ABRÉGÉ D'HISTOIRE DU CANADA
L'Histoire du Canada embrasse tant d'événements si extraordinaires, que ça n'est pas tâche facile que celle imposée à l’auteur, de donner un récit fidèle de ce passé, quand il est à ce point limité dans son œuvre. Il doit se borner à passer en revue, les principaux événements ct les personnages les plus marquants, indiquer aussi succinctement que possible leur influence, sur la formation de son histoire et la marche des événements.
L'Histoire du Canada peut se diviser en trois périodes : la première couvrant la découverte et l'exploration du pays; la seconde, son occupation et sa colonisation par les Français ; et la troisième, son développement, comme partie de l'Empire britannique.
1ère période —Découverte et exploration du Canada.
Les ouvrages des savants Norvégiens ont démontré, dans ces dernières années, leur valeur, au point de vue historique, « Les légendes de Vinland et du fils de Leif Eric sont intimement liées avec l’histoire authentique de la Norvège et de la Terre de Glace.” Depuis les savants du dix et onzième sciecle, rous avons le récit de plus récents voyages de découvertes sur les côtes nord-est de ce continent, L'émigration de la Norvège après In bataille navale de d'Hafursford, en 872, donna, en quelques aunées, à la Terre de Glace, une population de 50,000 âmes. De ce nombre, un colon, du nom de Gunnbjorn, qui en 876, fut poussé par une violente tempête sur les côtes de Groénland, où il passa l'hiver avec son équipage, revint à la Terre
de Glace, le printemps suivant. L'histoire de leurs aventures
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défrayèrent, pendant de longues années, les soirées passées au coin du feu, sur la Terre de Glace, et après un sciècle, Erie le Rouge, mis hors la loi, pour avoir tué un voisin, dans une bagarre, songeu à employer ses années d’exil, à la découverte des terres de l’ouest, témoins des avantures de Gunnbjorn. Il partit de la Terre de Glace, en 983, et, dans l'espace de trois ans, il explora le sud-est du Groënland et, contournant le cap Farewell, avait aussi exploré la partie ouest, quand il découvrit dans une de ces baies profondes, un endroit propice pour sy fixer. De retour à la Terre de Glace, il se fit si bon agent d'émigration, qu’il partit bientôt après avec 25 vaisseaux, I] fut assailli par de violentes tempêtes et perdit la moitié de sa flotte. Le reste des navires ayant quatre à sonnes à bord, arriva sain et sauf à ment de la colonie fut couronné cents ans les descendants v
cinq cents perdestination. L'établissede succès et, pendant quatre écurent et travaillèrent en harmonie, sut la partie ouest du littoral auquel Eric donna le nom de Groënland. Durant plusieurs années des communications s'échangèrent constamment entre les colons et l'ile mère. Au
nombre des Compagnons d'Eric, fut un certain Her
juif, qui, dans une certaine circonstance, vint à l'ile de Glace pour y faire un long séjour. Son fils, Bjarni, eut aussi l’idée de tra-
verser à l'ile de Glace pour ÿ voir son père. À son arrivé, il apprit que son père était reparti, pour le Groënland : mettant à la voile après lui, Bjarni fut emporté par les vents contraires loin dans le sud, abordant après plusieurs jours, sur une terre inconnue. [l retourna dans le nord, et huit ou dix jours après découvrit la fameuse baie sur les côtes du Groënland, Naturellement il s'éleva beaucoup de conjectures au sujet de cette terre inconnue découverte par Bjarni, et quelques années plus tard, Leif. fils d'Eric, fit voile, durant l'été de l'an 1000, vers le sud, et nbordn sur une terre stérile et presque entierement couverte de pierres plates, Cette terre fut surnommée Helulind ou terre d'ardoise. Continuant son voyage d'exploration, il découvrit une autre terre boisée.
Il donna a ce littoral, le nom de Markland ou
Terre à bois, De là, il reprit la mor, ot poussé par un vont de nord-est, une terre
se présente à sa vue. Cottoyant le littoral, il se trouve en face d’une grande nappe d’eau reliée à la mer per un bras de riviêre. Entrant dans le lac, il se décida à y passer l'hiver, et, comme l’un de ses matelots avait trouvé du raisin en akc 1dance, Eric nomma l'endroit, Vinland, (Terre à vigne) et y passa l'hiver, retournant au Groënland, l’année suivante, avec une cargaison de bois.
