I.i: Canada Ii.i.isiki
\ iiil;! (lu.it^ir/i' [MI lu uluTS posscd.iiit plus d'un inillioii (Ir (loll.iis, et il faisait reniarc]iUT (|u'en l)r()l)ortiun do sa popidation de moins d'un demi inillioii Montréal ('-Lui la wWc du nioiidc^ (pii rcn IcMin.iit le plus (le mil lioiuKiircs.
l n j^r.îuil luniihri" de ( es élus de la lortunc sont des Ecossais cpii ont généralement mieux réussi au (^mada que les Anj4lais. l)ien qu'en Europe ce soit plutôt le contraire (|ui soit vrai.
La c;"inip<i<^nc (|ui environne Montréal est tout .1 fait française de langue et d'habitudes; c'est la continuation de l;i cauipa<4ne de Québec, surtout sur la rive droite du llcme, et l'habitant, fier de sa paroisse, reste partout sous l'influence incontestable des prêtres et du 'clergé catholiques.
Montréal est situé sur une île formée par les trois bouches du confluent de l'Ottawa dans le Saint-Laurent. La plus considérable s'étale, au sud-ouest de la ville, dans le lac de Saint-Louis, les deux autres bras partant du lac des Deux-Montagnes, contournent la ville par le nord et vont se jeter dans le fleuve à Charlemagne, 25 à 30 kilomètres en aval. Les habitations d'été du lac des Deux-Montagnes sont très fréquentées par les hommes d'affaires qui peuvent passer la journée à leur bureau ; les grands bois qui entourent ces vastes étendues d'eau y rendent les séjours d'été très agréables par le canotage, la pêche et la chasse. Nous avons parlé ailleurs de la descente des rapides de Lachine, excursion curieuse que font presque tous les touristes.
Avant de poursuivre avec la ligne du Canadian Pacific la traversée du Canada, nous ferons un retour en arrière pour une rapide excursion dans les provinces maritimes et dans les petits comtés de l'Est qui sont, avec le Bas-Canada, que nous venons de voir, la partie la plus anciennement colonisée du Dominion.
Le réseau d'Etat ou Intercolonial, dont la tête de ligne est à Montréal, dessert cette partie du territoire canadien, avec les embranchements du Canadian Pacific et du Grand Trunk et plusieurs petites lignes en Nouvelle-Ecosse.
L'Intercolonial est la seule ligne qui suive la rive droite du Saint -Laurent; nous la prendrons à la station de Saint-Bonaventure et nous irons d'une traite, par Levis, Rivière du Loup et Rimouski, à Métis, station la plus éloignée dans le Nord- Est, située sur la rive droite non loin du mont Logan, le plus élevé des monts Notre-Dame. Rivière du I^oup se nomme aujourd'hui Fraserville et devient un centre important de colonisation
agruiilc. loutcccttc région dc|)Uis le .S.iint L.aurent jusqu'il la frontière du Nouveau-Brunswick, entre les comtés de Rimouski et de Kamouraska, se nomme le 'i'emiscouat.i et contient environ 4(),fx)o habitants. I, Ile est célèbre ])ar le nombre et la beauté de ses lacs dont le i)lus grand est le Temiscouata, long de 2X milles. Une ligne ferrée suit sa rive ouest et la station de Notre-Dame-du-Lac vers le milieu du lac, à deux heures seulement de l'rascrville, est le point (le départ le plus (axorable pour les touristes, les chas.seurs et les i)écheurs. Creusé dans la chaîne des Alleghanys, ses rives sont d'une grande beauté, offrant tour à tour de larges baies et des pics de 600 mètres. Les forêts qui l'entourent étaient encore récemment les plus giboyeuses en grands animaux des provinces maritimes.
L'Intercolonial continue à longer la rive droite du .Saint-Laurent ; nous traversons le comté de Rimouski et gagnons Sainte Flave où la voie incline vers le sud pour atteindre le lac Matapedia et traverser toute la base de la presqu'île de Gaspé.
En remontant le Saint-Laurent, nous avons longé cette côte basse, riante et fertile, peuplée de fermes habitées par les descendants des premiers Canadiens français; nous n'en reparlerons pas.
Provinces Maritimes.
Le Nouveau-Brunsirichx. Moncton, l ile du Prince- Edouard. Nouvelle Ecosse, Halifax, Yarmouth . Saint-John. Fredericton.
