QUELLE SOMME FAUT-IL AUX CULTIVATEURS POUR VENIR S'ÉTABLIR AU CANADA
J'ai dit plus haut, qu'il faut au cultivateur belge «x moins trois mille francs pour s'établir au Canada. Je parle de trois mille francs à l'arrivée au Canadu et non aïunt de payer, les frais de voyage en Belgique. Pour réussir avec une somme si minime, il est nécessaire que le colon aït bien du courage, que sa femme soit bonne fermière et qu'au moins un de ses enfants puisse travailler avec lui.
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Le cultivateur belge ne doit jamais s'établir, dès son arrivée au Canada, sur des terres nouvelles, c’est-à-dire sur des terres entièrement couvertes de bois.
Quand on ne dispose que d'un petit capital, c'est-à-dire de 3 à 5,000 francs, et qu'on a une famille nombreuse, on doit s'écarter des grands centres. Pour 1,500 à 2,000 francs on peut acheter un lot de quarante hectares de bois avec une petite habitation, une grange, une écurie et cinq ou six h2ctares de terres labourables.
Qu'on ne se le cache pas, il faut au colon belge beaucoup de courage pour s'établir sur une propriété de ce genre. Il se trouve au milieu de la forêt et il se procure difficilement les douceurs auxquelles il s’est habitué dans sa patrie.
Mais, quelle récompense magnifique s’il persévère !
Chaque arbre qu'il abat ou qu'il fait abattre agrandit son bien, sa propriété, son domaine. Le petit métayer d'autrefois est bicatôt seigneur et maître d'une grande terre, d’une vaste maison et d'un beau troupeau de vaches et de moutons. Tla cheval et voiture et l’abondance règne chez lui.
A ceux qui possèdent de cinq à dix mille francs, je conseille de s'établir à une bonne lieue d’un grand centre. Ils achèteront pour 12 à 1400 piastres, (7 à 8,000 francs,) une propriété d'environ 80 hectares, composée de: Une maison d'habitation, une écurie, une grange, une étable, cinq à six hectares de terres labourables, à peu près le double de pacages et le reste en bois debout.
On peut quelquefois acheter une propriété très-bonne et bien située pour une somme moindre.
On n'est pas toujours forcé de payer au comptant tout le prix d'achat. Souvent il suffit de payer un tiers ou la moitié, mais alors on est forcé de payer pour le restant de la somme des intérêts assez élevés : au moins 6 pour cent.
En supposant que le colon possède de cing à douze mille francs. je lui conseille de réserver de cette somme au moins six cents piustres. et d'employer le reste au paiement total ou partiel de sa terre.
Il employera comme suit les 600 piastres qu'il a tenues en réserve. Il achètera :
Pa, (PU
Deux chevaux... 160 piastres 4 Trois vaches......,... 105 Fe Instruments aratoires............,..,,....,, 50 4 Une charette....,.. ss. sovoossesesescosoos 85 1. 11] CRNPRPENENNRE PREN nn eNnnE, 1 |: DR À Vivres, graines, &e............,.,....... 100 { Pour frais imprévus... DO
600 ‘ Encore une fois, on p-ut réussir avec moins; mais pour beaueoup de colons ce serait même trop peu.
Souvent on peut acheter une ferme avec le mobilier. les instru- P ,
ments aratoires, les récoltes sur pied ou rentrées et le bétail. Ceux qui É. peuvent consacrer de 12 à 15,000 francs à un pareil achat, possèdent ain- à
| ni si d’amblée tout ce qu'il faut pour ‘ marcher rondement”. Mais, je à | 1 1 le répète, ce qui a plus d'importance ici que l'argent, c'est le courage, à | |: la persévérance et l'économie. Le travail est ici le meilleur et le plus 4 L | 4}, productif des capitaux: Jamais il ne manque de rapporter de beaux L: qe intérêts. 4% | Le bûcheron canadien qui possède 500 francs ne doute plus de É. ( rien ; il ira s'établir n'importe où, souvent à des distances énormes de # ( son village natal, et neuf fois sur dix il réussira. *
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Mais on n’en peut dire autant des Européens. Il leur faut une terre défrichée en grande partie, une maison, des écuries et des granges toutes prêtes, et il leur faut surtout une année d'apprentissage, À Cela ne s'obtient pas sans argent. ;
C’est donc une chose entendue: on n'obtient rien pour rien ici, il faut de l'argent, pas trop il est vrai, et il faut surtout de l'énergie. Au bout d’une couple d'années le colon intelligent et courageux constate avec plaisir que sa position est beaucoup plus belle qu’elle ne serait en dix fois plus de temps au vieux pays.
J'ai dit dans une de mes brochures que les familles nombreuses. réussissent mieux que les autres. Cela ne doit pas être pris à la lettre. Il faut qu'il y ait des travailleurs parmi les membres des familles agrieoles et l’on ne doit pas se tromper comme un brave homme qui arriva ici dernièrement avec huit tout petits enfants et qui me dit: ‘“ Vous. demandez des familles nombreuses, en voici une.”
