‹ Le Canada illustréChapitre 63 sur 80 · I.E Canada fu.iisTRK · texte numérisé non relu

I.E Canada fu.iisTRK

Mdnh .ilni, s'('talc a\er ses faubourj^s. Sa popul.i simple licillis (lu^jii ait jamais leiilé de faire el

tioii, loute occu|)(V(lc i'iiuliistrie des bois el de ((Mil e\( (^dcra de 30 mètres la travée centrale du jxjiit

menés divers, compte plus de lo.ocx) habitants. de l"'orth, en ICcosse. Il servira au chemin de fer du

l.a \ille est !ieu\(" el d'un caracl(Me tout différent (irand Truiik l'acific et à tout autre chemin de fer

de (x^lui de Ouéiiec, mais de j:jrands monastères, (jui en aura besoin; on espère (ju'il sera ouvert au

d'imposantes églises dominent les maisons et rap trafic en 191 5.

pellent le rôle prépondérant joué par l'Eglise Les travées d'ancrage ont dun une 170 mètres de

(■atholi(]ue dans l'histoire du Canada. longueur et la travée suspendue en a 213 1/^5. La

Rivière Richklieu .a S.aIxNT-Hilairl.

A quelques kilomètres de Levis, on peut admirer les chutes de Chaudière, mais ce que l'on ne peut trop admirer de Levis, c'est la vue de Québec même s'étageant sur son rocher de l'autre côté du fîeuve, tandis que vers l'embouchure du Saint- Charles les maisons descendent par une pente plus douce.

Québec et Levis étant toutes deux têtes de ligne de plusieurs chemins de fer, la nécessité d'un pont s'imposait. En mai 1911, la construction de la superstructure du pont de Québec a été adjugée à l'un des soumissionnaires, la Saint Lawrence Bridge Company, pour la somme de $ 8,650,000. Ce chiffre, augmenté du contrat passé auparavant pour les travaux de maçonnerie, porte le coût du pont à $ 12 millions. Le pont de Québec aura la plus longue travée centrale suspendue à

largeur du pont entre les fermes sera de 29 m. 33 et le tablier, à 50 mètres au-dessus des plus hautes eaux, construit pour une ligne de chemin de fer à double voie, aura, de chaque côté, un trottoir de I m. 30 de largeur pour les piétons.

Toute la province de Québec attend avec impatience la fin de ce grand ouvrage, qui réparera la catastrophe de 1907. Le grand Trunk Pacific avait entrepris la construction d'un pont en fer d'une seule arche à l'endroit le plus resserré du fleuve et déjà la moitié de cette arche s'avançait au-dessus des eaux quand, en septembre 1907, tout l'ouvrage s'effondra sous le poids d'un train de matériaux, démentant ainsi les calculs des ingénieurs américains qui dirigeaient la construction. Environ quatre-vingts ouvriers périrent.

De grands paquebots peuvent déjà remonter le

Le Canada li.i.i mkk

S. uni l..niroiit lusiiu'a MuiiIiimI, le rlicii.il .i\.mt été a])])rofoii(li à 30 pieds et dcxant l'être l)icntôt à 35 ; mais la montée du ficme man(|ue d'intérêt à partir de Québec. Les Laurent ides s'éloignent dans le Nord et les deux rives sont |)lales et uniformes; on atteint la ville de Trois-Rivières, située au confluent du Saint -Maurice, un des affluents les plus considérables du SauU-Laurent. Avec ses I3.0(xi habitants, cette ville est un centre im]:)orlant jiour le commerce des bois; plus loin, dans le bassin du Saint-Maurice, il existe des mines de fer exploitées depuis cent cinquante ans, et vis à vis de la ville, la jietitc île lîatiste lui fait un po't naturel aussi sûr que commode.

Tout de suite ajjrcs Trois-Rivières, or, er^tre dans le lac de Saint-Pierre; le bateau navijrue au travers

M CM MENT DE .MADELEINE DE VeRlHÈRE:

A Verchères, prés Montréal.

de {grandes iles et bientôt il douljje .Surel, ville de 8,000 habitants, une des plus considérables de la rive droite, où le Richelieu vient a|)pf)rter a\i Saint Laurent les eaux (hi lac Champlain.

Jusqu'au jK)rt de Montréal, la navigation reste monotone et insignifiante, mais le port de Montréal lui-même et les {grands travaux qu'on y exécute méritent une mention spéciale.

