I.K Canada Ii.i.hsiuk
3,300 mètres, rciuiniir iii.i^sc du iikjiiI l);ikcr (|ii'(iii apcr<,'oit du détroit et du fleuve domin.iiil tout le paysafje. Des cnihranclinnnits du (' 1*. R. et du Canadien Northern relient X'ancouxer à New- Westminster et pénètrent aux lùats-lJnis, mais, malf^aé sa jolie situation, l'ancienne capitale n'a pas ])u lutter avec sa xoisine, point terminus du Canadian Pacific, du ("anaclian Northern et du Great Northern, que l'ouverture du canal de Panama va porter bientôt au prcMuier ran<^ de tous les ports du Pacifique.
Vancouver est une ville rel.it i\enient neuve, fondée en 1886 et j^randie sous l'influence du grand Transcontinental, ouvert en 1887. Elle devrait être la cajiitale de la Colombie Britannique, puisque sa population est quatre fois plus importante que celle de Victoria; elle ne l'est pas. Elle s'appelle Vancouver, bien qu'elle soit sur le continent à plus de 80 kilomètres de l'île de ce nom, et à 130 kilomètres de Victoria. Vancouver-ville n'est rien, sinon le plus grand port du Canada et la ville, cosmopolite par excellence du Dominion. Elle possédait 26,193 habitants en 1901, le recensement de 191 1 en accuse 129,000; elle s'agrandit chaque jour avec une extrême rapidité par tous les travaux et créations qu'y effectuent les administrations des deux chemiîis transcontinentaux, les banques, les grandes industries, les commerces de toutes sortes.
Avant iS|9, époque de la grande ruée des chercheurs d'or vers la Californie, Vancouver n'existait pas; le chenal de Burrard, le premier des fiords au nord de la frontière américaine et de l'embouchure du Fraser, était comme les innombrables fiords qui se succèdent jusqu'à l'Alaska, sur cette côte dentelée, et sur les îles qui la bordent, une verte solitude où chassaient des Indiens et les trappeurs de la baie d'Hudson ; la Colombie Britannique tout entière était inconnue. Quelques chercheurs d'or remontèrent plus tard vers le nord et trouvèrent des pépites et des sables aurifères dans l'île de Vancouver et dans le Fraser. Ce fut bientôt une avalanche qui, de 1854 à 1860, envahit la côte, le Fraser et les montagnes de l'Or, on compta jusqu'à 33,000 mineurs en 1858.
Le gouvernement anglais, qui avait inutilement concédé l'île de Vancouver à la Compagnie de la Baie d'Hudson en vue du peuplement, organisa sa colonie dont les gouverneurs, résidant à Victoria, créèrent des postes et des administrations aux placers les plus fréquentés. C'est ainsi que la colonie s'étendit successivement sur le continent, à Hope, sur le Fraser, et que New- Westminster fut
I ondée avec le litre pro\isoirc de cajjitale. Eu i8(j6, les KH) millions d'hectares de la Colombie Britannique furent réunis à l'île de X'^ancouver pour ne former (inuiie seule prci\iii(c dont Victoria resta lu capitale; des chercheurs d'or ])arcouraient le pays et finissaient par s'y fixer; j)eu à peu, quelques agglomérations se formèrent et le premier fiord, l'entrée de Burrard, se peupla en raison du merveilleux port qu'il offrait aux navigateurs.
Pour(]uoi les quelques maisons qui furent le début de la ville de Vancouver furent elles ainsi baptisées? C'est un ])roblème inexplicable et qui causera sans doute, [)endant longtemps encore, les erreurs les plus gênantes, quand ce ne serait qu'au point de vue de la poste. Du jour où fut choisie la ville de Vancouver pour être le ])oint terminus du Canadian Pacific, il eût fallu faire cesser l'anomalie; on y ])ersista, mais la ville se construisit comme par enchantement. La forêt, à ])eine défrichée, se transformait en cité importante dont le port gagnait de vitesse les progrès du port commercial de Victoria. A peine la nouvelle ville prenait-elle conscience d'elle-même qu'un formidable incendie la réduisit en cendres, ne laissant pas une maison debout. Sur les ruines encore fumantes, des équipes de maçons et de charpentiers vinrent installer leurs chantiers, et des décombres noircis s'éleva la Vancouver nouvelle, la ville la plus importante de l'Ouest canadien.
Vancouver est construite sur une longue p'-esqu'île en dos d'âne, entre deux bras de l'entrée de Burrard. Par sa situation, elle est devenue le centre commercial et industriel de la province et elle est assurée de la plus grande prospérité. Déjà teriiiinus du C. P. R., elle sera avant deux ans le point terminus du Canadian Northern et du Great Northern. Ainsi reliée aux réseaux du Nord-Ouest canadien et à ceux des Etats-Unis, elle n'aura guère de rivale sur le Pacifique. Son port, protégé de toutes parts par de hautes montagnes, peut abriter des flottes entières, et, bien que la température descende parfois au-dessous de zéro, lamais les glaces ne l'obstruent, tandis que dans le bas Fraser la navigation est chaque année rendue difficile par les glaçons descendus des hauts plateaux et charriés par le fleuve.
