‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufactures, etc., etc., etc. [microforme]Chapitre 41 sur 43 · DRE SN VDO PROMIS OR RASE · texte numérisé non relu

DRE SN VDO PROMIS OR RASE

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avaient en Canada 14 maisons, habitées par 130 frères, et fréquentées par 6,474 élèves. Ces chiffres sont presque ceux des Etats-Unis pour la même année, le nombre de maisons que les Frères y possédaient étant aussi de 14, le nombre des Frères de 150 et celui des élèves de 6,784.

Il est bon aussi de mentionner qu’en outre de l’Université McGill, les Protestants out le Collège de Lennoxville appelé Bishop's College, dans lequel on enseigne la théologie protestante, les langues,

‘la littérature, les mathématiques, ete., et qui vient, dit-on, d’être érigé

en. Université; ils possèdent à Québec, à Montréal et dans quelques autres endroits du Bas-Canada, des académies et écoles supérieures que fréquentent un grand nombre de jeunes gens qui se destinent au commerce et même aux professions libérales,

Les institutions créées pour l'instruction des jeunes filles ne sont guère moins nombreuses dans le Bas-Canada que celles destinées à l'instruction des jeunes gens. On les trouve partout où les besoins des populations les requièrent. Québec, par exemple, a le couvent des Ursulines, celui de l’Hôpital-Général et celui de la Congrégation. Ces trois institutions sont pour les jeunes filles ce que sont les petitsséminaires et les collèges pour les jeunes gens. On y enseigne tout ce qu’une jeune personne apprend ailleurs dans les meilleures institutions de ce genre. Le Couvent des Ursulines est la plus ancienne institution que nous ayons en Canada pour l'instruction des jeunes filles. Elle fut fondée par Madame de ja Peltrie en 1639 ; la première bâtisse fut complète en 1641, et en 1650 la maison fut détruite par incendie. L'établissement n’en continua pas moins à prospérer, et aujonrd’hui la communauté qui est composée de 56 religienses professes, cinq novices et une postulante, donne l’instruction à 120 pensionnaires, 87 demi-pensionnaires et 146 élèves externes ; en tout 353 élèves. Depuis l’année 1650 jusqu’à Décembre 1854, il y a eu dans cette institution 6,011 jeunes filles pensionnaires, dont 250 Huronnes, Algonquines, Iroquoises et Abénaquises. Les Ursulines ne commencèrent à avoir des demi-pensionnaires qu’en 1800, et depuis cette époque jusqu’à Décembre 1854 elles en ont eu 1,256. Les classes externes furent ouvertes dès 1658, et ont été fréquentées jusqu’à Décembre 1854 par 8,364 élèves. En sorte que, de 1650 à 1854 inclusivement, cet établissernent a donné l'instruction à 15,631 jeunes filles.

Les Sœurs de la Congrégation ont à Québec un magnifique établissement, qui est dans un état très prospère. Elles ne bornent cependant pas leur enseignement aux jeunes fiiles de la ville. Elles ont des succursales en huit ou neuf endroits différents du District de Québec, et

prennent actuellement des mesures pour en établir d’autres dans six différentes paroisses du District.

Les Sœurs de la Charité ont aussi à Québec des écoles gratuites, où les jeunes filles pauvres reçoivent une instruction proportionnée à leur état.

De nombreux établissements du même genre se remarquent dans les autres parties du Bas-Canada, et tout spécialement aux Trois- Rivières où se trouve un Couvent d’'Ursulines, dans le Diocèse de St. Hyacinthe où il existe aussi une communauté religieuse, et dans le Diocèse de Montréal qui, en outre du Couvent des Sœurs de la Congrégation et des nombreuses succursales qu’elles ont établies, possède deux maisons sous les soins des Dames du Sacré-Cœur, une maison sous ceux des Sœurs des Saints Noms de Jésus et Marie, un autre établissement sous la direction des Sœurs de Ste. Anne, et une dernière confiée à la sollicitude des Sœurs des Sept Douleurs.

Le Haut-Canada est moins favorisé sous le rapport des institutions pour l'instruction des jeunes filles. Il en possède néanmoins quelques-unes, entre autres à Toronto, à Kingston et à Bytown ou Cité d'Ottawa.

