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De tels avantages, pourtant, sont rarement conférés par la nature, si jamais ils le sont, sans qu’ils soient associés avec ce qui taxe l’habileté et demande l’exercice de l'énergie et du jugement. Il en est ainsi de la navigation du St. Laurent. Dans les premières années, l'emploi d’une misérable classe de vaisseaux, (car tout était regardé comme a sez bon pour transporter du bois qui ne pouvait pas aller au fond,) était accompagné d’un nombre plus qu’ordinaire de désastres. On trouvait, dans ces cas, des peintures d’une navigation difficile et dangereuse bien plus profitable que des descriptions exactes de vaisseaux mal construits, mal dirigés et incapables de tenir la mer, La conséquence était que les assureurs €t la navigation souffraient également, Mais depuis quelques années, on a employé à ce commerce de très besux vaisseaux ; et l’habileté dans la navigation, comme dans toute autre chose, est devenue la compagne de la propriété de valeur. Les vaisseaux marchands de Montréal, qui ne forment qu’une juste proportion des vaisseaux employés, sont en conséquence au nombre des vaisseaux du monde qui naviguent avec le plus de bonheur, quoiqu’il soit rare qu’ils fassent moins de deux voyages par été, et qu’ils soient les premiers en route, le printemps. La même entreprise qui a projetté et construit les magnifiques écluses du St- Laurent s’est étendue jusqu'au golfe, et des phares érigés ça et là donnent au fleuve l'apparence d’une rue navigable éclairée par des fanaux.
La législature a aussi fait construire sur un grand plan des bateaux de touage, ainsi que des jetées et des ports de refuge. Ces entreprises et ces améliorations, mais plus que tout le reste, de bons vaisseaux et de bons navigateurs, ont eu l’effet de rendre les taux d'assurance sur les vaisseaux marchands de Québec, durant la saison ordinaire de la navigation, aussi bas que sur ceux qui partent de New York ou de Boston, et plus bas que ceux qui sont employés au commerce du Mississippi.
Il ne reste plus qu’un sujet à mentionner, avant de terminer le contraste entre les deux grands débouchés du nord à l’océan, le canal de l’Erié et la rivière d'Hudson, et le St. Laurent, savoir, le temps pendant lequel ils sont fermés par la glace; et on peut le
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Le canal de l’Erié est ouvert à Buffalo, au mai; le St. Laurent, pendant ving-cinq ans, l’un portant a ét6 débarrassé de glaces, le 29 avril, et l'époque moyenne de l’arrivage des premicrs vaisseaux de mer, pendant le même espace de temps, a été le 1er de mai. Depuis quelques années, surtout depuis que l’abolition des lois de navigation a amené un plus grand concours, les vaisseaux sont partis en plus grand, ou du moins en aussi grand nombre, à la mi-novembre, que vers le premier de ce mois, et quelquefois, il en est parti aussi tard que le vingt, et même jusqu’au ler, et après le 1er de décembre. Mais le canal de l’Erié ayant peu de profondeur et un petit volume d’eau, gèle beaucoup plutôt qu'une grande et rapide rivière, et il ne peut plus servir comme moyen de communication, après une forte gelée, ce qui souvent a lieu au milieu de novembre; et si la chose arrive, il en résulte de graves inconvéniens et des pertes immenses, en conséquence de ce que des flottilles entières de bateaux sont arrêtées nar la glace, dans leur route à l’ouest avec des marchandises, et ordinairement un égal nombre en route pour l'Est avec du bois et des produits. De sorte que pour toutes les fins sûres et profitables du commerce, le St. Laurent n'a pas une saison plus courte, si dans le fait il n’en a pas une plus longue, Et si on pouvait obtenir un compte-rendu des pertes souflertes en conséquence de l'immense quantité de produits arrètés, sinon endommagés, sur le camal de l’Erié, lorsque les bateaux sont retenus par les glaces, il y aurait de quoi étonner ceux qui ne sont pas au fait de la chose. Sans réclamer avec ostentation l'avantage pour le St. Laurent, on ne rendrait pas justice au plus grand débouché de la nature à l'océan, si l'on admettait qu'il souffre au moindre degré de la comparaison avec le canal de l’'Erié, dans le temps qu’il est employé.
D'après ces observations, l'émigrant, ou le capitaliste qui veut gagner l’ouest, peut se former une idée de la meilleure route à prendre.
Vu la continuité de la communication par eau, le St, Laurent a l'avantage, quant au bon marché, tandis que dans les PA Etats-Unis, les routes se faisant en partie par chemins de fer, ont l'avantage de la célérité.
Par la route du St. Laurent, le bagage G
de l’émigrant ne lui coûte rien, et le remorqueur ou bateau-àvapeur qu'il prend à Québec ou à Montréal, le conduit souvent par toute la distance jusqu’à Chicago ou à d’autres ports, sans déménagement, Il évite ainsi les dépenses, les tracasseries et les privations auxquelles il serait assujetti, s’il était jetté avec ses enfans sur des grèves cu sur des quais, et aux stations des chemins de fer, où l'exposition à l'air exposerait sa famille à contracter des maladies, et où tout transport de personnes ou d'effets serait pour lui accompagné de dépenses, et assez souvent d’exactions et de fraudes. Le prix du passage à Chicago par les routes de New-York et de Boston est fixé pour les émigrans à onze piastres, ou quaraute-quatre schelins, sterling, outre deux piastres et demie pour chaque centaine de livres, pesant, de bagage. Par Cincinnati, où l’émigrant voyage par chemins de fer, c’est dix piastres, où quarante schelins, sterling, Par la route du St. Laurent, c’est huit piastres, ou trente-deux schelins, sterling, et les taux exigés sont
et le mème taux pour bagage,
proportionnés pour les ports intermédiaires, tels que Cleveland ou Toledo, sur le lac Erié, dans les Etats-Unis ; Toronto ou Hamilton, en Canada. Je mets ci-dessous en note les excellentes instructions adressées aux émigrans par M. Buchanan, l'agent de l’émigration à Québec. Elles sont précieuses, et l’on peut compter sur leur exactitude.*
#Pour L'INFORMATION DES EMIGRANS.— Il est particulièrement recommande aux émigrans de conserver leuis billets d'embarquement. n'y a rien de plus important pour les émigrans, à leur arrivée à Québec, que d'obtenir des renseignemens corrects sur les principaux points de leurs occupations futures. Plusieurs, et particulièrement des filles, et en général des personnes sans protection, ont eu à souffrir pour avoir manqué de prudence ou de précaution, ou pour avoir écouté des gens intéressés et mal intentionnés, qui souvent offrent leurs avis sans qu'on les leur demande. Pour éviter de tomber dans de telles erreurs, Les émigrans devraient se rendre, aussitôt après leur arrivée
à Québec, au BUREAU DU PRINCIPAL AGENT POUR LES FMIGRANS, OÙ Ceux qui |
désireron: se rendre dans une partie queleonque du Canada recevront toutes les informations relatives aux terres ouvertes à l'établissement, aux routes, aux distances, et aux frais de transport, et où il sera aussi fourni aux tra
ailleurs, ouvriers et artisans, à leur demande, les meilleures directions, à |
l'égard de l'emploi, des endroits où l’on en peut avoir, et des taux des gages.