‹ Le Canada [microforme]Chapitre 86 sur 116 · RE PR · texte numérisé non relu

RE PR

s'exprimaient favorabiement à l'égard de ce district, L'un des colons, M’ Crerar (6,21, 28,) avait un «homes. tead », plus un quart de section (près de 65 hectares) acheté au prix de 15 fr. 90 c. l’hectare. M Crerar fait alterner les récolies d'orge et de froment,; grâce à ce système de rotation, il croit pouvoir se dispenser de jamais laisser le champ en jachère d’été. En 1887, son froment donna 46.7 hectolitres par hectare. M° Crerar est d'avis que les volailles sont d’un excellent rapport dans la localité, il en serait de même des moutons, n'étaient les déprédations des loups. Toutefois, ceux-ci viendront à disparaitre à mesure que se peuplera le pays. Un autre cultivateur battait son blé avec une machine mue par douze chevaux. Il avait un rendement de 22.4 hectolitres par hectare, le grain étant de bonne qualité. Les orges étaient mauvaises et niellées. La ferme suivante, exploitée par trois frères, occupait une section (environ 137 1/2 hectares) dont 16 hectares de blé avec 13.47 hectolitres et 24 hectares d’avoine avec 21.55 hectolitres par hectare. Ces gens avaient de bons moutons, croisés Lincoln et Leicester ; 7 chevaux de choix, 3 vaches, 9 bœufs et de très beaux porcs. Nous passämes à une autre exploitation d’une demi section, ou près de 69 hectares, acquise en 1881 moyennant 19 fr. 10 c. par hectare. Taxes sur l'en: semble de la propriété, 51 fr. 50 c. par an. Près de 36 1/2 hectares sont en culture. Récolte médiocre cette année, rendement de froment (14887), 46.7 hectolitres par hectare; (1888), récolte manquée ; (1891), 31.4 hectolitres par hectare.

M” Cursitor est arrivé dans la région il y a dix ans, À

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obtenu une ferme de colonisation (près de 6% hectares), usa ensuite du droit de « pre-emption » ('), aujourd'hui supprimé, sur un quart de section voisin; il possède maintenant 40 hectares en froment, 6 vaches, des porcs, les appareils et le matériel agricole nécessaires. Tandis que M° Cursitor n’avait pour toute fortune en s'établissant qu'une paire de chevaux et une charrette, son avoir représente maintenant 10,300 francs au moins. ;

Nous avions espéré rencontrer à Russell l'honorable sénateur Boulton, dont nous avions fait la connaissance à Ottawa. Il est propriétaire d’un millier d'hectares dans le district, y compris une partie de l'emplacement du village. Son habitation est construite en briques, faites d'argile mélangée de paille et séchée au soleil. Nous avons noté quelques prix du marché local, savoir : Bétail de deux ans, 139 à 155 francs ; porc salé et fumé, {fr 59 c. le kilogramme; beurre, 2 fr. 72 c. le kilogamme (une vache donne en moyenne 4.082 kilogammes de beurre par semaine); froment (1899), 6 fr. 94 c. l’hectolitre. Un bon ouvrier agricole reçoit, outre la pension, de 113 fr. 30 c. à 198 fr. 75 c. par mois s’i est occupé pour l’année et 7 fr. 73 c. par jour dans le cas d’engagements pour la durée de la moisson. Deux travailleurs anglais que nous avons questionnés gagnent 1,050 francs par an en sus de la pension. En hiver, ils ont la facuité de fréquenter l’école. Ces gens

| Sont satisfaits de leur sort et des perspectives qu'ils ont

de l'améliorer.

() Droit d'option sur un quart de section inoccupé, dont la Couronne faisait cession à bas prix au titulaire du « homestead » juxtaposé.

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Il n’existe plus de « homesteads » à concéder aux environs de Russell, mais de grandes étendues de terres ! vierges peuvent y être acquises au taux de 63 fr. 60 c., l’hectare, prix variable suivant la qualité du sol et sa situation. |

Du côté opposé de l’Assiniboine,.on nous a montré une large zone ouverte à la colonisation et faisant Î encore partie du domaine de la Couronne; cette zone, traversée par le « Harrowby District Railway », estassez ondulée ; elle paraît contenir de bonnes terres, propres à la culture du froment et à l’élevage.

Au cours de notre promenade à l’est de Russell, nous avons remarqué de nombreux troupeaux d’animaux de bonne race, notamment du type Shorthorn. Leur | excellent état de chair prouve combien sont nutritifs les herbages de la prairie.

M' Henry Smith, dont la ferme est à 9 ou 10 kilmètres du village, a bien voulu nous expliquer quel est le système d'élevage en vigueur. On n’emploie que des taureaux de pure lignée; les jeunes animaux ne sont pas séparés de la mère; ils errent librement en hiver, mais sont nourris à la paille d'avoine et au foiu naturel. Les taillis suffisent à les protéger contre les rigueurs de la température; l’été venu, ils ont plus de vitalité que s'ils étaient demeurés sous toit. Les bœufs, ainsi que les génisses impropres à la reproduction, sont vendus pour la boucherie, au prix moyen de 206 francs pour bêtes de deux à trois ans. La ferme citée comprend environ 129 1/2 hectares, dont 32 hectares sont cultivés ; le restant est en pacages. M' Smith acquiert, moyennant une rétribution minime, le droit de faire les

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fins sur des terres avoisinantes; il récolte ainsi une centaine de tonnes par année. Tous les travaux, hormis æux de moisson, sont effectués par l’exploitant luimème avec l’aide d’un garçon. Ses dépenses étant aussi réduites, M° Smith doit naturellement réaliser de beaux bénéfices. Il a émigré de l’Oxfordshire, où il faisait partie du personnel d'une ferme. Arrivé dans ce pays en 1883, il a travaillé pour divers cultivateurs pendant deux ans; puis, ayant réalisé quelques économies, il a pris un « homestead » de près de 65 hectares, qu’il a étendu ensuite par l’achat d’un autre quart de section. Ses parents sont venus d'Europe à son appel pour habiter avec lui,

En quittant M° Smith, nous avons causé avec M'A. Seeter, propriétaire de 129 1/2 hectares. Son cas est de nature à encourager ceux qui envisageraient le projet de s'établir dan: le district. En arrivant, M° Seeter, accompagné de sa femme et d’un enfant, avait une charrette et une paire de chevaux, sur lesquels il devait encore 412 francs. Il prit un « homestead » et usa du droit de « pre-emption » pour acquérir le quart de section voisin. Ses cultures comprennent aujourd’hui 1131/2 hectares en froment et en avoine; il possède de bons bâtiments de ferme, une habitation, 9 chevaux, plusieurs animaux, des appareils, du matériel, une maison sise à Russell, et coûtant 6,500 francs, habitée par lui durant l’hiver afin de faciliter à ses enfants la fréquentation de l’école. Le revenu net de son exploilation est évalué à 5,150 francs par an.

Asessippi, à 30 1/2 kilomètres üe Russell, est un petit village occupant une belle situation dans la vallée

de la rivière aux Coquilles. Ce village se compose de quelques maisons, d’un magasin où sont vendus toute espèce d'objets à l’usage des colons, d’un moulin à farine et d'une scierie, appartenant tous deux à M Gill, un Anglais du Leicestershire. Celui-ci fait la traite des pelleteries avec les sauvages; il compte aussi construire un hôtel destiné aux immigrants et aux chasseurs, le 4 gibier étant abondant dans la région. Une surface de 14 1/2 à 24 kilomètres de largeur, entre le cours d’eau déjà cité et l’Assiniboine, reste disponible pour la concession de « homesteads » jusqu’à une distance de | 50 kilomètres au nord d’Asessippi. Après avoir cherché à nous rendre compte du caracière de ce domaine vierge, nous sommes allé chez M' James Smith, — 4,23, 28 — dont la ferme de 64 à 65 hectares est intégralement en pacages. Son bétail est remarquable. Nous virnes chez lui des bœufs de quatre ans qui venaient d’être vendus à raison de 300 francs la tête; c'étaient des bêtes dignes de figurer en Belgique dans les cortèges des journées précédant Pâques; elles pesaient 9.652 quintaux métriques, tout en n'ayant consommé qu’une herbe tôt blanchie et desséchée par le soleil, mais dont les animaux sont particulièrement avides : c’est le fameux « buffalo grass », commun dans certaines parties du Nord-Ouest.

Au résumé, tout le pays que nous venons de visiter J est en prairie accidentée, avec de nombreux bouquets d'arbres. Le sol se compose d’un humus noir SUR argile. C’est surtout une région propre à l'élevage el au « mixed farming » ; il est à craindre que la culture du froment y soit entourée de fréquents mécomptes.

