DONALD CURRIE & COS COLONIAL MAII LINE OF STEAMERS
BILL OF FARE — BREAKFAST March 14, 1885 PORRIDGE Rump Steak and Onions IRISH STEW Mutton chops DRY HASH
Hashed Poultry Lockfine ÆHerrings TWICE LAID Sausage cakes Devilled Bones Currie and Rice Potato Chips Tea, Coffee and Cocao
H. M.R. M. S. GRANTULLY CASTLE BiLL OF FARE — DINNER
March 14, 1885
SOUPS Giblet
FISH AND ENTRÉES F'orced Cucumbers Sheep's Head and Brain Sauce Bœuf aux Olives
‘* JOINTS Roast-Beef and Yorkshire Pudding Boiled Mutton and Caper Sauce Roast Pork and Apple Sauce Roast Mutton Braized Salt Pork Ox Tongue
| Il POULTRY
| Roast and Boiled F'owls French Beans Roast and Boiled Turnips Potatoes
| | | | (l | | | | | SWEETS | Gooseberry FK'ool | Stewed Prunes and Rice Loi Bread and Butter Puddings l'U Jam Tartlets D. 1 | DESSERT | Water Melons | | Apples | Dates | Almond Nuts | Tea and Cofïfee |!
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Le dimanche 15 mars, j’eus la joie de célébrer 4 la sainte messe pour les catholiques de l’équipage 4 | et des passagers. Dans l’après-dinée nous pas- “4 | sâmes le cap Agullas, la pointe extrême de l’Afrique, ù situéc par 34°53’ de latitude sud. Il faisait froid à Û cette latitude. Ceci me rappela que la température | baisse plus rapidement, toutes conditions égales, | |
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DU TRANSVAAL EN ANGLETERRE 51 dans l'hémisphère austral que dans l’hémisphère boréal, remarque qui fit faire à un gros banquier la réflexion « qu’on ne découvrira jamais le pôle sud ». Je crois que sa remarque est juste.
Le lendemain, nous dépassâmes la Fausse-Baie où se trouve un arsenal maritime de l’Angleterre, et nous doublâmes le vrai cap de Bonne-Espérance, par 34°23'5" de latitude. Remontant de ce point à peu près en droite ligne vers le nord, nous avons la satisfaction de ne plus devoir constamment pousser l’aiguille de notre montre, l'heure restant stationnaire.
À notre droite s’alignent ces formidables blocs de granit tout dorés de géraniums, ces pics singuliers qui semblent garder ces mers du sud et que les premiers navigateurs dans leur esprit chrétien ont appelés du beau nom des « douze Apôtres ».
.. À l'aube du 16 mars 1885, nous dépassons Robin-Island, lazaret des quarante-huit lépreux
% des colonies du sud, et nous venons mouiller dans
à la magnifique Baie de la Table, au pied de la ville du er î Cap.
ge ; L La ville est par 33°55’ sud, tandis que le vrai Cap as- k de Bonne-Espérance est au 34° 23'5' de latitude. €; j 1 Table Bay, Table Mountain, Table Cloth: voilà da OP trois noms graphiques dont les premiers colons re OZ hollandais furent les inventeurs.
es, | Quand le Grantully-Castle pénétra dans le
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havre du Cap, nous vîimes resplendir dans les feux du soleil levant, les cimes étrangement unies et horizontales de l’hémicycle des montagnes, sur la pente desquelles la ville est bâtie.
Du sommet plat comme une table de ces monts élevés, descendait en forme de vaste toile une nappe de vapeur, qui s’étirait lentement par-dessus la ville et jusque sur la mer. De loin ce brillant phénomène nous voilait la cité. Quand notre vaisseau se glissa sous le. nuage, nous nous trouvâmes dans un demi-jour qui revêtait le port, la cité et les monts de teintes d’une douceur que nul pinceau ne saurait rendre.
