‹ Le Canada [microforme]Chapitre 55 sur 66 · CA AN D · texte numérisé non relu

CA AN D

et d'une agilité sans pareille, il pèse à sa pleine maturité 600 à 700 livres. Il ne peut pas grimper dans les arbres comme ses congénères, une fois attaqué il se retourne prêt à défendre chèrement sa vie. Cette chasse est dangereuse et requiert beaucoup d’habilité, ce qui rend le sport doublement émouvant. L'ours brun des déserts du Nord-Ouest et des environs de la rivière de la Paix, ressemble beaucoup à l'ours noir par sa taille et ses habitudes. C’est un animal comparativement | rare.

Parmi les animaux des grandes chasses, la famille du chevreuil est la plus nombreuse ; le plus gros de l'espèce, le caribou, est de la taille d’un cheval.

La chusse au caribou gst un art: cet animal a une oreille très fine et le sens du flair très développé à raison de la longeur de son museau. Le bois gigantesque est très connu et en grande demande, et la chair de ce ruminant est très recherchée par les gourmets.

L'orignal, le wapite ou cerf canadien n'existent plus dans les vieilles provinces, ils sont rendus ar sad du Manitoba et les environs de la rivière de la Paix, fuyant devant les pas de l'homme civilisé. Le bois de ce ruminant se divise en ceps palmés ou andouillers, trophée magnifique mais terrible moyen de défense pour l'animal attaqué dans ses derniers retranchements.

Le chevreuil se plait dans les régions boisées, c'est la chasse par excellence des sportsmen. Le massacre en toute

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saison de ce noble animal jusqu’à ces dernières années, aurait causé son extinction complète, mais Ges lois sévères adopteés pour l’obscrvance du temps pendant lequel la chasse est défendue, ont eu pour résultat de nous donner maintenant le chevreuil en abondance,

Le cerf mulet s'est réfugié au fond des bois du Nord- Ouest , il se fait rare et difficile à approcher.

La chasse au chevreuil, excepté pendant la période close, se fait à l'aide d'un guide,

Farouche et d'un accès impossible, le caribou joint, à une merveilleuse agilité et une rapidité sans pareille dans sa

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course ; il est le plus sauvage de son espèce. Il hab'te le Labrador et on le trouve en grande abondance dans le Nouveau-Brunswick. Dans la N ouvelle-Ecosse il tend à disparaître, J! se réfugie dans les montagnes Cobequid et sur les hauteurs du Cap Breton. Puis, en gagnant vers l'ouest on le retrouve dans Gaspé, la région située au sud-ouest de Québec et dans les districts au nord en arrière des rivières Ottawa 26 le St-Laurent jusqu'aux limites sud du territoire de \a baie d'Hudson. Dans ces derniers parages nous trouvons un autre caribou appelé caribou du désert. Cet animal est beaucoup plus petit que le premier, ne pèsant que 150 livres, tandis que certains cariboux des buis pèsent au delà de 400 livres.

La chêvre des montagnes est commune, au-delà de la ligne des arbres qui dominent les Montagnes Rocheuses, mais à l'approche de l'hiver, elle descend en dessous de cette ligne, Sa longue laine blanche est soyeuse et superbe. Le professeur Macoun la dit très nombreuse sur le Mont Selwyn, et très agile à sauter, de roche en roche. On la trouve, en grand nombre, dans la “ Bow River Pass” La chasse de cet animal requiert beaucoup de soin; ses habitudes sont celles du chamois de la Suisse,

Le mouton, à grandes cornes, de l'Améique ou des Montagnes Rocheuses, se confine entièrement dans la chaine des montagnes du Far West, où il vit en sûreté, sur le sommet des collines escarpées, sautant de roche en roche, sans danger. C'est un animal rusé et d’un accès difficile, plus difficile même que le chevreuil. Les cornes du mâle sont si grosses À sa base, qu'elles couvrent presque toute la partie supérieure de la tôte, jusqu'à la hauteur des yeux et le crâne est excessivement dûr. Ses cornes et la tête pèsent jusqu’à 50 livres,

L'antilope est le plus rapide, à In course, de tns les mamimiferes du Canuda, une fois au repos, elle est à peindre, tant ses formes sont belles et gracieuses. L'immensité de !n plaine est son empire, elle tend à disparaître devant ls progrès de la civilisation, Elle distance facilement un cheval à la course, puis s'arrête, subito, après une certaine distance.

