‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufactures, etc., etc., etc. [microforme]Chapitre 13 sur 43 · TOTAL · texte numérisé non relu

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TABLEAU indiquant les professions, métiers et occupations principales des habitants du Canada en 1851 ( Contins Continué. .

HAUT-CANADA. | BAS CANADA, ch TUTAL, NON Res

Médecins et Chirurgiens , .…., s…. 882 410 D Ont 792 Menuisicrs PRES dose hide 511 8928 4434 Meubliers eee sé se 1030 311 1541 Meuniers ae sé RES 1088 667 1750 Modistes sise Ms soso 1285 1200 2435 Mouleurs . ss see 337 115 452 Navigateurs et mat GlULS 4e 0 se 586 98 1574 Négociants ,... see dé 155 589 144 Notaires des ee dés 19 535 557 Pécheurs ARE Ses ones 96 1242 1333 Peintres MAR se sis 641 294 925 Pilotes. ... Te Te dés il 228 239 Piâtriers Re Se 0 288 85 37:

Plorubiers ee ee ace 14 16 29 Potiers s a Ses 66 88 104 Foulieurs sue ss ss ñ 29 Renticrs Sos sde Ses 1116 8870 498€

Scieurs ms RE no £8I 402 1282 Seulyteur setdoreurs 1! se 19 67 86 Selliers se a. Soi 872 2738 1146 Ser yantes Sois jee 0 12274 19812 23086 Serviteurs : es hé es 3180 5559 8739 flailleurs et tailleuses Rise se 252 699 8632 ailleurs de pierres ie ae 228 196 419 Tanueurs ss dés se 561 532 1093 Tenant des maisons de pension .... 32 64 96 Tisser Pas ce sos ses 172S 166 | 1904 Tonueliers 2. 1935 413 | 2408 Tenani magasin, (voir “ Marchands.” où 0 1128 | 1128 Voiliers sd ses as 15 36 | 51

Ce chiffre de 2,215 aubergistes ne doit pas trop nous cffrayer, lorsque nous savons qu’en 1549 la Cité de New-York avec une population de 371,223 habitants comptait 3,779 auberges licenciées ; c’est

1,564 de plus que tout le Canada en 1851.

Pendant que nous en sommes aux comparaisons, nous ferons remarquer que l’État de New-York, qui est l'Etat de l’Union Américaine qui augmente le plus rapidement en population, avait 1,371,812 habitants en 1820 et 3,098,818 en 1850, donnant une augmentation de 1,727,006 ou de 125 par 100 en 30 ans. C’est un accroissement annuel d’un peu plus de 4 par 100, ou d’environ la moitié de celui de la population du Canada.

Si maintenant nous prenons la Pensylvanie comme terme de comparaison (c’est l'Etat qui rivalise le plus avec New-York), nous trouvons que sa population en 1820 était de 1,049,558 âmes, tandis qu’en 1850 elle était de 2,214,897. Cela nous donne une augmentation de

1,265,039 habitants ou de 120 par 100 en 30 ans, et de 4 par 100 par année.

D'un autre côté, en parlant de l’accroissement et des occupations diverses de notre population, la question du paupérisme vient d’ellemême sous notre plume, et quoique nous ne puissions la traiter au long, nous ne devons pas omettre la vérité sur ce point. Il est de fait que le paupérisme, comme menace et danger, n’existe pas en Canada. Nous avons il est vrai des pauvres parmi nous, (et qui n’en a pas ?) mais nos pauvres ne sont pas une charge ni un péril pour l’état. Ils sont secourus dans le Bas-Canada et en partie dans le Haut-Canada par nos Institutions religieuses de bienfaisance èt de charité, et nous sommes sous ce rapport bien différents des Etats-Unis.

Dans les Etats voisins en effet, c’est la municipalité ou l'Etat qui fait la charité ; aussi, sommes-nous en position de savoir quel nombre de pauvres ils ont et combien ce paupérisme naissant leur coûte. Les statistiques officielles portent qu’en 1850, 134,972 pauvres, dont 66,434 Américains et 68,538 étrangers, ont reçu l’aumôûne aux Etats- Unis, et qu’ils ont nécessité une dépense de $2,954,806, égale aux deux tiers du revenu du Canada en 1853.

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LE Canada doit, en grande partie, son état actuel de civilisation, ses mœurs douces et ses sentiments profonds de religion aux Missionnaires qui, en venant y porter le flambeau de la foi, y ont implanté l’étendard de la civilisation. C’est ce qui faisait dire, il y a quelques années, à un écrivain Canadien, que ‘“ si l’histoire s’occupe un jour du Canada, elle dira qu’il a été formé par les Prêtres séculiers et par les Jésuites.”

