‹ Le Canada [microforme]Chapitre 68 sur 116 · CE SPÉCIAL · texte numérisé non relu

CE SPÉCIAL

Valeur.

ss, | Francs.

Production. — Commerce.

Bois servant à la construction, à la menuiserie, à l’ébénisterie, au charronnage; bois odorants, bois pharmaceutiques (1).

Douane : Bois ouvré, non désigné spécialement, 20 p. c. ad valorem

art. 362 du tarif); bardeaux, 20 p. c. ad valorem (art. 363); placages de bois, non désignés spécialement, dont l'épaisseur n’excède pas 1/16 de pouce (23"m8121), 5 p. c. ad valorem (art. 367) ; placages dont l'épaisseur n’excède pas 1/16 de pouce (23"m8121), faits de bois indigènes du Canada, 10 p. c. ad valorem (art. 368); pâte de bois, 25 p. c. ad valorem (art. 369); moulures de bois simples, c’est-à-dire sans ornementation, 20 p. c. ad valorem (art. 372). — Sont admis en franchise : Troncs et bois rond non ouvré, sauf mention particulière au tarif art, 734), bois à brûler, faisceaux de manches, de bois pour fonds de tonneaux, de douves, de bardeaux, perches à houblon, poteaux de clôtures, billes de chemin de fer, bois vour construction. de navires, i‘on désignés spécialement (art. 735); bois découpé ou scié et bois employé comme espars ou pour construire des quais (art. 736); bois équarri lat, 737); bois créosoté (art. 738); j:lanches sciées, madriers et autres bois, non rabotés ou rabotés sur une seule face (art. 739); planches de revêtement en pin (art.740); planches de revêtement en épinette (art.741); moyeux de roues, poteaux ou montants divers, blocs pour formes de cordonniers, blocs pour charrons, bois pour avirons, crosses de fusil, traversins et tous autres blocs ou pièces découpés grossièrement ou sciés seulement (art. 742); lattes ‘art. 743); piquets et planches à palissades art. 744); douves en bois de tout genre, bois non ouvré (ii. 745); bois ét planches d’amaranthe, cocoboral, buis, cerisier, châtaignier, nuyer, gumwood (?), mahoni, pitch-pine, rosewood (3), sandalwood (4), sycomore, cèdre d’Espagne, chêne, hickory, bois blanc, teck d'Afrique, ébène,

(Supra, p. 107.

*) Espèce d’evcalyptus.

(} Amarys balsamifera.

() Jacaranda Brasiliana.

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lignum vitæ (1), cèdre rouge, redwood (?}, satinwood et frêne blanc, non ouvrés au delà d’avoir été sciés grossièrement, ou fendus ou créosotés, vulcanisés ou soumis à tout autre procédé de conservation; les bois d persimon {#), de dogwood (4) ou de hickory, sciés et ébauchés comme rayons de roues, mais non point ouvrés Gavantage; les rayons en hickory grossièrement tournés, mais sans tenon de moyeu, non taillés d’onglet, # à collet, ni façonnés, ni réduits à dimension, ni coupés à longueur, sans tenon rond de jante ni polissage (art. 749); jantes de roues en bois de hickory, grossièrement façonnés à la scie ou ainsi façonnés et recourbés, non rabotés, polis ou autrement ouvrés, et manches de pelles en D (art. 759); Sciure des bois suivants : amaranthe, cocoboral, buis, reri. sier, châtaignier, gumwood, acajou, pitch-pine, rosewood, sandalwood, sycomore, cèdre d’Espagne, chêne, hickory, bois blanc, bois de teck, ébène, lignum vitæ, cèdre rouge, redwood, satinwood, frêne blanc, persimon et dogwood (art. 771).

Quand les premiers explorateurs français pénétrèrent dans la vallée du Saint-iaurent et en La Cadie (ensuite Acadie, aujourd’hui Nouvelle-Écosse), le pays entier était ombragé de forêts. Elles s’éteadaient vers le-sud sur le territoire actuel des États-Unis; au nord, leur masse sombre ne commenvait à s’éclaircir que dans la péninsule du Labrador et à proximité de la mer de Hudson, par delà les régions laurentines et lacustres De mémoire d'homme, les plateaux du centre sont déboisés, sauf aux endroits arrosés par des cours d’eau ou accidenies par des collines. Ces plateaux sont limitrophes d’une zone septentrionale qu’embrasse le système fluvial de l'océan Arctique, une moitié en esl plutôt aride, tandis que dans l’autre, la végétation arborescente est assez dense. Enfin, parmi les montagnes Rocheuses et jusque dans les îles et les nombreux ilots

1) Guaiacum.

