C.VLGARV E.N" 1S
Longtemps on n'a pas éteint les réverbères pendant la journée par raison d'économie. Il eût fallu paver des éteigneurs de réverbères.
Les villes de Lethbndge, Mac Leod et Calgary, ainsi que tous les villages situés entre ces villes, sont aussi approvisionnés en gaz naturel au prix de 6 1/2 centimes le mètre cube; à Medïcine Hat, ]i prix n'est que de 2 1/2 centimes.
Nous avons dit qu'un grand gisement de houille existe dans ce pays. Les travaux qu'on y a entrepris, la découverte des sources de gaz naturel, les i-echerches de pétrole et les nombreux travaux d'irrigation ont contribué à un accroissement rapide de la population. Avec l'arrivée de nouveaux colons, les grands ranchs d'élevage cèdent peu à peu le terrain à la culture mixte et le gouvernement prodigue les exemples et les conseils dans ce sens.
A Medicine Hat, la voie principale du C. P. R. se dirige vers le nord-ouest, droit sur Calgary, la ville la plus importante de l'Alberta, bien qu'Edmonton en soit la capitale, tandis que la vcie méri-
et Raymond, où ils sont en majorité, mais où ils vivent en bonne intelligence avec les autres confessions. Ils se sont beaucoup occupés de la culture de la betterave à sucre.
Leur premier soin, en ville comme aux champs, est de conquérir une abondance d'eau. La grande rue de Alagrath, ainsi nommée du nom de son fondateur, a de chaque côté une véritable petite rivière, large d'un mètre. Cette eau courante vient d^une source située à près de îOO kilomètres de là et va fertiliser la campagne, après avoir arrosé la ville. Le long des canaux, les Mormons plantent des arbres, ce qui constitue un véritable bienfait pour cette contrée, souvent complètement dénuée d'arbres. A [Magrath, ils ont, pendant plusieurs années, planté un demi-million d'arbres chaque année.
Calgary a une physionomie particulière à cause de sa situation sur deux rivières, le Coude et l'Arc, dont la plus importante, l'Arc, bien que large et belle, a un cours parfois torrentueux. Ses inonda-
l.E CANADy\ ILLUSJRK
tions cnv.ihissent les quartiers bas de la ville, ses Ses habitants ont une telle confiance dans les desrives encaissées sont pittoresques, un amphithéâtre tinées ^^randioses de leur cilé qu'ils ont, depuis de collines entoure la ville et dès qu'on monte lonjj^teinps, fondé le club des cent mille, chargé quelque peu sur l'une d'elles, on a devant soi la de préparer les fêtes qui célébreront le jour où muraille dentelée des Montagnes Rocheuses avec Ednionton aura ifX),cxX) habitants. Ils ont le temps, leurs glaciers qui encadrent superbement le \r.\y- mais il faut reconnaître que la ville et la province
sa<ife.
prennenl un dévelo])])cmcnt rapide.
Calgary en 191 1.
Calgary, avec ses 43,704 habitants, est le plus grand marché de l'Alberta. Les grands ranchs sont plutôt au sud, du côté de Mac Leod ; autour de Calgary, les ranchs ont déjà diminué, mais les industries qu'ils alimentent ont fait naître une vie industrielle très intense. La ville est éclairée par l'électricité, comme tous les centres un peu importants du Canada; de grosses fortunes s'y sont créées par l'élevage, la fabrication des conserves, le commerce des grains et des terrains.
Un embranchement du C. P. R. conduit de Calgary à Edmonton, capitale de l'Alberta. Cette ligne, après avoir passé à Red Deer (daim rouge) et Lacombe, deux centres de langue française, traverse Strathcona, ville construite sur la rive droite de la Saskatchewan, passe la rivière sur un superbe pont et arrive à Edmonton bâtie en face sur la rive gauche.
La capitale de l'Alberta est une jolie ville située sur une colline d'où l'on a une belle vue sur Strathcona, les bords de la rivière et la prairie. En igii, elle avait 30,cxx) habitants, elle doit en avoir beaucoup plus aujourd'hui et s'agrandit tous, les jours. Sa population en 1901 était de 2,652 âmes.
L'Alberta possède actuellement 4,930 kilomètres de chemins de fer, sur lesquels 2,480 kilomètres ont été construits depuis trois ans, doublant ainsi le chiffre d'alors en ce court laps de temps. La moitié de ces lignes nouvelles ont été construites grâce aux garanties accordées par la province.
En 191 2, le gouvernement provincial a construit 357 ponts de bois et réparé 126 autres. Sur des points où un pont n'était pas absolument néces saire, il a établi 49 bacs sans péage.
Un des progrès les plus sensibles aux nouveaux colons est le développement des téléphones. En décembre 1905, il y avait en Alberta 688 kilomètres de lignes téléphoniques à longue distance et 800 abonnés, pas de ligne rurale. A fin décembre 191 2, sept ans après la prise de possession des téléphones par le gouvernement provincial, il y avait 11,931 kilomètres de lignes à longue distance avec 14,692 abonnés et 15,474 kilomètres de lignes rurales avec 7,120 abonnés, soit une augmentation de 4,000 0/0 pour les lignes et de 2,700 0/0 pour les abonnés.