Ainsi furent ouvertes les premières communications avec une terre boisée, jusqu'au printemps de 1007, alors que Thorfinn Karlsefni résolut d'établir une colonie à Vinland, et fit voile en conséquence. La colonie, cependant, fut loin d'être prospère et les survivants reprirent la route du Groënland, en 1012. Le Dr. Storm, (l'autorité la plus compétente), conclut, après de consciencieuses recherches, que Vinland n'était autre que cette partie du Canada, connue sous le nom de Nouvelle- Ecosse et que ces voyageurs Norvégiens, après avoir fait voile le long des côtes du Labrador et de celles de Terreneuve, traversèrent le détroit et tentèrent de coloniser l’Acadie,
Les résultats pratiques de ces premiers voyages d’'exploration furent de peu de valeur. Seuls, les Norvégiens eurent connaissance de ces découvertes; mais le sud de l'Europe n'ayant presque pas de communication, avec les pays du nord, ignora longtemps l’existence du nouveau continent,
Ce n’est que plus tard, que Jean et Sébastien Cabot, père et fils, après avoir obtenu une commission d'exploration de Henri VII, firent un voyage de découverte, en faisant voile vers l'ouest et découvrirent de nouveau Vinland,en 1497, abordant, comme il a été clairement établi, au Cap Breton. L'année suivante, Sébastien Cabot fit un autre voyage faisant voile, vers les hautes latitudes, dans ie but de trouver un passage dans le nord-ouest, pour les Indes. Lors de ce voyage il fit voile vers le nord, jusqu’au d'étroit de l'Hudson.
Stimulé par son exemple, Gaspard Cortéréal, gentilhomme portugais, cotoya le littoral de la mer de l'Est, en face du pays maintenant appelé Canada depuis les détroits de l'Hudson,
(qu'il surnomma Ria Nevado, la “Rivière de Glace ”), jusqu'à
la baie de Fundv.
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Il explora partiellement, dit-on, le golfe de Saint-Laurent, mais il n’est resté aucun rapport du résultat de cet exploration.
L’Angleterre et le Portugal s'étant ainsi mis par ces voyages d'exploration, avec le Canada, la fut pas lente à marcher sur leurs traces,
La date probable de la première expédition française au
Cap Breton, est 1504 Le navigateur français Denys explora le golfe Saint-Laurent, en 1506.
en rapport, France ne
Depuis lors, les riches Bancs de Terreneuve et du littoral
au Golfe furent l’aimant qui attira sur nos rivages les hardis
pêcheurs Bretons, Basques, Normands et ceux de l’ouest de l'Angleterre,
Le Cap Breton, dont le nom figure sur les cartes de géographie primitives, vient du nom des pêcheurs Bretons, qui ont toujours conservé depuis la vieille coutume de donner des noms de leur pays d'origine, à ce continent.
Aucun des voyages ainsi entrepris, n'avait pour but la colonisation du pays. Il était réservé à la France de faire la première tentative dans cette direction, quand, dans l’année 1518, le baron de Lery prépara une expédition, avec ce projet en vue. Malheureusement, les destins ne se montrèrent pas propices à cette entreprise, et si l’on excepte le débarquement de quelques chevaux, sur l'Ile de Sable, où ils se sont grandement multipliés, et ont formé des troupeaux de chevaux de
prairies, jusqu'ici, rien n’a été accompli.
La France n'avait encore rien accompli, soit en fait d'exploration où conquête, pour s'assurer quelque portion de ce continent sans bornes, dont la ricliesse emplisait les coffres-forts de ses rivaux, et François Ier résolut de reclamer sa part des dépouilles, “ Les rois d'Espagne et de Portugal,” s'écriait-t-il, vont-ils se diviser l'Amérique entr'eux ? “ Je clause dans le testament du père Ad mense héritage,”
voudrais voir la am qui leur lègue cet im- Sous sa direction, en conséquence, en 1524, Verrazano, un Florentin, fut envoyé de l'avant. Il visita les côtes des Etats {Tnis, depuis la F
loride jusqu'au 50ème dégré de latitude nord, à; arbora ]
e drapeau français, dans toutes les contrées précédemment explordes
par les Cabots, et appela
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“ Nouvelle-France,” les pays qu'il avait aiusi visités et annexés. Les réclainations rivales qui surgirent, après ces conquêtes, furent les principaux griefs de cette guerre longue et sanglante qui sévit entre la Grande-Bretagne et la France, pour la possession de cette magnifique région au delà des mers, et qui décida, en même temps, de la suprématie maritime
Telles furent les premières tentatives faibles et incertaines faites, pour fonder une colonie, sur les côtes de l’Amérique Britannique du Nord, jusqu’à la fin du premier quart du seizième ciècle, sans que rien de pratique ou permanent n'ait été accompli.
2ème période. — Prise de possession et colonisation par les Français
En l'an 15:34, quand la France se fut un peu remise des désastres essuyés pendant ses dernières guerres, de nouvelles entreprises furent encore tentées, dans le Nouveau-Monde, et le 20 avril de la même année, le vrai découvreur du Canada, à proprement parler, Jacques-Cartier, natif de Saint-Malo, fut investi de cette mission, et parti avec deux petits vaisseaux d'environ 60 tonneaux chacun. Entrant dans le Détroit de Belle-Isle, il longea les côtes du Labrador, et contourna presque les côtes de Terreneuve. De là, tournant au sud-ouest, il passa les Isles de la Madeleine, et en un glorieux jour du mois de juillet, il entra dans une grande baie, qu’il sürnomma baie des Chaleurs, (nom qui existe encore), à raison de la chaleur intense qu'il endura.
Sur la pointe de l'entrée du port de Gaspé, où il venait d'aborder, Cartier planta une croix, haute de trente pieds, surmontée des armes de la France, fleur-de lis, et prit possession du pays, au nom de son souverain, François Ier.
