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RECETTES ET DÉPENSES

En 1843, les recettes du Canada furent de £445,578, et ses locales, dépenses de £836,754. En 1853, les recettes se sont montées à ; tion, m £1,714,850, et les dépenses à Æ£834,668, donnant au crédit | On pet du fonds consolidé une balance de £834,668, l'augmentation L de pau ayant quadruplé en dix ans. Æ£1,029,782 de ces recettes prove- L d'un « naient des douanes ; £128,002 des travaux publics; £93,770 du 4 cités et revenu territorial, et £15,006 du revenu casuel. Les recettes de 3 l'intem la douane donnèrent un revenu net de £986,597, après déduction 1 aux ém des salaires et autres dépenses. ! Il pa

Les recettes pour 1854 sont évaluées à £1,423,520, et les È Unis, © dépenses à £939,595, ou au taux de 8s. 24. pour chaque habitant. le soul: L'almanae de Boston porte les dépenses des Etats-Unis à | pour le £12,939,876, lesquelles, partagées entre la population, font 11s. 1d. H tée à : par individu, ou trente-cinq pour cent de plus que les taxes indi- Ë contril rectes du Canada; mais ceci inclut 3,204,067 esclaves, ou près à leurs b d'un septième de la population entière, qui ne sont pas taxés ; en s La « les déduisant, il faudrait ajouter quinze pour cent par individu à À été, la la taxe sur les habitans libres des Etats-Unis. ‘ moyen

D'après un tableau dressé dernièrement en Angleterre, il parait { chatel, que la somme que les habitans du Canada fournissent individuelle- ù que 69 uent au revenu est beaucoup moindre que celle qui est fournie Les par toute autre colonie britannique. I:es habitans dès colonies À contril

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On peut néanmois déduire raisonnablement des dépenses de la province, environ vingt pour cent, remis aux différents comtés, pour fins ou affaires locales, comme pour le soutien d’écoles élémen taires, pour l’administration de la justice, pour le paiement des salaires des officiers publics, et encore en octroïs aux sociétés d'agriculture et aux institutions industrielles ou des artisans, envers lesquelles le gouvernement est très libéral,

La seule taxation directe en Canada a lieu pour des fins municipales, et la taxe est plus que doublement remise aux habitans par la construction de chemins et de ponts, et par d'autres dépenses locales, qui non-seulement améliorent les moyens de communication, mais ajoutent considérablement à la valeur des biens-fonds. On peut remarquer aussi qu'il n’y a point en Canada une classe de pauvres (paupers) à maintenir, et qu'on y est rarement témoin d’un entier dénument ou d’une grande misère, si ce n’est dans les cités et les grandes villes, en conséquence trop fréquemment de lintempérance, ou de la maladie, ou d’autres malheurs arrivés aux émigrés des classes les plus indigentes.

Il paraît par le compte-rendu du dernier recensement des Etats- Unis, que la somme de $2,954,806 a été dépensée en 1851 pour le soulagement des personnes indigentes. La dépense totale faite pour les pauvres en Angleterre et en Irlande, en 1848, s'est montée à $42,750,000, et cette grande somme, ajoutée à de fortes contributions privées, n’a pas été suffisante pour subvenir à tous leurs besoins.

La dépense des sociétés bienveillantes organisées en France à été, la mème année, de 52,000,000 de franes, et l’on dit que, terme moyen, 450,000 individus sont secourus annuellement. M. Duchatel, ministre du commerce, déclare dans un de ses rapports, que 695,932 individus reçoivent des aumônes à domicile,

Les Pays-Bas, ayant une population de 6,177,000 âmes, ont contribué au maïntien de 1,214,055 individus, ou d'environ un cinquième de la population entière.

Il paraîtrait donc que, quoique le Canada ne puisse se vanter de l’extrème opulence de pays plus anciens, il est entièrement exempt de l’autre extrème, de l’indigence, et de ses pénibles et dégradants accompagnemens, l'ignorance, le dénuement, la maladie et le crime.

BANQUES, Ero.

Le système monétaire du Canada est conduit au moyen de banques incorporées, et s’il était nécessaire de prouver avec quelle sagesse ces banques ont été conduites, et jusqu’à quel point elles ont tenu en prospérité les intérêts mercantiles de la colonie, il suffirait de mentionner le fait que pendant une période de dixneuf ans, pas une de ces banques n’a failli. Comme en contraste avec ce fait, les journaux américains de l'automne dernier ont annoncé une liste de 367 banques qui avaient discontinué de payer, ou dont les billets avaient été déclarés sans valeur. La dernière augmentation des fonds des banques incorporées du Canada fait voir que les exigences du commerce du pays ont beaucoup augmenté; et sans plus de remarque sur un sujet qui demanderait beaucoup plus d’espace qu’il ne peut lui en être consacré ici, nous donnons le tableau suivant de l’état des capitaux présents et prospectifs des principales banques des deux provinces :

Présent Capital. Augment.