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Si le chasseur à soin de se cacher, elle revient sur ses pas, pour tomber sous la balle du chasseur. On se sert quelquefois de chiens-lévriers pour lui faire la chasse; cependant, la chasse à l'atfût est mieux goûtée.

C'est une chasse qui requiert beaucoup de soins et de | patience. L'œil de l'animal est si perçant, qu’il faut tout l’art { d’un chasseur émérite, pour l’approcher.

Le bœuf musqué est relégué maintenant au voisinage du cercle arctique, sur les frontières septentrionales du Dominion. Il est de la grosseur d’un bœuf de petite taille, est bas sur pattes, et cependant très léger, à la course. Il semble vêtu d'une double toison ; sous une longue crinière de surface, abonde une laine de toute beauté et bien

. fournie. Une robe de fourrure, de bœuf musqué, est préférable à celle du buffle, qui du reste tend à disparaître complètement,

On rencontrait le bison ou buffle, autrefois, sur les frontières de l’est de Manitoba, à venir aux Montagnes Rocheuses, et depuis la frontière internationale à la rivière de la Paix. Avant l'apparition de l’homme blanc, le bison régnait en maitre, dans les plaines de l'Ouest où on le rencontrait par milliers ; cette race aujourd'hui est pratiquement éteinte. À l'instar du sauvage, il a fui devant la civilisation, et le cri strident de la locomotive à travers les prairies, a sonné le dernier glas du grand gibier de l'Ouest.

Au Canada, il y a toujours quantité de petits quadrupêdes, de toutes espèces, pour l'amateur qui veut faire le coup de feu. Dans les vieilles provinces, la chasse à l'écureuil donne de jolies émotions aux chasseurs ; les gris ét les noirs surtout, sont deux beaux spécimens de l'espèce,

Le lapin habite partout ; mais, différent du lapin anglais qui fait ses propres trous er terre, il cherche refuge, alors qu'il est traqué par les chiens, sous ües billots ou dans des arbres creux. En hiver, il échange sa livrée grise-brune, pour une fourrure d'un blanc pur comme la neige. Cet animal a les hahitudes du lièvre, mais il ne ressemble au lapin anglais que par la taille. Le Nord Ouest en est tout plein; certaines

années, cependant, il brille presque complètement, par son absence.

Dans les plaines de l'Ouest, et près des Montagnes Rocheuses le lièvre des prairies ressemble à son congénère anglais par la taille et les allures.

Dans les anciennes provinces, le chat sauvage se fait plus rare. Il doit à ses habitudes nocturnes de ne pas avoir été complètement externiné, La chasse au clair de la lune, avec des chiens, est très divertissante, On suit l'animal à la piste, sur la lisière d’un champ de blé où il vient pour se nourrir, et on le chasse & insi avec succès.

Parmi la tribu des marmottes, la grande marmotte se tient sur le bord des clairières, et le chiendes prairies et le “gopher ” sont aussi très communs. Les trous creusés par ces derniers, sont une source d'ennui pour le cavalier et sa monture ; ces quadrupèdes sont aussi ennuyeux, sous ce rapport, que le blaireau. Ce dernier, inconnu dans les vieilles provinces, habite le Far West. Il est à ia fois très farouche et très curieux, il se refugie dans le fourré à quelques mêtres du sentier, où il se blottit, les oreilles droites, assis sur ses hanches et écoutant, puis sort de sa retraite, pour découvrir s'il est poursuivi.

Le porc-épic, plus gros que le hérisson anglais, se cache dans les talus et fourrés épais ; semblable à son congénère anglais, il est lent dans ses mouvements.

