‹ Le Canada [microforme]Chapitre 2 sur 5 · PORTE RENE TENTE RENE · texte numérisé non relu

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instituteurs par a commissaires d’écolés élus par les'contribuüables.

Armée. — Il n’y a pas d'armée, la poliée suffit au maintién de l'ordre. Il n’y a pas de service militaire.

L'Instruction y est aussi répandue qu'en France; il y a des écoles partout, de nombreux collèges et plusieurs universités.

Impôts. — Le gouvernement ne mel aucun impôt sur les propriétés ; il n’y a de taxes que pour l’entretien des écoles et des municipalités.

Les voies dé communication existént dâns toutes lés parties du pays; les routes, lés chemins de fer, les cänaux, pénètrent partout.

Les Postes sont très bin organisées; dans châque paroisse il y a un bureau de poste; pour l’Europe ét la France, il y a deux ou tro’s départs par semaine.

Réligion. — La religion catholique est celle de la majorité. L'Eglise ét l'Etat sont sépärés à peu près comme én Belgique; les catholiques soutiennent eux-r..êmes leur clergé; l'Etat ne le paye pas. Chaque paroisse possède son église'et la construit à ses frais.

Agriculture. — La province de Québec est un pays agricole; sa superficie est égale à celle de la France, maïs il y en a à peine la dixième partie occupée. Chaque famille de cultivateurs possède en moyenne une ferme de 400 acres ou 40 hectares.

Le paysan qui vendrait sa terre en France pourrait r:. acheter une au Cañada de plus grande étendue et aussi fertile. 11 vivrait heureux et avec moins de soucis. On peut évaluer le prix dés terres en labour dañs la province, à environ £5 20 ou 100 frs l'acre de 49 ares; soit 250 frs l’hectare; le terrain boisé se vend généralement depuis $ 2,10 frs à 50 frs l’hectare, suivant la proximité des villes. Les terres boisées du gouvernement valent de 6 à 40 frs. On conseille aux Français d’acheter des propriétés dont le quart est en labour et le resteen boïs; le défrichément est ass=z dur et ne convient qu'aux Français qui y sont habitués. Il y a à vendre un grand nombre de propriétés à moitié défrichées, avec une petite maison, grange et écurie.

Les terres sont boisées en sapins, cèdres, érables, mérisiers, ormes, pins, etc. Les bois durs, comme l'érable, indiquent une terre plutôt légère que foïte, propre à la culiure du blé; le cèdre est LIAGICe d'un terrain humide, 'e bois mêlé d’un terrain ordi-

Capital. — Le capital nécessaire pour s'établir en Canada est de 5,000 frs au moins ; cependant, les familles composées de plusieurs garçons en état de travailler peuvent réussir avec une { moins forte somme. On peut se faire une idée du capital qu'il faut à un colon, d’après les prix de la terre donnés plus haut, | en y ajoutant 1,500 à 2,000 frs pour une maison, et 1,000 à 1,500 | frs pour l'achat d’un cheval, vaches, instruments d'agriculture, |

. provisions pour la famille, etc. Ainsi une terre de 20 hectares, dont 8 hectares défrichés, coûtera en moyenne en Canada 2,000 frs pour la terre en labour; 300 frs pour les 12 hectares en bois, | 1,500 à 2,000 frs pour la maison, soit en tout 3,800 à 4,300 frs payables généralement la moitié comptant et le reste avec un |

délai de plusieurs années, en payant l'intérêt à 6 °). Les prix |

varient en plus ou en moins, suivant la proximité des villes ou villages et la valenr des bâtisses.

Prix du bétail. — Les chevaux valent de 4 à 500 frs, les vaches 125 à 175 frs chaque, les moutons de 15 à 30 frs, suivant la race.

Prix divers. — Les prix des outils, des instruments d’agriculture et des machines sont moins élevés qu’en France; il ne sert à rien d'en apporter avec soi. Le pain vaut 13 centimes la livre, la viande de boncherie 30 à 60 centimes, les pommes de terre de 5 à 7 frs l’hectolitre, le beurre 90 centimes, la farine 20 frs par 8 kilogs, et le reste en proportion. Les prix des draps, Î habits, linge, chaussures ne sont pas plus élevés qu'en France.

La livre en Canada vaut 454 grammes, l’acre 40 ares, le gallon 4 litres 1/2.