Les détails qui précèdent doivent convaincre quiconque ne le sait déjà que l’enseignement scolaire reçoit en Canada l’attention toute spéciale de la Législature, du clergé et en général des hommes instruits; qu’il a été fait depuis longtemps de puissants efforts et des sacrifices considérables pour procurer au peuple une instruction solide et appropriée à ses besoins ; que la Province est heureusement dotée de nombreux établissements de haute éducation, d’institutions scolaires supérieures, et d’écoles primaires qui promettent les plus heureux résultats.

Qui pourrait après cela douter du succès, surtout quand on voit les Universités, Séminaires, Collèges et Académies donner annuellement l'instruction à des milliers de jeunes gens, qui se trouvent ensuite en état d'occuper des positions distinguées au Barreau, dans la magistrature, les autres professions libérales, le commerce, etc.? Qui ôserait le nier, quand on voit des milliers de jeunes filles fréquenter nos couvents et autres institutions d'éducation, puis en sortir tous les ans et emporter avec elles le goût de l'instruction qu’elles encouragent au sein des nouvelles familles qu’elles sont appelées à former? Qui enfin ne le croirait pas, quand on sait par des chiffres certains que 247,443 enfants fréquentaient les écoles en 1851, et que, notre population totale étant alors de 1,842,265 habitants, plus d’un huitième do notre population fréquentait nos écoles et collèges ?

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Ex fait de jour lisme, le Canada a suivi l'exemple des Etats- Unis. On sait en effet que, pour le citoyen de l’Union Américaine, le papier-nouvelles est un besoin, et que presque chaque petite ville possède au moins un journal, dans lequel la fraction du peuple américain qui habite cette petite ville exprime ses opinions sur les actes de son Gouvernement local, sur ceux du Gouvernement de la République toute entière et quelquefois des pays étrangers.

Le Canada a pris la même voie, en sorte qu'aujourd'hui on prétend que le Haut-Canada ne compte guère moins de 80 journaux. Le Bas-Canada n’a pas été à ce pas de course; il possède cependant de 30 à 35 journaux et revues, dont 12 à 13 sont publiés en langue française. Ces journaux français sont :

A Québec: Le Journal de Québec, le Canadien et les Débats ;

À Trois-Rivières: L’Ere Nouvelle et le Cultivateur Indépendant ;

À Berthier (d’en haut): L'Echo des Campagnes :

A St. Hyacinthe: Le Courrier de St. Hyacinthe ;

À Montréal: La Minerve, le Pays, la Patrie, le Moniteur Canadien, le Semeur, et la Ruche Littéraire et Politique.

Le Journal de Québec, le Canadien, la Minerve et le Pays sont publiés trois fois par semaine ; les autres sont publiés semi-hebdomadairement ou une fois par semaine, à l’exception de la Ruche Lattéraire qui parait une fois par mois.

Le Journal de Québec, le Canadien, la Minerve et la Patrie sont ministériels; les autres journaux français sont dans l’opposition.

Nous ne nommons pas les journaux anglais du Haut et du Bas- Canada, parce que la liste en serait trop longue. Nous indiquerions bien aussi les journaux anglais que nous croyons être les plus influents ou les plus importants; mais nous préférons nous en abstenir, de crainte de blesser les susceptibilités des autres qui se croiraient et seraient peut-être aussi importants que ceux que nous aurions mentionnés.

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Nous nous contenterons donc de dire que, comme la liberté de la presse est très-étendue, messieurs les journalistes se donnent bien garde de n’en pas user, et lorsque quelquefois ils dépassent les bornes, les personnes qui se trouvent lésées peuvent s'adresser aux tribunaux soit criminels soit civils, pour faire condamner à la prison ou à l’amende les écrivains qui ont abusé de la liberté de la presse. Dans tous les cas, les gouvernants sentent le besoin d’avoir la presse avec eux, et ils essaient souvent par des faveurs, non pas de détruire la liberté du journalisme, mais de se rendre favorable ce ‘“ quatrième pouvoir de l'Etat.” La tentation a quelquefois été si forte que le mot “indépendance de la presse ” a perdu dans certains quartiers sa signification propre. Néanmoins il faut avouer que l'or et les honneurs ont souvent rencontré parmi les journalistes canadiens plus d’un écrivain qui a rejeté bien loin ce qui semblait être le prix de sa conscience.

