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CHAPITRE XI

Influence considérable exercée par les RR. PP. oblats à Ottawa et sur les sauvages du pays.— Confiance et reconnaissance touchante pour la Robe - Noire. — Temiskaming. — Abbitibbi. — Le Grand-Lac. — Œuvres nombreuses et florissantes de Mer Guigues. — Missions des chantiers dans le diocèse d'Ottawa. — Rivière-au-Désert. — Sault- Saint-Louis. — Les Iroquois convertis. — Résidence de Québec. — Les Escoumins Bethsiamits.

A Ottawa et dans sa circonscription épiscopale, les PP. oblats exercent l'influence la plus considérable et la plus salutaire. Ils se sont établis en 1844 dans cette ville de création récente, et d’une importance qui grandit chaque jour ; mais, avant cette époque, ils étaient venus prêcher des missions dans le pays. La lettre suivante, du P. Laverlochère, témoigne des fruits abondants qu'il leur avait été déjà donné de recueillir :

«... L'année dernière, je fus chargé de porter la parole du salut aux sauvages de l’Ottawa. Cette année, j'ai encore été appelé à exercer ce redoutable et précieux ministère. J’ai eu pour compagnon le P. Garin, qui, bien que peu familier avec la langue indienne, a beaucoup contribué à alléger le poids de mes fatigues.

« Le 6 mai, après avoir eu le bonheur d'offrir, tous les deux, l’auguste sacrifice, et nous être mis sous la protection de Marie immaculée, nous partimes de Montréal pour aller équiper un canot au lac des Deux-Montagnes.

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Nous avions avec nous sept hommes pour le conduire : quatre Iroquois, deux Algonquins et un Canadien. Cette diversité d’origine faisait de notre léger esquif une petite Babel; on ne s’y entendait pas. Le soir, quand nous avions pris notre modeste repas, et le matin, avant de nous mettre en route, nous nous divisions en trois bandes pour louer, chacun dans notre langue, le Dieu des nations.

« En remontant l’Ottawa, nous apprîmes que plusieurs jeunes Canadiens s'étaient noyés dans cette rivière, qu'ils traversaient sur des radeaux. Grand nombre de chasseurs, à qui nous racontâmes cet accident, en reçurent une impression salutaire, et plusieurs demandèrent à se confesser. Le cours de l’Ottawa était si rapide, que nos sept rameurs eurent une peine incroyable à atteindre le fort des Petites-Allumettes, où nous arrivâmes le 23 mai. C'était le premier poste que je devais évangéliser.

« Je ne sais quel noir pressentiment s’emparait de moi à l'approche de cette station, qui pourtant m'était bien chère. Le bruit avait coura que la mort y avait exercé ses ravages l’hiver dernier; j'en eus bientôt la triste preuve sous les yeux. À peine débarqué, je vis venir à moi une quinzaine de femmes, tenant au bras des enfants encore en bas âge. « Nos maris sont partis! » me dirent-elles toutes ensemble. « Où sont-ils donc allés, mes enfants? » leur demandai-je. « La-haut, je pense, » me répondit l’une d’elles, jetant vers ie ciel un regard plein de larmes. Puis elle ajouta: « Oh! si tu savais, mon père, combien € j'étais triste cet hiver dans le bois, lorsqu'il a été visité « par la mort, mon mari! »

« — Je ne verrai donc plus la Robe-Noire! plaise à « Dieu que je la revoie, pour qu’elle me purifie de mes

« péchés! » C'était ainsi que disait mon mari. »

« Plusieurs autres me répétèrent la même plainte, avec un accent qui me déchirait le cœur. L'année dernière, en quittant ces chers Indiens nous laissions bien quelques malades; mais nous n’aurions jamais pensé que la mort en dût frapper un aussi grand nombre. Trente'et

un, dans la force de l’âge, ont succombé pendant l'hiver.

La plupart avaient adhéré à la société de tempérance, et vivaient fort chrétiennement.

