I.K Canada Ii.lustkk
peut toiuluT .1 1.1 Idirt III .1 SCS ImUiLiiiIs; loulcs les facilités y sont réunies |),ir le ("anadian l'acilic pour les excursions de nionlaj^nics et |)our la pcc:he dans les cours de. m des environs, nolanuiicnt au lac Minncwauka, r<''])utc j)our ses truites. A quelques kilomètres de là se trouve une source sulfureuse dont les eaux sont amenées au Sanatorium <le Hanff.
La RiviÈRK i)K l'Arc a Banff (Alberïaj.
La ligne ferrée continue à remonter l'Arc jusqu'à Laggan, puis incline brusquement à l'ouest pour gravir les dernières pentes vers la ligne de partage des eaux entre l'Atlantique et le Pacifique. De Laggan, on atteint le lac Louise où le C. P. R. a fait construire un chalet au milieu d'un paysage grandiose que la photographie et la gravure ont souvent reproduit.
Pendant que l'Arc disparaît dans le nord, oii sa source, le lac de l'Arc, est à peu de distance, nous arrivons à Stephen, point culminant de la ligne et frontière de la Colombie Britannique.
Bien que l'histoire de Louis Swift, le squatter, ne se soit pas déroulée à Banff sur le C. P. R., mais beaucoup plus haut vers le nord, près du col de la Tête Jaune, oii passent le Canadian Northern et le Grand Trunk, nous devons la conter, avant de franchir la frontière de l'Alberta. Elle renouvelle le meunier de Sans-Souci et prouve qu'il y a des juges à Ottawa. Le Courrier de V Ouest l'a racontée au commencement de IQII, lorsque le gouvernement fédéral donna gain de cause au squatter (i).
(i) Personne occupant des terres sans ciroit légal.
Vers i<S(j2, Louis .Swift explorait les Montagnes Rocheuses en ciucte d'un bon endroit. Jl choisit avec beaucoup de discernement un homestead de ()4 hectares, aujourd'hui en plein parc Jasjjer, où il pensait qu'un chemin de fer passerait plus tard. 11 s'y installa dans une cabane l'année suivante avec sa famille et y vécut pendant vingt ans, péniblement d'abord, mais d'autant mieux ensuite que la civilisation se rapprochait.
Depuis trois ou quatre ans, Swift était en instance pour obtenir son titre de propriété du quart de section qu'il occupe, quand le tracé du Grand Trunk Pacific fut projeté au travers de ses 64 hectares. La Compagnie offrit $ 500, puis $ 5,000; .Swift refusa énergiquement et fit bonne garde sur son terrain, empêchant qu'aucun coup de pioche y fût donné, de sorte que le Grand Trunk construisit et termina sa ligne de chaque côté de la terre de Swift sans que celle-ci fût touchée.
Totit le Canada avait les yeux fixés sur la lutte soutenue par le squatter contre ses deux puissants adversaires, l'Etat et le Grand Trunk. Enfin, le droit est demeuré vainqueur. Le gouvernement fédéral a remis à Swift, en mars igii, un titre de propriété en due forme sur les 64 hectares qu'il occupe en plein parc national et le Grand Trunk s'est mis d'accord avec le propriétaire. Il a même donné à une station le nom de Swift, c'est la quatrième avant le col, et nous supposons qu'aujourd'hui une honnête aisance, sinon une belle fortune, récompense la ténacité du squatter.
Colombie Britannique.
Le Cheval- qui-riie. les plus hauts sommets des Rocheuses, le lac Emeraude, les cols de Rogers et de l'Aigle, le Yoho Park, Donald, Glacier Revelstoke, les lacs Arrow, la passe de l'Aigle et ses lacs, Sicamous et Verjion, l'Okanagan, les KootenûY, Kamlops, les deux Thomsoji. Ashcrojt les placers de la Thomson et du Caribou, le Fraser, Agassij;, New Westminster, Vancouver, les Jiords de la chaîne côtière.
Le col du Cheval-qui-rue Kicking-Horse-Pass) où le C. P. R. franchit la ligne de partage des eaux, entre l'Atlantique et le Pacifique, à l'altitude de 1,625 mètres, a été découvert par sir James-Hector, qui fit partie de la mission du captaine Palliser (185 7- 1860), chargé par le gouvernement anglais de chercher une route de la prairie au Fraser et d'étudier un tracé de voie ferrée. Le rapport de la
Cax\o.\ Slnclair vu de la route automobile de Baxff a ^\'ixdermere.