Sanderswood, Pterocarpus santalinus.

() Persimon, arbre portant fruits dits « larmes de Job ».

(t) Dogwood tropical, Piscidia erythrina; dogwood américain, Corn ftorida.

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échelonnés sur la côte de la Colombie britannique, des arbres à feuilles caduques et des conifères, dont les épaisses forêts sont encore peu entamées par l'incendie et la hache du bûcheron, dressent presque partout leurs cimes majestueuses.

Durant le régime français, les immenses ressources forestières du Canada n'avaient pas manqué d’éveiller l'attention, notamment au point de vue de la fourniture delamâture des navires de guerreetdesautres matériaux de construction pour les chantiers maritimes. C’est ainsi que le chêne était l’objet de certaines mesures de protection. Mais après le traité de Paris (1763), les Anglais, devenus maîtres du pays, commencèrent par négliger son commerce des bois, leur marine marchande étant seuic intéressée dans les transports s’effectuant de la Baltique. Aussi, l’exploitation ne reprit-elle une certaine activité au Canada qu’à l’époque des guerres du rrenier Empire et du blocus continental. Les expéditions dans le nord de l’Europe étant devenues aléatoires par suite de ces événements, la Grande-Bretagne dut rechercher des bois dans ses colonies de l'Amérique du Nord ; de cette source elle ne recevait, en 1800, que 2,600 tonnes, quantité qui fut portée à 125,300 tonnes en 1810, et à 308,000 tonnes en 1820. Dès lors, ces relations continuèrent à se développer jusqu’à nos jours, savoir :

1850, , , 1,052,817 tonnes. 1881. 1,301,301 tonnes. 1859 . , ]1,248,069 id. 1891. 1,051,091 id.

1872, SUP ONTAE A6;

Avant d'aborder l'examen des statistiques récentes et des autres éléments d’information sur le commerce des bois au Canada, il convient de continuer la des-

cription sommaire des ressources encore disponibles, comme des circonstances entourant leur exploitation. Nos remarques doivent s'appliquer particulièrement à la partie or entale du pays qui, dans le passé, a fourni exclusivement les cargaisons destinées au marché européen.

Dans cette région de forêts, une guerre séculaire est faite aux arbres, contre lesquels la lutte, par le fer et par le feu, se poursuit sans trêve ni merci.

Après s'être approvisionnés de bois pour la construction et le chautfage, les premiers colons s’empressèrent de tout niveler aux approches des habitations, afin d'en faciliter la défense contre des indigènes hostiles, les Iroquois. Puis s’est présentée la nécessité d'étendre les éclaircies, de pousser plus avant les travaux de défrichement, pour faire place aux cultures agricoles. Qu'il fût sédentaire ou coureur des bois, le Canadien a toujours eu la hache à la main. Aussi, use-t-il de cet instrument avec une dextérité qui souvent s’applique à des œuvres inutiles de destruction. L'arbre, c'es l'ennemi! Il faut le voir attaquer par ce bücheron terrible; les coups se succèdent avec une rapidité étourdissante, l’acier luit, retombant toujours sur une même plaie qui grandit à vue d’œil : la première section est faite, puis la seconde : le tronc frémit, s'incline. un dernier déchirement et, selon un vocable usuel de son bourreau, l’arbre n’est plus qu’un « corps mort), tombé à la place même où l’on pourra le dépecer avec la plus grande facilité. |

Mais si meurtrière que soit la hache pour les arbres du Canada, elle est loin d’y avoir accompli des ravages

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comparables à ceux de l'incendie, allumé par l’imprévoyance du passant, l'étincelle de la locomotive, ou limpatience du défricheur. Balayée par le vent, la flamme se promène sur le sol qu’elle stérilise; semblable à un serpent, elle enlace les troncs, bondit de branche en branche, flétrit les cimes, répandant au loin des germes nouveaux de dévastation. Sur son passage, la forêt verdissante est convertie en un sinistre cimetière, üne terre d’un noir de deuil, où se dressent comme des potences les arbres carbonisés, dépouillés de leur ramure, décharnés.