« J'avais déjà tellement pris en affection ce troupeau désolé, que je ne le quittai qu’à regret. Tandis que nos rameurs chargeaient le canot, et que tous mes chers enfants étaient là tristes et silencieux, une femme s’approche de moi d’un air mystérieux et me dit: « Rieivve « minin keko nossa : Je veux te donner quelque chose, « mon père. » En même temps elle me présente une petite cassette de sucre d'érable, en ajoutant: « Quand le sucre « a coulé de l'arbre, j'ai pensé à toi, et j'ai dit : Voilà ce « que je donnerai à notre père la Robe-Noire, lorsqu'il « viendra nous instruire de la sainte prière du Grand- « Esprit. » J'aurais fait une peine extrême à cette bonne femme en refusant son modeste présent ; car c’est de tout son cœur que le sauvage donne.

« À trente lieues du poste, nous rencontrâmes huit familles qui venaient à la mission. Je fus donc obligé, pour dédommager ces braves gens, de m’arrêter deux jours au milieu de leurs tentes : je les confessai tous; et après leur avoir dit la sainte messe, où quelques-uns communièrent, nous nous remîmes en route.

« Quinze lieues plus loin, au passage d’un rapide appelé l'Éveillé, nous attendait une terrible épreuve. Arrivés au pied de cette chute, qui pzut avoir trois milles de longueëur, nous déposâmes à terre la moitié de notre charge pour remonter plus aisément, et je restai là pendant que le P. Garin franchissait le premier ce mauvais pas. Nos hommes, après l'avoir transporté à l’autre extrémité du rapide , devaient venir me prendre à mon tour, et avec moi le reste de nos effets. Trois heures s'étaient déjà écoulées, et je commençais à être inquiet pour nos rameurs, quand tout à coup je les vis venir à travers les bois, mouillés jusqu'aux os et pâles comme la mort. Ils me racontèrent en tremblant encore l’accident qui leur était arrivé. Ils redescendaient vers moi, et le canot, entrainé par le courant et poussé par un vent impétueux, voguait avec la rapidité de l'éclair, quand il heurta contre un tronc d’arbre qui le brisa en deux. Tous les hommes

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tombèrent dans l’eau, et ce ne fut qu’à grand’peire qu'ils gagnèrent le rivage. Deux se seraient infailliblemenut noyés, si les autres, très -hahiles nageurs, ne leur eussent porté secours. Sans prendre un instant de repos, ils retournèrent au fort des Allumettes pour y acheter une nouvelle barque qui fût propre à continuer le périlleux voyage.

« Pour moi, j'éprouvais une peine extrême en songeant à l’anxiété dans laquelle se trouvait le P. Garin. Demeuré seul en haut du rapide, à une lieue au-dessus de nous, sur la rive opposée, sans feu, sans vivres, sans savoir ce que nous étions devenus, et nous croyant tous noyés, 1l dut passer une nuit affreuse. Il avait près de lui tous les bagages, et moi toutes les provisions. Ce fut le lendemain soir seulement qu’il trouva par hasard un morceau de pain que notre cuisinier avait jugé à propos de mettre dans un sac avec nos chaussures. Oh! qu’une séparation de ce geure fait bien sentir ce que vaut un frère et un ami! Le canot qui me transporta au delà du fleuve n'avait pas atteint 1e rivage, que déjà nous étions dans les bras l’un de Pautre.

« Voilà le seul accident remarquable que j'aie à vous signaler, mou révérend père, bien que plus d’une jois encore notre frêle barque ait failli périr et quelques-uns de nos hommes se noyer. Pour les deux missionnaires, ils n’ont couru aucun danger imminent : Marie imimaculée, leur auguste mère, veillait sans cesse sur leurs jours.

