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pe et surtout en Belgique. Et puis, ces fêtes"simples et paisibles n'épuisent pas les coffres de l'Etat ou de la Commune. On a, par exemple, célébré cette année à Nherbrooke la Fête patriotique de Saint Jean-Baptiste. Dans le plus humble de nos villages belges, on ferait mieux et cependant Sherbrooke est une ville riche, une ville fière de sa prospérité. Mais, le lendemain de cette fête, tout le monde reprenait sa besogne, sans peine et sans remords. (Chez nous, après toutes ces fêtes, sauf quelques hôteliers et quelques fournisseurs privilégiés,
on se gratte l'oreille, on recule d’effroi devant le chiffre du déficit.
On ne voit dans les villages canadiens ni cafés, ni théâtres. MGme dans les grandes villes, les salles de spectacle ckément la plupart du temps.
Tout cela fait dire aux étrangers qu'il n’y a pas beaucoup de plaisir au Canada. Mais, s'il y avait moins de... plaisir en Belgique, en France et dans d'autres pays européens, les dettes de l'Etat, des Communes et de beaucoup de familles seraient aussi plus petites.
Enfin, puisqu'il faut bien le dire, le Canada n'est pas ce que l’on est convenu d'appeler un pays amusant. Cependant, beaucoup d’'Européens trouvent qu'ils s'amusent beaucoup mieux qu’au Vieux Pays, en constatant combien leur position s'est améliorée depuis qu'ils sont établis au Canada.
D'un autre côté, si l’on n'a pas ici les plaisirs bruyants de nos cités belges, on n'a pas, non plus, ces rixes souvent sanglantes et ces orgies qui ruinent les familles.
Le cultivateur canadien passe trôs-agréablement son dimanche et cela sans faire de grandes dépenses. Il se promène à pied, à cheval et en voiture; il parcourt ses terres, ou fait une partie de vhasse dans les bois ; il lit son journal ou un livre, il fait de la musique; bref, il trouve le moyen de se distraire honnêtement sans nuire à sa santé ou à sa bourse et sans faire tort au prochain.
Les Belges, surtout ceux qui ont vécu dans les grands centres et qui aiment à fréquenter les cafés, ont parfois de la peine à s’habituer à la vie paisible, à la vie de famille que mène le cultivateur canadien : les célibataires s’ennuient encore plus que les autres. Maïs n'est-ce pas pitié d'entendre des gens que la misère a chassés de leur pays, des ouvriers qui n’ont jamais vu, même de loin, l’aisance deus la maison
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paternelle, n’est-ce pas pitié, dis-je, d'entendre ces gens se plaindre du Canada, parce qu’on a'y trouve pas de nombreuses occasions de dépenser son argent et de détruire sa santé ?
De tout ce qui précède, il résulte que le Canada est un pays où le bien-êtrefdoit se conquérir à la force du poignet, où seuls les vaillants triomphent.
Les bons Colons sont donc les cultivateurs possédant la somme nécessaire pour payer les premiers frais de leur établissement. (Ce sont les homm?s bien déterminés, qui quittent leur patrie saus autre but que d'’ailer dans une autre partie du monde, demander l'aisance et peut-être la fortune au travail et à l’économie. Le bon fermier n'est pas celui qui danse bien, qui jug? bien du mérite d'un chanteur, d’un musicien ou d’une actrice; ce n'est pas celui qui est capable de soutenir au café de longues discussions politiques, tout en culottant de belles pipes de Hollande et en ingurgitant une respectable série de grands ou de petits verres. C’est l’homme: qui n’a qu'une chose en vue : faire honneur à ses affaires, amasser des épargnes pour ses vieux jours, assurer l'avenir de ses enfants.