Le C"anai)a Ii.i.usTKit
mission Pallisrr tut puhlir ni \^<>y, <c lut le (Icriiicr tr.u.ul (rnisciuhlc rxrcutr |)iir \c «couver lUMiuMit l)ritaiiiii(|uo ([ui. ayant accordé en iSO^ l'autononiie à la Colombie Hritanincjue, lui laissai dorénavant le soin d'étudier elle même son domaine i\
Le col porta d'abord le nom de Sir-James-IIector, mais on lui donna bientôt le nom du Chevalqui-rue, parce (jue sir Hector, en le passant, avait reçu une ruade d'un de ses chevaux. Le même nom fut donné au torrent qui descend la pente ouest et au lac dont il sort, pour se frayer une route dans un canyon aux jiarois verticales, couleur de bronze, et se ieter ensuite dans la Columbia.
[)our la première fois en iS()5 par Norman ( Ollie. Lntrr eux se trouve le pu r.'oleman ^3,352 mètresj j^jravi par ("oleman en iS(>3.
La série des hauts scnumels des Rocheuses canadiennes commence au mont Gould (3,085 mètres), situé au nord du col (rows-Nest Nid du Corbeau), à peu de distance de la frontière américaine, et se termine au pic Robson (4,176 mètres), qui domine au nord le col Yellow Head (de la Tête Jaune) où passent le Canadian Northern et le Grand Trunk. Sur cette distance de 230 kilomètres environ à vol d'oiseau, les massifs géants se succèdent et sont doublés à l'ouest par les monts Selkirk et leurs deux chaînes parallèles, la (haîne Purcell et la
Tracé du Graxd Trunk dans la vallée Grand Fork^.
Le col du Cheval-qui-rue est un des points les plus splendides de la chaîne des Rocheuses; dominé par le mont Stephen (3,175 mètres) et son large glacier, qui porte le nom du premier directeur du G. P. R., par le pic Cathédrale et par le mont Field, il est à peu de distance des plus hauts sommets des Rocheuses canadiennes. Leurs pics se succèdent vers le nord-ouest, depuis le mont Hector (3,424 mètres) jusqu'au mont Alberta (4,267 mètres), le géant de la chaîne. Tous deux ont été gravis
(i) La Colombie Britannique, par Albert .Métin, professeur à l'Ecole coloniale et à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales.
chaîne de l'Or. C'est un véritable océan de montagnes que le Canadian Pacific met douze heures à traverser.
Un des cirques les plus grandioses est celui du lac d'Emeraude, derrière le mont Field, à une dou zaine de kilomètres du torrent du Cheval-qui-rue Le lac est entouré de montagnes de 3,600 à 3,900 mètres, qui y laissent tomber leurs eaux. C'est un panorama de champs de neige et de glaciers avec, autour du lac, une haute ceinture de sapins et de cèdres, traversée par des cataractes. La chute de Takkakkaw a 365 mètres de hauteur et deux autres sont presque aussi imposantes. Le torrent Yoho. qui a donné son nom à la partie colombienne du parc national, se précipite dans une gorge de 80 mètres
J,E Canada Illustré
à pic que traverse une arche naturelle de roc he rose Cette merveille des Rocheuses a été découxerte lors de la construction du chemin de fer.
Il serait téméraire d'essa\er de décrire cette traversée de d(ni/e heures parmi trois chaînes de montaj^nes. Par une conicidence heureuse, le tracé du chennn de fer se trouvait tout indi()ué par trois cols qui coupent les trois chaînes à peu près visà-vis l'un de l'autre : celui du Cheval-qui-rue, dans les Rocheuses; celui de Rogers, dans la chaîne Purcell, et celui de l'Aigle, dans la chaîne de l'Or. Depuis le poteau qui porte l'inscription Great Dix'ide et se dresse sur la ligne de partage, entre les deux océans, la voie du Canadian Pacific descend dans un long couloir désolé, côtoie les petits lacs Sommet et Sink, juiis le lac du Cheval-qui-rue et arrive à Field, toujours accrochée au rocher. Field possède un confortable hôtel du C. P. R. qui est un excellent centre d'excursions.