C’est ce spectacle journalier qui suggéra aux premiers colons les trois noms de Tafel Berg,
Tafel Laken et Tafel Baai. Naturellement, ces
noms mêmes ravivèrent en nous le souvenir des conquérants bataves ; mais, pour achever l’iliusion # et donner à tout ce spectacle une teinte vraiment néerlandaise, des centaines d’ « afrikaanecrs » se dessinèrent bientôt sur les bords. Ils étaient Re occupés à pêcher, à étendre leurs filets ou à sécher À les énormes « kaapsnôeks », poisson qui nous rappela au vif le cabillaud national et le stokvisch de Hollande.
En entrant dans la riante ville, si pittoresquement étagée sur ces montagnes roses, nous entendîimes des Anglais. Le Cap est une colo-
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nie anglaise depuis 1806. Découvert par Vasco de Gama, puis abandonné par le Portugal, le Cap fut occupé par la Hollande, et ensuite, avec la Hollande par la République française. En 1795, le stathouder s'étant réfugié d'Amsterdam à Londres, l'Angleterre, s'était chargée de la défense du Cap contre les surprises des croiseurs français, et, en 1806, elle se paya de ses peines par l’annexion de toute la colonie.
De ce chef, Albion octroya, en 1815, quelques millions et quelques canons à la Hollande, et c’est avec cette indemnité que furent élevées ces fortifications de nos villes frontières qui, rasées de nos jours, firent place à nos boulevards modernes.
Quand nous en vinmes à considérer de plus près les enseignes des maisons, nous remarquâmes les noms les plus singulièrement mêlés, tels que du Plessis, du Toit, de Villiers, Schültz, Schüite, Schnor, Pottgeisser, Petersen, Carllsen, Martinelli, Maggiorotti, Colona, etc., etc. Les noms hollandais et flamands abondaient naturellement. Il y a des van Rossum, des van Roermonde, van Renselaer ; des Vermaeck, des Engelbrecht, des De Greef.
Laissons de côté ces Zoulous et ces Cafres, la plupart prisonniers de guerre, travaillant au port ; et ces autres noirs aux proportions classiques, aux traits adoucis, ces « Coulis » amenés des Indes. Passons aussi ces Malais au teint ocré et qui met-
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tent leur richesse dans la surcharge de leurs vêtements. Toutes les nations de l’orient se trouvent représentées au Cap.
Quelques lecteurs, j’en suis sûr, me pardonneront ici une digression. La question de la colonisation d’une part, et le mouvement antiesclavagiste de l’autre, sont d’une actualité telle, que je ne crois pas devoir quitter l'Afrique sans m'arrêter quelque peu à l’histoire des Boërs. Les Boërs sont passés maîtres en fait de colonisation, et ils ont pratiquement résolu le problème de l’abolition de l'esclavage. Leur exemple est bon à suivre.
Examinons d’abord d’où viennent ces noms européens cités plus haut.
Il y a environ deux cents ans que les Hollandais établirent une station navale au Cap de Bonne- Espérance, pour y ravitailler leurs vaisseaux sur la route des Indes. Bientôt les soldats hollandais se mêlèrent aux indigènes de la côte, les Hottentots et les Bushmens ; et c’est de ces tristes écarts que procède cette race mêlée, répandue maintenant sur toutes les colonies, race remuante et délétère, connue sous le nom odieux de,Bastards. Le gouvernement de la mère-patrie, suivant les idées du temps, ouvrit alors ses prisons, et envoya deux cents femmes à la nouvelle colonie.
Tels furent les humbles commencements de la vie de famille au Cap de Bonne-Espérance. Bientôt
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toutefois, des familles honnêtes commencèrent à prendre la route de l'Afrique, et l’émigration prit un cours régulier, Des Allemands, des Danois, des Flamands qui, après les guerres du dix-septième siècle, étaient restés dans les Pays-Bas, les suivirent. Finalement, à la révocation de l’édit de Nantes, beaucoup de familles de huguenots français et italiens allèrent chercher un refuge auprès de leurs coreligionnaires du Cap.