On n’a pas trouvé d’inconvénients graves à la liberté laissée au journalisme, parce que, si les opinions les plus avancées ou mêmes les opinions les plus subversives peuvent s'exprimer au grand jour, l’antidote se trouve dans les journaux modérés ou conservateurs, qui rétablissent ainsi l'équilibre. Ce n’est pas à dire pour cela que les autorités canadiennes désirent encourager les opinions les plus extravagantes de même que les opinions les plus raisonnables; mais elles paraissent croire qu’il vaut mieux qu’un parti, quelque peu considérable qu’il soit, ait ses organes, que de lui imposer silence et l’engager pour ainsi dire à tramer des complots dans l’ombre, persuadés que sont nos gouvernants que le bon sens public ferait bientôt justice des idées désordonnées qui pourraient se produire ouvertement. C’est ici matière d'opinion; et pour nous, nous nous bornons à enrégistrer les faits tels qu’ils existent.

Quant aux matières religieuses, la loi n'empêche personne de faire valoir publiquement, par la voie de la presse, ses opinions et ses croyances. En sorte que le Catholicisme a ses organes haut et bascanadiens, nous voulons dire ses défenseurs. Le Protestantisme de son côté possède de nombreux journaux au moyen desquels il essaie de battre en brêche l'Eglise catholique.

En supposant que le nombre des journaux du Canada soit de 110 (nous croyons qu’il n’est pas moindre), nous nous trouvons à avoir un journal pour chaque 16,750 habitants. La proportion est plus avantageuse encore pour le Haut-Canada seul, puisqu'il possède un journal pour chaque 12,000 habitants. Le Bas-Canada n’en a qu’un par chaque 29,000 habitants: néanmoins, le journalisme fait de rapides progrès dans cette dernière section de la Province et le journal est

de la devenu presqu’une nécessité pour la plupart des hommes qui possègarde dent de l’instrnction. Nous pouvons citer comme preuve de progrès s, les le Journal de Québec qui, durant l’année 1854, a reçu en outre de | maux toute pertes 400 nouveaux abonnements, Un progrès semblable a 1 ou à dû se faire sentir dans les autres établissements tant de Québec que 1 Dans de Montréal. fl bé | En général, le prix d'abonnement aux journaux français et anglais, Li . qui paraissent trois fois par semaine, est de quatre piastres par année, n! | celui des journaux quotidiens est de 6 piastres, celui des journaux | que le qui paraissent deux fois par semaine de 3 piastres, et celui des jour- PES Ra naux hebdomadaires 2 piastres.

“hon- Le tarif des annonces est aussi, en général, de 4 deniers par ligne plus pour la première insertion, et d’un denier par ligne pour chaqué inde sa sertion subséquente.

cit Le papier, sur lequel les journaux sont imprimés, se fabrique en sir grande partie dans la Province, ainsi qu’une portion des caractères | noeee d'imprimerie, dont on fait venir le reste de New-York ou de Paris À bo (France). Il est question depuis quelque temps d’un nouveau papier È re que l’on fabriquerait avec de l’immortelle, afin de remplacer le papier | pour fait au moyen de chiffons. Aucun journal que nous sachions n’en a | +0 encore fait un usage permanent. É PAU Avant de terminer ce chapitre, nous croyons devoir à la presse k parti, canadicnne-française de dire pourquoi elle n’a pas suivi la même | le lui progression que la presse anglaise. Il est bon en effet que l’on plots sache que, si la population française de cette Province n’a pas Ë FER donné au journalisme un encouragement aussi grand que l’autre popat 6 pulation, il ne faut pas s’en prendre à elle, mais au mauvais Gouver- l AOÛ nement qu’on lui a infligé si longtemps. Ne participant pas aux emfai plois publics, vivant tantôt sous le règne du sabre tantôt sous un 4 faire

régime qui n’était représentatif que de nom, le Canadien qui est natu-

t ses rellement attaché à son clocher demeurait privé des moyens d’ins- |

| bas- truction et d'activité dont les autres profitaient. Il ne sortait guère h S de de sa paroisse, et ne prenait intérêt à la chose publique que quand | ee ses chefs ayant besoin de son coucours allaient faire appel à ses sen- ‘4 timents patriotiques. On conçoit qu'avec ces dispositions naturelles | 6 #10 et surtout avec le simulacre de représentation qu'ils avaient, les | ess Canadiens ne dûssent pas s’oecuper beaucoup des affaires publi- k avan- ques.