De Field, sorte de palier entre deux étages, la ligne ferrée suit le cours du torrent du Cheval-quirue, épousant les sinuosités de la paroi rocheuse ou perçant les éperons par des tunnels. A Palliser, elle sort du Yoho Park et descend vers le nord le cours de la haute Columbia jusqu'à Donald, où elle la traverse pour reprendre la direction ouest. La petite ville de Donald porte le nom de lord Strathcona ; elle marque le fond de la vallée qui sépare les Rocheuses des monts Selkirk. Le fleuve poursuit son cours vers le nord pour contourner la chaîne Purcell et revenir sur ses pas, entre la chaîne Purcell et la chaîne de l'Or, tandis que la voie ferrée gravit la montagne par des lacets, pour la traverser au col Rogers, à 1,314 mètres d'altitude.
Pendant plus de dix ans, les ingénieurs envoyés par le gouvernement et le C. P. R. cherchèrent où faire passer le chemin de fer à travers les monts Selkirk; ce fut en 1883 seulement que le major Rogers découvrit le col qui porte son nom. Pour l'atteindre, la ligne remonte le canyon de la Beaver, parfois tellement étroit qu'un arbre abattu peut servir de pont (i); elle s'accroche aux flancs du rocher. Au sud s'élève, à 3,294 mètres, le mont Donald, le géant des Selkirk et, au nord, le mont Rogers (3,211 mètres dont les sommets dominent la voie ferrée par une muraille verticale de 1,500 mètres. La fissure géante, longue de 1,600 mètres, est presque horizontale; il n')' a qu'une
(i) La Colombie Britannique, par .Albert Métin.
diliéreiKC de niveau de 13 mètres entre la station Rogers et l'arrêt Suinmit qui en marque la sortie, au pied de la p)ramide Cheops. C'est la région la plus élevée de la chaîne Purcell; vers le sud, une dizaine de montagnes dépassent 2,800 mètres, au nord six sommets défiassent 3,fX)o mètres. Aussi le C. P. R. a-t-il construit un bon hôtel à la station Glacier où séjournent pendant tout l'été des guides à la disposition des touristes.
Au sortir du col Rogers, la voie suit le cours de rillecillewaet, au-dessus du torrent qui, en certains endroits, n'a que 6 mètres de large; elle franchit des canyons secondaires, contourne des cirques de hautes montagnes et, par le canyon /\lbert, arrive à Revelstoke, centre minier important, où elle franchit pour la seconde fois le fleuve
U.\ CHALEï \ "\'ERXO.\ ^COLOMBIE BRIT.AXXIQUE).
Colombia à peu de distance au nord des lacs Arrow. Un embranchement du C. P. R. suit le fleuve, de Revelstoke à Arrowhead.
De Revelstoke à Sicamous, sur le lac Shuswan, le C. P. R. doit encore franchir la troisième chaîne, celle de l'Or, qui sépare le bassin de la haute Colombie des affluents du Fraser, mais elle n'a plus à gravir des pentes comparables à celles qu'elle a traversées. Elle emprunte la passe de l'Aigle, haute vallée dont la largeur ne dépasse pas 1,500 mètres et le point culminant 558 mètres; cette vallée fut révélée en 1865 à un explorateur par le vol d'un aigle qui s'y engagea.
La ligne du chemin de fer y côtoie successivement plusieurs lacs, dont les uns se déversent dans la Colombia et les autres dans les tributaires du Fraser. La montagne de l'Or n'a pas le caractère
l.F, Canada Ili.usikI':
fruste et sau\.i}4(' m 'cs précipices iiK'iia(^;mls des monts l'iintHI cl (les Rocheuses; couverte de bois maj^'niruiucs, i-lk* ollre les plus riants paysages et se dcvck)p|)c> entre les lacs Arrow et Okanagan A Sicanious, un embranchement du C. 1^. R. se détache vers le sud et relie Vernon à la grande ligne. Vernon, ville florissante, posée à l'extrémité du lac Okanagan, est la tête de la navigation sur les deux lacs Arrow et le centre d'une région des plus fertiles que les fermes à fruits et surtout à pommiers commencent à rendre célèbre dans le monde entier. C'est sur les bords de l'Okanagan que se trouve la fameux domaine de Coldstream, appartenant à lord Abcrdeeii.
