‹ Le Canada [microforme]Chapitre 56 sur 66 · DA · texte numérisé non relu

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LE GUIDE CANADIEN, 179 descendent des montagnes du Nord Ouest et forment Ja Saskatchewan Sud, l’on trouvera des multitudes de truites de toute beauté, dont la chair est colorée, comme celle du saumon. Pour l'âme qui se complait dans la grande nature, et pour le sportsman, il n’y a pas d'endroit plus pittoresque au Canada, que le panorama qui se déroule autour de Ja rivière Bow. A la chasse comme à la pêche, s’il porte ses regards vers l’ouest, il verra les cimes après les cimes s'élancer, comme pour escalader le ciel et former les montagnes éternelles. Si ce spectacle le lasse, il n’a qu'a se retourner vers l'est, et suivre du regard le cours de la pluine, Jusqu'au pied du mur échancré des montagnes lointaines se perdant dans l’hor sans bornes. Le district de la rivière de la Paix est ler de l'ours noir et du grizzly ; c’est aussi l’endroit de Ja grande chasse à l'élan, l’orignal et le chevreuil. Les lacs environnants foissonnent de poissons de toutes sortes; les oies et les canards, pendant leurs migrations, se comptent par milliers : le fait, qu'à l'automne des milliers d'oies sont tuées et mises en conserve, pour l'hiver, au poste de la baie d'Hudson, Fort Chippewayan, en est la meilleure preuve. Chaque année, sont séchés pour l'hiver, près de 25,000 poissons blancs. Le pays a toute l'apparence d’un immense parc publie, les ondulations de la plaine sont parsemées de bocages,

Près des Montagnes Rocheuses, outre la pêche, la chasse à la chèvre de montagre et à grosses cornes, est très divertissante, Le printemps et l'été, les mâles, par troupes de trois à vingt à la fois, montent brouter sur la pente des glaciers ou se reposent sur les rochers en forme de castel qui dominent la cime des monts. Qu'ils escaladent les pics sauvages ou passent tranquillement, ils ne manquent jamais par la beauté de leurs formes et la noblesse de leurs mouvements, de frapper le spectateur d'admiration en face d'un tel tablenu. bre et décembre, mâles et femelles

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En novem- , Jeures et vieux ne forment qu'un seul et même troup au. Farouches à l'extrême, ils sont de difficile accès ; il faut avoir recours à toutes le chasseur consommé, pour avoir la chance de fair feu. Et encore! L'animal devient de plus

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180 LE GUIDE CAMADIEN.

par suite des incursions de l’homme dans les montagnes ; n'était-ce les endroits inaccessibles qu'il peut gravir et les hauteurs vertigineuses qu'il atteint, sans crainte, et devant lesquels le chasseur reste impuissant, ses jours seraient bientôt comptés, et comme le buffle, il ne scrait plus pour l’histoire, qu'un animal du passé.

A la Colombie Britannique, la première impression que ressent naturellement le sportsman à l'aspect général du pays, c'est qu'il se trouve dans une contrée excessivement giboyeuse. Les chaînes des monts sauvages, aux flancs couverts de forêts, sont tapissés de lacs, étangs et de pris naturels ; on y trouve des lacs de toute grandeur, depuis le minuscule étang jusqu'aux grands lacs de 100 milles de long, à l'eau transparente comme le crystal, souvent liés par des torrents; les lacs se suivent et se pourchassent pour trouver un déboùché vers l'océan, cu plutôt vers l’une ou l’autre des grandes rivières de cette province, et qui toutes abondent en poissons de toutes espèces,