Telle est la marche de la civilisation dans les pays nouveaux ; il faut la mort, avant la résurrection.

Aussi l’en..emi séculaire du Canadien est-il en pleine déroute. Lord Lansdowne, gouverneur général du Canada avant d'aller administrer comme vi*e-roi le fastueux empire de l’Inde, se plaignait spirituellement d'être privé de la vue d’un grand arbre, depuis son arrivée dans le pays « aux forêts impénétrables ». Cette plaisanterie faisait prétace à une explication dont nous avons pu apprécier par la suite tout le bien fondé. Dans le voisinage des agglomérations, du cours inférieur des rivières navigables ou tout au moins flottables, des grand'routes et des chemins de fer, les troncs aux dimensions marchandes ont été enlevés. Les coupes sont déréglées et la sylviculture est inconnue. Pour trouver des arbres dignes du nom, il faut pénétrer fort avant dans l’intérieur, suivre les chemins de colonisation, remonter jnsque vers leur source des torrents impétueux qui, dans les terres vierges, deviennent les premières artères du commerce.

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L’imprévoyance dont nous avons analysé les causes et les effets parait destinée à se perpétuer jusqu'au jour où la dilapidation des richesses forestières sera résolument combattue par le législateur. Celui-ci n'interviendrait utilement qu'à la favear d’une réaction provoquée dans l'opinion publique par les consé. quences fâcheuses des abus existants Aujourd’hui, la nécessité de ménager le bois ne se fait pas cruellement sentir ; encore qu’il faille rechercher au loin les quantités restant disponibles, elles ne laissent point de représenter un capital dont nul ne semble catrevoir l'épuisement.

Quelques années, cependant, se sont à peine écoulées depuis l’époque où le pin blanc ou jaune, le meilleur bois de construction du pays, se trouvait abondamment dans les districts relativement rapprochés des eaux navigables. Les exploitants, en ces localités, dédaignaient alors l’épinette blanche et surtout l’épinette rouge, qui constituent maintenant leur principale ressource. À mesure que ces essences mèmes devenaient plus rares, la fabrication de la pâte de bois s’est répandue pour l’utilisation des très petits arbres, impropres à toute autre application immédiatement fructueuse. Aussi l’exercice légitime des droits conférés aux marchands de bois nous fait-il songer à l’action produite par une nuée de voraces sauterelles s’abattant sur les champs.

Il est à remarquer que détruire une forêt de pins, c’est la sacrifier définitivement; la nature ne la renouvelle pas, tout en lui substituant un bien moindre sous

la forme d’une forêt d’épinettes. Mais si l’on persiste à

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laisser sans restrictions réduire en pâte tous les jeunes plants de cette variété conifère, il n'y aura plus de forèts, sauf par la vertu d’une sylviculture laborieusement pratiquée.

Notre pessimisme fera peut-être sourire les exploitants privilégiés, dont les concessions richement boisées confinent au cours supérieur de l’Ottawa et de ses tributaires, du Saint-Maurice, des rivières affluant au lac Saint-Jean, etc. Ne reste-t-il pas d’ailleurs en Gaspésie,au Labrador, dans le Grand Nord de Québec, dans les provinces de Nouvelle-Écosse et de Nouveau Brunswick, d'immenses territoires, partout ombragés par des pins qui feront la fortune des générations futures?

La statistique fournit à cet égard des indications rassurantes, présentées néanmoins sous certaines réserves. M

La superficie des terres forestières ct bcisées au Canada ne peut être établie que d’une manière approximative.

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Totaux. . . 3,987,925 3,234,385 | 37.66

Le tableau ci-dessus est basé sur les informations

recueillies auprès des gouvernements provinciaux, des arpenteurs, des administrateurs du domaine de la Couronne, du service géologique. Elles proviennen aussi d’autres sources dignes de foi; mais de leur ensemble, il résulte que sur certains points les étendues citées comme étant en forêts sont plutôt maigrement boisées ou recouvertes de taillis.

Il résulte d’une évaluation basée sur les mêmes données que l'aire du pin est de 62,442 kilomètres carrés dans Ontario et de 50,632 kilomètres carrés dans Québec. En supposant que chaque kilomètre puisse fournir 94,000 mètres courants de planches épaisses de 0"025 et larges de 0"305, il y aurait dans les deux provinces un total de 10,628,956,000 mètres, auxquels viendrait s’ajouter une quantité de 671 mil lions de mètres attribuée aux provinces de Nouvelle Écosse, Nouveau-Brunswick et île du Prince Édouard, soit, pour toute la Fédération, un grand total de 11,299,956,000 mètres.