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MANITORA ET TERRITOIRES. 339

Revenus rapidement à la ligne principale du « Manitobba & North Western Railway », nous avons pris le train jusqu’à Yorkton, point extrème de la voie, en attendant son prolongement vers Prince Albert. An delà de Harrowby, se trouve la frontière entre le Manitoba et l'Assiniboine ; puis viennent les stations de Langenburg, Churchbridge et Salicoats. Dans cette dernière bealité est l’une des colonies canadiennes de « Crof-

à ters », dont l’histoire peut servir à éclairer,jusqu’à un

certain point, sur la valeur agricole de la région qu’ils occupent. Mais cette histoire est surtout intéressante en ce qu’elle démontre une fois de plus la nécessité de

| hisser à l'initiative privée une large part dans toute

entreprise d’émigration.

Le littoral rocailleux et stérile du nord-ouest de

| l'Écosse et les îles voisines sont habités par une popu-

htion trop dense, subsistant péniblement des maigres ressources arrachées à la mer et au plus ingrat des sols. Les pauvres gens occupant cette région inhospitalière sont connus sous le nom de « crofters » et pratiquent où la pêcherie ou la culture, suivant l’occasion et la

k nécessité du moment. Le projet louable fut conçu dans

ls sphères officielles de favoriser chez eux l’émigration vers les centres producteurs de céréales et de bétail dans l'Ouest canadien. Comme première exécution de ce projet, présenté sous la désignation de ( Crofter and Cottar colonisation Scheme », environ

| 30 familles, comprenant au total 193 personnes, recru-

tées, en mai et juin 1888, aux Hébrides (Lewis et Harris), furent dirigées sur Killarney, localité du Manitoba-sud, située à 257 kilomètres de Winnipeg. Vers

la fin de la même année, quatre commissaires ont été nommés par la Reine avec mission de constituer un « comité de colonisation », siégeant à Londres, pour l'administration de l’entreprise. En 1889, au mois d'avril, 49 autres familles, venant des mêmes disiricts, s’embarquèrent à (Glasgow, sous ies auspices du

comité, afin d'aller s'établir à Saltcoats. L'occasion

était exceptionnellement favorable pour faire l’expé- |

rience d’un système d’émigration avec la participation financière de l’État. Des travailleurs robustes et virils devaient passer d'une terre de famine dans une terre d'abondance. Maïs leurs efforts individuels étaient indispensables pour assurer le succès d’une œuvre dont ils faisaient malheureusement remonter toutes les responsabilités à ses organisateurs. Aux yeux des nou: veaux colons, le succès était un droit acquis plutôt qu’un eftet à attendre de leur savoir-faire. Dans la pratique, tout obstacle, tout échec, toute complication même, devint une source de griefs contre le comité. L'esprit de dépendance et d’insoumission, hostile à tout progrès, ne disparut graduellement qu’en présence des leçons souvent dures de l’expérience.

A Killarney, la culture du -froment, favorisée par l’état du sol et les conditions climatériques, s’indiquait comme offrant les meilleures perspectives d’un revenu immédiatement satisfaisant. Animés au début du grand espoir que devait inspirer l’issue d’une entreprise d'initiative gouvernementale, les paysans des Hébrides créèrent bientôt des exploitations considérables. Ils ne démentaient donc point leur caractère énergiçue €

laborieux. Cependant, la première saison, trop a: ancte Sn

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Lau moment où ils arrivèrent sur place, fut perdue,

andis qu’une série exceptionnelle de circonstances malheureuses eurent pour effet de compromettre dans hrégion entière la prospérité naissante de l’agriculture. Des gelées précoces, des tourmentes de grèle, des vents violents venant éparpiller le grain dont les épis mûrs étaient chargés, sévirent sur plusieurs points du district occupé par la nouvelle colonie. En l’espace dune nuit, d’une heure, voire de quelques minutes,

un rendement probable de 18 à 27 hectolitres se trou-

ait réduit à un rendement effectif de 10 ou11 hectolitres par hectare. La récolte de 1891 dans le « settlement » de Killarney fut splendide : il semblait, à la vue des meules dressées sur le chaume, que le bénéfice réalisé sufirait à écarter au moins les embarras les plus pressants résultant de la situation financière des «crofters». Mais cet espoir ne se réalisa qu’à l'égard d’un petit nombre des intéressés, établis dans le comté de Hilton, il'extrémité nord-est de la colcnie de Killarney. Grâce à la proximité relative du chemin de fer, ils purent disposer de batteuses mécaniques assez tôt dans la saison. Leurs compatriotes plus éloignés ne réussirent

à engranger la moisson qu'après la chute des neiges.

Les gerbes, exposées en petites meules à toutes les

intempéries, furent couvertes de glace; elle demeura

mélangée au grain après qu’il fut séparé des épis: puis. L») ? 2

en cours de transport, la glace vint à fondre et à provo-

juer la fermentation du blé, qui, dès lors, perdit toute aleur; faute de pouvoir l'utiliser, il fallut le faire

brûler, par milliers d’hectolitres, afin de s’en débar-

asser, Si les « crofters » n’eussent pas été inexpéri-

Rare résnn der apofutig me NE arme dE Le

mentés, leur premier soin aurait été de faire dégeler et | sécher les gerbes avant le battage; c'était le moyen d'éviter un désastre qui s’est traduit par la perte des frais de battage et d’une abondante moisson valant alors 9 fr. 91 c. l’hectolitre; une telle calamité survenant ainsi au conrs d’une période déjà funeste à l’agriculture, ne pouvait que retarder durant plusieurs années l'essor normal de l’entreprise dont nous racontons les laborieux débuts. Le découragement s’empara de la communauté si éprouvée; elle prenait à partie ceux-là même qui, dans une pensée humanitaire, l’avait e“patriée sans parvenir à la délivrer immédiatement de sc: état misérable. Beaucoup de « crofters » eurent la pré. tention de rester à la charge du comité; ils épuisèrent leur crédit en faisant des achats exagérés de provisions et de matériel, en devenant acquéreurs de chevaux destinés à remplacer prématurément les bœufs, qui auraient dû leur suffire durant la première phase d'exploitation. Leur dette totale s’élève à 221,450 francs; elle comprend une somme de 123,600 francs, représentant les avances du gouvernement britannique faites par l'intermédiaire du comité de colonisation, ainsi que les montants à l'actif des municipalités pour grains d’ensemencement et taxes ; le solde, ou 97,850 francs, est remboursable aux marchands et prêteurs d'argent de la localité.

Les « crofters » venus de Harris ont meilleur réputation que ceux originaires de Lewis; mais il es vraisemblable que l’attitude plus satisfaisante des pre miers doit être uniquement attribuée à la bonne fortunt qui leur valut de recueillir tous les bénéfices de hi

aire dégeler et bonne récolte de 1891. Ce sont eux, en effet, qui lait le moyen occupent les terres placées sur la limite du Killarney ir la perte des D settlement », du côté de la voie ferrée.

on valant alors Il est certain que rien ne développe l'esprit d’écoté survenant D mie comme la prospérité, tandis que l’incurie est te à l’agricul uvent une conséquence de l’adversité. Quelques-uns asieurs années D des colons manquèrent de probité au point de répudier racontons les D à faibles obligations contractées pour obtenir des ’empara de là M iiments indispensables. Mais, comme le fit observer , partie CURE; vieux « crofter », il est difficile d’être réputé hone, l'avait epa Dit quand on a travaillé sans gain.

atement de sc: L'hiver de 1892-93 fut d’une rigueur peut-être sans » eurent là pré icédent; au printemps, beaucoup de « crofters » qui , ilS épuisèret vient pas réussi durant les années antérieures, s de provisioS umment à raison de leur peu de connaissances rs de Che riciles, se trouvaient démoralisés au point de

es bœuts, QE noncer à tout travail et de ne pas mettre en terre la remière phas Semence que le gouvernement avait fait distribuer 221,450 francs; D rmi eux. Pour expliquer une aussi coupable apathic,

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on ajoute que la saison s’ouvrait tardivement, que les bœufs de labour étaient très affaiblis à la suite des pri- Walions dues à un manque de fourrages durant les froidures, etc. Quoi qu'il en soit, les regrets inspirés par l'exiguité relative des cultures dans la colonie de Kilarney furent unanimes, la récolte nouvelle ayant été ‘une des plus remarquables qui soient enregistrées aux annales du pays.

