonnage.
En 1680, Louis XIV donna en fief à Louis Jolliet l'île d'Anticosti, qui s'appelait alors l'île de l'Assomption, parce que Jacques Cartier y avait abordé le 15 août 1534. lors de son premier voyage au Canada. En 1874, elle appartenait encore aux
Î.K Tan'ada li.i.rs-iKK
luTiticrs (Ir I.Diiis jdllicl (|iii la Noiidirciit .1 uni' Sociclc d'cxpluil.iliou. y\i)rc-s .ixoir p.issr en plu sieurs mains, l'Ile d'Anlicosli lut \(mi(1u(' par licilation, en iSij^.à M. I leiin Meuicret sr[)ar('c cnsuile (lu comté de Saj^ueuay par une loi du Parlement canadien. Les droits de iiropriété régis i)ar le Code canadien s'étendent jusqu'à la lai/.e de haute mer, de sorte que personne ne peut aborder dans l'île sans une permission spéciale. L'Etat n'y a conservé qu'une ligne de télégrai)hc et de téléphone desservie par ses agents et reliée au continent par deux câbles sous marins, plus quatre phares et un poste de télégraphie sans fil.
Le piiiKipal rc\enu de l'ile est constitué par la Ir.inslormation du bois de pulpe en pâte à papier, (|ui trouve un écoulement certain sur les niarchés améric.iins. L'étendue des forêts comporte l'établissement de dix usines .semblables à celle qui existe, mais le bois de pulpe, qui se renouvelle lui-même en vingt ans, n'est pas la seule richesse d'Anticosti; trois fermes modèles cultivent déjà un millier d'hectares; les prairies donnent jusqu'à 5 tonnes de foin à l'hectare, et l'élevage des chevaux, des bœufs, des moutons et des porcs y réussit parf<\itement. En iQii, la population dépassait i,2(xj âmes, elle augmente chaque année.
NiOBÉ », UE LA MARINE CANADIENNE.
Depuis 1895, M. H. Menier a entrepris l'exploitation rationnelle de cette vaste propriété. La forêt vierge a fait place à de véritables villages avec écoles, hôpitaux, églises, usines, établissements de commerce, etc. Un port a été créé dans la baie El lis, un chemin de fer de 25 kilomètres est prolongé dans la forêt au fur et mesure qu'avance l'exploitation des bois où pénètrent des routes carrossables. Dès 19 10, M. Menier exportait aux Etats-Unis 300,000 cordes de bois à pulpe par an, mais l'exploitation n'a réellement commencé qu'en 191 1, avec une usine actionnée par une force motrice de 800 HP.
La pêche occupe une centaine de pêcheurs et une fabrique de conserves de homards met chaque année quatre à cinq cent mille homards en boîtes.
L'île d'Anticosti mérite une visite d'autant plus intéressante qu'elle donne une idée de ce que deviennent en peu de temps les richesses naturelles du Canada exploitées par des capitaux intelligents (i). Elle possède de beaux lacs et de belles
(i) M. Henri Menier est mort en igiS; l'œuvre de civilisation et de progrès qu'il a créée est poursuivie par sa famille.
ri\ ières, entre autres celle de X^iureal (lui forme une sujierbe chute dans un ])a}saj4(' de nxiiers sauvages.
Province de (Jiicbcc.
Le Sainl-I.aurciil. A? Safiuetujv.
Tadoussac. le lac Sa in /-Jean.
Roberval . île d'Orléans.
{)uebee.cli u/ede .Montniurenev.
Lei'is. Trois Rivières. Sorel.
Montréal, le Mont-Roval. les petits comtes de l'Iisl.
a])]).!!! lenneiit encore aux laiiiilles des anciens seigneurs.
Le système seigneurial avec ses droits com])lexes, dcjnt le j)lus avantageux 6{:ùi de posséder un moulin oii les gens du fief venaient moudre leuis grains contre une redev.ince, a été aboli ])ar la loi de 1S57, qui dédommageait en )arlie les seigneurs; mais del)uis longtemps la plupart des liefs avaient clé divisés par des héritages, j^artagés entre les enfants ou vendus. Sauf quelques familles, tenant encore à
Esquimaux de l.\ bme d'Hudson.