L'épinette excède de beaucoup le pin tant comme aire que comme quantités, mais les éléments font actuellement défaut pour indique: ces dernières, fût-ce d’une manière approximative. Il 2n est de même quant au pin Douglas, au sequoia géant, au cyprès jaune, à l’épinette dite « western spruce » et autres arbres de la côte du Pacifique.

Dans un but de comparaison, nous croyons utile de reproduire sous forme de tableau des renseignements de statistique sylvicole recueillis sous l’administration de lord Rosebery, par les ageñts britanniques en dif férents pays d'Europe :

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1893! Autriche 32.58| 9,782,554 950,182! 1,426,270| 7,416,102 1892] Hongrie. 23.521 7,599,364| 1,183,163| 2.623,160! 3,793,041 1893| Belgique 113 489.423 25,310| 154,480] 319,634 1892 er see 4 | vine . 5.00, 2,711,269 " » " 1888] Bulgarie 4.64 459,700 L ” »

1887| Danemark . 4,80 190,003 » ” ” 1892! France . 17.92, 9,472.878| 1,075,632| 1,907,140| 6,490,105 1893! Allemagne . 25.70! 13,908,588| 4,589,834| 2,642,632| 6,676,122 1889! Grèce . 2.60 819,679 655,744 " 163,936 1891! Pays-Bas 6.93 227,221 , ” - 1892! Italie, 14.31/ 4,100,110 172,535 ” 3,927,775 1889] Norvège, 24.53, 7,806,107 936,133| 234,183] 6,625,190 1892] Portugal 5.25 471,006 21,840 . 449,167 1893| Roumanie , .115.22/ 2,000,027 912,222 Q »* 1892! Russie( Mb dé HS 15! 201,621,540! 120,Y72,924 ” 80,648,616 1891! Serbie . 8.00! 2,332,352 » » »

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Les proportions respectives des bois et des sapinières s’accusent comme suit dans quelques-uns des principaux pays européens :

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tistiques sont moins détaillées; à ce sujet, quelques indications générales sont transcrites ci-dessous, savoir :

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1887. | Nouvelle-Galles du Sud, 10. 00! 7,782,381| 2, 185, 380 . 1889. | Victoria . . H * (NonŸ ‘e 48,548 “ 1889. | Australie Méridionale . FN D |. * 66,907 .

Une note descriptive des essences composant les forêts canadiennes de l’est a été dressée par les administrations locales. Sauf de légères modifications, basées sur les résultats de nos observations personnelles, nous croyons devoir nous borner à reproduire des extraits presque textuels de ce document.

Le Pin Weymouth ou blanc, « white pine » (Pinus strobus), atteint des proportions considérables; il s’exporte à l’état de planches ei madriers ou par troncs d'un équarrissement de 10 à 25 centimètres sur une longueur de 6 à 18 mètres.

Si le pin blanc n’est plus le principal bois de commerce au Canada, c’est pour ne l'avoir été que trop. Ce bois est facile à travailler et durable; il est employé * surtout pour la charpenterie, la menuiserie, le pontage et la mâture des navires.

Le pin jaune (Pinus mitis) est souvent confondu avec

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On en expédie des troncs d’un équarrissement de 14 à 30 centimètres sur 3"66 à 9 mètres de longueur. :

Le pin rouge (l’inus resinosa), troncs de 6 à 15 mètres, sur 10 à 16 centimètres d’équarrissage. Moins exploité que les précédents; il contient plus de résine, dure davantage, mais reste inférieur pour la menuiserie. On en fait des mâts pour bâtiments d’un tonnage moyen, des vergues, etc.

L'épinette blanche, « whi! : spruce» (Abies alba), quoiquemoins grand que le pin, n’en est pas moins un arbr2 de belle taille, dont le bois est relativement inférieur. Il ne s’exporte que débité en madriers, voliges, lattes, chevrons, etc.

Ilexiste aussi une épinette noire ou grise, moins estimée que la variété précédente.