Depuis lors, les « crofters » ont paru triompher de l'abattement occasionné par la perte de leurs illusions léçues ; ils comprirent qu’au Manitoba comme en Calélonie, la vie est entourée de luttes, dont nul ne peat

ont meilleure is; mais il 6sl isante des pré à bonne fortué énéfices de li

s'affranchir sans y succomber. Ils subsistaient pénible. ment sur des rochers; on les a transportés sur une terre, mais non point dans un Élysée ; on leur a dit: « Vous n'êtes point des élus, ni mème des pension: naires de l’État, mais bien des producteurs. Travaillez!» La colonie de Killarney obéit à cette injonction, sans plus se laisser rebuter par les tribulations d’une exis tence bien préférable, en somme, au sort des compatriotes dans le vieux pays. Les mauvais éléments ont été éli'nés de la communauté, tout comme il faut élaguer les branches superflues d’un arbre qui vient d'être transplanté. Telles sont les ressources de la contrée que, malgré les fautes commises, toute espèce de con-

jonctures défavorables et l'importance de la dette gre- | vant aujourd’hui la colonie, nous avons toute confiance en sor. avenir et dans sa prochaine solvabilité. Aussi bien faut-il préciser que jamais ses membres n’ont eu à souffrir de la faim: ni du défaut des nécessités essentielles äe la vie. Les travaux faits sur les terres occu pées et les constructions des « crofters » de Killarney suffisent amplement à garantir les créances ordinaires, tandis que les avances du Trésor britannique et les taxes sont représentées par des hypothèques sur ke fonds et : matériel de premier établissement. At moment de la création du « settlement », les quarë de section concédés aux « homesteaders » valaiat 63 fr. 60 c. l’hectare, mais d’aucuns prétendent que le mêmes propriétés auraient subi une dépréciation dé 3 fr. 70 c. par hectare. Mème dans ces conditions, i resterait une large marge en faveur des « crofters 1. Dans les derniers temps, ceux-ci se sont d’ailleurs

staient pénible-Basuré une meilleure position en quittant provisoireportés sur une ment leurs fermes pour aller travailler, moyennant de on leur a dit: bons salaires, dans le voisinage, où ils sont initiés aux e des pension. @ méthodes de culture convenant le mieux au pays. Les rs. Travaillez!) Syens de Killarney s'approvisionnent de bois sur ïes njonction, sans bords du lac aux Pélicans; dans ses eaux, ils prennent ons d’une exis- Se grands brochets qui, salés ou séchés, contribuent à sort des com alimentation de la colonie durant l'hiver. is éléments ont Pour en revenir au « settlement » de Saltcoats, nous mme il faut él-Bconstatons que les « crofters » y ont mal débuté en se qui vient d'étreRivrant à la production exclusive des céréales Leur s de la contrée district est plus sujet aux accidents climatériques que espèce de con-Æcelui de Killarney ; aussi faut-il y pratiquer l'élevage ét de la dette gre- BB h laiterie, se combinant avec une multiplicité de cultoute confiance tres. Celles-ci donnent des résultats satisfaisants dans Ivabilité. Aussi leur ensemble, même durant les saisons inclémentes, mbres n'ont eu là condition que le système des jachères d'été sois écessités esse Brigulièrement observé Voici d’ailleurs un exposé des les terres oct hits constatés par un colon anglais établi dans le voi- S » de Killarney Shage de Saltcoats sur un « homestead » qu’il occupe nces ordinaires depuis quelques années :

tannique et les othèques sur le hblissement. At t », les quarë ders » valaieil tendent que lé dépréciation dè >s conditions, Î es « crofters ).

sont d'ailleur

1888. Première année; prise de possession trop tardive pour que la production d'un? récolte fût à tenter.

1889, Pas de récolte, par suite d'inexpérience et d’une sécheresse prolongée.

189, Bonne saison; moisson en tout point favorable.

18. La récolte promettait d'être abondante; mais le grain Ni attaqué par’ une gelée précoce (22 août); néanmoins, ce grain endommagé a été utilisé pour nourrir des pores, dont la rente est toujours facile moyennant de bons prix.

1892. Par suite de sécheresse, il n’y eut qu’une demicote, mais le grain était d'excellente qualité.

1893. 22 1/2 hectares en cultures, dont 8 hectares de froment, avec rendement de 21.556 hectolitres par hectare: 11 hectares d'avoine, rendement 26.% hectolitres ; 3 hectares d'orge, rendement 26.9 hectolitres ; 40 1/2 ares de pommes de terre, récolte satisfaisante.

Indépendamment d’avoir à faire école afin de pouvoir déterminer le mode d'exploitation convenant bien au puys, les colons de Saltcoats eurent la mauvaisel chance de se trouver dans un voisinage où il leur était impossible d'occuper leurs loisirs en travaillant pour compte d'autrui. Il est vrai que la Société du chemin de fer « Manitoba & North Western », en construction, offrait de les employer moyennant un salaire journalier de 6 fr. 56 c.; mais celui-ci était trop réduit dans le cas de gens auxquels l’éloignement de leur demeure interdisait d'y rentrer chaque soir et d'éviter ainsi les frai. de logement et de pension.

Néanmoins, les «crofters» de Saltcoats ont su éviter l’écueil où faillit sombrer la colonie sœur de Killarney et ne se sont endettés que jusqu'à concurrence de 2,000 à 3,000 francs auprès des boutiquiers de l'endroit, Dans la première de ces localités, la prospérité doit logiquement s’accuser d'une manière à la fois plus lente et plus sûre que dans la seconde. Tout ennt donnant pas des revenus aussi immédiats que la cul: ture des grains, l'élevage permet à l'exploitant de retirer de sa ferme presque tous les produits nécer saires à l'existence, en attendant l'accroissement de richesse qu'assure la multiplication des animaux.

Il est remarquable qu’à défaut du stimulant génêr# lement indispensable exercé par l'initiative partit:

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le afin de pouconvenant bien nt la mauvaisel > Où il leur était travaillant pour té du chemin de n construction, 1 salaire journatrop réduit dans le leur demeure l’'éviter ainsi les

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ière, restée étrangère aux débuts de ces deux entreprises de colonisation, elles aient eu des résultats aussi satisfaisants dans leur ensemble,

Les deux groupes d’insulaires, inexpérimentés quant aux travaux de grande culture, ont été localisés respecäivement dans des districts fort éloignés l’un de l’autre et assez différents sous le rapport des circonstances physiques pouvant aflecter les produits de ferme. A ce dernier point de vue, les districts que nous visons éaient encore peu étudiés, sinon inconnus. Cependant, nous constatons qu’en dépit de tous ces désavantages, des gens dénués de ressources sont devenus, en quelques années, les propriétaires d'exploitations, plus ou moins obérées peut-être, mais rapportant assez pour assurer leur dégrèvement prochain et faire vivre leurs occupants. Le fait est significatif; il atteste mieux que tout autre les ressources du pays sous le rapport de l'immigration européenne.

En dehors de l’action dü comité impérial, un troisième « settlement » de « crofters », que nous avons visité dès 1887, a été établi dans les environs dé Moosomin, sous les auspices de Lady Cathcart et de la (North West Land C° ». Il nous a été difficile d’y inter-

roger les colons, vu notre ignorance de la langue gaé-

lique, qui, seule, leur était familière. Mais nous avons vu et compris assez pour pouvoir conclure qu’à la

} suite d’une série ordinaire de désillusions et de tribula-

tions, les soixante ou soixante-dix familles en cause auront un home heureux, tandis que leur généreuse bienfaitrice finira par se voir rembourser le montant considérable de ses avances de fonds.

DE St En

ESS er

Un autre projet important de colonisation par des pècheurs gaëls devait être présenté en Angleterre par

le regretté M” John Robson, premier ministre de la province de Colombie britannique, mais sa mort prématurée et, plus tard, une situation financière tendue À Lordres ont retardé l'exécution de l'entreprise.

Pour suivre les « crofters » et faire en une fois l'exposé de leur situation au Canada, il a fallu con

denser des notes prises au fur et à mesure de pérégri. | nations dont nous avons à décrire les autres résultats, 4

N'oublions pas cependaut que nous étions à Yorkton au moment où cette dernière tâche fut interrompue.

À 40 kilomètres de Yorkton se trouve une propriété à

de 32,778 hectares environ, achetée par M° Seeman au

€ Manitoba & North Western Railway » moyennant ! 12fr.72 c. l’hectare. Le sol nous parut être fort riche; les f dernières récoltes avaient évidemment été abondantes, |

vu l'aspect des chaumes. M” Seeman n'était dans le pays que depuis dix-huit mois; il avait déjà mis

198 1/4 hectares en culture. Mais, pour l’année sui- à

vante, son intention était de semer sur une centaine

d'hectares seulement et de laisser le restant en jachère à

d'été. En s’attaquant aux terres vierges, M° Seeman

laboure profondément, au lieu de se contenter de | gratter la croûte sur 2 à 3 centimètres avant le hersage. {

Aussi les premiers travaux sur ces terres jusqu'a moment de leur ensemencement lui coûtent-iis 427 fr. 20 c. l’hectare. Il y « sur la ferme 500 têtes de bétail 47 chevaux, 15 paires de bœufs de travail, une quan

tité de porcs. Une grange pouvant contenir 100 animaux |

destinés à l’engrais durant l'hiver était en construc

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ton; une machine à vapeur sera utilisée pour la prépanation des aliments, se composant de grain écrasé, de paille hachée, de racines réduites en pulpe. Le puits, auquel se rattachent un moulin à vent et une grande citerne, a 15 1/4 mètres de profondeur.