Les progrès d'Edmonton ont leurs légendes. On raconte qu'un tailleur reçut, en paiement d'un
complet, la propriété d'un terrain qu'il vendu, plus tard, 50,000 francs. Vn autre des premiers habitants échangea une petite maison contre un terrain qui vaut actuellement 200,(XXj francs, mais le grand bénéhciaire de cette ville est un Français de la Sarthe, M. R. L.... qui consacra successivement toute ses ressources à des achats successifs de terrains II acheta un jour un terrain situé sur la falaise qui était couvert de broussailles, désert et sans communication, mais le site était superbe et dominait la rivière et Strathcona. Il y construisit un hôtel comprenant quarante-trois appartements luxueux qui coûta i million dont le revenu brut dépasse 185,000 francs. Ce quartier est aujourd'ixii le plus beau de la ville et il a appartenu en grande partie à M. R. L..., qui avait, à plusieurs reprises, arrondi son premier achat.
que qui distribue dans toute la ville et les environs l'éclairage et la force motrice pour tous les services municipaux et particuliers, téléphones, tramways, etc. Comme dans toutes les capitales canadiennes, les palais du gouvernement provin cial sont de beaux édifices autour desquels se multiplient les belles habitations construites par les hommes déjà nombreux qui ont fait de grosses fortunes dans ce pays neuf.
Actuellement, la colonisation se porte en foule vers le nord, les vallées du centre comme celles de Vermilion et de la rivière de la Bataille ^Battle River) étant déjà en grande partie occupées. De nombreux centres de langue française existent en Alberta, notamment à Castor, où il y a une section de la Canadienne, à Saint-Albert, à Stettler et surtout à Edmonton où le docteur P. Roy, aujour-
EDMON'TON, .wenue J.\sper.
En 1885, un homestead de 64 hectares, près de Camrose, fut payé 54 francs; M. R. L... l'acheta en 1908 66,000 francs. Depuis lors, les trois transcontinentaux desservent cette localité, que son propriétaire baptisa Xo}-en, du nom de son village natal dans la Sarthe. Le Canadian Northern construisit une gare dans la propriété même et M. R. L... un hôtel modèle pour voyageurs. Xoyen sera bientôt une ville nouvelle.
Edmonton possède et exploite une usine électri-
d'hui commissaire général dt. Canada à Paris, fonda autrefois le Courrier de V Ouest.
La colonisation atteindra bientôt le Lesser Slave Lake, dépassant la vallée de l'Athabasca et s'étendant vers Dunvegan, sur la Rivière de la Paix, qui sera tête de ligne d'un chemin de fer aboutissant au Pacifique.
L' Alberta du Xord et la ville d'Edmonton sont emportés dans un mouvement d'expansion extraordinaire par le flot d'immigration américaine. Le
l.K Canada Ii.llsikk
2^ iio\(Miil)r(' li)i.', le ('(ii'r('s|i(ui(l.iiil i\c l.i (',iii;i dieiinc ^''cnN.ul (]iic raccroissnnciil de l.i |)()|)ul;i lion (rKdinontdii ("tait ovalué à j^lus de i.ocx) habitants par mois, k La ville se transforme et proba- (( blemenl, disait -il, le centre des affaires sera « déplacé par la {X)nstruction des immenses bud- « dings qu'on élève. Le Canadian Pacific traverse " tovite la ville et a produit cette année $ lo mil ■ (( lions en travaux. La plu]iart des villes de ■t( l'Alberta s'accroissent dans la nicnic proportion; (i depuis doux ans, Edinonton a double; Mcdicinc <( Hat a triplé... Je pars pour Grouard, localité sur (( le Petit Lac des Escla\es, qui sera une des u futures villes du bassin de la rivière de la Paix <( où un boom va sans doute se produire, et je veux <( voir les choses i)ar mes \-eux. ))
.\ la lui (le septembre, l'herbe de la prairie est desséchée par les f^^r.iiids \ciits, mais elle c()iiser\'e ses qualités nutritives. La neige la recouvre ensuite sans l'altérer et, pendant tout l'hiver, les animaux ])eu- \(iil la découvrir et s'en nourrir. Autrefois, les troupeaux de chevaux de plusieurs centaines de têtes vivaient en complète liberté; chaque étalon conduisait son grou])e de 25 à 30 juments, qui restaient autour de lui sans jamais se mêler aux autres groupes, mais depuis i(j()() il est défendu de laisser en liberté dans la ])rairie aucun étalon, afin de faciliter l'amélioration des races et d'éviter les maladies contagieuses. L'élevage du cheval étant, pour l'Alberta, une question capitale, les autorités maintiennent avec soin cette prescription, de sorte que les trriupeau.x de ch<;vaux en
Le quartier des affaires a Edmo.nïon.
De Calgary, le C. P. R. gravit par de longues pentes les contreforts des Montagnes Rocheuses. Ce n'est plus la prairie, mais de longues ondulations, semées de fermes mixtes où l'élevage tient une large place. En Alberta, l'élevage du cheval est très prospère, surtout dans le sud, depuis la frontière des Etats-Unis et dans toute cette partie vallonnée qui s'étend entre la montagne et la ligne du C. P. R. qui va de Mac-Leod à Calgary. Les animaux restent tout l'hiver sur les pâturages, comme les bisons d'autrefois qui aimaient à hiverner dans ces parages. Chose curieuse, les chevaux savent, comme les bisons, écarter de leurs pieds la neige qui couvre l'herbe, tandis que les bêtes à corne ne le font pas aussi bien
liberté sont composés de jeunes bêtes, de hongres et de juments.
Plusieurs réserves d'Indiens existent dans cette partie de l'Alberta, dont la j)lus grande est celle des Blood Indian (Indiens du Sang), de la Nation des Pieds Noirs. La réserve des Piegan, monis importante, est à l'ouest de Mac-Leod. La plupart de ces Indiens travaillent à l'élevage, quelques-uns aux mines, mais l'alcoolisme, la tuberculose et la petite vérole arriveront à faire disparaître, malgré tous les efforts de l'administration, les quelques agglomérations qui existent encore.
L'Indien est, d'ailleurs, ennemi du travail ; chasseur, pêcheur et guide incomparable, sachant traverser dans son frêle canot les rapides les plus