L'épinette rouge, «tamarac » appartient à une tout autre famille, c’est le mélèze d'Amérique (Larix Americanc). I! fournit des troncs d’un équarrissement de 8 à 15 centimètres sur une longueur de 3"66 à 12 mètres. Le bois en à été utilisé notamment pour la construction des navires,

Le «hemlock » ou pruche (Abies Canadensis) est un arbre de 20 à 25 mètres, dont l’écorce pesante est riche en tannin; son bois, inférieur pour les nsages ordinaires, a le mérite de se conserver longtemps sous terre ou immergé. En Amérique comme en Angleterre, il à été utilisé sous forme de billes de chemin de fer. Le sapin baumier, « balsam fir » (Abies balzamea), est

un arbre gracieux de 12 à 15 mètres, fournissant une gomme bienfaisante en cas de blessures; elle sert encore à fabriquer un vernis très en faveur parmi les artistes. Le bois de ce sapin étant fort tendre, il ne con. vient pas pour la construction, mais la boissellerie en fait grand usage.

Les feuilles récoltées dans leur première croissance possèdent un délicieux arome, subtil et discret; aussi les utilise-t-on pour bourrer des coussins de divan et même de lit.

Le cèdre blanc, « white cedar » (Thuïa Occidentulis), est

un arbre de belle grandeur, très répandu, dont le bois odorant a pour mérite particulier d’être merveilleusement durable. Il est employé surtout pour pilotis, ponceaux, clôtures, poteaux télégraphiques, etc. Onen fait aussi des embarcations légères et des armoires destinées à protéger les vêtements de laine et les fourrures contre les attaques des mites. Le cèdre bianc est inférieur au cèdre rouge (Juniperus Virginiana), très rare au Canada,

Parmi les arbres à feuilles caduques, il convient de citer en premier lieu les acérinées, dont la feuille est devenue dans le Canada français un emblème national, Mais à l’exception du type Acer saccharum, beaucoup exploité pour la production d’un sucre excellem, les érables n'offrent d'intérêt, sous le rapport utilitaire, qu’à titre de bois de chauffage.

Cependant une variété au grain bouclé, « curl maple » (Acer striatum) ,estrecherchée paï l’ébénisterie.

L'érable à giguières « plane », le « soft maple ) (Acer dasycarpum) et autres de même famille, sont des

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| arbres très en faveur pour ombrager les routes et les

jardins.

Le chène blanc, « white oak » (Quercus alba), et le chêne rouge, «red vak » ou «black oak » (Quercus rubra). Troncs de 12 à 20 centimètres d’équarrissement sur 6 115 mètres de long. Le premier est plus répandu que le second.

Le frêne blanc, « white ash » (Fraxinus Americana) et

| Je frêne noir ou gras, € black » ou « swamp ash »

(Fraxinus sambucifolia), donnent des troncs de 10 à 18 centimètres d’équarrissement sur 4 à 15 mètres de longueur.

Aussi longtemps qu'il conserve un peu de sève, le

| fréne est le plus flexible des bois du pays; en séchant, il

devient léger, non sans rester résistant. Le frêne est particulièrement utile pour les ouvrages en bois courbé, n subles, pièces de charronnerie, cercles de tonneaux et de cuves, arcs de raquette, certains manches d'outils, etc. On en fait des avirons excellents, des instruments aratoires, les boiseries des édifices, bancs d'église, etc.

Le bois de frène gras se fend en rubans minces

: employés dans ia vannerie.

Le noyer blanc, « rough bark hickory » (Carya alba), arbre de 15 à 18 mètres, fournissant des troncs de 12 à 18 centimètres d’équarrissement sur une longueur de 6 à 12 inètres. Son bois compact, tenace et flexible, est Surtout employé dans la carrosserie, la fabrication des manches d'outils, des instruments aratoires, etc.

Le noyer à noix douces, « smooth bark hickory »

quoique de dimension moindre. Troncs de 40 à 18 centimètres d’équarrissement, sur 4"50 à 12 mètres de longueur.

Le noyer tendre où à noix longues, « butternut » (Ju. glans cinerea), un arbre de 12 à 15 mètres, donnant un bois d’ébénisterie semblable au noyer d'Italie.

L’orme blanc, « grey » ou « white elm » (Ulmus Ameri. cana). est un grand arbre dont la ramure inclinée en courbes gracieuses rappelle un gigantesque bouquetaux longues tiges flexibles. Le tronc, sur une longueur de 6 à 18 mètres, est d’un équarrissement de 10 à 20 centimètres. Le bois fait de bonnes charpentes, des moyeux, jantes de roues, carènes de navire et roues de moulin.