Banque de Montréal...........,.,.........#€1,000,000 Æ£500,000 Banque du Haut-Canada. ...........,,..... 500,000 500,000 Banque de la Cité.....,..,. esse ve 225,000 75,000 Banque du Peuple............1,...,,...,, 200,000 100,000 Banque de Québec........................ 250,000 250,000 Banque de l'Amérique Britannique du Nord... 1,000,000 Banque du Comunerce (Commercial Bank). .... 500,000 250,000

Ou une augmentation de...,...,,.......,.....,....£1,675,000

Toutes ces banques ont des agences dans les principales villes de la province, en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, ct dans plusieurs des villes commerçantes de France, d'Allemagne et de

Hollande.

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MOTIFS D'ENCOURAGEMENT POUR LES ÉMIGRANTS,—GAGES, PRIX DES TERRES, ETC.

Le flot de l’émigration au Canada a été beaucoup retardé par le manque de renseignemens exacts et pratiques sur la colonie, dans la Grande-Bretagne. C’est une de ses colonies les moins éloignées d’elle, qui jouit d’un climat salubre, d’un sol qui produit les plus belles récoltes, et où les terres sont à si bon marché et si faciles à obtenir, que tout individu industrieux y peut devenir franctenancier ou propriétaire en peu de temps. Avec des moyens limités, on peut, en Canada, donner à un fils une éducation qui ne le cède qu’à celle d’une université anglaise. Il y a liberté entière quant aux opinions religieuses, et il n’y a pas de canton ou de commune qui n’ait une église, une chapelle, et une école. La taxation est d'environ quatre-vingt-cinq pour cent moindre qu'en Angleterre et en Irlande.

Pour les classes industrielles les points du plus grand jintérèt sont le taux des gages, le prix des vivres, et les frais de voyage. Des documens parlementaires récents, accompagnés de rapports d’agens de l’émigration, contiennent beaucoup de renseignemens précieux et corrects sur ces sujets. Le nombre des émigrans qui sont arrivés à Québec dans les six mois, de mai à novembre, en 1854, a été de 36,699, et M. Buchanan, l'agent de l’émigration, rapportait en décembre, qu’on avait encore besoin d'ouvriers en tout genre de métier, de journaliers et de domestiques. Il ajoute :— ‘ Les émigrans qui sont arrivés durant le dernier trimestre ont “ tous trouvé immédiatement de l'emploi en débarquant, et l’on ‘“ manque encore de bras pour les travaux publics. Ceux qui ont ‘ gagné l’ouest ont rarement été plus de quelques heures sans * emploi, après avoir débarqué, et j'ai reçu de presque toutes les “ parties de la province des lettres où l'on se plaint de la rareté ‘ des servantes. Cette province aurait besoin, chaque année, de & plusieurs milliers de personnes de cette classe.”

Le taux moyen des gages dans le Bas-Canada a été de 6s. par jour pour les boulangers, bouchers, briquetiers, charpentiers, ébénistes, et autres ouvricrs ; les tailleurs de pierre ont eu 7s., et les maçonsen pierre ou en brique, 7s. 6d. Des agens du Haut-Canada

64 ESSAI COURONNÉ et des Etats de l'Ouest ont garanti un emploi constant pour travail commun à 6s. 34., et aux maçons en briquo ou pierre, de 105. à 12s. 6d., et aux garçons de ferme, de 10 à 18 piastres par mois.

Dans le Haut-Canada, les ouvriers et les journaliers sont ordinairement logés et nourris par ceux qui les emploient, et la table d’un cultivateur canadien est la somptuosité mème, comparée à la maigre chère que font les travailleurs dans les districts ruraux des Îles Britanniques.

A l'heure qu’il est, il faut un grand nombre de travailleurs et d'ouvriers pour les nombreux chemins de fer maintenant en voice de construction, de même que pour le commerce des bois ; .et l'Outaouais et d’autres endroits offrent de grands avantages au colon, quant au taux élevé des gages et au bon marché des terres, tellement que l’homme pauvre y peut devenir en peu de temps un propriétaire aisé. Le taux des gages donnés a plus que doublé, en plusieurs endroits, durant l’année dernière, en conséquence de la rareté des travailleurs; et des servantes ont obtenu de $4 à 86 par mois. On peut obtenir des terres en Canada aussi facilement que dans toute autre colonie britannique ; on peut acheter des terres de la couronne au prix de 1s. à 4s l’arpent, dans le Bas-Canada, et de 4s. à 208. l’acre, dans le Haut-Canada, la situation en réglant la valeur. Dans la première, province, le prix d'achat est payable en cinq ans, et dans la dernière en dix. Lo gouvernement vend rarement moins de 100 ou plus de 200 acres à un particulier, et d’après un réglement du département des terres de la couronne, c’est à condition qu'on y tiendra feu et lieu. Les lots de ville, pourtant, particulièrement ceux où il y a pouvoir d’eau, se vendent par petits morceaux où emplacemens, à raison de £10 à £E5 par acre, et l'acquéreur s’oblige sous cautionnement à ériger un moulin à scies où à farine suffisant pour les habitans du voisinage. Il y a dans chaque comté des agens des terres de la couronne, auxquels on peut s'adresser en tout temps, pour obtenir les avis et renseignemens désirés.