Le port de \'ancouver est en relation, par des lignes régulières, avec le Japon, la Chine, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, San Francisco et la côte du Pacifique. L'ouverture du canal de Panama le reliera directement à l'Europe.
Pour se constituer un parc unique au monde, Van-
Le C anada Illustré
V uuver n'a eu qu'à conserver mla, le une partie (le sa forêt, dominée par les cèdres et les énormes sapins de Douglas. On l'apiielle le parc Stanley. Ses arbres immenses, ses tapis de superbes fougères, les grèves rocheuses qui le bordent et les échappées de vue sur fa mer dont jouissent jjarlout ses allées en font une j^romenade exceptionnelle. Sur le vaste détroit de Géorgie passent les grands navires qui font route vers l'Orient et leurs vergues semblent se mêler aux arbres du j^arc.
De nombreuses villas dominent la ville dont les maisons descendent vers le port. Les rues sont l)ropres, belles et toujours sèches quelques instants après la pluie. Les grands navires viennent se ranger à quelques mètres des maisons du quartier est qui est celui des affaires. Le quartier ouest, très élégant, est celui des villas et des chalets, dont les jardins sont pleins de roses. Le Canadian Pacific Railway s'est emparé du bord de l'eau et, comme à Toronto, ses établissements obstruent la belle vue du port. La plus belle rue conduit en i kilomètre à English Bay et à la plage.
L'entrée de Burrard, c'est-à-dire le port de Vancouver, termine brusquement les montagnes de granit de la chaîne côtière. De l'autre côté du port, on aperçoit au nord les derniers sommets de cette chaîne s'élever brusquement à 1,700 et 2,000 mètres, tandis qu'au sud de la ville, c'est la plaine luxuriante du delta du Fraser. Le point culminant de la chaîne côtière n'est d'ailleurs pas loin, ni beaucoup plus élevé que les sommets situés au nord de la ville. Il se trouve à 100 kilomètres à peine dans le nord-ouest et ne dépasse pas 2,600 mètres.
Disons tout de suite que cette chaîne côtière, si près de la plus grande ville colombienne, est peutêtre la partie la moins explorée et la moins connue de la Colombie Britannique.
Depuis George \'ancouver, qui, de 1792 à 1794, a découvert le détroit de Géorgie, entre la grande île et la côte, les navires parcourent ce littoral et pénètrent dans les fiords qui le creusent profondément, mais ces fiords ne sont que des entailles dans le granit ; après avoir navigué pendant 50 et même 70 kilomètres entre des murailles surmontées de magnifiques forêts, le navire arrive finalement au pied d'une dernière falaise qui ferme le passage, sans qu'aucune vallée permette l'accès de cette chaîne côtière plus fermée que les Selkirk et les Rocheuses elles-mêmes.
L'entrée de Bute, au pied du mont Rodell (2,219 mètres et vis-à-vis la partie centrale de l'île de Vancouver, là 011 le détroit se rétrécit le plus.
a fait un moment espérer qu'une ligne iranscont.nentale arriverait par ce chemin sur la terre de Vancouver et aboutirait à Victoria la capitale, mais les ingénieurs s'en sont bien gardés, ils n'ont pas osé attaquer la chaîne côtière. Le C. P. R. et le Canadian Northern l'ont tournée en s'ac/:rochant aux rochers du Fraser et le Grand Trunk s'est faufilé ])ar la route qu'avait ouverte la Skeena.
Ile \ ancouver.
Les Espaf^no/s venus du Mexique, la Sea Otier. George Vancouver et IJadega y Cuadra, Alexandre Macken^ie, Victoria, la baie d'Esquimalt. les environs de Victoria, de Vancouver à Victoria, les îles, Nanaïmo, la rade de Barclay et la rade de Quatsino, la grande forêt, les Indiens, leurs Totems, le cap Scott, les îles de la Reine-C/iarlotte
Avant de parler de cette île, découverte par le capitaine Cook au cours de son troisième grand voyage, mais qu'il croyait partie du continent américain, nous devons rappeler en quelques mots les premiers essais de colonisation sur cette côte du Pacifique.
Les premiers Européens qui arrivèrent en Colombie Britannique vinrent par mer et ce furent les Espagnols qui occupaient le Mexique. Ils prirent possession de toute la côte jusqu'au 49* parallèle, en 1775. En 1778, James Cook fait un séjour à Xootka qu'il croit être le continent et La Pérouse y passe en 1786.