A Matapedia, nous entrons dans le Nojrjeau- Brunswick. La traversée des monts Notre-Dame est pittoresque; la ligne suit le bord du lac Matapedia d'où s'échappe la rivière du même nom pour joindre ses eaux au Restigouche au fond de la baie des Chaleurs. On aperçoit beaucoup d'érablières dont les habitants tirent leur sucre. .Sur les pentes, à droite et à gauche, les grands bois contiennent surtout des cèdres, des bouleaux et des épinettes, annonçant les solitudes forestières du Nouveau- Brunswick. Dans la vallée, les belles fermes se succèdent dont les habitants ont une réputation d'hospitalité dans tout le Canada et les noms des stations parlent d'eux-mêmes. C'est lac du Saumon, Paradis, Beau Rivage, Glen Emma, Millstream.
A Matapedia, l'Intercolonial franchit le fleuve Restigouche, célèbre par ses saumons qui atteignent parfois le poids de 50 livres. La ligne suit le rivage sud-ouest de la baie des Chaleurs, ainsi nommée par Jacques Cartier en 1535, tandis que son nom
Le Canada Illlstri:
iQciicn sij^nilie Mer de poissons, qu'elle justifiait sans doute davantage. Nous passons par Dalhouzie et Bathurst. petites villes au bord de la mer avec de lolis cottages où l'on ne s'occupe que de pêche €t de bois. A proximité de Bathurst, on nous signale plusieurs chutes d'eau dont la présence justifie le mouvement industriel qui tend à multiplier en Xouveau-Brunswick le nombre des pulj^eries. La région qui entoure la baie des Chaleurs a été pendant longtemps adonnée à la seule industrie de la pêche; on délaissait l'agriculture pour se livrer uniquement à la capture des homards, des harengs et de la morue.
Depuis quelques années, la pêche n'a plus été aussi fructueuse et, sans l'abandonner, l'habitant s'est avisé que les récoltes de la terre étaient plus sûres et surtout plus régulières. Le pays se prête à l'industrie laitière. Les principales cultures sont le blé noir et l'avoine.
De Bathurst à Moncton et à Amherst, nous traversons du nord au sud toute la partie orientale du Xouveau-Brunswick en touchant au petit port de Xewcastle où nous franchissons le fleuve Miraniichi, un des plus importants de la province. La forêt, où l'épinette ne règne pas seule, couvre presque tout le pays ; les essences dures, cèdres et chênes, les beaux hêtres, très nombreux, donnent une haute valeur à ces forêts qui sont restées intactes. Le district du Miramichi est à peine exploré et les grands fauves canadiens, l'orignal et l'ours, peuvent y être rencontrés plus facilement qu'en aucune autre région du Canada.
JMoncton. la deuxième ville de la province, avec 10 à 12,000 habitants, est le point terminus du Grand Trunk Pacific. Placée sur le Petitcondiac, au point où ce fleuve s'élargit en un long estuaire qui aboutit à la baie de Fundy, son port pourrait être plus important, mais le port de Saint-John, tête de ligne de l'Intercolonial et du Canadian Pacific Railway, attire une grande partie de l'activité commerciale du Canada au détriment de Moncton. Cependant, de nombreux embranchements relient Moncton à plusieurs points intéressants de la côte : Butouche, Shediac Bay et Pointe-du- Chêne, Baie ^'erte et Cap-Tormentine, Tidnish.
Le petit port de Cap-Tormentine, sur le détroit de X'orthumberland, est juste en face de Cap-Traverse, localité de l'île du Prince-Edouard où aboutit le chemin de fer de Xew-Brunswick and Prince- Eduard Island. Cette Compagnie, qui dessert toute l'île du Prince-Edouard, a construit l'embranchement de Cap-Tormentine à Sackville, point
où elle rejoint l'Intercolonial un peu avant Amherst, sur la baie de 1- undy.
L'Ile du Frifîce-Edouard, située au fond du golfe que dessinent les deux autres provinces maritimes, a la forme d'un croissant ; ses côtes, presque partout protégées par des dunes, laissent pénétrer la mer dans des baies sinueuses et très profondes, de sorte que la largeur de l'Ile varie de 3 à 55 kilomètres; sa longueur est de 225 kilf)mètres.
J/ELLV.VuL Dl K.l-.\.iK.U .\01R.
Ile du Prince-Edouard I.