Après avoir rangé l'île d'Anticosti et les sept îles qu'on aperçoit au loin dans le nord, on se rapproche des falaises de Gaspé et l'on entre vraiment dans le grand fleuve à plus de 600 kilomètres de Québec. Peu à peu, les rives du Saint- Laurent se rapprochent, les falaises de la rive sud font place à une plaine fertile et basse émaillée de fermes et de villages qui se groupent aux embouchures des rivières ; la rive nord, escarpée et montagneuse, couverte de l'immense forêt qui occupe près de la moitié de la province de Québec, conserve son caractère sauvage. Sur la rive sud, les plus petites agglomérations de quelques maisons ont leur grande église au clocher pointu, parfois doré, qui ressemble à s'y méprendre aux anciennes églises de Normandie et du Poitou. Là, et sur les deux rives jusqu'au delà de Québec, on rencontre quelques vieux manoirs et les restes des fiefs qui ont été donnés par Louis XIV et ses gouverneurs, dont plusieurs
Québec le haut du pavé, les descendants des anciens seigneurs étaient devenus des bourgeois, des négociants ou même des paysans. Ceux qui ont conservé une partie de leurs terres avec l'ancienne résidence sont parfois propriétaires de grandes étendues de terres non cultivées et de forêts qu'ils négligent et dont ils tirent seulement parti en louant la chasse et la pêche aux riches Américains.
Remarquons ici que Yhabitant de la province de Québec n'est pas possédé, comme les Canadiens anglais ou les Américains, du désir effréné de gagner de l'argent. Il se laisse vivre sur sa terre, content de peu, travaillant le moins possible et prenant plaisir aux réunions, aux danses, aux chansons qui accompagnent toutes les circonstances de la vie rurale, en hiver comme en été.
Dans la belle préface que M. Etienne Lamy a écrite pour le livre de M. Arnould, A'^i- amis les Canadiens, il raconte qu'allant un jour de juin
I i; Canada Ii.i.i siri':
loi-' (le (^)n('t)0(" il S. mile Aime de Hciiiprr iixcc un .mil c'.m.uluMi, il .idiiiir.iit (ctlc riche ('ani])a^ne de Ouél)et" et smi eh. unie Ir.iiK^.iis Son conipaj^non lui dit : Oue n'.ixe/. xoiis \ u le |).i\s d.uis s,i helle saisDii ! - • l'-l (juelle s.iisoii i)eiil rire plus i)elle.'' r. 'hiver.
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A 200 kilomètres en aval de Québec, on passe devant l'embouchure de la rivière Saguenay, qui déverse dans le Saint-Laurent l'énorme volume des eaux du lac Saint-Jean. La rivière, bien que resserrée entre les contreforts des Laurentides, où elle s'est percée une route, se précipite ra])ide dans le fleuve sur une largeur d'un kilomètre et demi; sa profondeur atteint So mètres et même davantage; sur les deux ri\es, les rochers s'élèvent à 5 et 600 mètres, formant un défilé sauvage aux
iinii .1 1 1 les ({(''iiiidres ; des (|ue les pentes sont uicjins arides, l,i loiêt de pins, d'('-pinet tes et d'érables ((tu\re la iiiontaj^ne et tout le |)<i\'s semé de lacs et de ri\ lères iniioiiibrables ; partan' de la rive gauche du .S, mit {..lurent, elle s'étend sans interru])tion \ers le nord, jusqu'aux solitudes du détroit ( ri itidson.
I.cs grands bateaux à va])cur de la Compagnie Richelieu et Ontario, faisant le service des lacs et du .Saint Laurent, s'arrêtent à Tadoussac, petite \ille d'e.iux toute blanche posée aux pieds de la bilaise, à l'eiiiboiu hure de la .Saguenay. Ils remontent la nviere jusqu'à Chicout uni, d'oii l'f)!! se rend ,iu lac Saint- Jean ])ar chemin de 1er. (''est une excursion a laire l'été jjour )■ prendre sur le \if l'envahissement des dolbirs et des villégiatures américaines faisant reculer les habitudes patriarcales des vieux Canadiens français.