Ne: Mais depuis la crise de 1837, le Canadien a changé un peu ses RCEAE allures ; il a pris part au gouvernement de l'Etat, il a pu exprimer ses 4: de opinions sans crainte, il a pu dire ses besoins, et dès lors il a comal es

pris que pour faire valoir ses prétensions et ses volontés il devait

avoir des organes ; de 1à est sortie la presse française du Canada telle que nous la voyons aujourd’hui.

Nos journaux ne sont pas, tant s’en faut, parvenus à leur plus haut point de puissance et de perfection ; mais du moins ils ont surmonté le plus formidable obstacle à leur propérité, et avec de la persévérance et une rédaction habile, prudente, intelligente, nos journaux pourront atteindre à un degré bien plus élevé d'autorité et se maintenir toujours à la tête du journalisme canadien.

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Dans un pays nouveau comme le Canada, il n’est pas étonnant que les institutions littéraires ou scientifiques ne soient pas aussi avancées que celles des vieilles contrées de l’Europe qui ont eu des siècles entiers pour consolider leurs institutions de littérature ou de sciences. D'ailleurs, en Amérique chacun gagnant son pain à la sueur de son front, il est presqu'impossible pour les hommes d'études de se faire exclusivement littérateurs ou de se livrer entièrement à l’étude approfondie des sciences. Il en résulte que nous avons en Canada un assez grand nombre d'institutions littéraires ou scientifiques, mais aussi qu'aucune n’a encore obtenu cette supériorité qui ne s’acquiert que par des travaux longs et pénibles et par l’étude sérieuse et prolongée des œuvres des maîtres en littérature et dans les sciences.

Ce n’est pas à dire que le Canada ne renferme pas d'hommes réellement instruits. Au contraire, le nombre de ces hommes est assez considérable, mais l'obligation constante qui existe pour la plupart d’entre eux de pourvoir à leur subsistance et à celle de leurs familles, les empèche le plus souvent de mettre leur science à profit, et retarde ainsi le progrès de nos institutions littéraires et scientifiques. Il est néanmoins de fait qu’il y a depuis plusieurs années un progrès réel dans ces institutions, et il semble exister une détermination bien arrêtée de ne pas cesser de marcher dans cette voie progressive, avant d’avoir atteint une position plus stable et plus élevée.

L'institution littéraire la plus connue et la plus populaire est celle qui porte le nom d’Institut Canadien. L'Institut Canadien n’est pas comme celui de Ja France, un seul et même corps ; au contraire, il y a parmi nous presqu’autant d’Instituts Canadiens qu’il y a de villes un peu importantes, et chacun de ces instituts est indépendant des autres et n’a aucun rapport avec eux.

Tous ces instituts ont à peu près le même but, en sorte qu’il nous suffira de reproduire ici l’article second de la constitution de celui de Québec pour faire connaître les autres. Le voici: ‘“ Le but de l’Ins- “ titut Canadien de Québecest : ‘“ 1°. d’avoir une salle de lecture qui

“ devra contenir les meilleures publications politiques, littéraires et “ scientifiques de la Province et de l'étranger ; 2°. de former une bibli- “ othèque, d'en procurer l'usage à ses membres, et de recueillir tous “ les documents qui ont rapport à l'histoire du pays, ainsi que tous ‘“ objets d'histoire naturelle qu'il lui sera possible de se procurer ; “30, d'offrir à ses membres l'avantage d'une discussion hebdomadaire “et au public une série de lectures; 4°. d'opérer la réunion des “ jeunes Canadiens, de les porter à l'amour et à la culture de la “ science et de l’histoire, et de les préparer aux luttes plus sérieuses “ de l'âge mûr; 5°. de promouvoir par toutes les vuies honorables et “ Jégitimes les intérêts du pays en général et de cette ville en parti- “ culier ; 6°, enfin de pratiquer ce que la confraternité et l'honneur “ national prescrivent aux enfants d’une même patrie.”