« De là nous poursuivimes notre roule vers Temiskaming, où nous arrivâmes heureusement le 11 juin. Nous y étions attendus avec impatience. J’eus la consolation d'apprendre que sur six cent vingt-cinq personnes agrégées, l'année dernière, à la société de tempérance, une seule avait manqué à son engagement. Vingt-cinq autres se sont empressécs, sur notre invitation, d'en faire partie. Cette tendance des sauvages vers la sobriété vous paraîtra d'autant plus admirable, que, depuis l’arrivée des blancs parmi eux, l’ivrognerie a été lenr passion

dominante, la source de leurs malheurs.

« Il existe entre Temiskaming et le Grand-Lac une famille dont chaque membre (le père et ses neuf fils) s'était rendu fameux par des excès de tout genre. C’étuit Ja terreur dela contrée. Tous les ans il en venait quelquesuns au poste durant la mission; mais jamais ils n’avaient songé à sé faire instruire. Deux iours avant notre départ de Temiskaming, j'appris que le père était campé à peu de distance. Je vais le trouver, et, pensant au divin Pasteur, qui recherchait avec tant d’ardeur et de tendresse la brebis égarée, je l’aborde, je l’embrasse, je lui parie de la bonté de Dieu et de sa justice, je lui montre l’image du Sauveur mort sur la croix pour notre amour. Il parut tout étonné de ma démarche, et je crus remarquer, sur cette vieille et hideuse figure, quelque chose de moins repoussant, depuis que je lui parlais de la miséricorde infinie de Dieu pour les coupables repentants. Je le revis le même soir ; et le lendemain il vint encore me trouver, me demanda si je partais déjà, si je ne reviendrais pas l’année prochaine. Toutes ces questions, il me les adressait avec un accent qui attestait le triomphe de la grâce, et me faisait bien augurer de son retour à la vertu,

« Nous quittûmes Temiskaming après seize jours de mission. Plus de deux cents sauvages s'étaient confessés ; un grand nombre avaient participé à la divine eucharistie, quelques-uns pour la première fois; quinze personnes ont reçu le bienfait de la régénération, et parmi elles trois adultes, un homme et deux femmes, dont l’une nous édifia d'autant plus par sa ferveur, que sa conversion s'était fait plus longtemps attendre. Tant qu'a duré la cérémonie de son baptême, elle n’a cessé de verser des larmes qui montraient la vivacité de sa foi et de son repentir. Je la vis ensuîte ; elle pleurait encore, mais c'était de joie. «Que j'étais malheureuse, mon père, me dit-elle, « avant que le Grand-Esprit m’eût prise en pitié! De- « puis le jour où la Robe - Noire me prévint qu’à moins « d’un changement de vie je ne pourrais être comptée au « nombre des chrétiens, je n’ai pas eu un moïnent de « repos. Souvent, pendant que je dormais, il me sem- & blait que j'étais précipitée dans le goufïre (l'enfer).

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Alors je m'éveillais tout effrayée, et je promettais au Grand-Esprit de faire tout ce que m'avait conseillé la Robe-Noire; mais toujours j'étais vaincue par le matchi-manitou (le démon). La vue des saintes graines de la prière (le chapelet, et surtout la sainte figure de Marie, la médaille) que mes enfants portaient à leur cou, faisaient sur moi une vive impression. Depuis l’année dernière, j'habite avec mon fils ; tous, les jours nous comptions ensemble les saintes graines de la prière; cela me faisait du bien, et je sentais de plus en plus augmenter en moi le désir du baptême. Que l’année me parut longue! Plût à Dieu qu’elle vint vite, la Robe-Noire, me disais-je, elle m’obtiendrait miséricorde! C'était la pensée de tous mes jours pendant ce trisie hiver. Voici une lettre de mon fils ; il l’a écrite pour toi avant de partir pour Kithi-Kami (ta baie d'Hudson). »

