I.K CaNAIJA ILLUSIKK
nirl.mj^c tics deux i;i(cs obtenu tout naturel Icnieiil p.u- la même religion.
Après le riant .iniplntliéàtre de la Murray Hay, les I.aurentides Ixirdent de nou\etiu le tleuxe de leurs rociiers à pu ; le ( .ip (Jribaune et le uionl 'l'oni inent(> s'élc\enl nuposants au-dessus des eaux et le bateau passe entre la rive nord et l'île d'Orléans. Celle-ci, que les compajiïnons de Cabot nouHuèrent l'île de Bacchus, parce qu'ils s'y régalèrent de raisins, appartient à l'université Laval ainsi (]u'unc jurande partie de la ri\e droite.
manière canadienne- française, dans des fermes (jui ont souvent tournure de manoir, à côté des magnifiques éj^lises autrefois fondées par les successeurs de M^r de Montmorency-Laval.
A Québec, le fleuve se resserre brusquement, mais depuis longtenij)s on a eu du bateau la vue superbe du vieux Québec dressé sur le cap Dia mant, dont une face tombe à i)ir dans le fleuve.
Québec. — Québec est une ville historique, la capitale française du Canada, la vieille cité fondée
Pk.tite rue Champlain a Québec.
Le fondateur de cette université de la famille Montmorency-Laval fut le premier évêque du Canada envoyé à Québec en 1663, comme légat du pape. Il fonda le grand séminaire qui devint l'Université Laval, vers le milieu du dernier siècle, et il le dota d'un domaine immense pris sur les terres du Roi. Une grande partie de ces richesses est restée à l'Université, dont les fermiers cultivent l'île d'Orléans, l'île aux Coudres et les terres de la rive droite. Ils y vivent heureux, à la vieille
par Champlain en 1608, qui a célébré en 191 1 avec pompe son trois centième anniversaire. Son importance ne réside pas dans le nombre de sa population, dans ia richesse de ses banques, de son industrie ou de son commerce. Depuis longtemps, la vieille capitale canadienne a cessé de lutter avec Montréal, Toronto et Ottawa, les villes du progrès, des idées modernes et du développement intense: elle garde sa physionomie et ses souvenirs et reste un jalon de l'histoire.
Au })iC(J de son rocher, l.i \ilie basse contient les entrepôts, les docks, les filatures, serrés sur l'étroite langue de terre qui borde le fleuve; les mes sont anciennes, petites, obscures; toute cette partie où rc;j;ne le commerce s'aperçoit <à peine, tandis que le regard se porte naturellement vers les rues qui serpentent au flanc abrupt du rocher et sur les nombreux monuments anciens qui en accusent le caractère Plus haut, la terrasse Dufferin et le château Frontenac découpent leur imposante Mlhouette, et, un peu en arrière, les créneaux de la vieille citadelle rappellent les luttes d'autrefois et dominent le fleuve de plus de loo mètres.
C'est à Québec qu'il faut séjourner pour étudier le passé, pour se rendre compte de ce qu'était une colonie française sous Louis XIV et pour constater avec quelle tenace énergie les colons de la Nouvelle-France ont su conserver leur langue, leurs coutumes, leurs prérogatives et jusqu'aux habitudes sociales de leurs ancêtres
Les Canadiens français qui, sous le ministère Laurier, possédaient encore la majorité dans les Chambres, seront bientôt submergés par le nombre des Canadiens de langue anglaise. Ils n'ont pour ■eux que la surprenante fécondité de leur race et l'appoint de quelques immigrants belges, tandis que les immigrants de la Grande-Bretagne et des Etats-Cnis sont légion. L'agrandissement des provinces d'Ontario et de Manitoba va modifier la proportion des sièges législatifs; les Canadiens français sont à peine le tiers de la yiopulation totale et cette proportion va s'affaiblir encore. Mais on peut prévoir que Québec restera longtemps ce qu'elle est, caractérisée par ses couvents antiques, qui développent leurs jardins sur la pente de la montagne, par ses églises nombreuses, par son université Laval.
La grande esplanade de la ville haute est le véritable centre de Québec, avec les deux cathédrales française et anglaise, l'hôtel de ville et le grand couvent des L'rsulines, fondé en i()39. dont la chapelle renferme les restes de ]\Iontcalm.
Près de là règne la vaste plate-forme où se trouvait autrefois le château Saint-Louis, résidence des anciens vice-rois; on l'a remplacé joar le château Frontenac, construction moderne sur le modèle d'un château-fort, qui est le plus bel hôtel de Québec et l'un des plus magnifiques du Canada. Une grande statue de Champlain domine la ter- Tasse, d'où l'on jouit d'un merveilleux panorama. Une des faces du rocher tombe à pic dans le Saint-Laurent, une autre descend vers la rivière
Saint-Charles, cjui se jette dans le fleuve auprès de la ville basse. Vers le nr>rd, les Laurentides ferment l'horizon, tandis qu'à l'est et au sud la vue s'étend sur un vaste jjaysage riant et divers borné par les lignes lointaines des Adirondacks.
La plaine d'Al)raham, où se livra la bataille (jui décida du sort du Canada, se trouve à l'ouest et tout près de la ville; les deux généraux enne mis, Montcalm et Wolfe, y succombèrent et l'on }■ éleva à la mémoire de Wolfe un monument célèbre dans toute l'Angleterre.
A ])eu de distance en aval de Québec, la rivière Montmorency, avant de se jeter dans le Saint-Laurent, forme une superbe cascade de 80 mètres de haut, but d'excursions pour tous les touristes. Son volume a été diminué par l'aménagement des forces hydrauliques qui envoient à la ville la force motrice et la lumière, mais la chute est encore plus belle que la plupart des cascades tant admirées de la Suisse. On a ménagé une plate forme vis à-vis et à mi-hauteur, d'où l'on a une vue complète.