Le bouleau blanc, « white birch » (Betula papyracea), atteint une hauteur de 18 à 20 mètres; le tronc, d'un blanc métallique, est lisse, élancé; l’écorce est composée d’enveloppes superposées, très minces et se déroulant comme le ferait du papier.

Le bois n’est utilisé que pour fabriquer des meubles communs, des clous de cordonnerie et des fuseaux ou bobines pour filatures.

Les Indiens et les coureurs de bois font avec l’écorce de bouleau des récipients de tout genre et surtout des canots, résistants et légers, propres aux transports sur des rivières au cours impétueux, où ils sont préférables à tout autre genre d’embarcation.

Un revêtement d’écorce de bouleau apposé sur les murs ou sur le toit d’une habitation rustique, contribue d’une manière efficace à exclure l’eau et le froid.

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Le mérisier blanc, « curley birch » (Betula excelsa); troncs d’un équarrissement de 14 à 24 centimètres sur une longueur de 2"50 à 4"50. Bois plus lourd que le bouleau, employé dans la menuiserie et l’ébénisterie;

Le hêtre, « red beech » (Fagus ferruginea);

Les platane, « button wood » ou « sycomore » (Platanus occidentalis);

L'orme, « rock elm » (Ulmus dura);

L'orme gras, « red elm » ou « slippery-elm » (Ulmus fulva);

Le cerisier noir, « black wild cherry » (Cerasus serolina);

Le tulipier, « white wood » (Liriodendron tulipifera) ;

Le tremble, « common aspen poplar » (Populus tremuloides); ;

L'orme, « soft elm » (Ulmus racemosa);

Le peuplier baumier, « balsam poplar » (Populus balsamifera);

Le cormier, « mountain ash »;

Le bois de fer, « iron wood » (Ostrya Virginica);

Le frêne des savanes, « rim ash » (Fraxinus juglandifolia);

Le saule noir, « black willow » (Salix nigra).

Sur les terres appartenant en pleine propriété à des particuliers, l'exploitation des forêts n’est sujette à aucune espèce de redevance au Trésor fédéral ou provincial, C’est le cas, notamment, pour un domaine appartenant à sir Henri Joly de Lotbinière, dont l’auto-

rité est incontestée au Canada en tout ce qui touche à la sylviculture. Le bien, connu sous la désignation de « seigneurie » pour avoir été acquis sous le régime féodal, comprend des futaies qui, mises en coupe réglée, fournissent bon an mal an une moyenne de 30,000 troncs de pin, épinette, pruche, etc. Ils sont amenés par flottage jusqu’au point où la rivière du Chène se jette dans le Saint-Laurent. Là se trouvent établies, sur la propriété même, des scieries d’où les bois, débités en madriers, planches, lattes, sont chargés par des allèges ou goélettes en destination de Québec, voire par des navires de mer.

Mais il existe peu de seigneuries dont les titulaires successifs aient su ménager les ressources forestières de manière à en faire une source permanente de profits.

Presque toute la production qui chaque année est offerte sur les marchés, provient des terres de la Couronne, dont les forêts subdivisées par lots dits « limites» sont ordinairement affermées au plus offrant. Outre le prix d’adjudication, il doit payer un loyer minime par unité de surface, plus une taxe par arbre abattu, variable suivant l’essence de celui-ci et perçue selon les résultats du souchetage.

Telle est du moins la manière de procéder dans Ontario, Québec, le Nouveau-Brunswick et la Colombie britannique, où les terres sont généralement dépouillées par ce système de tous leurs bois marchands avant d’être livrées aux colons. En Nouvelle-Écosse et dans l'île du Prince Édouard, le bois n’est cédé qu'avec la propriété du sol. Dans le Manitoba, les territoires €&

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la zone de ceinture du « Canadian Pacific R’y » (?), où le domaine national est administré par le pouvoir central, les permis de coupe sont donnés par le ministère de l'intérieur dans la capitale fédérale. Les baux de mème nature s'appliquant aux terres réservées aux sauvages sont dans le ressort du département des afaires indiennes à Ottawa.

L'aire des forêts concédées pour la coupe est indi- ‘

quée au tableau suivant :

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