RÉSIDENCE DU CONSl L DE BELGIQUE
EN Colombie Brit.annique.
Vernon et son lac n'ont d'émulé en Colombie Britannique que Nelson et le lac Kootenay. Si l'on s'embarque à Vernon sur les vapeurs du C. P. R., on peut gagner Penticton à l'extrémité sud du lac Okanagan et rejoindre la ligne du Canadian Pacific qui, partant de Medicine Hat, en Alberta, a traversé les montagnes par le col du Nid-du-Corbeau et, se maintenant toujours à proximité de la frontière américaine, dessert les principales localités des deux Kootenay. C'est la région minière par excellence; c'est aussi la contrée la plus belle, la plus saine, la plus agréable à habiter de la Colombie Britannique, celle où les champs et les
vergers donnent les [)lus beaux réstiltats sous un climat excellent. Cette ligne méridionale du Caria dian Pacific, après avoir serpenté entre les lacs el les montagnes des Kof)tenay et du (Jaribou, rejoint la rive gauche du Fraser au point où ce fleuve contourne le district de New-Westminster ])Our aller se jeter dans le Pacifique.
Reprenons à Sicamous la grande ligne du C. P. R. qui continue sa route vers l'ouest, en longeant le bras méridional du lac Shuswap, dont le nom indien vient d'une tribu qui y a sa réserve. Nous franchissons maintenant des collines boisées [jour redescendre à Kanilo|)s, centre minier important situé au confluent des deux Thomson.
La Thomson du Nord jirencl sa source dans un groupe de hautes montagnes qui forme un des points hydrographiques les plus remarquables de la Colombie Britannique. Au pied du mont Geikie et au sud du Pic Robson, la Thomson, affluent du Fraser, la rivière Cand, affluent de la Colombie, et un autre affluent du Fraser recueillent toutes les eaux des Rocheuses à peu de distance du col de la Tête-Jaune. C'est par la vallée de la Thomson que le Canadian Northern, parti de Vancouver, remonte vers le nord-est jusqu'à Tête-Jaune, où il se cache, pour suivre le cours supérieur du Fraser, au moment où il contourne la montagne du Caribou; puis il gagne le col de la Tête-Jaune, la haute vallée de l'Athabasca et Edmonton. La vallée de la Thomson prendra donc une importance considérable lorsque les blés de l'Alherta la suivront d'un bout à l'autre pour être embarqués à Vancouver et gagner l'Europe par le canal de Panama.
De Kamlops, la ligne court droit à l'ouest vers Ashcroft, puis incline brusquement vers le sud pour atteindre le Fraser à Lytton. Pendant tout ce trajet, la voie du C. P. R. suit la rivière. La petite ville d'Ashcroft fut bâtie au point où l'ancienne piste indienne de la Thomson au Caribou se détache vers le nord. Quand, en 1857, l'or fut découvert dans la Thomson, les chercheurs californiens affluèrent en Colombie Britannique. Au printemps de 1858, plus de 20,000 mineurs arrivèrent à Victoria par mer et près de la moitié remontèrent le Fraser en suivant la piste indienne le long du fleuve et du canyon de la Thomson. Ce sentier les conduisit vers le nord-est au grand coude du Fraser et les placers du Caribou furent découverts en 1860.
En 1861, les mineurs avaient extrait près de lO millions de francs des placers du Fraser et du Ouesnel, mais ceux du Caribou étaient autrement
Le Canada Illustri^.
riches. Lorsqu'ils s'épuisèrent, vers 1871, on affirin.i tju'ils avaient produit 3CXD millions.
Le gouvernement avait transformé la piste indieinie en rhcinin charretier, qui fut ternnné en 1864; lorsqu'en chemin de fer on suit les deux canyons, on aperc^oit des fenêtres du wagon les restes de cette route abandonnée et de ses passerelles de bois.
En se réunissant, les deux Thomson se sont largement épanouies dans une longue voie navigable qu'on apjielle le lac Kamlops et dont la profondeur atteint jusqu'à 150 mètres. Au sortir de ce lac, la rivière se précipite d.ins une série de canyons aux brusques détours qu'épouse la voie ferrée. Jusqu'au bout, la traversée de la Colombie Britannique, la province des montagnes, conservera un caractère étrange, d'un pittoresque très particulier. La rencontre de la Thomson et du Fraser dans deux canyons à angle droit ne ressemble à rien de ce qu'on a vu.