Le nombre des membres de l’Institut Canadien de Québec est d'environ 350 et le nombre de volumes dans la bibliothèque s'élève à 3,000. Ces ouvrages sont en très grande partie importés directement de Paris, l'institut consacrant chaque année une somme aussi forte que lui permettent ses ressources pécuniaires à l’acquisition de nouveaux ouvrages. En 1853, il a employé à celte fin une somme de

L'Institut Canadien de Montréal compte près de 650 membres et possède une bibliothèque d'environ 2,500 volumes,

Il existe aussi à Québec un ‘“ Institut Catholique” pour la population canadienne-française, et un autre pour les Catholiques qui parlent la langue anglaise. Ces institutions possèdent des bibliothèques assez considérables et comptent chacun un grand nombre de membres. Québec possède en outre la “ Chambre de lecture de St. Roch, le Club Canadien, Y Association de la Bibliothèque de Québec, et la Société Littéraire et Historique de Québec.” Cette dernière association existe depuis longtemps et est une des institations les plus renommées du pays. Elle publie de temps à autres des documents relatifs à l’histoire du Car:da, et qui seront plus tard d’une grande utilité aux historiens du pays. Elle possède en outre une bibliothèque et un musée, Le Club Canadien n'a que deux années d'existence, mais compte un très grand nombre de membres ; il a été fondé dans le but d'exercer les jeunes gens à l’usage de la parole.

A Montréal, l’Institut National est une société de date assez récente ; il semble avoir le même but que l’autre institut de la même ville. Seulement les membres qui en font partie sont d’une opinion politique différente de celle de l’Institut Canadien de Montréal; néanmoins cette distinction tend, dit-on, à disparaître. Il existe en outre à Montréal une ‘“ Société d'Histoire Naturelle,” qui compte beaucoup

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de membres, possède une bibliothèque et un musée magnifiques, et donne durant l'hiver une série de lectures auxquelles le public est admis gratuitement.

Ce nom de ‘ lectures ” nous rappelle un fait que nous avons omis plus haut. Les différentes associations littéraires du Bas-Canada donnent au public, durant le cours de chaque hiver, plusieurs lectures sur des sujets plus ou moins pratiques, et les personnes qui ne sont pas membres de ces institutions sont admises à ces soirées littéraires moyennant une modique contribution et souvent gratuitement. Ces lectures sont populaires et ont déjà produit beaucoup de bien.

L'Institut Canadien n’existe pas uniquement dans le Bas-Canada. Il s’est implanté aussi au cœur du Haut-Canada, et celui de Toronto est bien propre à faire honneur à ces utiles institutions.

D'un autre côté les artisans, témoins des efforts faits sur tous les points du pays par les professions libérales et le commerce, n’ont pas voulu rester inactifs, et ont fondé dans les principales villes de la Province des instituts appelés “ Instituts des Artisans.” C’est dans ces institutions qu’ils vont se perfectionner dans la connaissance des arts, et faire en leur particulier et à loisir des études que leurs moyens pécuniaires ou ceux de leurs parents ne leur ont pas permis de faire plus tôt. Ces instituts sont au nombre d'environ trente, et possèdent généralement une chambre de lecture et une bibliothèque.

Nous ne devons pas non plus omettre de mentionner l’Institut Catholique de T'oronto, qui joue dans le Haut-Canada un grand rôle. Il s'occupe de tout ce qui intéresse les catholiques, et parait être dans un état très-prospère.

Ajoutons que la plupart de ces institutions littéraires ou scientifiques et de celles dont nous parlerons bientôt reçoivent des allocations de la Province, au moyen desquelles elles se soutiennent et progressent.

Le Canada possède outre ces institutions littéraires : 1°. des écoles de médecine; 2. des associations d’instituteurs ; 3°. des sociétés d'agriculture; 4°. des observatoires; 5°. une école nautique.

Les écoles de médecine sont pour l'instruction des aspirants à la pratique de la médecine ; celle de Québec a été remplacée l’an dernier par la faculté de médecine de l’Université-Laval.

Les associations d’instituteurs ont été fondées par les instituteurs eux-mêmes, pour se protéger, améliorer leur sort et s’instruire.

Les sociétés d'agriculture veillent aux progrès que fait l’agriculture dans l’arrondissement pour lequel chacune d’elles est établie ; elles accordent des prix à des expositions annuelles qu’elles déterminent, les fonds étant fournis par les membres et par la Province.

Elles dépendent du département de l’agriculture qui est, comme l’on sait, présidé par un ministre.

L'observatoire, que Québec possède, a été placé dans la citadelle ; il y en a un second à Toronto. Tous deux sont maintenus aux frais de la Province.

Québec possède de plus une Ecole Nautique pour ceux qui se destinent à la marine. C’est une institution de fraîche date, fondée et maintenue par la Province.

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CE n’est que depuis le mois d'Avril 1851 que l’administration des Postes en Canada a été transférée des autorités impériales au Gouvernement provincial.