Le bois de chauffage est presque pour rien &ans les campagnes près des forêts. |

Le Commerce et l'Industrie depuis quelques années se sont | développés considérablement, mais nous ne conseillons pas aux étrangers de ‘s’y livrer avant d’avoir passé un ou deux ans en Canada et de connaître le pays. Les chutes d’eau scnt nombreuses, les facilités très grandes, mais il y a quelques changements avec l’Europe dans les procédés et les usages.

Ouvriers. — Les salaires ne sont pas plus élevés qu’en | France, et généralement les ouvriers du pays suffisent. Nous ne conseillons donc pas aux ouvriers de venir au Canada, à moins qu’ils n'aient quelque argent pour acheter une petite ferme qu'ils culliveraient tout en exerçant leur métier. Nous ne voyons d'avenir assuré que pour les cultivateurs. Les garçons de ferme |

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peuvent se placer pour ? frs 50 à 3 frs par jour et la nourriture. L'émigrant sans argent ne réussit pas.

Climat. — Le climat du Canada est très salubre, et la longévité y est très remarquable. Au lieu de pluie, c’est de la neige qui tombe pendant l’hiver qui est plus froid qu’en France; l'été est un peu plus chaud. La moyenne de la chaleur en été à Montréal est de 17° 5 centigrades et à Paris de 16° 9. La neige qui couvre le sol en hiver protège les prairies, le blé semé l'automne et fournit des chemins magnifiques pour l'exploitation des forêts.

Districts de colonisation, — 11 y a dans la province de Québec trois grands districts de colonisation : les cantons de l'Est, les cantons du Nord et de la vallée d'Ottawa, les comtés des environs de Montréal; les deux premiers districts renferment plusieurs millions d'hectares de terre non encore occupés, le troisième dont les terres sont en partie occupées depuis longtemps, convient surtout aux émigrants à l’aise qui, possédant des capi-

. taux, désirent acheter des terres en parfait état de culture, sans

faire de défrichements, et veulent s'établir à proximité des grandes villes. Dans la province d'On!ario, les comtés de Prescott, Russell et Essex conviennent aussi trés bien aux émigrants français, sinsi que plusieurs autres parties du Canada.

Produits de l’agriculture, — La province de Québec produit la plupart des fruits d'Europe, raisins, pommes, poires, cerises, prunes, groseilles, etc., tous les grains, blé, orge, avoine, maïs v poussent en abondance; le foin, le tabac dont la culture est libre; les pommes de terre donnent d’abondantes récoltes et leur culture donne de hons profits.

Temps pour émigrer. — Le meilleur moment pour venir en Canada est pendant l'été, du mois de Mai au mois de Novembre; cependant ceux qui désirent cultiver de suite leurs terres feront bien de venir vers la fin de Mars ou au commencement d'Avril.

Voyage. — Il n’est pas besoin de passe-port. Le voyage de France en Canada se fait en 9 ou 10 jours. On s’embarque au Havre pour New-York, par la Compagnie Transatlantique, départ tous les samedis. De New-York on se rend à Montréal par les Cies du Delaware et Hudson et Vermont Central (*).

(*) Les Belges et les Allemands passent par Anvers et arrivent directement à Halifax, Québec ou Montréal.

Noûs conseillons aux émigränts de se rendre directement à Montréal et en arrivant en cette ville d'aller trouver le secrétaire de la Société de colonisation française, M. A. Boësrd, 19, rue St- Jacqués, qui leur donnera gratuitement tous les renseignernélits.

Monnaie du Canada. — Les immigrants feront bien, avant de partir de Frañce, de Chän. er léur argent contre des traites ou dés lettres de crédit payables en Caïada, ou des mandats sur la

‘poste délivrés par les bureaux français. L'unité de monnaïe en

Canada est la piastre ou dollar dont la valeur est de cinq francs (elle vaut un peu plus, généralément 5 ‘frs ‘15); la pirsire est divisée en cent parties appelées cents ou sous.

Les capitalistes trouveront à placer avantageusement leurs capitaux 4h Canada en toute sécurité; le taux de l'intérêt sur première hypothèque est de 6 °L; le gouvernement, dans ses caisses d’épargnes, donne 4 °/, aux déposants.

La natufalisation canddienne s'oblient après trois ans de séjour. Les étrangers jouissent de tous les droits des habitants äu pays, mais ils n’ont droit de vote qu’au bout de trois ans.

La péche et la chasse sont libres, les rivières sont poissonnéuses et le pays giboyeux.

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