Apprenant des sauvages l'existence d’un grand fleuve pénétrant si loin dans l’intérieur que “ pas un homme n'avait pu le retracer jusqu’à sa source,” il remonta le golfe Saint- Laurent, jusqu’à ce qu'il put voir la rive de chaque côté, Mais la saison étant passablement avancée, il jugea prudent de rebrousser chemin, quitte à revenir l'été suivant,
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François Ier, satisfait du rapport de ses fidèles lieutenants, donna à Cartier, l’année suivante, le commandement de trois magnifiques vaisseaux, dont le plus large de 120 tonnes, et le chargea, après avoir reçu la bénédiction de l'évêque de Saint- Malo et une commission spéciale pour lui-même, “ de l’établissement d’une colonie et du droit d'ouvrir des relations commerciales avec les tribus sauvages.” La petite flotille arriva à l'embouchure du Saint-Laurent, vers la Mi-juillet : le 10 août, il entra dans une baie qu'il appela “ Saint-Laurent” en l’honneur du Saint dont on célébrait la fête ce jour là, et qui s’applique aujourd'hui à toute l’étendue du golfe et du fleuve en question, Continuant toujours à remonter le grand fleuve, Cartier arriva le 7 septembre, devant une île fertile et couverte de vignes qu'il nomma l'ile de Bacchus, aujourd'hui, Ile d'Orléans. Ici Donnacona, le Grand Chef de la nation algonquine, lui fit une visite, au nom de sa tribu, atcompagné de pas moins de cinq cents sauvages, tous montés dans douze immenses pirogues ; ct sept jours après, ayant arrêté l'idée de passer l'hiver au pays, Cartier jeta l’ancre à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, où était bâtie la ville indienne de Stadacona, au pied de l'immense promontoire aujourd’hui couronné par les remparts historiques de Québec.
Impatient de remonter le fleuve qui se déroulait si majestueusement devant lui, Cartier s'avança avec 50 hommes, dans le plus petit de ses vaisseaux, : Mais les battures de sable du lac Saint-Pierre le forcèrent à se servir de
ses embarcations, Il activu sa marche en avant, et le 2 oc
tobre, il aborda à la populeuse bourgade indienne d'Hochelaga, située au pied d’une montagne qu'il appela, avec une loyauté caractéristique “Mont- Royal,” depuis anglisicé en Montréal.
indienne se porta par centaines, sur les étrangers, L'allégresse était à poisson et des galettes de maïs d bons amis, les indiens, Cartier direction du sud et de terres et de fleuve solitude sans fn,
La petite population le rivage, pour recevoir son comble, Ils jetaient du ans leurs barques. De ses apprit l'existence, loin dans la l'ouest, de mers intérieures, d'immenses S géants, qui étaient alors une immense aujourd'hui ja patrie d'un peuple prospère,
Après trois jours d'échanges de cordialités réciproques, Cartier retourna à Stadacona et y passa l'hiver; sa petite troupe souffrit beaucoup, à raison du manque de nourriture et de vêtements propres au climat, elle fut aussi atteinte d'une maladie maligne appelée le scorbut, dont les processions, les vœux, les litanies ne purent venir à bout. Le printemps suivant, Cartier retournx en France, amenant avec lui, malgré leur volonté, le Chef Donnacona et neuf de ses chefs, comme trophées vivants de son expédition.
Cinq ans plus tard, Cartier retourna au Canada, comme cipitaine Général et maître Pilot. Il eut comme associé, le Sieur de Roberval, que le roi des Français avait nommé lieutenant Genéral et Vice-Roi de ses nouvelles possessions. Les indigènes se montrèrent tout d'abord aussi bien disposés à leur égard qu'autrefois, mais devinrent hostiles, en apprenant que Donnacona et ses compagnons n'étaient pas de retour ; et la trahison de Cartier finit par retomber sur sa tête. L'hiver se passa misérablement, et cette fois encore les futurs colons s'en retournèrent découragés, bien que Roberval qui avait été retenu en France près de douze mois, essaya de les retenir, les ayant rencontrés en route à Terreneuve. Roberval continua sa course et hiverna au Cap-Rouge, où, en 1543, Cartier fut envoyé porteur d'ordres pour son rappel, et ce dernier, après avoir fait la dure expérience d’un troisième hiver, laissa le pays, dans le printemps de 1544, pour ne plus revenir.
A raison de l’insuccès désastreux de toutes ces premières expéditions, la France abandonna ses efforts de colonisation du Canada, de près d’un demi sciècle, à l'exception cependant de la tentative extravagante du marquis de LaRoche, qui tenta de peupler l'ile de Sable avec une bande de repris de justice, choisis dans les prisons royales, tentative, est-l besoin de le dire, qui n'eut pas d'autre résultat que celui dé fournir aux historiens un des épisodes les plus romantiques, et un endroit sur “cette île noire de deuil”. avec le surnom de “jardins français.”
A l'aurore du dix-septième siècle apparut, sur la scène, l'un des hommes les plus remarquables parmi tant d'autres
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