Les animaux à poil semblent rester le patrimoine exclusif du trappeur et du sauvage, et malgré qu'on leur fasse une chasse bien sévère ils sont toujours en abondance.

Le carcajou disparait rapidement. Sa f urrure est un magnifique trophée , l'animal est de la grosseur d’un chien de forte taille,

Le castor se tient loin de toute habitation. Il forme toute une colonie, dans les régions de la rivière de ln Paix : d'après les explorateurs du pays, l'on est redevable anx castors des inondations périodiques des environs. Plusieurs petits lacs doivent leur existence aux écluses créées par ces

rongeurs,

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Presque dans tous les étangs, les mares et les rivières du Canada nos trouvons des rats-musqués; ces derniers sont de la famille des castors, mais de mœurs toutes différentes. Il se fait un grand commerce de peaux de rats- -musqués. Cette race doit sa préservation à son extrême fécondité, car le fusil et le piège ne cessent de lui faire une guerre à mort.

Nous nous arrêtons sur cette courte esquisse des mammifères ; ce qu'il importe surtout au publie de connaître, ce sont nos animaux de grande chasse, le menu fretin nest que

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secondaire.

L'énumeration des volatilles ou gibier à plumes, remplirait des volumes; qu'il suffise de dire que nulle part on ne trouve une aussi grande variété de canards sauvages qu'au Canada.

Les outardes font leur ponte dans l’extrême nord ; on ne les aperçoit qu'à l'époque de leur migration.

Les oies sauvages couvent au sein des lacs du nord. Les sarcelles abondent. Les butors se trouvent en quantité près des endroits marécageux, et les battures des rivières couvertes d’ajoncs.

Le héron n’est pas rare. Le Manitoba et le Nord Ouest regorgent de pélicans. Quant aux coqs de bruyère, pluviers, bécasses, bécassines et autres menus gibiers, nous en parlerons en faisant la nomenclature des principaux endroits ae chasse ' des provinces,

Nos remarques sur le gibier s'appliquent aussi aux poissons du Dominion ; leur nom est légion, et le pêche à la ligne, à la mouche artificielle ou à la ligne traînante, peut se donner

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tous les genres de sport désirables, tant les rivières, les lacs et les ruisseaux sont poissonneux.

Les principaux endroits de chasse et de pêche sont, d'abord la Nouvelle-Ecosse, renommée surtout pour l'orignal et le saumon. L'orignel est toujours abondant, malgré la chasse incessante qu'on lui fait, et les officiers anglais, en garnison à Halifax, ont d’agréables passe-temps, à ce sport quasiroyal. Les environs de la chaine des lacs, entre Annapolis et Liverpool, la Petite Rivière et la rivière Jordan, passent pour

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les meilleur: endroits de chasse, tendis que les guides indiens, sans lesquels il n’y a pas de véritable Sport vous mettent habilement sur la piste du gibier. Le caribou se tient dans les montagnes de Cobequid, le coq de bruyère partout; la chasse par excellence, est eclle de la bécasse. I] se rencontre quelques pluviers, toutes les rivières abondent de saumon, le pêcheur qui ne connait pas la Nouvelle-Ecosse, resterait stupéfait à la vue des milliers de truites qui fourmillent au sein des ondes.

Les principales attractions, pour le sportsman, au Nouveau-Brunswick, sont : l'orignal, le varibou, le saumon et la truite de Ste-Croix ou le saumon d’eau douce. L'orignal est plus rare qu'autrefois. il faut nécessairement l'aide d’un guide, pout le relancer, Le grand marais Tantamar dans le sud-est de la province est renommé pour la bécassine ; non moins célèbre est le Restigouche, surtout pour la chasse à l’outarde.