Si l'on est amateur de la vie des grands bois, de pêche et de chasse, le lac Saint-Jean est un point de départ excellent pour aller se perdre en canot pendant une ou plusieurs semaines dans le dédale inextricable des cours d'eau et des petits lacs où l'on trouve à foison les truites les plus exquises et les plus belles pièces de gibier.
Roberval est une plage fréquentée du lac Saint- Jean; on y a construit un bel hôtel. A peu de distance se trouve Pointe-Bleue où les Indiens nomades viennent planter leurs tentes jiendant la belle saison; ils servent de guides aux touristes dans leurs expéditions de chasse et de pêche. Dès que la neige paraît, ils regagnent la forêt pour y chasser les animaux à fourrures, dont ils approvisionnent les comptoirs de la Compagnie de la Baie d'Hudson ou de la maison Revillon.
].A RlVlÉRt Sagil.nav.
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Les Lulicns se distinjj;iuuem autrefois en plusieurs faiiiilles principales : Aiginiifiiiiis, sur le fleuve Saint-Laurent; Iroquois ou Cinq A'd/iofis, occupant tout le pays des rivages de l'Atlantique au sud des grands lacs; Sio/tx et Assinibotnes dans le centre et au sud du continent américain. Presque tcnis les Algonquins et Iroquois qui n'ont pas été détruits par l'alcool et la tuberculose se sont civilisés et vnent dans des villages à l'européenne. En Saskatchewan et en Alberta, les Indiens habitent des réserves où ils font de l'élevage; il leur est interdit d'aliéner les terres des réserves. Leur nombre diminue constamment, mais on a remarqué que, sous la tente, le Peau-Rouge conserve une bonne santé, tandis que les familles habitant des baraques ou des maisons sont plus atteintes par la tuberculose.
Chicoutimi est un centre de grandes pulperies installées contre les chutes de la Saguenay; c'est une petite ville de 6 ou 7,CXXD âmes, où tout le monde travaille au bois et au papier
HOTEL ET PLAGE DE ROBERV.AL, LAC SaLNT-JE.AX (Québec)
Presque en face de Tadoussac, l'île Verte repose au milieu du fleuve et, sur la rive droite, la rivière du Loup vient s'\- jeter en trav^ersant le plus riant paysage. Puis les îles succèdent aux îles et l'on remonte le vaste Saint-Laurent entre ces deux décors si contraires : à droite, la montagne sombre et sauvage couverte de noires forêts, s'élevant jusqu'à 600 mètres, à gauche la rive basse et ver-
("\.\I1'EMKNÏ DE TRAITEIRS.
doyante semée de coquets villages aux maisons coloriées. On passe devant la baie Saint-Paul et, à 150 kilomètres de Québec, la Murray Bay et sa rivière vous ajiparaissent en un superbe amphithéâtre. La muraille des Laurentides s'est ouverte pour laisser passer la Murray, les pentes se sont adoucies et sont couvertes de villas et de châteaux, de jardins et de parcs d'autant plus beaux et riants que la forêt les domine.
Murray, comme Tadoussac, mais beaucoup plus que Tadoussac, est une petite ville dont les eaux sont parfois trop froides pour beaucoup de baigneurs, mais dont le climat est vivifiant pendant les grandes chaleurs de l'été. Les riches Américains l'ont adoptée et y ont construit des chalets de toutes grandeurs; ils y apportent, avec l'argent, leurs modes et leurs fantaisies et c'est à qui donnera le ton pendant la scason. Américains et Canadiens anglais vont aux mêmes églises et parfois les deux sociétés se mêlent, mais les Canadiens français vivent entre eux de la façon simple et gaie qui leur est propre. Lors de la conquête anglaise, les deux seigneuries de la Murray, rive gauche et rive droite, furent données par le général Murray à deux officiers écossais qui s'y fixèrent avec plusieurs de leurs soldats, auxquels ils donnèrent des terres. Ceux-ci épousèrent des Canadiennes françaises et, après deux ou trois générations, la langue anglaise fut complètement oubliée, et, comme toujours, l'autochtone absorba l'envahisseur. Mais la colonie de Murray est restée un exemple peu commun du