La relation du voyage de Cook, publiée après la mort du capitaine, parlait de la Sea Otter, ou loutre de mer, précieuse par sa fourrure. La Compagnie anglaise des Indes, qui avait le monopole du commerce avec la Chine, envoya, en 1785, de Canton, le navire Sea Otter à Xootka où il fit une cargaison de fourrures payée aux Indiens une misère et qui fut revendue 103,000 francs à Canton en 1786.
Le commerce des fourrures à travers le Pacifique s'établit ainsi, amenant la reconnaissance plus complète des côtes.
Les Espagnols traversèrent le détroit de Juan de Fuca, mais prirent le détroit de Géorgie pour un golfe. Les contestations entre l'Angleterre et l'Espagne furent réglées par la convention de Xootka '22 novembre 1790}, à la suite de laquelle George Vancouver, qui avait été l'un des officiers de Cook. et Bodega y Cuadra furent chargés de tracer la limite des deux royaumes.
l.i^ C.wAUA Illustré
Wuuuuvcr anivii à Noolk.i en i /<■)-, avec deux navires : Discovery et ( fiatii»!, e\[)lora toutes les (ôles, découvrit ic dclruil de (ic<)r;,Me cl celui de Discovery. établissant (juc la terre connue jusciuc-là sous le nom de Nootka était une grande île et que rentrée de Dixon était un large détroit faisant suite MX sauvage et étroit passage de Discovery. Cuadra et V^mcouver convinrent de nommer l'île de leur deux noms; celui de Vancouver seul est resté. Ils envoyèrent à Londres et à Madrid un projet de convention, mais quand ce projet parvint en Europe, l'Angleterre et l'Espagne faisaient la guerre à la Répuhli(iue française; l'Espagne, très occupée par ses jiropres colonies, laissa l'Angleterre maîtresse de la Colombie Britannique et de l'île de Vancouver.
Vers la même époque, en 1789, Alexandre Mackenzie, employé de la Compagnie du Nord-Ouest, qui cherchait à se créer un monopole de fourrures entre la Compagnie de la baie d'IIudson et l'océan Pacifique, avait descendu jusqu'à l'océan Glacial le grand fleuve auquel il a donné son nom.
En 1792, Mackenzie remonta la rivière de la Paix, y passa l'hiver avec ses Franco-Canadiens et suivit la piste indienne qui passe au grand coude du Fraser et atteint la passe de Bella-Coola, aboutissant au fond du canal de Burke. Il jalonna cette piste de forts ou centres de traites; la Compagnie du Nord-Ouest envoya d'autres employés qui créèrent des postes sur les pistes indiennes de la Colombie Britannique et notamment sur celle qui aboutit par le fleuve Skeena au point où est Port- Simpson. Ces employés étaient Ecossais ou Franco- Canadiens, ce qui fit que presque tous les noms des localités sont écossais ou français; ils s'appelaient David Thoinson, Howse, Athabasca et autres.
En 1821, la Compagnie de la Baie d'Hudson absorba la Compagnie du Nord-Ouest et, en 1825, le traité de Saint-Pétersbourg détermina les limites entre les possessions russes de l'Alaska et celles de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Depuis le Canal de Portland, qui commence au 54° 40, la frontière anglaise suivit la ligne de partage des eaux de la chaîne côtière jusqu'au 141^ méridien, puis ce méridien jusqu'à l'océan Glacial.
Le traité de juin 1846, signé par l'Angleterre et les Etats-Unis, adopta pour frontière commune le 49* parallèle, limite des possessions espagnoles en 1775. La Compagnie de la Baie d'Hudson, qui s'était emparée de tout le bassin inférieur de la Columbia, fut obligée de rendre aux Etats-Unis douze de ses établissements et transféra son admi-
nistration à i'orl A'iclon.i qu'elle avait élevé en 1843 sur la pointe sud-est de l'Ile de Vancouver. Victoria devint ainsi la capitale de la Colombie Britanniciue.
L'He Vduco/ivcr mesure 457 kilomètres du sud ouest au nord (Jiiest et 128 kilomètres dans sa plus grande largeur; ave<; les îles qui la bordent, elle a 4 millions d'hectares. Victoria, d'abord simple poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson, n'est pas seulement la capitale de la province. Pour compenser la perte des établissements que le traité de 1846 obligeait la Comjîagnie à abandonner au sud de la nouvelle frontière américaine, l'Etat avait étendu le monopole de la Compagnie sur toute l'île de Vancouver, mais il se réserva une rade pour y établir une station navale. Il choisit la baie d'Esquimalt, à 5 kilomètres de Victoria, et y installa plus tard un arsenal maritime, avec un bassin de radoub, casernes, fortifications, etc., le tout dominé par un palais qu'habite le lieutenantgouverneur de la Colombie Britannique. C'est la base navale anglaise du Pacifique.