Le grand fleuve colombien, qui a déjà parcouru près de 1,000 kilomètres, n'a que 115 mètres de largeur, mais il coule sans bruit à une vitesse de 10 kilomètres à l'heure; la Thomson, plus res serrée encore, n'a que 55 mètres et sa rapidité atteint 16 kilomètres. En aval de Lylton, le Fraser continue avec la même vitesse son cours silencieu.x vers le sud, encaissé dans deux murailles de rochers; la voie ferrée a traversé le fleuve et, pendant 80 kilomètres, le rail du C. P. R., accroché au mur de la rive droite, domine le précipice. Aux eaux basses, le lit du Fraser laisse apparaître des bancs de sable charrié des plateaux; du banc de Boston à Yale, sur plus de 30 kilomètres, le fleuve descend à raison de 2 mètres par kilomètre et accélère même sa vitesse, mais à Yale, le canyon s'élargit et devient vallée. Des villages indiens s'élagent sur les pentes dont les habitants ont deux industries principales : harponner le saumon et laver les sables aurifères du fleuve. A Hope, le Fraser s'étale dans la plaine et tourne bientôt à l'ouest pour gagner son embouchure, mais, jusqu'à peu de distance en amont de New-Westminster, sa vitesse est encore de 8 à 6 kilomètres à l'heure.
Agassiz est une station du bas Fraser, célèbre par !a ferme expérimentale que l'Etat y a installée et dont les travaux font autorité. Il était difficile de choisir une région plus favorable; la terre y est dune merveilleuse fertilité, les pluies sont abondantes, l'hiver est doux, toutes les cultures y réussissent et les gras pâturages s'étendent le long du fleuve et sur les rives des lacs Choate et Pitt. Le
difficile était de défricher; on s'imagine avec |)cine la luxuriante beauté des forêts colombiennes au bord (lu Pacifique et au pied des dernières collines de la chaîne côtière. Les rangs serrés des sajjins de Douglas et des cèdres opposaient aux colons un obstacle presque invincible, qu'un travail acharné put seul surmonter. Aujourd'hui, de nombreuses fermes, des maisons d'exploitation élégantes, entourées de beaux jardins, s'étagent sur les collines en avant des grands b(jis. Leurs habitants sont venus de toutes les parties du monde, cherchant le coin le ijIus favorable, le meilleur climat, le sol le plus fertile dans le paysage le plus beau. Ils l'ont trouvé dans le sud de la Colombie et dans l'île de Vancouver.
En approchant de Vancouver, nous traversons la rnière Pitt et nous suivons le chenal de Burrard qui s'élargit pour devenir le port de Vancouver, un des plus beaux du monde.
Quelques stations avant son terminus, le chemin de fer a quitté le fleuve qui s'est dirigé vers Xew- W'estminster où commence son delta, 25 kilomètres avant son embouchure. Le port de New- Westminster reçoit des navires calant 6 mètres, mais le bras principal du fleuve a 14 mètres d'eau à marée haute. La ville, fondée en 1859, ancienne capitale de la province, avait 13,200 habitants au recensement de 191 1 ; elle est restée, à cause de sa position sur le fleuve, le centre de l'industrie des conserves de saumon et elle gardera probablement cette supériorité; elle a de grandes scieries alimentées par les bois flottés et les grands radeaux. Sa principale rue domine le Fraser par une longue terrasse d'où l'on jouit d'une belle vue dans toutes les directions. Au pied de New- Westminster, le Fraser se divise en deux bras principaux qui s'écartent de 20 kilomètres environ autour d'îles boisées et luxuriantes de verdure. Entre le fleuve et la frontière américaine court la Chillivack, son dernier affluent venu de l'Etat de Washington où elle a sa source. La Chillivack et les torrents qui la gonflent sortent de hautes montagnes dominées par les neiges et les glaciers qui dessinent un magnifique fond de paysage.
La frontière suit imperturbablement le 49* parallèle à travers monts et vallées; on l'a marquée par une tranchée dans les bois et des poteaux de fonte sur les rochers.
Le delta du Fraser est sillonné de bateaux qui remontent vers l'intérieur ou se dirigent au travers du détroit vers l'île de Vancouver. Au loin, de l'autre côté de la frontière américaine, s'élève, à