« J'ouvris aussitôt cette lettre, et je lus ce qui suit: A toi mes saiuts ei mes pensées, mon père la Robe- Noire. J'emporte un grand regret de Temiskaming, car tu vas y venir, et je ne te verrai pas, je ne pourrai pas aller t’ouvrir mon âme pour que tu la punifies. Que je suis malheureux! Pense à moi, prends pitié de ma mère ; elle a un si grand désir d’être baptisée, qu’elle vit déjà comme si elle était chrétienne. »

« Lorsque j’eus parcouru cette lettre, je demandai à

ma néophyte pourquoi elle ne me l'avait pas montrée plus tôt. « Je vais te le dire, reprit-elle. Quand mon fils

t’écrivait, il était désolé en songeant qu’il ne verrait point la Robe-Noire ; et moi je me disais : Je suis bien plus malheureuse; il est baptisé, mon fils! Je ne pensais pas à autre chose. Mais le bonheur rend la mémoire., Si tu rencontres mon fils à Abbitibbi, annoncelui bien que sa mère était chrétienne quand elle t’a remis sa lettre. » |

« De Temiskaming à Abbitibbi le trajet se fit en neuf

jours. Nous trouvâmes peu de sauvages à ce poste ; la plupart des chasseurs étaient partis pour Moose, et les femmes étaient allées tendre des lilets à une certaine

distance, pour avoir de quoi se nourrir durant la mission.

« La chrétienté d’Abbitibbi est encore peu nombreuse, mais il serait difficile d’en trouver une plus fervente. À toutes les heures de la nuit j’entendais ces pieux néophytes prier, chanter ou réciter ensemble le chapelet.

« La privation de chapelle a été jusqu’à présent un obstacle à l’ins‘ructirr des Abbitibbites. Obligés de leur faire le catéchis::? ::: plein air, nous étions forcés par l’inconstance du +: . presque à chaque fois, de nous retirer dans nos cüvanes : 'ssitôt l'exercice commencé ; mais grâce à la générosité de l'honorable sir George Simpson, gouverneur de la compagnie de la baie d’Hudson , on a déjà préparé le bois pour construire une église de trente pieds sur vingt-cinq, qui pourra, je l'espère, au printemps prochain, offrir un abri à la plus grande partie de la population.

« Cent cinquante personnes ont constamment assisté aux exercices de la mission ; leur manière de se confesser est assez curieuse pour que je vous en dise un mot. En faisant la revue de leur conscience, ils gravent des caractères symboliques sur un morceau d’écorce : un homme la tête en bas, par exemple, leur rapprlle qu’ils se sont enivrés.

« Nous avons baptisé dix-neuf enfants et six adultes. L'un de ces derniers mérite surtout d’être cité : c’est un jeune chasseur d’un caractère violent et sanguinaire. Il n’y a pas encore deux ans qu’il tua sa nièce d’un coup de fusil. Depuis le jour du meurtre, ce malheureux n’a goûté de repos ni jour ni nuit, selon son propre aveu. « Ilme semble toujours avoir ma nièce devant mes yeux, « ne disait-il, me reprochant de l'avoir tuée avant « qu’elle eût reçu le baptême. » Il était l’année dernière brillant de jeunesse et de santé ; maintenant une maladie intérieure le consume. Je n’ai jamais vu pénitent plus contrit de son crime, et j'ai cru trouver un motif d’indulgence à son égard dans son état débile et la vivacité de son repentir. ;

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« Nos adieux. d’Abbitibbi eurent quelque chose de si touchant, que des agents protestants de la compagnie, venus récemment de Moose, en furent frappés. Figurezvous, mon révérend père, plus de trois cents sauvages, la plupart infidèles, agenouillés au bord du lac, et le missionnaire debout dans son canot, levant au ciel ses mains habituées à bénir et ses yeux pleins de larmes, priant le Père des miséricordes de daigner jeter un œil de compassion sur cette portion de son héritage! «Non, « me disait un protestant témoin de ce spectacle, nou, « je n'avais encore rien vu de si attendrissant! — Ce « n’était pourtant pas mon éloquence, lui répondis-je, « qui captivait cette foule d’'Indiens, puisque, comme « vous le savez, je puis à peine les comprendre; c'étai « la divine influence de la religion que je me suis efforr « de leur faire connaître; c'était la présence de Cr‘ « qui a dit : « Qui vous écoute m’écoute. »