La capitale Charlottetown, ville de 1 1 à 12,000 âmes, possède un bon port à l'est du cap Traverse, mais en hiver tout le détroit est un champ de glace, de sorte qu'en dehors des services de transport qui, pendant l'été, relient plusieurs points de l'Ile au continent, il y a en hiver un service de traîneaux entre Cap-Tormentine et Cap-Traverse.
La population de l'île, 93,728 habitants, s'adonne à la culture, à l'élevage, et surtout à l'industrie laitière. Les pêcheries sont prospères, notamment celle de l'huître de la baie Malpèque. Sommerside, seconde ville de l'île, située sur la baie de Bédèque, est le marché des huîtres. Dans ces dernières années on a établi dans l'île du Prince-Edouard des fermes pour l'acclimatation des bêtes à fourrure et notamment des renards qui, à la fin de 1913. paraissent très bien réussir.
De Moncton, sans quitter l'Intercolonial, nous gagnons Halifax par Amherst et Turo en traver-
Lk Canada Ii.i.ustrk
sant l'islhine tle iVlriiiciir.u ooU oti d(" Hcausr jour, qui relie la Nouvelle lu osse au Nouveau Bruns wick. L'arête de cette presqu'île est formée jjar les collines Coheciuid, dont l,i li.uitcur \,irie de 150 ;i 300 mètres et qui renlernient des gisements de minerais de fer très importants. Nous traversons ces collines au lac Folleigh et nous gagnons Halifax, le plus ancien et le plus grand port d'hiver du Canada, ca|ulalc de la Nouvelle-Ecosse.
La Nonvclle-Rcosse, l'iVcadie des anciens colons français, longue de 565 kilomètres, large de 120 kilomètres en moyenne, est une {)éninsule fertile couverte de bois et de riches prairies, dont les côtes sont très dentelées. Sur la côte de l'Atlantique, on ne compte pas moins de douze ports bien abrités qui peuvent recevoir les plus grands navires. Quelques collines, de nombreux lacs, de jolies rivières, constituent un pays pittoresque, riche de profondes terres d'alluvion et d'excellents pâturages où les fromages et le beurre sont produits en quantité. La vallée d'Annapolis est célèbre par ses fruits; c'est un verger de pommiers et de pêchers long de 128 kilomètres sur une largeur de 6 à 12 kilomètres.
Halifax est le port canadien le plus près de l'Angleterre, ouvert toute l'année à la navigation et terminus de l'Intercolonial. Dominé par une imposante forteresse et entouré de fortifications navales, il est une station de charbon d'autant plus importante que les mines de houille sont à sa porte. Le blocus continental de 18 13 démontra à l'Angleterre les précieux avantages du port de Halifax; plus tard, pendant la guerre de Sécession, de très grosses fortunes s'y firent, justifiant l'ancien nom d'Acadie, qui signifie abondance en langue micenne. Le nom de Nouvelle-Ecosse apparaît en 162 1 dans les chartes anglaises données par Jacques V à sir William Alexander.
Les habitants de la Nouvelle-Ecosse sont en partie des descendants des premiers colons français, bien que Cornwallis et Lawrence les aient expulsés en 1775 pour les punir d'avoir refusé de servir contre les Français et les Indiens. La race française s'y est conservée très pure comme dans les coins les plus français de la province de Québec.
D'Halifax, on se rend par l'Lntercolonial dans l'île du Cap-Breton et jusqu'à Sydney, par Port-Mulgrave, où le train embarque sur des bateaux transbordeurs qui le remettent sur les rails de l'autre côté du détroit de Canso. Nous avons parlé de ce curieux pays à propos des
iii.igiiilKjue^ iiiihct d(; houille (ju'ii renferme, mais nous n'avons pas attiré l'attention sur les lacs du liras (r()r, sortes de baies intérieures qui partagent toute l'ile, coupée dans presque toute son étendue de rivières et de grandes nap|)es d'eau. C "est un pays des plus curieux à visiter et qui s'enrichira longtemps encore par ses mines et ses établissements métallurgic|ues, malgré les neiges (]ui le c(juvrent pendant quatre ou cinq mois de l'année.
Halifax se trouve à peu près au milieu de la côte est de la Nouvelle-Ecosse; l'île du Cai)-Breton en est l'extrémité nord, Yarmouth en est le point le plus méridional. On se rend d'Halifax à Yarmouth par le Halifax & South Western Railv^^ay. C'est un voyage de près de 400 kilomètres le long d'une côte profondément découpée par un grand nombre de baies où se jettent les rivières issues des lacs de l'intérieur. On comprend que ce rivage accidenté soit un lieu de pêcheries d'une fertilité exceptionnelle. .Sur tout le parcours, la ligne ferrée traverse de petites localités qui portent le même nom que les grandes villes d'Angleterre : Liverpool, Barrington, Bedford, Buckingham. Elle franchit plus de vingt rivières entre Halifax et Yarmouth, qui se trouve à la pointe sud-ouest de la province, à peu près en face du port de Portland dans le Maine.