La voie ferrée n'étant pas exploitée au delà de

EYorkton, nous rebroussons chemin jusqu’à Neepawa, d'où nous partons à cheval pour faire le trajet de Lo6 kilomètres qui nous sépare du « Canadian Pacific ÉRailway » vers le Midi. À une certaine distance de notre

point de départ, le terrain est accisenté, assez léger, voire sablonneux en maint endroit. Mais bientôt nous

M pénétrons dans ce que les habitants nomment la |« Grande Plaine » de Carberry, s'étendant sur 112 kilo-

mètres du nord au sud et G4 kilomètres de l’est à

['ouest, soit une surface d'environ 7,000 kilomètres paarrés. Le sol noir et plat, la série interminable des champs de blé nous rappellent les

alentours du Portageh-Prairie. Mais ici des récoltes ont été mises en grandes

Mueules; d’un seul point d'observation, nous comp- Lions 150 de celles-ci, tandis que beaucoup de chaumes

visibles sont encore parsemés de petites meules. Tou-

jours comme au Portage, nous constatons une absence

presque complète de bétail; il n’y a pas de porcs, pas

gnème de dindons, d’oies et autres volailles occupés à

glaner les grandes quantités de grain qui ont été per-

à dues sur place durant la moisson

Carberry est une petite ville de 800 à 1,000 âmes; son essor, jusqu'ici fort rapide, ne parait pas devoir

ère enrayé de si tôt, eu égard au grand nombre de Lhâtiments que nous y trouvons en voie de construction.

Cependant, la localité a pu essuyer depuis notre visite les conséquences de la forte dépréciation du froment qui est, naturellement, l’objet principa! de son com merce. En 1892, plus de 363,500 hectolitres de blé ont passé par les entrepôts de Carberry; ceux-ci, au nombre de cinq, sont d’une contenance totale de 72,700 hectolitres. La minoterie de l'endroit peut produire journellement 250 barils de farine.

Étant à Carberry, nous avons fait une excursion en nous dirigeant vers la partie nord-ouest du plateau, Nous visitämes d’abord l'exploitation de M' Wlite, ex-maire de la ville. Un premier prix lui a été décerné pour son blé, exhibé à Winnipeg en 1892. De plus, ila vendu au gouvernement fédéral, moyennant 14 fr.17c, l'hectolitre, une assez grande quantité de froment « red fife », la variété ordinaire du pays, destinée à être distribuée au public à l’exposition colombienne.

La ferme suivante (1,11,15) appartient à un Écos sais, M° George Hope, ancien ouvrier agricole dans le Roxburghshire, établi depuis 4878 en vertu de la li de « homestead », après avoir travaillé aux champs dans l'Ontario pendant vingt et un ans. Contrairement à la plupart des demeures de colons, dont les abords ont le plus souvent conservé toute leur sauvageri primitive, l’habitation de M° Hope est entourée d'un florissant potager, où nous distinguons des arbustes fruitiers et de superbes légumes, tels que choux, oignons, carottes, betteraves, tomates, citrouilles. 16 pommes n'arrivent pas à maturité dans cette partie di pays, où d’ailleurs les jeunes arbres de verger soi détruits par la gelée dans leur deuxième ou troisième

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année de croissance. Mais nous avons vu un semis de peupliers datant de la saison précédente et dont les pousses avaient déjà 30 centimètres de hauteur. Tout icôté se trouvait un champ de maïs de belle venue et destiné à servir de fourrage en hiver. La phléole des prés, qui donne ordinairement de 4.*7 à 6. tonnes métriques par hectare, n’a produit que 2 1/2 tonnes cette année, par suite de sécheresse. Le rendement moyen du froment dans le voisinage est de 18 à 22 1/2 hectolitres par hectare; les récoltes ont eu peu àsouffrir, soit de la gelée, soit de la grèle. Mais les colons ont à combattre, par le poison et au moyen de tappes, un petit quadrupède dont les terriers sont aussi nombreux, dans le turf naturel du nord-ouest, que les trous dans une écumoire : c’est le « gopher »,

| sorte de « chien des prairies », un rongeur tenant à la | bois de la marmotte et de l’écureuil et porteur d'une | queue de belette.

À mesure que notre promenade se prolonge, nous

apercevons plus de bétail, et, par conséquent, une plus

ande variété de cultures. M° Hope, déjà cité, possède d moutons croisés Leicester et Shropshire; son troupeau comprend 23 brebis et 15 agneaux. Dans ce

| district, les premières tendent à devenir trop grasses E pour la reproduction; l’une de celles que nous avons

vues faisait basculer la balance vec un poids de presque 91 kilogrammes. Les agneaux valent, sur

| place, 25 fr. 75 c. à 30 fr. 90 c., tandis que le prix du

mouton sur pied est de 68 centimes le kilogramme. MHope emploie un ouvrier qui reçoit 4,030 francs par an, plus la pension.

La

Nous causons ensuite avec le titulaire d’un « homestead » concédé depuis quinze ans; il s’agit de! M' Barrow, actuellement propriétaire de 129 1/2 hec.! tares, de deux beaux taureaux shorthorn et de soixante 4 têtes de gros bétail. Plus loin, nous saluons M” Buckie, arrivé il ya quatorze ans avec un capital de 3,090 francs. Selon lui, sa terre vaut aujourd’hui 254 francs environ l’hectare. Le froment y a donné cette année 18 hectolitres par hectare; son rendement moyen durant les quatorze années d’occupation a été de 22 1/2 hectolitres. Sur 5.% hectares de phléole des prés, on venait de faucher 3 3/4 tonnes par hectare, tandis que, durant les années précédentes, la production a varié de 5 17 à 7 3/4 tonnes par hectare. L’eau est abondante à une profondeur de 7 mètres. M’ Buckie peut se procurer | gratuitement du bois de chauffage à une distance d'environ 19 kilomètres, mais le bois scié lui coûte de | 390 fr. 28 c. à 407 fr. 23 c. les 1,000 mètres (mesure de planche) (. Il estime à 1,133 francs, plus la pension, le salaire d’un homme engagé à l’année, et à 1,545 francs le prix d’une bonne paire de chevaux de ferme. | M' Angus, d’Antrim (Irlande), est depuis onze ans dans le pays. Il avait, au début, 2,500 francs; il a obtenu 129 1/2 hectares de la Couronne et a acquis presque 82 1/2 hectares de plus. Il cultive 81 hectares et laisse le restant en prairie. D’après lui, sa terre vaut mainte- | nant 25,000 francs; il possède 5 chevaux et 27 tètes de bétail. Sur une autre ferme, dont le propriétaire, M° Adam Mc Kenzie, se trouvait absent, nous avons

(:) Soit sur une largeur de 0305 et une épaisseur de 25.3995 mill mètres,

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remarqué que les granges et abris étaient construits hitivement, au moyen de rideaux de paille assujettis sur des perches. Il paraît que les animaux sont suffgmment protégés dans ces locaux, recouverts, durant

Élhiver, d’une couche de neige et de glace qui contribue

en exclure les courants froids. Par contre, les apparils agricoles, camions, etc., restent exposés aux ntempéries et doivent, dans de pareilles conditions, se détériorer très rapidement.

M' Fear, de Somerset, cultive presque 154 hectares, sur une étendue totale de 194 1/4 hectares. D’après son estimation, le rendement du froment est, cette année, de 18 hectolitres par hectare. Aiïidé d’un seul homme, touchant 950 francs par an en espèces, plus la pension, il suffit à tous les travaux de la ferme, sauf durant les périodes d’ensemencement et des moissons. M” Fear dit beaùcoup de bien du pays, qu’il habite depuis quinze ans; son premier capital était de 2,500 francs; ses meubles et immeubles représentent, selon lui, une

L valeur actuelle de 50,000 francs. Il possède 6 chevaux,

15 têtes de bétail et 250 moutons, mais ces derniers

à des critiques lndées. On nous apprend que les animaux de race ovine ne peuvent point hiverner au dehors, comme le bétail et les chevaux. Les brebis croisées valent de 31 à 93 francs la tête.

En résumé, le district que nous venons de traverser est des plus favorables sous le rapport agricole. On y remarque un grand nombre de maisons en planches sciées et posées sur charpente, tandis que la modeste demeure en troncs non équarris, où s’est d’abord

installé le colon, se trouve déjà reléguée à l'arrière plan. Le fait établit, mieux que les affirmations souvent discutables des intéressés, l'existence d’une réelle prospérité.