. Dans les terrains bas et près du littora!, le cerf à queue noire est très nombreux en hiver. Cet animal fréquente les forêts denses connifères des côtes du Pacifique, se délectunt à l'ombre de ces retraites sombres et épaises. Il se tient à portée de la forêt, ou près d’un fourré épaises, prêt à s’y réfusier à la moindre alerte. Das la direction nord, où il a été peu chassé, il descend assez souvent jusqu'à l’eau salée, pour se repaître d’une certaine herbe marine apportée par le flot sur le rivage ; c’est alors que l’indien, caché à portée de fusil, dans son frêle canot, les tue en grand nombre. Le chevreuil est abondant dans les îles et les montagnes du littoral ; mais il y a de vastes territoires, où à raison de l'épaisseur des menus arbres et des branchages inextricables, la chasse est hors de question, vu l'impossibilité d'avancer à travers les épais fourrés sans faire de bruit. L’élan se complait sur la ligne du littoral, surtout à l’est de la chaîne de la Cascade. La perdrix se trouve, partout sur la terre ferme comme dans les îles ; elle se tient parmi les épaisses fougères et les pinières ; le lagapède des saules ressemble beaucoup à la perdrix anglaise.

La poulé de prairie peuple les vallées à l’est de la région de la Cascade, et quelquefois le coq de bruyère, ce gibier devenu si rare, se retrouve au delà d'Osoyoos. En tout sens passent de nombreux voliers de canards, oies, bécassines et tourtes ; l'embouchure de la rivière Fraser est très giboyeuse, surtout, pour le gibier sauvage.

Les vallées du Thompson, Okonagon et Cache Creek sont remplies de gros et menus gibiers. Dans les partics montagneuses, un chasseur expérimenté avec l’aide d'un guide peut avoir à se mesurer avec l'ours. Le grizzly et l'ours brun, le loup et le lynx ont leurs tannières dans ces parages ; c’est une chasse dangereuse et qui n’est pas sans faticue.

La Colombie Britannique dépasse par la quantité de ses saumons tout le reste du Dominion, sur le littoral de l’Atlantique; ils montent par millions de la mer, soit dit sans exagération. On en compte six espèces sur le littoral du Pacifique, dont quatre sont excellentes et d'une grande importance commerciale,

Des industries considérables de conserves sont établies les bords des rivières Fraser, Skeena et Bass. Cours d'eau sont épais de truites: le poisson blanc se tient dans les eaux du nord et de l’intérieur. Deux espèces d’éperlan fréquentent les côtes; au printemps, un poisson succulent, le oolachan vient en grand nombre sur ces bords.

Dans quelques parties de la province le pays cst déboisé et clairsemé d'arbres, ayant toute l'apparence d'un pare du vieux monde, où l’on peut se promener au petit trot de son cheval, sans crainte d’être arrêté par le

sur Tous les lacs et;

s broussailles.

La neige ne tombe jamais en grande quantité excepté dans

les montagnes; le gibier séjourne dans ces parages et n’est pas chassé par le froid, comme dans les anciennes provinces.

Pour terminer, une dernière remarque d'application générale; plus la civilisation poursuit sa marche en avant, plus l'animal est obligé de retraiter. Les plaines de l’ouest qui, naguère, regorgeaient de troupeaux d’élans, d’antilopes, où les bisons venaient rôder par bandes innombrables, ces mêmes plaines sont aujourd’hui désertées par le gibier, ouvertes

qu'elles sont à la colonisation, Collines, vallées, forêts et prés, la main de l’homme les a tous en son pouvoir, pour” chassant, jusqu'à la presqu'extinction, de leurs dernières retraites, plusieurs espèces d'animaux autrefois si nombreux. Mais pour le vrai chasseur, il y a encore abondance de sport, et les migrations de gibier sauvage sauvent ces derniers de la destruction universelle qui menace les quadrupèdes. Le Canada est facile d'accès, ses endroits de chasse ne le cèdent à aucun des pays de l'Europe, tous y ont un libre accès sans retribution aucune; le pittoresque et ia beauté de son paysage, la majesté de ses forêts, les sauvages solitudes de ses montagnes, la limpidité de ses lacs intérieurs, font du Canada un pays sans rival.

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