Les rivières du Nouveau-Brunswick sont excellentes pour la pêche. La Nipisiguit, Miramichi, Restigouche, St-Jean et autres rivières sont les endroits favoris pour l’incomparable pêche au saumon. Une excursion au Restigouche donnerait à un amateur, des émotions telles, qu’il s’en rappellerait une partie de sa vie. Un sportsman Américain bien connu ne dit-il pas “que les contrées septentrionales de la province qui bordent l: baie des Chaleurs, sont sans contredit les meilleurs champs de sport qui existent en Amérique, à l’est des Montagnes Rocheuses.” Dans la rivière Ste-Croix et la splendide chaîne de lacs qui s’y jettent, la truite abonde, d'une espèce toute particulière appelée le saumon d’eau douce. Est-ce un saumon dégénéré où d'une espèce différente : C’est là une question de controverse, C’est un poisson alerte, aguerri, qui vous donne tout le sport désirable et dont la chair est excellente, La rivière Ste-Croix située dans un milieu très pittoresque ct facile d'accès, est l’endroit favori des touristes,

La province de Québec est très appréciée par les chassers; outardes, oies sauvages, canards, bécasses et bécassines, orignal, caribou, saumon et truite semblent s'être donné rendez-vous dans ces parages La chasse à l'orignal et au

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caribou ne se fait qu’en hiver; c’est une chasse émouvante autant qu’attrayante, mais pour celui qui veut s’y livrer résolument et sérieusement c’est une chasse qui en vaut la peine. Les tributaires du fleuve et du golfe St-Laurent regorgent de saumons, le roi des poissons, et la pêche ordinaire ou à la mouche artificielle est tout simplement grandiose, | Le fleuve St-Laurent est le rendez-vous des outardes, oïes et |

canards sauvages, bécassines et pluviers, courlis et poulesd’eau ; les forêts, les clairières et les fourrés épais abritent le coq de bruyère et la béeasse dans le temps de la ponte. La conservation du gibier qui tend à disparaitre dans les anciennes provinces, est dûe à l'étendue du territoire qui reste encore à défricher.

Dans Ontario, les endroits de chasse diffèrent matériellement les uns, des autres. Là, comme ailleurs, le gibier à disparu avec le défrichement, maïs partout où resten* debout de grandes étendues de forêts vierges, troublées seulement par la hâche des chantiers, le gibier de toutes sortes abonde. Tels sont les districts d'Ottawa, Nipissing, Muskoka et Témagomi. Le Pacifique Canadien, avec ses embranchements, est à ouvrir cette partie du pays au défrichement, et bientôt cette région si giboyeuse deviendra chose du passé. On fait la chasse à l'orignal sur les rivières Dumoine et Coulonge et sur les rives nord de l’Ottawa, jusqu'au lac Témiscaming ; on y trouve aussi le chevreuil en quantité. La chasse au canard et à la perdrix est excellente, la bécasse et la bécassine, sont plus ares. Les rivières et les lacs fourmillent de maskinongés, dorés et achigans, surtout de truites, au nord de la rivière

Ottawa.

Dans les vieux cstricts de Frontenac et Kingston, au

centre d'Ontario, autrefois si renommés pour la chasse aux canards perdrix et bécassines, les disciples de St-Hubert font encore quelques bons coups de fusil. Le pays, en arrière, peu propre à la culture, à raison de son caractère rocailleux et marécageux, est ui endroit favori pour ia chasse au chevreuil, surtout le long de la section de l'Opéongo et d'Hastings Les Mille Iles qui couvrent une vaste étendue du fleuve St-Lau-