De Yarmouth, port important du Canada, une autre ligne ferrée, le Dominion Atlantique, remonte la côte ouest de la Nouvelle-Ecosse en longeant la baie de Fundy, par Annapolis, Middleton et Windsor. La voie contourne la baie de Cobequid et rentre à Amherst dans le Nouveau- Brun swick.
La ville la plus importante du Nouveau-Brunswick est Saint-] ohn, port d'hiver situé sur la baie de Fundy, vis-à-vis d'Annapolis, et rival d'Halifax. Les deux villes ont à peu près le même nombre d'habitants et leurs ports sont également bons. Au fond de celui de Saint-John se trouve l'embouchure de la rivière Saint-John qui tombe dans le port par une chute de plusieurs mètres; cette chute est intermittente; quand la mer est haute, la chute n'existe plus, c'est la mer qui remonte et gonfle la rivière.
Saint-John a été ainsi dénommée parce que Champlain y est arrivé en 1604 le jour de la Saint-Jean. Trente ans plus tard, les Français y bâtirent un fort et y firent un établissement permanent qui devint un important marché de fourrures avec les Indiens. En 1758, une armée anglo-
Le (^ANADA ILLISTRK
américaine s'empara du pays et la ville actuelle ne fut définitivement fondée qu'en 17S3, par dix mille k)\aiistes an^^lais qui, réprouvant la déclaration d'indépendance des Ktats-Unis, vinrent se fixer sur territoire anglais. Saint-John fut en par tie détruite par un incendie en 1877. Le Xouveau- Brunswick fut déclaré province indépendante en 17S4, ce qui le fait l'ainé des provinces canadiennes et, en 178S, le siège du gouvernement fut placé à Fredericton, jolie ville construite sur la rivière Saint-John dans un site pittoresque.
La province du Nouveau-Brunswick est un pays carré deux fois grand comme la Belgique, qui tient au Maine par toute sa frontière ouest et s'avance dans l'Atlantique entre la baie des Chaleurs et la baie de Fundy. Son système de collines se rattache aux derniers contreforts des Alleghanys ou montagnes du Maine, et ses trois principaux cours d'eau, le Restigouche, le Miramichi et le Saint- John, ont leurs sources dans le centre de la province, assez près l'une de l'autre, puis s'écartent en patte d'oie et vont se jeter à la mer dans le nord, dans l'est et dans le sud, en recueillant sur leur cours toutes les rivières des trois bassins.
Les chaînes de collines qui les séparent sont couvertes d'immenses forêts; les lacs et les rivières sont très poissonneux et plus encore les rivages de la mer. On comprend dès lors que les bois et la pèche forment les deux grandes mdustries du pays. Cependant, l'avoine, le sarrazin, les fourrages, les légumes et les fruits sont fructueusement cultivés dans les vallées et sur les pentes douces non boisées.
Les forêts, les lacs et les rivières du Xouveau- Brunswick en font un territoire de chasse et de pêche exceptionnel dont les riches Américains 5'assurent la jouissance à coups de dollars
Après une visite à Fredericton, nous prenons le Grand Trunk pour revenir à Montréal par Edmundston et les petits cantons delà province de Québec. Ces petits cantons de l'Est forment un coin très particulier de la grande province française. Restés en dehors du courant qui remontait le Saint-Laurent et peuplait les rives du fleuve, les petits cantons furent défrichés et colonisés par les loyalistes anglais sortis des Etats-Unis et par des colons venus d'Angleterre. Les dernières pentes des montagnes du ]^Iaine et du Vermont peu à peu mises en culture, on y construisit de belles fermes qui existent encore. La vallée du Saint-François devint particulièrement prospère, on vanta les brrd du lac Memphramagog dans les Etats de
rinion et ii New -^'ork; bientôt un certain nombre d'Américains, attirés i)ar la l^aulé du pays et les facilités d'y vivre, s'y fixèrent et devinrent Canadiens. Et ainsi se forma, dans le pays français de Québec, un district ini])(jrtant de langue anglaise.