Le mélange de tous ces éléments hétérogènes à l'extrémité de l'Afrique explique la rencontre de tant de noms nationaux divers, tels que : Oranje, Vaal, Transvaal ; Normandy, La Rochelle, Pontac; Hoch, Heidelberg, Tulbach; Constancia, Saldanha et autres. Nul n’oublia son lieu natal. Ainsi, le Congo sera un jour le calque de la carte de la Belgique, comme l'Algérie l’est de la France.
Toutes ces races distinctes se fondirent à la longue pour ne plus former qu’une seule nation, les Poërs ou Afrikaanders. La langue hollandaise du dix-septième siècle survécut seule, en subissant toutefois l’influenre ordinaire des langues classiques sur les idiomes <szons. Ainsi, comme pour la langue anglaise au temps du conquérant, le contact de l’idiome français enleva au dialecte hollandais du Cap les flexions des noms et des verbes, en réduisant déclinaisons et conjugaisons à la simplicité des langues bantu.
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On dit en boër vulgaire : « ek praat, jei praat, hij praat, ons praat, welle praat, elle praat; iën hond, twië hond, iën mens, twië mens. » Je parle, nous parle; un chien, deux chien.
Naturellement, comme en tout pays, les lettrés parlent une langue un peu plus flexionnelle.
La religion commune était le calvinisme. Les mœurs, les coutumes et les usages furent et restèrent ceux de la Hollande dans leur cRprenton la plus patriarcale.
Seul le type, résultant de tant de types divers, résista à Fassimilation hollandaise; le type primitif des Germains reparut dans sa pureté. Généralement les Boërs sont de haute stature, leurs cheveux sont bruns foncés ou roux, leur teint est clair et fleuri comme celui des Allemands de la Baltique, et cela malgré le soleil du sud.
Chaque nation, entre temps, implanta dans la nouvelle patrie sa culture propre. Les Italiens et les Français plantèrent les champs de maïs et les vignobles de Wynberg, Champagne et Constancia ; les Hollandais se livrérent à l’élève du bétail ; les Allemands firent fleurir l’agriculture. Zwellendam, Uitenhagen, Stellenbosch, de Paarl rivalisent de beauté avec nos belles Flandres,
Le Cap relevait, comme le Congo maintenant, de la mère-patrie; il avait son administration propre et son gouvernement, exercé à peu près
DU TRANSVAAL EN ANGLETERRE 57 sans contrôle, par la Compagnie des Indes (Oost Indiesche Company), et à son profit presque exclusif.
Ce gouvernement local dégénéra bientôt en une véritable tyrannie : le népotisme, la coterie et le monopole y rendirent l’existence impossible à la masse des colons; le plus clair des profits était absorbé par les agents de la Compagnie.
Alors commença ce mouvement continu d’émigration, connu parmi les Boërs sous le nom de « trek ». Les Boërs étaient arrivés au Cap pour y chercher leur fortune, et non pour faire la fortune de l'administration locale. Ils prétendaient rester libres, et se voyaient réduits en servage par la Compagnie.
« Elle fang dan aan trek » : ils se mirent à émigrer.
Cinq, six familles s’entendaient, réalisaient tant bien que mal leur petit avoir, achetaient chariots et bœufs de trait « trek-os en wààn », et allaient de concert, par delà les « Bakens » ou pierres limites de la Compagnie, dispuser aux indigènes quelque vallon facile à défendre et pourvu d’eau, d’herbe et de bois, ces trois éléments indispensables de la fortune sud-africaine. Le gibier, grand et petit, abondaïit alorr partout, ainsi que toutes les bêtes féroces.
Soit dit en passant, le chariot austral était natu-
EME A dé a 26 dde a Er 0 qu cutt éd au AE AE PT I PT PER LE
rellement ce véhicule solide et imperfectible dans ses avantages que nos pères avaient vu rouler sur les grand routes, reliant la métropole commerciale | d'Anvers aux villes hanséatiques de l'Allemagne. | Ce chariot, vraie maison ambulante, est encore le grand moyen de transport du sud. Il est traîné par douze, seize, même dix-huit bœufs, et invariablement vert avec roues peintes en rouge, symbole de l'espérance et de la liberté. J’ai habité une année et demie dans ces wagons.