‘“ En effet, continue le même écrivain, le premier siècle, qui a suivi l’arrivée des Européens dans la Nouvelle-France, nous montre d’un côté les Jésuites parcourant le pays dans toutes les directions, pénétrant dans ses parties les plus reculées, explorant ses ressources naturelles, établissant des rapports de fraternité entre les aborigènes et la race étrangère, et posant les jalons de la civilisation depuis le Golfe St. Laurent jusqu'aux Bouches du Mississipi; de l’autre, il nous offre le Prêtre séculier conduisant au sein de la forêt des groupes de hardis pionniers, dirigeant leurs travaux, soutenant leurs espérances, présidant à la naissance de l’humble Village, élévant au bord de la rivière le clocher de sa chapelle, et organisant en petit la paroisse canadienne. Tour à tour juge, médecin, législateur, maître d'école, le curé-missionnaire était l’âme des nouveaux établissemeats qui se formaient sur les deux rives du St. Laurent. Jetées au milieu du désert, forcées de lutter contre une nature sauvage, sans cesse exposées aux incursions des Iroquois, ces communautés naissantes, pour se maintenir, avaient besoin de l'autorité et du dévouement du prêtre catholique. Ses paroles pleines d’espérance arrûtaient le découragement, et ses exhortations à la paix empêchaient que la confusion et l’anarchie ne se glissâssent au milieu des éléments hétérogènes dont se composaient par fois ces petites sociétés, tandis que ses connaissances et son expérience le mettaient en état de donner d’utiles conseils sur les travaux à exécuter et sur les règlements à établir pour l'avantage commun. La juste influence ainsi acquise auprès de ses paroissiens était employée au service de la

morale et de la religion. C'était le principal objet de sa mission ; et il y dévouait toute son énergie et toutes scs ressources. Aussi par les soins du prêtre Canadien, le caractère national en se développant s’est trouvé fortement empreint de moralité et d’attachement au catholicisme.”

Plus tard, lorsque des jours mauvais commencèrent pour la France, et que le Canada, qui lui était si dévoué, cessa de lui appartenir, le prêtre resta avec 60,000 ou 70,000 Canadiens au poste qui lui avait été confié, pour aider à la conservation des lois, des mœurs, des coutumes, de la langue et de la religion de ce petit peuple si violemment séparé de sa mère-patrie. La tâche était difficile, mais le clergé la remplit avec un zèle admirable. Il se fit le guide et le protecteur du peuple ; ii le dota, autant qu’il put, d'écoles élémentaires et de maisons de haute éducation, et aujourd’hui il renouvelle les actes héroïques du passé, tout en accordant aux progrès de la civilisation ce qu’elle est en droit de lui demander. C’est ainsi que, pendant que d’une main il fonde des hôpitaux, des écoles, des couvents, des séminaires et des universités, nous le voyons prendre de l’autre la hache du bucheron, diriger le surplus de la population vers les terres vagues qui forment encore partie du sol national, abattre avec lui l’arbre de la forêt, ériger la cabane de ce nouveau pionnier de la civilisation et la chapelle qui est le plus beau souvenir des bords du St. Laurent, et puis s’armer du signe de la rédemption, parcourir le pays tout entier, préchant une sainte croisade contre l’intempérance et détruisant un vice qui menaçait de devenir permanent.

Voilà en peu de mots une partie de ce qu’a fait autrefvis et de ce que fait de nos jours le clergé catholique du Canada. Voyons maintenant quels ont été, depuis la cession du pays en 1763, les progrès du catholicisme parmi nous ; nous saurons ainsi si le succès a répondu aux efforts du clergé.

En 1765, tout le vaste pays qui forme aujourd’hui le Canada, et tout le reste de l'Amérique au nord du Mexique et du Golfe de ce nom, étaient sous la jurisdiction de l’Evêque de Québec. En ce moment les Etats-Unis forment près de 39 diocèses différents, et le Canada en compte sept. Il n’y avait alors qu'un seul Evêque ; aujourd’hui, nous avons un Archevèque dont le siége est à Québec, six Evêques suffragants ct trois coadjuteurs. Enfin, il n’y avait en 1790 que 14€ prêtres ; aujourd’hui le Bas-Canada a 540 prêtres et le Haut-Canada 117, répartis comme suit, savoir :

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Archidiocèse de Quéhec....................... 185 Prêtres. Divcèse des Trois-Rivières. ................... 56 Diocèse de St. Hyacinthe........ ROSE ner 58 Divcèse de Montréal . ..…. ST EnRERRu te sr 20 Diocèse de Bytown ...,................s..... 40 Diocèse de Kingston ...........,.............s 36

Diocèse de Toronto ............... Mi iso 35 !

Outre des vicaires-généraux qui, dans les sept dio- à

cèses, sont au nombre de....... SSSR . 18 à Formant un total de.................. 657.

Ces 657 prêtres desservent 375 Cures et Missions, dirigent une trentaine d'établissements de charité et de communautés religieuses, aident à l’administration de sept diocèses, et donnent l’enseignement à la jeunesse dans 15 à 16 Université, Séminaires et Collèges.

Les Cures, Missions et Communautés religieuses sont réparties corame suit dans les sept Archidiocèse et Diocèses du Canada :

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