Dans cette localité, les fermes déjà productives! valent de 153 à 255 francs l’hectare. L'eau pure est puisée à des profondeurs de 4*57 dans la ville même et de 1219 à l’extrémité septentrionale de la plaine. Le charbon gras coûte 39 fr. 71 c. et l’anthracite 62 fr. 42 ce. les 1,000 kilogrammes.

Rentré à Carberry, nous avons attendu avec impa:| tience l’ «Atlantic express » qui devait nous ramener Winnipeg, d'où il serait urgent de repartir afin de pouvoir encore explorer le sud de la province avantle complet achèvement des moissons. |

IV. — Deuxième exploration dans le Manitoba et les Territoires : Emerson, Morden, Bruxelles, Saint-Alphonse, Killarney, Lac des Pélicans, Bel mont, Glenboro, Souris, Grande-Clairière, Deloraine, Mélita, Moosomi, Brandon, Rapid City, Virden, Whitewood, Grenfell, Indian Head, Qu’Appelle, Regina, Prince Albert, Calgary, Fort Mc Leod, Cardston, Olds, Red-Deer, Wetaskiwin, Edmundton, St. Albert.

L’itinéraire que nous venons d'exécuter comprend une section manitobane de la ligne maîtresse du chemin de fer transcontinental, ainsi que les principaux dis} tricts en voie de peuplement dans le nord de la pro vince et du territoire adjacent d’Assiniboine.

Le Manitoba, notamment dans sa partie méridionale, est une ancienne région lacustre, telle que celle exis tant encore à l’ouest de la méditerranée canadienne.

les eaux ont dû se retirer devant l’accumulation des krres alluviales ; le sol sédimentaire est recouvert june couche épaisse d’humus formée d'herbes décompsées ou réduites en cendres et contient, à une cerkine profondeur, les débris d'innombrables mollusques d'eau douce. Sauf dans des fonds encore mal asséchés, but le pays offre à l’agriculture des champs d’une fertlité incomparable.

Bassin de la rivière Rouge. — Nous allons visiter la

prairie, enrichie jadis par les débordements de la rivière Rouge, qui la traverse du nord au sud. Tranquille en été, emprisonnée l'hiver sous la profondeur des glaces, son flot se répandait au lcin durant la crue de printemps, accentuée par un dégel se produisant dans le midi, alors que les barrières cristallines demeuraient intactes au septentrion.

Nous empruntons d’abord la voie qu’une société de chemin de fer américaine, jalouse du monopole exercé par le « Canadian Pacific Railway », a construite dans Bi vallée avec l'espoir de s’approprier une part du trafic manitoban. Dès notre premier coup d’œil sur la carte, nous constatons que l’entreprise étrangère est littéralement enserrée aujourd'hui entre deux artères du transcontinental national; l'administration, présidée par sir William Van Horne, aurait étendu comme deux loïgts de la main pour retenir son bien.

Nous faisons d’une traite le trajet de la capitale à la ille frontière, de Winnipeg à Emerson. Pourquoi Baréter? Un champ de blé suit une prairie naturelle pu un autre champ de blé. Si les gerbes ne semblaient hs défiler devant le train en marche, ses secousses

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seules nous rappelleraient que nous avançons. Inutile de questionner les riverains, puisqu'ils ont tous les bottes maculées par une même boue, « la boue la plus fertile du monde ». C’est pour avoir des mocassin ainsi souillés que leurs prédécesseurs, des Indien Cris, sont connus sous la désignation de « pieds noirs)».

La colonisation s'étend sur une large bande en sui vant la vallée du principal cours d’eau, où la divisior des terres, d’abord effectuée suivant le système déjà décrit en ce qui concerne la région laurentine, s'est accomplie par la suite en conformité du régime cadastral appliqué dans tout l'Ouest. Sur la rive droite, le premier affluent rencontré au départ de Winnipeg est la Seine, dont les bords sont occupés par des agricul teurs d’origine franco-canadienne. Citons ensuite les rivières du Rat et du Roseau; une « réserve » indienne se trouve au confluent de cette dernière avec la rivière Rouge.

Sur la rive gauche, les tributaires sont, après l’Assi niboine, les rivières Sale et Scratching; vers l'ouest, la contrée est parsemée de lacs, vestiges de l’époque relativement récente où une iner d’eau douce recouvrait le sol: La manière dont il est sillonné de voies ferrées atteste les espérances qu'ont fait naître s fécondité. Indépendamment des trois tronçons dans vallée de la rivière Rouge, tronçons issus du du entre les sociétés du « Canadian Pacñc » et di « Northern Pacific », trois embrunchements parallèles aux lignes transcontinentales et reliés en différenk points, démontrent que les compagnies rivales entel: dent poursuivre, dans ce territoire si favorable à leur

nçons. Inutilendustrie, une lutte sans merci, Mais, des trois embrans ont tous lesthements, c’est encore celui du milieu qui appärtient la boue la plus à société américaine; l'administration Van Horn a des mocassinsridemment étendu deux autres doigts pour contrarier , des Indiens adversaire. Elle à d’ailleurs parachevé ses lignes « pieds noirs». défense et porté la lutte dans le camp ennemi, en bande en suirovoquant la construction et en s’emparant de la , Où la division@Sirection des grands chemins de fer connus sous les e système désignations de « Minneapolis, Saint-Paul & Saulturentine, Sesinte-Marie » et de « Duluth, South Shore & Atlantic». 1 régime catas@ Fnerson, la « Gate City », dont les portes s’ouvraient rive droite, lSimement au camionnage international avant l’ère de la le Winnipeg Soncurrence entre chemins de fer, est beaucoup frépar des agricuuenté par les mennonites, braves gens venus d’Alleons ensuite lune et de Russie pour fuir le service militaire par serve » indien riction religieuse, comme d’autres cherchent à s’y e avec la rivÉreoustraire par intérêt, paresse ou couardise, Très paibles et industrieux, les mennonites, que nous avons u surtout l’occasion d’observer à Morden, sur l’emranchement le plus méridional du « Canadian Pacific alway », s’assimilent d’une manière graduelle à la ipulation canadienne.

Bessins des rivières Assiniboine, Souris et Pipestone. — our aller de la frontière américaine à Morden, nous aïersons la partie inférieure du pays de la « Mougme de Pembina », massif respecté par les eaux érosion, ou crête bordant la première des trois terisses dites « Coteaux », occupant l'immense espace bnpris entre la rivière Rouge et les monts Rocheux. tlles les « Montagnes de Riding », mentionnées au Durs de notre exploration précédente. Nous n’avons

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fait aucun séjour dans les environs de Pembina, où se trouve notamment la colonie de Saint-Léon, créée par des Franco-Canadiens venus de la Nouvelle-Angleterre, Plus au nord, quelques familles belges se sont établies depuis dans une localité appelée Saint-Alphonse, et dans une nouvelle paroisse, à laquelle fut donnée en leur honneur le nom de Bruxelles, D'autres Belges, dont il est question dans les lettres de M° L. Hacault et de M' l'abbé Willems, exploitent des fermes à la Grande Clairière, près du lac des Chènes, et à Deloraine, à l’'ouc du « Whitewater lake ». Les terres avoisinant celui-ci nous ont fait une impression favorable, mai elles n'étaient point occupées par des compatriotes at moment où nous y avons passé. Plus tard, nous avons échangé avec plusieurs de ces derniers une correspon dance d’où nous croyons pouvoir conclure qu'ils on tout lieu d’être satisfaits de leur sort. Aussi bien, les hautes protections n'ont-elles pas dû faire défaut au pionniers de notre émigration agricole vers l'oues canadien, cette émigration nous ayant paru inspirer ul intérêt particulier au vénérable archevêque de Sat Boniface, feu M“ Taché, er au zélé secrétaire général dk la Société Saint-Raphaël, M° le comte Waldbott di Bassenheim.

En quittant les mennonites à Morden, où le rend ment du blé aurait atteint de 314.% à 35.% hectolitres hectare en 1893, le train nous conduit à Pilot Moui au milieu de gras pâturages, le principal lieu de cel tralisation, dans le Manitoba méridional, pour le bétl destiné à l’exportation. Nous arrivons ensuite parmil « crofters » de Killarney, dont la colonie a déjà 4

Pembina, où se@Rlobiet de notre attention, Dans ce voisinage, nous Léon, créée parrisitons des lacs très riants, fréquentés par d’innomelle-Angleterre MRhubles canards. Un Ecossais riverain, arrivé en 1889, se sont établies @Riisposait, au début, de 3,090 francs. Il exploite une {lphonse, et dans tre d'environ 129 1/2 hectares, mais son troupeau, d'une soixantaine de têtes, erre librement sur les terres ‘djacentes, qui sont encore inoccupées. Les bâtiments inraissent être bien construits et comprennent une hierie, d'où les résidus liquides s’écoulent par des conduits jusqu'aux porcheries. Le fromage de la krme s’est vendu, en 1892, à des prix variant de 13 fr. 40 c. à 181 fr. 48 c. les 100 kilogrammes. Le pre sur pied a rapporté 51 fr, 4 ce, les 100 kiloganmes., Les taxes payables dans le district par quart de section, soit 64 hectares 74 ares et 74 centiares, sélèvent à 41 fr. 20 c. du chet des écoles, plus 20 fr. i0c. pour les routes, Dans certaines autres parties de k province, les charges de cette nature, c’est-à-dire les seuls impôts directs auxquels est soumis le fermier manitoban, sont plus réduites encore.

