‹ Le Canada [microforme]Chapitre 27 sur 51 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

L'influence reconnue de l'atmosphère, non-seulement sur la fécondité du sol d’un pays, mais encore sur le tempérament, les habitudes et l’industrie de ses habitans, fait que des recherches sur le climat du Canada deviennent d’une grande importance.

Ses mers intérieures, ayant une superficie de 100,000 milles carrés, et contenant, à ce qu’on suppose, 11,000,000 de milles cubes d’eau, excédant de beaucoup la moitié de l’eau douce contenue dans tous les lacs du monde, contribuent puissamment à modifier les extrèmes du froid et de la chaleur. L'uniformité de la température ainsi produite, quoique basse, est très favorable à la vie animale et végétale. Il se trouve done que dans le voisinage des lacs, les fruits les plus délicats parviennent à maturité en bon état, tandis que dans des lieux situés quatre ou cinq degrés plus au sud, ils sont détruits par les premières gelées. La quantité de pluie qui tombe en plus grande partie durant l'été et au commencement de l'automne, est sans doute grandement augmentée par l'évaporation de ces immenses masses d’eau. Les vents sont très variables, et continuent rarement à souffler du mème point pendant plus de deux ou trois jours. Il en résulte que l'équilibre est conservé, et que les tempêtes désastreuses sont moins fréquentes. Le vent de $, O. est le plus fréquent : il souffle pour l'ordinaire modérément, et par un temps clair. Les vents de N. E. et d’E. amènent des pluies continuelles en été et au commencement de l'automne, et celui du N. O. venant de régions glacées, est invariablement sec, élastique et salubre. Depuis 1818, le climat a beaucoup changé, en conséquence, suppose-t-on, des grands défrichemens qui ont été faits dans la forêt primitive.

La salubrité du pays est suffisamment prouvée par son ciel sans nuages, son air élastique, ct l'absence presque absolue de brouillards: La pureté de l'air a un effet très salutaire sur les esprits. Les froids de l'hiver sont sévères et constants : les étés sont très chauds, et hâtent étonnemment la végétation. Il est vrai que le prin-

temps du Canada diffère beaucoup du printemps de plusieurs pays de l'Europe; mais, après son long hiver, les moissons croissent

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comme par enchantement, et consolent les habitans de la perte de ce qui, ailleurs, est souvent la plus agréable saison de l’année. Si pourtant le Canada n’a qu’un court printemps, il peut se vanter d’un automne délicieusement tempéré, et souvent prolongé, avec son ‘* été sauvage ” (de la St. Martin,) et ses brillants couchers du soleil, jusqu’au mois de décembre.

Un hiver canadien, dont la mention en Europe, il y a quelques années, donnait presque une idée de souffrance, est accueilli par les habitans comme une saison de jouissances accrues plutôt que de privations et de malaise. Au lieu de pluies, de neige, de grésil et de brouillards alternatifs, de chemins défoncés et impraticables, le Canadien a un ciel clair, une atmosphère salubre, des rivières et des lacs gelés, et les inégalités des sentiers raboteux qui traversent les bois sont remplis et égalisées par la neige, et toute la face du pays est littéralement “ macadamisée ” par la nature pour des gens qui n’ont pas le moyen de faire eux-mème la chose,

On ne doit pas supposer que la longueur de cette saison soit nécessairement défavorable au fermier, car l’expérience a prouvé que les hivers doux sont généralement préjudiciables aux semis de blé d'automne, et apportent des obtacless sérieux aux affaires et aux voyages. L'été, court et éminemment fructifiant, occupe tout le temps du cultivateur. C’est en hiver que la terre est débarrassée du bois qui n'y doit pas rester, que le bois de chauffage est amené de la forêt à la maïson dans «les s/eighs, sur des chemins où ne pourraient pas passer des voitures à roues, et que le cultivateur dispose de ses produits, et se pourvoit pour le futur, La neige lui procure une couverture pour ses moissons, et un chemin à son marché. A l’arrivée de l'hiver, le soin de ses animaux gras cesse, car le tout est tué, gèle, et peut être vendu, selon que le suggère l’état du marché.

En comparant les deux provinces, on est obligé d'admettre que le climat du Haut-Canada est le plus favorable aux fins de l’agriculture, l'hiver y étant plus court et la température moins sèvère; mais le ciel brillant, l'air pur et léger, et le froid non interrompu du Bas-Canada, quoique durant trop longtems, peut-être, égaient

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