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à sa “location,” et vérifient actuellement son rève. C’est là littéralement l’histoire de la fondation de Chicago ct de Milwaukie, dans les Etats-Unis, et de Brantford et London, dans le Haut. Canada, et de vlusieurs autres villes et cités des deux pays. Et pour donner une idée de Ja richesse créée par cette centralisation soudaine de population dans une contrée comparativement déserte, je n'ai besoin que de mentionner le fait, qu'il y a vingt ans, la terre ne se vendait qu'une livre l’acre dans plusieurs des cités, villes ct villages de la partie occidentale de l'Amérique, où elle s’achète maintenant vingt-cinq livres le pied. Il n’y à pas un ancien habitant de Buffalo ou de Chicago, dans les Etats-Unis, ou de Toronto ou Hamilton, en Canada, qui ne puisse citer plusieurs cas de propriétés valant maintenant des milliers, et même des dixaines de milliers de livres, vendues, il y a vingt ans, pour une vache, ou un cheval, ou une petite quantité de marchandises tirées d’une boutique, ou pour quelques semaines ou quelques mois du travail d'un artisan. Ces choses font Je sujet des causeries du coin du feu, dans ces endroits. Les pauvres en parlent comme leur donnant lieu d'espérer; les riches les regardent comme des sujets de congratulation. Le spéculateur et l'homme entreprenant en apprennent où et comment fonder une ville, et à prendre un essor hardi vers la fortune.
Dans ce trait singulier et instructif du progrès américain, quelle est la comparaison entre le Canada et les Etats-Unis ?
Le ‘“ World’s Progress)” publié par Putnam, de New-York autorité digne de confiance, donne la population et l'accroissement des principales villes des Etats-Unis. Boston, entre 1840 et 1850, s'est accrue de quarante-cinq pour cent. Dans le même espace de temps, Torouto s’est accrue de quatre-vingt-quinze pour cent. New-York, le grand emporium des Liats-Unis, et regardée comme la: ville la plus florissante du monde, s’est accrue, dans le même temps, de soixante-six pour cent, c'est-à-dire, de trente-cinq de moins que Toronto.
Les cités de St. Louis et de Cincinnati, qui ont aussi éprouvé une prospérité extraordinaire, n’entrent pas mieux en comparaison avec le Canada. Dans les trente années qui ont précédé 1850
la population de St. Louis est devenue quinze fois plus considérable; dans les trente-trois années qui ont précédé la même année 1850, la population de Toronto est devenue dix-huit fois plus nombreuse, Et Cincinnati, dans le même temps donné à St. Louis, ne s’est accru que de douze fois.
Hamilton, jolie ville canadienne, située à la tête du lac Ontario, et fondée beaucoup plus récemment que Toronto, a aussi prospéré d'une manière inouïe: en 1836, sa popul: ion n'était que de 2846; en 1854, elle était de plus de 20,000.
London, ville encore plus reculée vers l’ouest, dans le Haut- Canada, et fondée encore plus récemment que Hamilton, son site ayant été arpenté comme lieu désert, il n’y a guère plus de vingtcinq ans, compte maintenant plus de dix mille habitans.
La Cité de l'Outaouais, récemment nommée ainsi d’après la superbe rivière de ce nom, sur laquelle elle est située, compte aujourd’hui plus de 10,000 habitans, quoiqu’en 1830, elle n’eût que 140 maiïsons, y compris de simples appentis et cabanes, et que le terrain sur lequel elle est bâtie ait été acheté, il n’y a pas encore bien des années, quatre-vingts livres. |
La ville de Brantford, située entre Hamilton et London, et dont le site était absolument un désert, il y a vingt-cinq ans, compte maintenant 6000 âmes, et s’est accrue de plus de trois cent pour cent en dix ans; ct cela sans autre cause ou impulsion que le commerce créé par l'établissement de la belle contrée qui lui est adjacente.
Les villes de Belleville, Cobourg, Woodstock, Goderich, Sainte- Catherine, Paris, Stratford, Port Hope et Dundas, dans le Haut- Canada, montrent une prospérité semblable; la population de quelques-unes d’entre elles s'étant accrue dans une proportion encore plus grande que celle de Toronto, et toutes étant autant de preuves de l’avancement du pays, et de l'augmentation des affaires at de la population dans leurs environs.
Que quelques-unes des petites villes des Etats-Unis aient joni d'une prospérité semblable, je le crois sans peine, en considérant que les campagnes qui leur sont contiguës ont été soudainement remplies d'une grande population. Buffalo et Chicago aussi,
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