On nous signale une jolie excursion à faire en voire, de Killarney à Glenbero, par Belmont et le Lac dés “élicans. Dans le bassin de celui-ci se trouve une lrme de 129 1/2 hectares appartenant à M'° Overend, dont l'habitation est à 12 ou 13 kilomètres du chemin le fer, Le potager, fort bien fourni, produit notamhent de superbes melons d’eau. En 1893, M° Overend à récolté, sur un champ de 44 hectares 30 ares, M8.* hectolitres de froment, soit environ 20 1/2 hectoires par hectare Saint-Alphonse est à 20 ou 25 kilohètres au nord-est de cette ferme.

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Du Lac des Pélicans à Belmont, sur le « Northemn Pacific & Manitoba Railway », le pays est relative. ment pauvre, quoique les cultures y soient nom: breuses. Par contre, il est remarquablement riche depuis cette dernière étape jusqu'à Glenboro, station du «South Western branch, Canadian Pacific Railway» immédiatement voisine de celle de Cypress River, où descendent les colons belges en destination de Saint: Alphonse. Citons une ferme à l’ouest de Glenboro et appartenant à M' Doig, membre du parlement provincial; des vents chauds et secs ont réduit à 13 1/2 hec tolitres par hectare une récolte de froment qui promet: tait, en 1893, un rendement deux fois plus considérable, Le blé est battu, dans ce district, de la manière que nous avons décrite plus haut et moyennant le mème tarif, quand l'opération s’accomplit à l’entreprise, à les gerbes sont mises en grandes meules, celles-ci sont dressées deux par deux, avec un espace intermédiaire, que vient occuper la batteuse. Eu égard à la grande sécheresse durant la moisson, le moteur, dont la force atteint de 16 à 18 chevaux, est installé à une grande dis tance de l’appareil qu'il doit activer. Cette précaution est nécessaire à raison du danger d’incendier lé machines, dont quatre furent détruites ainsi en un saison dans un même centre, Comme ailleurs al Manitoba, le combustible employé ici est la paille.

Non loin de la ferme de M' Doig, mentionnons à titre de nouvel exemple une demi-section exploitée par ul Ecossais, M' Smeaton. Celui-ci avait, en 1893, près de 65 hectares de froment; il estimait que sa récolt représentait une valeur de 5,150 francs, sur laquellel

MANITOBA ET TERRITOIRES. 301 r le « Northem rs est relative.

y soient nomiablement riche rlenboro, Station ’acific Railway) press River, où nation de Saintde Glenboro et rlement provinait à 43 1/2 hecent qui promet us considérable, la manière que ennant le mème l’entreprise, À >s, celles-ci sont e intermédiaire, ard à la grande r, dont la force \ une grande dis ‘tte précaution d’incendier les es ainsi en un me ailleurs al est la paille.

tionnons à titre exploitée par il n 1893, près de que sa récolte , Sur laquelle

urait à récupérer des frais de culture s'élevant à 1,030 francs, abstraction faite de son travail personnel de celui de sa famille, Tout en s'exprimant favoralement à l'égard de sa partie de la contrée envisagée sous le rapport agricole, M' Smeaton est entièrement nilié au système du « mixed farming » que nous wons nous-même préconisé mainte et mainte fois. flenboro possède deux « élévateurs »,

A Souris, sur la rivière de ce nom, laquelle est un iluent de l’Assiniboine, se trouvent notamment des œltivateurs gallois. Ce sont d’abord deux frères, occupant des fermes juxtaposées, Venus d'Europe huit ans auparavant, ils avaient acquis l’un et l’autre une bonne krme, des chevaux et quelques têtes de bétail, ainsi qu'un matériel d'exploitation comprenant une faucheuse et gerbeuse mécanique. Cependant, le blé étant dors leur unique production, ils se plaignaient des bas prix en cours, soit 7 fr. 8 c. l’hectolitre pour le n°1 dur, comme aussi d’un mauvais rendement pour 1893, à savoir : 8.% à 15.* hecto'itres par hectare dans l'ensemble du district. L'année s'était donc écoulée sans leur procurer äe bénéfice. Mais ils n'en demeuaient pas moins enchantés du pays. La ferme voisine à pour propriétaire M° R.-$S. Jones, qui possédait, en arrivant à Winnipeg, il y a douze ans, un capital de 3,605 francs, Dans la capitale provinciale, il contracta aussitôt un froid qui faillit le faire mourir. Quatre années s’écoulèrent sans qu'il lui fût possible de monter son mal au point de pouvoir travailler. Heureusement, safemmeétaitexceptionnellementindus- 'ieuse et capable. Après s’être assurée d’un « home-

PRES SSP IR E EEE

stead », elle réussit, avec l’aide charitable des voisins, à faire construire une habitation des plus primitives et à mettre en culture une certaine quantité de terre, Le sort de la famille, dont le chef était souffreteux et les! enfants en bas âge, tandis que la bourse commune sel trouvait épuisée, fut extrêmement pénible durant les! premières années. Mais aujourd’hui, les mêmes gensi ont une demi-section de 129 1/2 hectares environ et exploitent une autre demi-seciicn louée Ils habiten

une maison confortable, possèdent des chevaux et 30 têtes de bétail, dont plusieurs vaches laitières, confiées aux soins des filles de M° Jones. Celles-ci venden

du beurre à raison de 2 fr. 27 c. à 2 fr. 82 c. le kilo

gramme. Sans doute, la famille en cause parait avoi

des qualités de nature à assurer partout son succès;

mais le fait d’avoir pu surmonter autant de difficulté,

tout en s’assurant rapidement une position aisée}

mérite aussi d’être rapporté à l'avantage du pays.

La Grand Clairière offre désormais pour nous ui intérêt particulier en raison de ce que des Belges: sont établis; elle se trouve à une trentaine de kil mètres de Souris en amont de la même rivière, doi le cours à cet endroit est incliné dn sud-ouest au ncri est. Une voie de raccordement entre ies deux embra chements presque parallèles du « Canadian Pacif Railway » suit la vallée de ce cours d'eau. Nous prof tons de la circonstance pour regagner rapidement 4 « Pembina Branch ». A Deloraine, aatre localité où dé compatriotes ont élu domicile depuis notre voyag trois « élévateurs » sont disponibles pour l’emmagiif nage du grain récolté par les fermiers du distri

ble des voisins lus primitives et tité de terre, Le ouffreteux et les rse Commune sel nible durant les les mêmes gensk tares environ et 1iée Ils habitent des chevaux et es laitières, conelles-ci vendent fr. 82 c. le kilouse parait avoil out son succès; t de difficultés, position aisée, re du pays.

s pour nous ul ue des Belges | entaine de kilo me rivière, doul d-ouest au ner

es deux embraï

anadian Pacil eau. Nous prof ir rapidement | re localité où dé s notre voyag our l’emmagisif iers du distric

Nous causons avec un docteur Tormalin, originaire du Northamptonshire; il s'exprime d’une manière enthousaste à l’égard du climat manitoban.

Entre Deloraine et Melita, distante de 50 kilomètres environ vers l’ouest, la prairie est tantôt cultivée, tantôt moccupée. La terre ne parait pas être remarquable comme fertilité. À 6 ou 7 kilomètres de Melita, nous trouvons un jeune homme de Northampton qui vient d'acquérir un quart de section, de préparer une parcelle à mettre en froment, de construire une hutte pour lui-même et une bonne écurie pour son bétail. Pendant l’année précédente, il avait travaillé dans le voisinage pour un fermier qui dit beaucoup de bien du district; mais on assure d'autre part que le sol y est

| trop léger, à telle enseigne qu’en main: endroit toute

culture sans engrais serait hapossible. Citons quelques alaires recueillis dans nos notes sur la localité

maçons, 20 fr. 60 c. par journée de dix heures; aides maçons, 40 fr. 30 c.; menuisiers, 10 fr. 30 ec. à 145 fr. #5 c.; mais il va de soi que les occasions d’être

Lemployés doivent être rares pour ces gens de métier.

Les bons ouvriers agricoles reçoivent pendant les deux tiers de l’année 198 fr. 75 c. à 154 fr. 50 c. par mois, plus la pension. Durant la morte-saison, ces ouvriers doivent travailler pour la pension seulement où s'engager comme bûcherons moyennant des condiions peu lucratives.