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rent, d’une beauté incomparable et le rendez-vous favori des touristes, en été, sont très poissonneuses : on y prend beaucoup de maskinongés et d’achigans à la ligne traînante, sans compter le menu fretin. Le lac Rice, en arrière de Cobourg, et les lacs environnants sont fameux pour le maskinongé et l'achigan, sans compter le canard sauvage qui vient s’abattre par volicrs, dans les champs de riz qui bordent ces nappes d'eau. Le marais Holland, entre Toronto et Collingwood, est très giboyeux en pluviers, bécassines et canards. Autrefois dans les environs, les tourtes, par milliers, s’y rendaicnt pour la ponte, et faisaient des incursions dans les champs voisins, pour leur pâture. Ces parages sont aujourd’hui déserts, et si une tourte isolée y fait de temps à autre son apparition, les beaux voliers d'autrefois semblent avoir pris, pour toujours, leur volée vers l'Amérique du sud. On les apperçoit encore, à l'automne, sur le bord des clairières, se nourrissant de blé, mais en petites bandes, jusqu’à ce qu'elles aient disparu pour ne plus revenir, Des endroits admirables, pour la chasse aux canards, sont les lacs Erié, Long Point et Point Pelee, les battures du lac St-Ciair, sur la frontière ouest, et le “ Baptiste Creek.”

“Long Point,” d'une moyenne de huit milles de largeur, s'avance jusqu'à vingt milles, dans le lac, bordée de chaque côté, par de larges marécages où domine le riz sauvage, Ce vaste domaine est strictement privé. sous le contrôle d’un club de sportsmen, qui le peuple constamment de gibier de toutes espèces. La caille ct le coq de bruyère ont établi leur séjour, sur les hauteurs ; plus tard s’est joint à eux le dindon sauvage ; ce noble gibier s’abrite sous le dôme des chênes, érables, ormes et noyers qui couronnent le. plateau s'étendant d’un bout de la pointe à l'autre. Le dindon sauvage ne fréquente que les comtés d’Essex et de Kent, encore y est-il passablement rare. Lors des premiers défrichements toute la péninsule de l’ouest d'Ontario abritait ce gibier ; la forêt clair semée de broussailles, offrait un magnifique champ de sport. Un peu vers le nord, les bords du lac Huron sont couverts de pluviers, poules d’eau et courlis; les iles Manitoulines sont

aussi très poissonneuses et très giboyeuses. Le détroit de Mackinaw et Sault Ste-Marie sont renommés pour la pêche ; la truite saumonnée des lacs Huron et Supérieur est remarquable par sa grosseur ; tous les tributaires de la baie Georgienne et du lac Supérieur sont des endroits favoris de pêche, la truite surtout est en abondance. Le pays est-il à l'état sauvage, le sportsmun doit y frayer son chemin et vivre sous la tente, ayant soin d'apporter avec lui tout le nécessaire voulu, pour le campement, et des provisions en abondance.

Les rivières et les cours d’eau, qui se jettent, dans le lac Supérieur, surtout le Nepigon, sont un vrai Eden, pour les pêcheurs à la truite; cette pêche est aussi abondante aujourd’hui que lors de sa découverte. Le chasseur peut abattre un ours, un chevreuil, et même un loup, au besoin, quant au gibier à plumes, son garde-manger en sera toujours bien pourvu.

Au Manitoba, à quelques milles de Winnipeg, la poule de prairie foissonne dans toutes les directions, à la satisfaction du chasseur le plus exigeant ; à l’automne, la surface des lacs et des étangs est littéraiement couverte de canards et de poules-d’eau. Les voliers qui passent, tour à tour, au-dessus de vos têtes, vous tiennent constamment sur le qui-vive. En août, les canards gris et les plongeurs font leur apparition suivis, en septembre, par les canards de mer de toutes espèces ; durant ces deux mois, les outardes, les canards et les poules de prairie font leurs incursions, dans les champs couverts de chaume, près des centres de colonisation, et tombent aisément sous le plomb du chasseur. Au temps de la chasse, on compte, d'après le professeur Macoun, quarante sortes de gibier, qui viennent s’abattre, dans ces parages.

L'élan se rencontre parfois dans le sud de Manitoba, près de la montagne de l'Orignal, (surnommée ainsi à tort, car ce ruminant colossal habite le pays plus au nord, entre les lacs Manitoba et Winnipeg et l’ouest du lac Manitoba). Ces deux lacs sont renommés pour la qualité et la dimension de leur poisson blanc ; à l'instar des rivières Rouge et Saskatchewan, leurs esturgeons sont énormes. Dans tous les ruisseaux qui

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