La commission du port de Montréal a publié en mai 191 2 son i)roj^ramme de travaux qui comporte la construction d'un nouvel élévateur et de i)lusieurs quais nouveaux. Les quais Alexandra, King Edward et Jacques-Cartier seront agrandis; les deux premiers auront 366 mètres de longueur et le pont Jacques-Cartier 366 mètres. L^n nouveau quai s'étendra à l'entrée du canal Lachine, ce qui modifiera, avant deux ans, toute cette partie du port. Plus de 500 mètres de nouveaux quais y seront construits et le port de Montréal pourra recevoir 3,500,000 boisseaux de blé de plus, grâce à un nouvel élévateur qui sera ajouté à celui dont on achève la construction. Le quai Victoria aura 900 mètres de longueur pour les paquebots océaniques, sur fond de 35 pieds d'eau, et tous les nouveau.x quais auront leurs lignes ferrées.

Montréal est la métropole commerciale du Canada, le centre des affaires et de la richesse du pays; ses banques n'ont pas de rivales et sa population est en majorité de langue anglaise. Cette [population grandit tous les ans: les prophètes affirment qu'elle atteindra le million le jour où le canal de la baie Géorgienne sera ouvert. Nous ne prétendons pas le contraire. C'est, en somme, la véritable capitale du Dominion, comme New-York est la vraie capitale des Etats-Unis et la vie canadienne est, à Montréal, la plus intéressante à étudier.

Montréal a été fondée en 1641 par Maisonneuve et une soixantaine de Français v^enus de Paris pour travailler à la civilisation des sauvages et créer pour eux un hôpital. Montréal devint le poste avancé de la colonie et le grand marché de la traite des fourrures. Il eut beaucoup à souffrir de la guerre contre les Indiens, et. quand le Canada — devintanglais, c'était une ville de 7,000 à 8,000 âmes~D)!i peut visiter le château de raTTcierme— fésfdçnceaes gouverneurs, bâti il y a deux cents ans, où l'on a réuni une collection de portraits, de tableaux et de curiosités du plus haut intérêt. La ville est construite en damier, sur une île du fleuve, au pied du Mont Royal et, si les rues

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commerçantes ont le caractère tiu \)cu triste des villes américaines, celles qui s'clè\cnl en pente douce vers le parc superbe du Mont Roy.d donnent une impression de richesse et de l)c;uitc. i,a cathédrale c-itholique est bâtie sur le modèle de Saint-Pierre de Rome; l'I^niversité Me Gill réunit sur ses vastes terrains des facniltés de lettres, de droit, de médecine et de sciences qui sont l'orj^ueil clu Canada.

Trois ponts franchissent les 3 kilomètres qui séparent les deux rives du fleuve : l'ancien pont, celui du Canadian Pacific et celui du Grand Trunk. La circulation y est intense, car Montréal est tête de W'^ne des grandes compagnies de chemins de fer et de plusieurs lignes de navigation; elle est la capitale commerciale, le débouché principal des produits de l'Ouest et comptera bientôt parmi les i)lus grands ports sur rAtlanti(}ue ; ses progrès menacent de l'étouffer, cejiendant la ville a respecté de vastes espaces libres qui lui donnent l'air et la verdure. Les jardins Viger, la place d'Armes, le Champ de IMars et le square du Dominion offrent de larges pelouses i:)leines d'arbres et de fleurs. Le climat est à peu près le même que celui de Québec, moins froid qu'Ottawa, plus froid que Toronto et que sa presqu'île; ce froid continuel qui ne cesse plus du jour où l'hiver règne est, comme dans les provinces du Centre, accompagné d'un soleil brillant dans un ciel presque toujours pur. Loin d'assombrir la vie montréalaise, l'hiver est la saison des réjouissances et des bals, non seulement dans les maisons, dont les appartements sont toujours confortablement chauffés, mais au dehors, en plein air, où l'on patine, où l'on fait de longues courses en traîneau et en raquettes, où les toboggans, le hockey sur la glace, le curling, les courses de canots à voiles sur la glace, sont cultivés par de nombreux clubs dont fait partie toute la population aisée.