Indépendamment des terres publiques, il y a, suppose-t-on, plus de 2,000,000 d’acres de terres appartenant à des particuliers, défrichées en partie ou en bois debout, et qui se vendent 5s, ou plus

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par acre. Les fermes ou terres où il a été fait des détrichemens et autres améliorations, se vendent de £2 à £20 l’acre, d’après leur valeur intrinsèque, ou les déboursés en maisons, granges, étables, vergers, clôtures, ete. Il y a des particuliers qui vendent leurs terres à un crédit de vingt ans, l'acquéreur s’obligeant à payer l'intérêt annuel, avec pouvoir de le racheter en payant le capital à une époque quelconque, Il y a encore un autre mode adopté par le gouvernement dans le Bas-Canada, savoir, celui d’ascorder des terres jusqu'à concurrence de cinquante arpens sans achat à des individus agés de vingt-un ans ou plus, à condition qu'ils prouvent d'une manière satisfaisante au commissaire ou à son agent, qu’ils sont en état de se maintenir jusqu’à ce qu’ils aient recueilli une récolte.

La Compagnie des Terres de l'Amérique Britannique vend ses terres du Bas-Canada aux prix de 8s. à 12s. par acre, n’exigeant l'intérèt queles quatre premières années, et accordant ensuite quatre années pour le paiement du principal : l’émigrant obtient ainsi 100 acres de terre au moyen d’un paiement annuel de £3 à £4 108.

La Compagnie du Canada possède de grands espaces de terre dans différentes parties de la province Supérieure, mais principalement sur le rivage du sud-est du lac Huron. Le prix de ses terres varie de 2s. à £2 10s. l’acre, augmentant à mesure que le colon approche de l'étendue de pays appellée Huron Tract. Ceux qui n'ont pas le moyen d'acheter peuvent louer ces terres pour dix ans, en payant l’intérèt ordinaire, avec le droit de convertir leur bail à ferme en tenure franche, quand ils le jugent à propos. Outre le précieux Æuron Tract, cette compagnie possède encore plus de 300,000 acres de terre dans d’autres comtés,

La valeur cotisée des terres, dans le Haut-Canada dépend, entièrement de la localité, Dans les riches comtés d'York, Ontario et Peel, elles se vendent £3 18s. 64. sterling l’acre : dans Northumberland et Durham, £3 35. 54 : dans Oxford et Norfolk, £2 10s., et le- prix moyen de toutes les terres occupé:s est de £3 l’acre, qu'il y ait des défrichemens ou non.

Il n’y a pas eu Ce cotisation dans le Bas-C'anada, si ce n’est en quelques endroits pour des affaires d'écoles ; mais d'après la meil-

leur évaluation, le prix des terres en culture serait d'environ £2 l'arpent.

Mais ce n’est pas aux journaliers ct aux ouvriers seulement que le Canada offre tant d'avantages, c’est encore aux jeunes gens instruits, n'ayant que des moyens modiques de subsistance, qui encombrent : maintenant les professions savantes ; c'est aux gens mariés n'ayant } que peu de biens, mais beaucoup d’enfans, avec à peine les moyens M de leur donner une bonne éducation, et la perspective douteuse M d’être en état de pourvoir pour leur avenir. A ceux là tout motif, 4 toute raison d’émigrer est fourni par le Canada, possédant un sol et un climat magnifiques, des institutions semblables aux leurs, un peuple universellement loyal, un haut degré d'intelligence, et d'amples moyens pour l'éducation et pour le maintien et la diffusion des doctrines religieuses. Il est étonnant qu'un si grand nombre d'individus continuent à lutter ailleurs contre la pauvreté, quand le Canada leur offre la certitude du bien-être et mème l'abondance de biens.

L'établissement d’une ligne directe de vaisseaux à vapeur de | Liverpool à Québec et à Montréal, à laquelle il sera fait allusion 4 plus amplement, en parlant du St. Laurent, s'est déjà fait sentir M avantageusement, en augmentant le nombre de passagers de chambre. Ces passagers font maintenant la traversée dans des vaisseaux à hélice de première classe pour 20 guinées ; dans ceux de seconde classe, pour 13 œuinées, et dans ceux de troisième classe, pour 7 guinées.

Les taux pour les passagers d’entrepont dans les vaisseaux à voiles durant l'été de 1854, ont été: de Liverpool, £4 à £5 sterling; de Cork, £3 15s. à £4 5s.; de Limerick, Galway et Londonderry, £3 5s. à £4; de Dublin, £2 15s. à £3 10s.; de Glasgow, £3 10s. à £t 10.

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