Quelque dix ou vingt ans se passaient ainsi dans une paix chèrement achetée. Les familles s’étaient développées et multipliées. Le Boër était, et est | toujours resté d’une moralité sévère. Point de con-
| tact avec les « schepsels », c’est-à-dire avec les
| indigènes. Dans un pays vierge et riche de tous
les dons de la nature, les bras font la fortune.
| Toutes ces vigoureuses familles comptaient donc
| dix, quinze enfants, comme encore maintenant. Le 5
| fils travaillait dix ou douze ans pour son père, au n ! prix d’un cheval, d’un wagon et de ses douze ë
cs
bœufs. La fille mêmement pour ses ustensiles de ménage, ses vaches, ses moutons et ses chèvres, A l’âge nubile, de nouveaux couples se formaient, et allaient à vingt ou trente lieues de la ferme paternelle conquérir, sur les schepsels, les quatre bakens d’un nouvel héritage.
Aïnsi, en vingt ou trente ans, un groupe de
familles émigrées constituait au delà des frontières de l’ « Oost Indiesche Company » un vrai clan, occupant une province entière. De cette manière furent fondés le Breda’s dorp, le Riebecks land et nombre d’autres cantons et provinces.
Ces centres nouveaux s’enrichissaient de bétail, de céréales, de vin, d'ivoire, de pelleteries et autres objets de commerce. Le débouché unique était le Cap... et la fortune des émigrés se trouvait trahie. Bientôton vit arriver dans l’heureux Breda’s dorp ou chez les van Riebeck une escouade d'agents de la Compagnie. Les vexations recommencçaient d’une part, le mécontentement grandissait de l’autre, et un beau jour toute la jeune colonie, laissant quelques patriarches en arrière, reprenait le «trek » pour s’enfoncer plus avant dans l’orient « in die Oostland. »
Il serait difficile de se faire une idée de la rapidité avec laquelle les Boërs couvrirent ainsi toute l'immense région qui s’étend entre le Cap de Bonne- Espérance au sud, le fleuve Orange au nord et la
Cafrerie à l’est. Chaque ferme solidement bâtie
valait un fort, et chaque fort commandait une zone de sécurité de vingt lieues de diamètre (zes uur te perd — six heures à cheval). Encore de nos jours les Sud-Africains «maak die land skoon », nettoient ainsi les contrées nouvelles. Chaque famille de blancs ne tolérant sur son territoire que six ou
huit familles indigènes, il se fait naturellement que la masse des nations noires se trouve coupée, divi- L. sée, refoulée graduellement et irrésistiblement. C'est le fameux « divide et impera ». Quand ce coin de la famille blanche a pénétré dans une nation inférieure, la cohésion de cette nation est entamée, ses usages sont ébranlés, la civilisation y a trouvé sa route.
Disons, avant de passer à un autre article, que les migrations des Boërs ne finirent pas avec le monopole de la « Compagnie des Indes ».
Sous l’occupation anglaise en 1795 et 1806, ces migrations s’accentuèrent davantage encore. Ne voulant pas subir la domination britannique, les | là Boërs émigrèrent en masse, et fondèrent la colonie | de l’est autour d'Uitenhage. Suivis de près par | 1 les Anglais, ils conquirent le pays de Natal, et 4 lorsque l'Angleterre eut réduit cette côte en « terre de la Couronne » (Crown land), les Afrikaanders passèrent résolument les Drakenbergs, chassant les Zoulous Matabélés devant eux, et nettoyèrent l’Oranje Vrijstaat, puis le Transvaal. Au pays des Matabélés vivaient encore en 1880 quelques vieillards Zoulous qui me racontaient les épisodes de l'invasion des Boërs, entre autres Kich, l'oncle du roi actuel, et le vieux Mouphi qui fréquentait assidüment notre chapelle. J’ai eu l'honneur, en 1884, sur le Modder Rivier, de serrer encore la
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main du vieux pionnier Wouter Badenhorst, de descendance hanovrienne, qui le premier franchit le Vaal à l'endroit où est maintenant Christiana, et s'établit audacieusement tout seul avec les siens, dans ce pays du Transvaal alors occupé par les féroces Zoulous de Matchobàan et d'Oum Sélikatsi. Le légendaire Piet Jacobs est un autre type que je rencontrai en 1879 aux « Champs d’or de Tati». Piet Jacobs, déhanché par « die léouw », tua jusqu’à onze lions en une matinée dans ce Transvaal actuellement purgé de bêtes féroces. On voit que le fameux Gérard tueur de lions, a eu ses précurseurs.