Notons ici qu'à Montréal, comme dans toutes les villes canadiennes, la respectabilité de la rue est absolue. Les dames et les jeunes filles de toutes conditions circulent seules à. toute heure de la journée et de la soirée dans la sécurité la plus complète. La rue leur appartient et le respect de tous les entoure. On sent ici l'influence des mœurs américaines; les jeunes filles reçoivent, sortent seules, donnent des thés et des soirées sans leurs parents ; elles prennent part aux sports avec un ou plusieurs cavaliers servants, ce qui n'étonne personne et il s'ensuit qu'un grand nombre de mariages se font entre jeunes gens qu'a rapprochés une longue camaraderie.

Au .Mont R(j\al, ou cultive tous les sports d'hiver que les amateurs eur(j|)éens vont chercher jusqu'à Davos et dans la TIaute Mngadirie. Cette forêt d'érables, de chênes et de pi:is i\\\\ u\\\ conservé toute leur beauté est silloiniéc de routes carrossables qui montent en seri)cntant jusqu'à la crête; des sentiers noiubrcu.x, des raccourcis bien tracés facilitent les jeux et, au sommet, un panorama splendide peut presque lutter avec ia vue de la terrasse Dufferin, à Québec. Lne des choses qui frappent le plus l'étranger est le nombre c(jnsidérable de clochers d'églises qui dominent la ville, et, jjIus loin, les moindres hameaux; nous en avions été déjà surpris en remontant le Saint-Laurent ; ces nombreuses églises, dont souvent l'importance est disproportionnée avec la faible population qui les entoure. rai)])ellent les preniiers temps de la colonisation, pendant lesquels la religion a été le grand mobile et la grande protectrice des progrès. Plus tard, sous la domination anglaise, les Ecossais, moins nombreux cependant que les Anglais, furent plus heureux, devinrent en général plus riches, et leurs nombreuses donations enrichirent encore les fondations catholiques.

ÉÉiâiiÊii«iÉiiÉÉiii^â|

Ll BlTZ-C.VKl.TÛ.N .\ MO.NTHÉAI.

Les deux sociétés, ranj^laise et la française, vivent côte à côte, sans se mêler; cela tient à plusieurs causes : les Anglais sont plus riches et possèdent les grandes affaires, ce qui rend leur société plus fermée; les mariages entre familles de religions différentes sont défendus par l'Eglise catholique et peu encouragés par les autres religions; ils sont rares, et quand les prêtres le ]iermeltent ils exigent que les enfants soient élevés dans le catholicisme, (est peut-être la cause principale de la séparation des deux races. Ajoutons que si presque tous les Canadiens français parlent anglais, il )- a jieu d'Anglais, même de la bonne société, qui parlent français, et chacun n'emploie l'autre langue que lorsque cela est absolument nécessaire.

quoi leur loyalisme envers l.i couronne d'Angleterre s'affirme tout aussi fortement que celui des Canadiens de langue anglaise; ils l'ont bien prouvé aux dernières élections.

L'université Me Gill, construite en haut de la \iile. et dont les vastes terrains sont presque le commencement du parc Royal, a été bâtie par les Presbytériens, la communauté protestante la plus riche du Canada, avec le concours de nombreuses dotations; elle est la rivale de celle de Toronto. Elle réunit des facultés de lettres, de droit, de médecine et de sciences qui com])tent plus de mille étudiants. Ce quartier des études, plus élevé, très aéré, avec des maisons moins hautes, construites dans des jardins, présente un Tieureux contraste avec le quartier des affaires qui borde le fleuve.

Le Montréal Hcnt Clib.

Les deu.\' races, cependant, vivent en bonne intelligence, mettant au-dessus de tout leur qualité de citoyen canadien, avec cette différence que le Canadien anglais ne se détache jamais de la mèrepatrie; il reste Anglais avant d'être Canadien, tandis que les Canadiens français ont perdu tout lien avec leur patrie d'origine. A peine cultivent-ils quelques souvenirs et quelques traditions dont souvent ils ne savent même pas la source. Ils sont Canadiens purement et simplement, et c'est pour-

Les nombreux collèges et les grands bâtiments de l'université sont presque tous compris entre la grande rue Sherbrooke et l'avenue des Pins, où commence le parc Royal. Cette rue Sherbrooke, plantée d'érables, est bordée de belles villas et de palais aux beaux jardins, qui voisinent avec les grandes églises, les riches couvents et les vastes établissements scolaires.

Le 2 janvier igi2, le Montréal Daily Slar comptait dans la métropole canadienne quatre-

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