Nous avons sous les yeux les récits de voyageurs

| consciencieux et capables qui ont franchi en voiture les | 88 1/2 kilomètres entre Melita et Souris. Ils à 1pportent

que sur presque tout le trajet, la terre parait être

bonne; beaucoup de fermiers brüûlaient leur foin; par delà Souris, les bâtiments de ferme sont importants et bien construits. Dans une exploitation, on procédait anl battage de la récolte de blé, dont le rendement était de 20.% hectolitres environ par hectare. Le sol devient plus léger aux approches de Brandon.

Pour rejoindre la ligne maitresse du « Canadian Pa. cific Railway », nous sommes parti à cheval du vois nage de Meiita en nous dirigeant vers le nord; arrivé près des sources de la Pisestone, nous avons suivi h vallée de ce cours d’eau jusqu’à Moosomin. La prairie était asse” ‘léserte, mais elle nous à semblé ne rie iaisser à désirer comme fertilité. L'une des premicresi fermes où nous fimes ñalte Gtait occupée depuis trois saisons par un artiste peintre londonnien, vivant appa remment heureux avec sa vieille mère dans un «log house », dont les murs étaient ornés des œuvres du propriétaire. À notre humble avis, ce gentleman, dont nous tairons le nom, est loin d’être dépourvu de talent: néanmoins, il s’est livré avec enthousiasme aux rudes travaux des champs; c'était déjà un agriculteur pas sable, conime l’attestaient de belles récoltes de fromen' et d’autres céréales environnant sa modeste demeure. Dépourvu de capital, cet homme des villes s’étai établi sur un « homestead » isolé et avait empruntik d'une société locale, probablement la « North Wei Lang Company », une somme de 2,575 francs, dont il espérait pouvoir rembourser une partie dès la moissol prochaine. Sa tâche la plus dure, nous disait-il gaie ment, était d'aller aa loin dans la prairie, après le labeurs de la journée, pour rechercher ses deut

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pée depuis trois en, vivant appa- > dans un « log des œuvres du entleman, dont ourvu de talent:

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s villes s’étai avait emprunt « North We » francs, dont il dès la moisson s disait-il gaie.

irie, après les her ses deuf

beufs, partis en quête de pâturages inconnus. Il fallait encore traire la vache, soigner la volaille, faire le beurre et casser constamment la glace des abreuvoirs durant les froidures. Cependant, cet intéressant colcn sestime plus heureux en produisant du pain qu'en faisant des tableaux pour ses contemporains.

Nous couchons sur des peaux de « cayote » ou loup des prairies, dans l'habitation hospitalière d’un agent dela «North West Land Company ». Notre sommeil est troublé par suite d’une fugue ou «stampede » du bétail, efrayé par quelque animal rôdeur. Les belles vaches de notre hôte s’échappent du « corral » et se livrent à we course folle dans les champs de froment, d’où nous ne parvenons à les chasser que pour leur voir piétiner les gros légumes et les pommes de terre du potager. Qui n’a point été acteur dans une scène sem-

blable ne connaît pas vraiment la colère.

Avant de prendre le train à Moosomin, nous allons voir tous les « crofters » &tablis dans le voisinage par h grâce de lady Cathcart, qui, décidément, a fait des

eureux, sans avoir grande chance de leur voir rembourser de sitôt ses avances de fonds.

Brandon. — Ce n’est pas sans un certain plaisir que nous reprenons place dans l’un des confortables

be pullman » du « Canadian Pacific Railway ». Nous

étudions, avec l'intention de contrôler l'exactitude des

d'enseignements qu'il contient, un petit guide détaillé

que la société du chemin de fer met à la disposition des voyageurs. Satisfait de notre examen, nous utilisons la brochure comme aide-mémoire pour achever 108 notes sur la section du pays avoisinant la voie

principale entre le Portage-la-Prairie et Brandon, Les stations se succèdent à des intervalles de 8 à 13 kilo. mètres sur le parcours que nous venons de désioner: plusieurs ne sont que des gares isolées dans la cam pagne, mais d’autres se trouvent entourées de beaux villages où se dresse presque toujours un massif « élévateur », flanqué parfois d'une iminoterie. Après avoir passé par Burnside et Mc Gregor, nous traversons une région de taillis, d'étangs et de petits cours d’eau; nous y distinguons quelques fermes d'élevage et de cultures variées. La voie monte ensuite une rampe sablonneuse entre Austin et la plaine de Carberry. De Sewell, nous redescendons dans la vallée de l’Assiniboine. A Chater vient aboutir le « Great North-West Central R’y », déjà exploité jusqu’à Ha! miota et apparemment destiné à être prolongé jusqu'à Prince-Albert. Logiquement, ce chemin de fer devrait s’amorcer à Brandon, soit à 9 ou 10 kilomètres vers l’ouest de Chater; mais l’on conçoit sans peine quelle influence a pu le détourner de son tracé normal, eu égard au fait que Brandon est le point terminal de h ligne manitobane du « Northern Pacific R’y ». |

Au recensement de 1891, Brandon avt une popu: lation de 3,778 habitants, mais ce chiffre est porté à 5,400 ‘d’après des informations de source plus récente, Bien qu’elle n’ait que treize années d’existence, la ville cornprend quelques larges artères éclairées à l'électricité et bordi?s de Du un. nts construits avec ul certain luxe, Cest ur agpionioration occupant ui site relativem ut ele: 35: mètres au-dessus dif niveau de la mer) où s’est ©: : iralisé le commerce de ES

t Brandon, Les s de 8 à 13 kilo.

ns de désioner:

es dans la cam urées de beaux Jurs un massif 1inoterie. Après or, nous traver de petits cours ermes d'élevage ite ensuite une \ plaine de Car dans la vallée utir le « Great ité jusqu’à Ha rolongé jusqu'à n de fer devraiti kilomètres vers ns peine quelle acé normal, eu t terminal de là R’y ». | ivait une popihiffre est porté e source plus ées d’existence, ères éclairées à astruits avec ul 1 occupant ul

région, Brandon est, en effet, le principal marché au roment du Manitoba ; on y compte cinq « élévateurs », un moulin à farine et une scierie. Celle-ci appartient à in Écossais, M° J.-A. Christie; elle possède, comme tous les établissements similaires du Canada, un matériel remarquable sous le rapport de l’économie réaliser sur la main-d'œuvre. Les troncs, généralement d'épinette blanche, y sont amenés d’une distance d’environ 1,287 kilomètres par flottage sur l’Assiniboine. la scierie demeure en activité durant plus de six mois et peut produire annuellement 1,967,213 mètres (1). | Le prix des planches sciées brutes est en moyenne de % fr. 12 c. les 100 mètres (?) au détail et de 31 fr. 40 c. au gros. Le rabotage coûte 3 fr. 14 © par i00 mètres ("). Des bardeaux sciés de cèdre sont reçus de la Colombie britannique à raison de 11 fr. 9 c. en gros et de 20 fr. 60 c. en détail par mille pièces.

Nous avons souvent eu l’occasion de citer des résultats obtenus par le service fédéral des fermes d’expériences. L'un de ces établissements, dépendance manitobane du « Central Experimental Farm », à Oltawa, occupe, tout à côté de Brandon et à proximité du chemin de fer, une propriété d'environ 253 heclares, comprenant des terres basses bordant l’Assiniboine, ainsi que les hauteurs riveraines. On y trouve à h fois des pâturages fertiles voisins de l’eau, un riche

L lumus mélangé de sable sur lesondulations adjacentes, à un sol plus léger sur les versants, voire du sable et du

au-dessus du

ommerce de 14e

{) Mesure de planche : largeur, 0305; épaisseur, 25.59%5 millimètres.

gravier dans certains creux ou ravins et, enfin, sur les plateaux, une bonne terre représentant bien celle de la plupart des districts produisant le plus de froment dans la province.

L'exploitation, commencée en juillet 1888, sous ll direction de M° Bedford, eut pour objet de rechercher les meilleurs procédés de culture et de faire des expé. riences portant sur des récoltes de céréales, de plantes fourragères, etc. Il est intéressant d'analyser Îes rap. ports les agronomes officiels sur les circonstances atmosphériques qui ont affecté leurs opérations durant une saison déterminée, soit celle de 1892.