Les derniers «treks » des Boërs sont récents. En 1877, à la suite d’un plébiscite provoqué au Transvaal par une vingtaine de mécontents, l’Angleterre ayant étendu son sceptre sur ce beau pays, trois cents familles transvaaliennes réalisèrent leur avoir et tentèrent d'opérer leur exode vers l’ouest,
à travers le terrible « Dorstland », le désert du
Kalahari. Presque toutes périrent de soif et de misère. Mais les soixante familles qui parvinrent à le franchir, fondèrent un : uveau boërland actuellement déjà prospère, au sud des possessions portugaises, non loin de l'Atlantique.
Depuis ce temps, les Transvaaliens, après avoir recouvré leur liberté, ont occupé une partie du Zoulouland à l’est, et la majeure partie du territoire
des Bétchouanas à l’ouest. Et ils ne sont pas au bout de leurs aspirations. Déjà depuis des années ils convoitent le Machounaland qu’envahissent en ce moment les Anglais, et des familles de Boërs chasseurs sillonnent tout le pays des Matabélés, jusqu’au Zambèze.
Il est littéralement exact de dire qu’en deux siècles une poignée de Boërs implantés au Cap, ont de fait, occupé et subjugué presque toute l'Afrique australe, et que l'Angleterre, le Portugal et l’Allemagne n’ont eu qu’à bénéficier de l’âpre labeur de ces rudes pionniers.
Voyons maintenant la vie des Boërs, et leur manière de traiter avec les indigènes. A cet effet, nous étudierons le vrai Boër, ie Boër des régions nouvelles.
Les fermes des Boërs.
L’Afrikaander est cultivateur et pasteur ; il est par-dessus tout chasseur, et conséquemment nomade et pionnier. Nous avons pu remarquer qu’il n’emploie pas le mot conquérir : il affecte l'expression « skoonmaak », c’est-à-dire débarrasser etnettoyer. Voyons-le àl’œuvre,par exemple dans le Bétchouana land, récemment occupé et appelé un moment Rooi land, à cause de la couleur du sol, et Stella land. J'ai connu plusieurs des pionniers qui enva-
hirent cet immense territoire indigène. Soit donc un Boër qui a fait partie de la petite troupe d’invasion ou d'occupation. Il est entendu que le « Nieuwland », considéré désormais comme terre trouvée, appartiendra au premier occupant. Notre pionnier prendra deux de ses « maats » ou compagnons d'armes, et se rendra auprès du chef de l’expédition. Le dialogue s’engage à peu près dans les termes suivants : « Dag kaptein! ons es kom keik waar es for ons die plaats : ons hè mes baklei. » Cela signifie : « Capitaine, nous vous saluons. Nous sommes venus voir où nous pouvons choisir notre « place »; car nous avons pris part à la campagne. » Le mot « plaats » signifie ferme d’occupation. Au Canada on dirait « home stead ».
Le Boër a combattu : son droit est acquis ; le capitaine répond : « Jei loop kijk daar so, en fat jei se plaats daar so ». Allez voir, cherchez et choisissez une ferme.
Les trois compagnons s’en vont alors et fixent leur choix sur quelque terrain où il y aitune fontaine ou un coude de rivière gardant de l’eau toute l’année. L’eau marquera le centre de la ferme. Ils remontent à cheval après cela et chevauchent au trot allongé, trente minutes vers le nord, trente minutes vers le sud, trente à l’est et trente à l’ouest. Aux quatre points terminaux ils placent, en guise de limites, quatre grosses pierres. Ce se-
RER A Lun