« Dans chacun des postes où nous avons donné les exercices de la mission, nous avons reçu des déléguc. ü 3 la compagnie l'accueil le plus bienveillant. Le commandant d’Abbilibbi, quoique protestant, a eu pour nous autant d’égards que le plus fervent catholique. Un trait vous prouvera son admirable franchise, en même temps qu’il vous fera connaître à quel point nos confrères égarés se méprennent sur les vrais motifs qui dirigent le clergé. Il me demanda un jour quel profit nous retirions d’un voyage qui devait nous être si pénible. Je lui répondis que cette peine était pour nous un vrai bonheur, que nous l’avions sollicitée avec instance, et que nous croirions déshonorer la religion catholique et nous-mêmes si nous réclamions autre chose que la nourriture et le vêtement. Il ne put en revenir, et, dans son étonnement, s’adres-

sant à quelques jeunes gens indociles, il leur dit en ma présence : « Vous êtes des misérables de ne pas écouter « la Robe-Noire, qui ne vient ici que pour vous faire du « bien. Nous autres, si nous nous exilons dans vos dé- « serts, c’est pour gagner de l'argent, mais lui, il n’en « retire pas un sou. »

«D’Abbitibbi au Grand-Lac, nous voyageimes en com-

pagnie de plusieurs sauvages qui conduisaient des canots chargés de marchandises, Ce fut une occasion pour nous d'exercer notre ministère le long de la route. Après avoir ramé toute la journée, ces bons Indiens ne trouvaient point d£ meilleur délassement que de venir se confesser et entendre la parole de Dieu.

€ Un soir, tandis que nous étions occupés à dresser notre tente, arrivèrent près de nous plusieurs néophytes qui avaient suivi les exercices de la mission à Terniskaming. Je leur demandai où ils allaient. « Nous venons te « voir, me répondirent-ils. Enfants des forêts, nous nous « sommes dit : Il passera bientôt, notre bon père la « Robe-Noire ; allons au-devant de lui pour camper près « de sa tente. » Ces braves gens avaient déjà fait cinq journées de marche; ils nous accompagnèrent encore pendant deux jours ; puis, forcés de rentrer enfin dans leurs familles, ils nous demandèrent un peu d’eau bénite et s’en retournèrent contents.

& Arrivés au Grand-Lac, nous fûmes agréablement surpris de voir les chefs des trois petites tribus qui fréquentent ce poste, c’est-à-dire le chef du lieu, celui de Kamikwanakag et celui de Michikanabikong, réunis dans un même camp : je savais qu’autrefois l’esprit de jalousie les tenait séparés. Otichkwagami, chef de Michikanabikong, vint au-devant de moi, suivi des deux autres et d’une soixantaine de personnes; il tenait à la main la lettre que M‘' l’évêque de Montréa! lui avait fait parvenir l’hiver dernier, et, me la présentant, il me dit: « Tues « salué par nous, mon père. L’été dernier, lorsque notre « ancien père (M. Moreau) passa au Grand-Lac, il était « malade, et ne pouvait ni nous confesser ni nous in- « struire, ce qui nous affligea beaucoup, car nous étions « ici plusieurs qui voulions nous purifier de nos péchés. « Grande a donc eté notre joie, lorsque l'hiver dernier « nous avons reçu une lettre du gardien de la prière, il « nous disait : « Vous serez visités par les Pobes-Noires «€ au printemps prochain. C’est ce que moi, gardien de « la prière à Montréal , fais savoir à Otichkwagami, chef « de Michikanabikong, pour qu'il en avertisse tous ses

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