L'ensemencement, commencé sur cinq petits champs de grain à la date du 6 avril, ne put être poursuivi activement qu’à partir du 14 de ce même mois, c’est-à-dire une semaine plus tard qu’au cours d’une année moyenne, Le 26 avril, presque tout le blé étant en terre, la température redevni froide et une épaisse couche de neige est venue recouvrir le sol de manière à rendre impraticables tous nouveaux semis jusqu'au 7 mai. Dès lors, le temps demeura favorable et la croissance fut rapide jusqu'à la fin de jun. Le 30 de ce mois, le mercure descendit à —19°1 C.; beaucoup de légumes délicats eurent à souffrir, et la verdure du froment et de l’avoine fut déco: lorée. Cette gelée et deux semaines de grande sécheresse qui lui succédèrent ont sans aucun doute affecté la croissance de la tige des céréales, dont h paille fut exceptionnellement courte dans le nord et le centre de la pri vince. Du 15 juillet au 20 août, le temps :. été en tout point favorable aux récoltes ; mais, du 20 au 29, la chaleur était excessive, de manière que k orain arrivant à maturité n'eut pas le temps de se bien remplir. Beaucoup de ce grain, surtout dans les champs négligés et envahis par les mauvaises herbes, fut plus ou moins flétri et ne donna qu'un faible rendement. Ces seulement le 13 septembre que survinrent des gelées suffisantes pour nuir aux céréales, celles-ci étant alors toutes rentrées sur la ferme, deux petites parcelles exceptées.

Bien que le rendement dans la province pour cette année ait été en des sous de la moyenne, la qualité du blé est excellente, tous les experts étui unanimes à déclarer qu'il surpasse, au point de vue meunier, la plupart ds

moltes précédentes. Dans les circonstances ainsi rappelées, voici quels ont s et, enfin, sur &éles rendements obtenus sur la ferme : ntant bien celle Froment « red fife » sur sol d’humus argileux semblable à celui exisplus de froment pen la vallée de a PRIE Rouge; paille ny Inpuenr de “ tige, 057; longueur de l’épi, 0087; parvenu à maturité le 30 août, soit 132 jours après les semailles; poids, 76.1° kilogrammes par hectolitre ; A 1888, SOUS la @rndement, 36 hectolitres 29.7 kilogrammes par hectare (1). : de rechercher Froment « red fife » sur sol d’humus noir : paille raide; longueur de la ige, OMO91 ; longueur de l’épi, 0m076; parvenu à maturité le 30 août,

faire des expé.

Ah wit 130 jours après les semailles ; poids, 73.98 kilogrammes par hectolitre ;

‘ales, de plantes lalyser ies rap.

S circonstances Jérations durant

rndement, 33 hectolitres 73.91 kilogrammes par hectare (?). Froment « red fife » sur sol d’humus léger, terre haute de la prairie; mille raide ; longueur de la tige, 0"889 ; longueur de l’épi, 0"077; par-

tenu à maturité le 27 août, soit 124 jours après les semailles; poids,

145 kilogrammes par hectolitre; rendement, 21 hectolitres 74.5 kilogrmes par hectare (5).

Avoine, variété « Banner », paille raide: longueur de là tige, 12473; ip de 0254; parvenu à maturité le 27 août, soit de 100 à 118 jours après les sumailles; poids, 41.%1 kilogrammes per hectolitre ; rendement, k73. hectolitres par hectare.

ps de grain à la date tir du 14 de ce même ’une année moyenne,

empérature redevini Has à 4 R . .

j d r k Orge, variété « Goldthorpe », paille très raide; longueur de la tige,

rrir le sol de manière nQA déc NPA TER s

W864 ; longueur de l’épi, 0"076, épi à deux rangs de grains; parvenu à

7 mai. Dès lors, ls de ; “e : : à à 43 1:

à maturité le 3 septeiabre, soit 106 jours après les semailles ; poids, 63.9? kisqu à la fin de juin. EL Ne : ; k AM À +

grammes par hectolitres rendement, 60 hectolitres 37,7% kilogrammes

eaucoup de léguns se.

: par hectare.

de l’avoine fut déco: ie : ; p

du Orge, variété « Odessa », paille raide ; longueur de la tige, 0M864 ; lon-

se qui lui succédèreit Ne site UN k sn

q ni guur de l’épi, 0"127, épi à six rangs de grains; parvenu à maturité

es céréales, dont la | : à , è ARPINERT : k 19 août, soit 91 jours après les semailles; poids, 63.9 kilogrammes par e centre de la pro. Louis SR | pectolitre ; rendement, 40.4? hectelitres par hectare. Surrasin, pvenu à maturité le 17 août; rendement, 46.%5 hectolitres

par hectare.

point favorable aux , de manière quel n remplir. Beaucoup his par les mauvaises le rendement. Cest | ; | . | Première récolte sur terre vierge, semoir ordinaire, 15.7 décalitres de

iffisantes pour nur : AE

; 1] &mence par hectare: 0.125 kilogramme de sulfate de cuivre par hectoferme, deux petites LE ; , le de semence pour empêcher la rouille.

( Terre en jachère durant l'été précédent, semoir à pressoir, 13.1 déca-

hnnée ait été en des: litres de semence par hectare. ous les experts Cia | Semoir ordinaitw, 15.7 décalitres de semence par hectare.

inier, Ja plupart des

Maïs, récolté à l’état vert comme fourrage; rendement, 61 tonnes 700 kilogrammes par hectare.

Nawvets, semés le 30 mai; ,endement, 68 tonnes 588 kilogrammes pari hectare. | Navets, semés lo G juin; rendement 44 tonnes 87 kilogrammes par hec tare. ‘ Betteraves fourragères et saccharines, semées le 30 mai : Variété « Gaïe post » ou « long red »; rendement, 98 tonnes 271 kilo grammes ; Variété « Klein Wanzleben » (Vilmorin)}; rendement, 42 tonnes 337 kilogrammes ; Variété « Brabant » (Vilmorin); rendement, 28 tonnes 875 kilogrammes; Carottes, semées le 30 mai; rendement, 31 tonnes 96 kilogrammes; | — — G juin; — 19 — 48 — Pommes de terre, rendement, 372 hectolitres par hectare,

Il va de soi que toutes les variétés de chaque espècel de céréales et de légumes sont soumises à des essais comparatifs, destinés à permettre de déterminer celles de ces variétés qui conviennent le mieux au pays.

L'opinion est accréditée parmi beaucoup de colonsg que le fait d’engraisser les terres a pour conséquence de retarder la maturité du froment; aussi des milliers | de tonnes d'engrais sont-elles brûlées ou déposées sur la glace des rivières pour être emportées au dégel par! les courants. La direction de la ferme s'est donc livrée,

dans le but de réagir contre une pratique aussi absurde, Law] à des expériences dont voici les résultats : J Froment « red fife », semé le 25 avril (4) : | Longueur Date Rendement Préparation du sol, de paille, de maturité, par hectare, 44.575 tonnes de fumier frais par HAGLPS ‘0 eo vx 0775 19 août 18.52 hectolitres 44,875 tonnes de fumier décom- d posé par hectare . , . . 0725 19 — 18.1» ri Pas de fumier + : , , …. 0775 24 — 18.5? D | (!) Sur chaume de froment labouré au printemps, le sol étant d'hunisé;

mêlé de gravier.

MANITOBA ET TERRITOTRES, 371

lement, 6 EL à | nement, GE ton On a examiné quel pouvait être, quant au rendement,

let d’un saupoudrage de phosphate de chaux mélangé de sel sur le blé dans sa première croissance. Jais les épreuves n'ont pas été concluantes, à raison dune grande sécheresse suivant immédiatement l’opéntion. La production a été supérieure dans les champs taités au sel, avec la moindre proportion de phosphate. Les agents chimiques n’ont en rien avancé ni reculé la es 875 kilogrammes: hte de maturité.

96 kilogrammes ; Dans le cas du froment, la direction de la ferme se NE Lt prononce fortement en faveur des jachères d'été, suires d'un labour de printemps. Aucun fermier dans l'Ouest ne devrait dépendre exclusivement des récoltes ur labours d'automne, la terre ameublie à cette saison

88 kilogrammes pa kilogrammes par hocd

) mai :

. 98 tonnes 271 kil

idemernt, 42 tonnes

chaque espèce ses à des essais

terminer celles, VAR TIRE PR :

levant nécessairement perdre, par évaporation, une

IX AU pays. de an DAY grande partie de son humidité avant le printemps, de

:oup de colors ,

manière que le grain souffre trop de la sécheresse Ir" conséquence ssi des milliers ju déposées sur

en été.

Hectolitres par Date de héctare. maturité,

es au dégel par | + Red fife », sur labour de printemps, bst donc livrée rendement . , . . . ,. . . . 5 hectol. 22.45 kilog. 20 août.

D © LE -Red fife », sur labour d'automne, rendeaussi absurde, é HONG, UE pe EU un à à 19 BB —

S ; «Red fife », sur jachère d'été (avec labour de printemps), rendement . . . . 34 — ,32.18 — 30 août.

Kendement par hectare,

En 1891, de grandes pertes ont ét essuyées à raison de ce que beaucoup de froment était niellé;'les expé-

ta lences prouvent que le sulfate de cuivre, dans la 8.7? are

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