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vorces avaient eu lieu dans six des principaux Etats de l'Union, Dans la Dominion, les questions relatives au mariage sont exclusivement dévolues au parlement fédéral, et, depuis 1867, ce parlement n'a eu à se prononcer que sur six cas de divorce, pour des personnes appartenant aux deux grandes provinces de l'Ontario et de Québec. Ce ne sont pas seulement les provinces les plus civilisées qui donnent l'exemple d'une vie de famille régulière. La monstrueuse plaie du mormonisme n'aurait jamais pu s'implanter dans le Nord-Ouest canadien, comme elle l'est dans l'Utah, d'où le gouvernement des Etats-Unis parait impuissant à l'extirper. Pas à pas, les institutions des vicilles provinces pénétreront avec la population dans les plaines occidentales du Canada; le pionnier peut done s'y aventurer avec confiance, car il y trouvera toutes les garanties désirables pour sa vie, sa propriété et son bien-être de toute nature. Les principes de justice et d'honnèteté qui ont toujours prévalu dans les relations du Canada avec les tribus indigènes — contrairement à la mauvaise foi des agents américains envers ces mêmes tribus — garantissent au colon une séeurité qu'il ne trouverait pas dans les nouveaux territoires des Etats-Unis. En résumé, tout émigrant, dès qu'il met le pied sur la prairie du Nord-Ouest, a l'assurance qu'il peut compter sur la protection des lois et institutions britanniques, sagement adaptées aux circonstances d'un pays nouveau.
Quelques mots, en terminant, sur l'avenir du pays qui a fait l'objet de cette étude. La confédération canadienne, bien qu'encore à l'état d'enfance, révèle chaque jour sa faculté d'expansion nationale. Le gouvernement de la Dominion, grâce à sa charte impériale, à maintenant assumé sous plusieurs rapports les responsabilités d’une nation. [l exerce son autorité sur un territoire dont l'étendue est au moins égale à
trois Etats aussi vastes que la France, et il n’a pas dit son dernier mot quant au nombre des provinces nouvelles qui peu-
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vent surgir sous sa bienfaisante initiative, Il y a quarante ans à peine, les possessions anglaises de l'Amérique du Nord ne présentaient qu'un assemblage de communautés pauvres , lentes à progresser et sans importance dans l'empire. La constitution actuelle leur fut octroyée à contre-cœur, tant on craignait qu'elle ne se trouvât, par temps, en opposition avec les intérêts impériaux, et ne fût pas toujours mise en œuvre avec la sagacilé nécessaire au gouvernement d'un Etat. Le peuple canadien a prouvé jusqu'ici que ces craintes étaient chimériques. Nul doute que les dernières années de ce siècle ne fassent époque dans l'histoire de la Dominion. Elle est enfin arrivée aux portes de son âge d'or. Pendant un siècle, les Etats-Unis ont pu attirer à eux des millions d'âmes, tandis que le Canada était comparativement délaissé, à cause de la prétendue infériorité des avantages qu'il offrait aux colons. Cependant chaque année démontre avec évidence qu'il possède dans le Nord-Ouest un territoire bien plus vaste et bien plus fertile que tous ceux qui sont encore disponibles dans l'ouest des Etats-Unis, Si la population afflue au Canada, d'ici à vingt ans, avec une certaine rapidité — ce qui parait probable d’après les indications actuelles — la situation du Canada, au commencement du sièele prochain, sera telle que plus d'une nation pourra l’envier. Ge serait un malheur pour l'empire que les aspirations des Canadiens fussent, en de telles cireonstances, entravées par la froideur et l'apathie des Anglais. Il peut venir un temps où l'Angleterre trouvera dans le système fédéral des provinces canadiennes une solution qui aplanira bien des difficultés nationales, et donnera à l'empire ectte unité qui lui manque. Une telle solution peut être le rève de quelques enthousiastes ; et pourtant il y a, soit dans l'Etat central, soit dans ses dépendances, bon némbre d'hommes dont les idées prennent cette direction patriotique, Toutefois, les intérèts les plus réels du Canada se rapportent à sa vie présente, Son avenir repose en grande partie sur l'empressement avee lequel Ia nation mère le secondera dans cette crise de son histoire. Il serait certes bien décourageant que sa fidélité au lien britannique ne fùt récompensée que
par le spectacle de myriades d'Anglais, Irlandais et Ecossais, donnant la préférence à un pays dont la grandeur progressive est constamment opposée à la faiblesse du Canada par les avocats de l'idée continentale. Dans tous les cas, ce serait une pure illusion de croire que le Canada doit être tôt ou tard absorbé par les Etats-Unis. L'esprit éminemment conservateur des classes dirigeantes, et surtout de l'élément français, les traditions historiques du peuple canadien, sa légitime fierté au sujet des résultats obtenus jusqu'à cette heure, tout enfin tend à créer entre les deux pays une ligne de démarcation qui se creuse de plus en plus. Les intérêts impériaux exigent absolument que ce peuple soit encouragé. De plus, les sentiments d'affection qui unissent les membres d'une même famille doivent tendre à fortifier la position du Canada dans l'empire. L'Angleterre a deux filles établies sur les rives du continent américain. L'une, dans toute l'expansion de sa beauté, a des millions de sujets courbés sous ses lois. Il y a déjà longtemps qu'elle a quitté l'abri maternel, et, durant de longues années, la mère et l'enfant se sont vues avec froideur ; aujourd’hui, heureusement pour les deux, tous les vieux sujets de querelle sont oubliés. En dépit de tous ses défauts, l'indulgente matrone aime ce merveilleux fruit de son sein et elle en est fière; mais il ne faut pas qu'elle oublie la plus jeune sœur, qui lui est restée constamment fidèle, et à laquelle est due la plus grande part de son affection, Cette sœur, plus modeste que son ainée, prornet néanmoins de devenir à son tour une personnalité florissante ; mais elle n'accomplira cette destinée qu'à la condition d’être soutenue.
A. V. (The Westminster Review.)