BEAUPORT, VILLAGE AUX ENVIRONS DE QUÉBEC
langue maternelle, à lui léguée par ses ancêtres venus de la vieille France, et qu’il conserve avec un soin jaloux comme un joyau d’un prix inestimable.
Il y a plus encore. Cette langue française, le Canadien s’est toujours efforcé de la parler le plus purement possible, et si l’on en excepte certaines expressions du cru, inévitables dans un pays d'aspect si différent des contrées européennes — expressions pour la plupart, du reste, empreintes d’un pittoresque chatoyant ou d’une délicieuse poésie, — on est certes bien forcé d’avouer qu’il s’est acquitté jusqu'ici avec le plus grand honneur de sa tâche. Les salons de Québec, surtout, ont, de tout temps, tenu, au Canada, à être le foyer où sont venus tour à tour se recruter et se retremper les adeptes dans l’art de bien dire, et pas n'est besoin d’ajouter
que, plus que jamais aujourd’hui, ils gardent haut et ferme, parmi la jeune société française américaine, le sceptre de cette supérlorité. N’était un léger puritanisme britannique, conséquence du contact continuel avec les Anglais, et qui est cause qu’on trouverait là-bas d’un goût plus que douteux les mille et un pelts traits, épicés de sel gaulois, qui forment, en France, la menue monnaie de la conversation courante; n’était, dis-je, ce puritanisme, ce serait à se croire soudainement transporté, dès le seuil d’un salon de Québec, dans l’un des plus aristocratiques hôtels du faubourg
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