Ce bonhomme eût bien fait de laisser grandir un peu ses hérétiers avant de vouloir en fiire des défricheurs. J'espère cependant qu'il se tirera d'affaire, car je lui ai trouvé un protecteur dévoué; mais je ne conseille à personne d’imiter son exemple.
Il est très-utile aussi, pour ne pas dire nécessaire, de connaitre Ja langue français». L'anglais surtout est d'une grande utilité, quand en veut s'établir dans une autre contrée que la province de Québec.
Deau- ÿ
4 DANS QUELLE PARTIE DU CANADA DOIT-ON S'ÉTABLIR? seru” À Voilà une question à laquelle je ne réponds pas volontiers, car on LL 4 peut réussir à peu près partout, Pour moi, je me suis fixé dans les PA 4 Cantons de l'Est et je ne le regrette pas. Ni j'avais de la fortune, j'is Je F. rais me fixer au Manitoba où aux environs du Lac St, Jean. Ni j'é- A6; à tais jardinier ou surtout pépiaiériste, je donnerais la préférence, aux plis ë | environs de Montréal, de Winnipeg, d'Ottawa ou de Québec. Si j'ébénlareg # tais industriel, je commencerais, avant de bâtir mon usine, par ache- L. ter n'importe où, bien entendu pas loin d'un chemin de fer ou d'un. s de L cours d'eau, de grands bois que je diviserais en lots ; je défricherais s de 4 quelques acres de chaque lotet j'y construirais des habitations ouvrières. De cette manière, je pourrais vendre à crédit à mes ouvriers une une 1 habitation et un lopin de terre, ce qui serait un excellent moyen de: ran- : leur faire aimer leur nouvelle patrie. age, 4 Au petit cultivateur, je conseille les Cantons de l'Est. On y 1 trouve facilement des terres en partie défrichées, et, par conséquent, de ;üi 1 l'occupation et des ressourczs immédiates. Quand on a amassé un rgie. É peu d'argent, étudié le pays et appris à connaître le système canadien ons- 4 pour la culture et les défrichements, on peut aller se fixer partout. Ou se. 4 réalise toujours un bénéfice sur la vente d’une terre améliorée, et dans 4 un pays aussi vaste que le Canada, on trouve sans peine à acheter une HR 1 mouvelle propriété.
tre. J'ai parlé, dans mes brochures publiées l'an dernier, des Moulins: gri- Nantais, au bord du Lac Mégantic.
iva Le Directeur de cette usine, M. Chicoyne, chef de la Colonie ous.
nantaise, a fait cette année un voyage en France et en Belgique. Le siège de la société qu’il dirige est à Nantes, en France, Il voyageait.
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en compagnie de M. Cabana avocat, et membre de la société de Colonisation.
Ces messieurs ont reçu partout le meilleur accueil, Je suis persuadé qu'ils feront tout ce qui sera en leur pouvoir pour venir en aide aux colons belges qui s'adresseront à eux et sc mettront sous leur protection.
Ceux qui, avant de partir, désirent prendre de plus amples infornations au sujet de la province canadienne à laquelle ils doivent donner la préférence, feront bien de s'adresser à M. le Ministre de l'agriculture à Ottawa, ou au même Ministre à Québec. Ces messieurs Jeur enverront tous les renseignements désirables et même des cartes du pays. On peut aussi se procurer suns frais des brochures très-uties chez M. Richard Berns, avenue du Commérce 132, à Anvers.
On peut aussi m'écrire.
Un mot encore au sujet de l'établissement des colons belges au
Canada. Souvent des cultivateurs m'écrivent pour me prier de leur acheter des fermes. Voilà une mission dont je ne veux plus me char-
ger. Il vaut mieux que l’'émigrant vienne ici, s’informe, juge, compare et n’achète qu'après avoir vu.
‘Ceux qui passent une année ici avant d'acheter ne sont pas les moins sages. On met son argent à la banque et on le retire quand un bon placement se présente,
S'il arrive cependant que des défricheurs canadiens viennent m'offrir des terres, je veux b'en les montrer gratuitement aux Belges qi arrivent ici.
Mais dans ceci, comme pour la grande détermination—le départ vers le pays lointain—je ne prends aucune responsabilité. On me <croira où où ne me croira pas, on restera en Europe ou on viendra ici, on réussira ou on ne réussira pas... Je ne m'engage à rien, je ne demande aucun: récompense, je n’écouterai aucune plainte.
Je souhaite aux colons courage, persévérance et économie; je leur souhaite joie et bonheur... Mais ils auront la bonté de chercher À posséder toutes ces qualités et à obtenir le succès ..…...le tout
sans mon intervention.
J'écris cette brochure parcs qu'il me plaît de l'écrire, sans recevoir des ordres de qui que ce soit. Je puis prouver tout ce que j'a-
loni-
peraide pro-
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vance, mais le succès dépend des colons eux-mêmes et Le
Tout ce que je puis, c'est de faire des vœux pour leur bonheur. reste est leur affaire.........et celle de la Providence, qui n'abandonne jamais les familles honnêtes et laborieuses.