A cette époque là, il y avait dans toute la Province six cent un bureaux de postes, sept mille cinq cent quatre-vingt quinze milles de routes postales établies ; les malles parcouraient annuellement 2,487,000 milles, et le revenu brut du département des Postes avait été l’année précédente de £93,802 courant, en y comprenant £10,000 sterling, montant de la perception des frais de port des paquebots anglais.

Du moment que la Province fut chargée de cette administration, le Parlement réduisit d'environ les deux tiers les frais de port sur les lettres, les fixant au taux uniforme de trois deniers par chaque # once pour toute l'Amérique anglaise du nord. Il rédvisit aussi de moitié les frais de port et autres sur les lettres déposées aux bureaux des Cités et Villes et livrées par les facteurs.

Les frais de port sur les journaux envoyés aux Provinces de l’Amérique britannique du nord ou en venant, sur les journaux envoyés aux Etats-Unis, et aussi sur les papiers d’échange des journalistes, ont été supprimés totalement pour ces derniers, et ont été remplacés pour les autres par la taxe ordinaire de 3 deniers par once. Enfin, les frais sur les lettres, circulaires, pamphlets, livres et autres papiers imprimés, ont été réduits.

On conviendra que c’était là une mesure hardie, puisque, la réduction étant égale à environ les deux tiers, le déficit pouvait se monter à €50,000 ou €60,000. Mais l’expérience des Etats-Unis avait convaincu nos législateurs que cette réduction dans les frais de poste ferait prendre de l’extension aux correspondances et engagerait à faire de la poste un usage au moins double de celui que l’on en avait fait jusque-là. On ne se trompait pas.

Le 5 d'Avril 1852, c’est-à-dire un. an après la mise en opération du nouveau système, on constatait que les recettes brutes de l’année se

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montaient à £71,788 18s. 5d. et que le déficit n’était que de £12, 500. Ce résultat magnifique fait voir de lui-même que la correspondance a dû doubler dans l’année. Mais le soin que l’on a eu de tenir, dans chaque bureau de poste de la Province, un compte exact du nombre de lettres, journaux, etc., qui y ont été reçus durant la semaine finissant le 3 d'Avril 1852 (ce qui du reste avait été fait pour la semaine correspondante de 1851), a confirmé ce que l’on ne faisait que supposer, comme le prouvent les chiffres suivants :

Nombre de lettres dans la semaine finissant le 3 d'Avril 1851: 41,000

“ «6 6 # ‘4 1852: 86,051 Augmentation en 1852:.............................. 45,051 Nombre de journaux dans la semaine finiss. le 3 d’Avril1851: 90,000

m “6 ‘6 ‘6 ‘4 1852: 101,000 Augmentation en 1852:.............................. 11,000

L'augmentation est donc de plus de moitié pour les lettres et de plus d’un neuvième pour les journaux.

Pour amener ce résultat, le département postal n’est pas resté oisif; il a essayé de faciliter autant qu’il était en lui la correspondance et la circulation des journaux. Aux 601 bureaux de postes existant il en a ajouté 243 nouveaux, et aux 7,595 milles de routes postales établies il a joint 1,023 autres milles. Ce qui a porté à 2,931,373 le nombre de milles parcourus pour le transport des malles, donnant ainsi une augmentation de 444,360 milles.

Il est aisé de comprendre quel développement ces facilités postales sont propres à faire prendre à l'établissement du ;ays et à l’instruction publique, et il est satisfaisant d'apprendre que ces facilités additionnelles sont obtenues moyennant une dépense moins considérable que celle que nécessitait l’ancien système.

Le montant des salaires et rémunérations des maîtres de poste et autres officiers était en effet, le 5 d'Avril 1851, de €23,840, et l’année suivante de €22,667 seulement.

Un fait qui mérite aussi d’être enrégistré, c’est que les communications par la voie de la poste paraissent considérables entre le Canada et les Etats, le montant perçu sur les lettres qui viennent des Etats-Unis au Canada ou vont du Canada aux Etats-Unis ayant été comme suit durant l’année finissant le 5 d'Avril 1852 :

Perçu en Canada ......................... $43,031 77 “ aux Etats-Unis ..................... 42,605 20 Formant un total de ...................... $85,636 97.

Ajoutons qu’au seul bureau de poste de Montréal il a été enrégistré, du 5 d'Avril 1851 au 5 d'Avril 1852, 37,000 lettres contenant de

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l'argent. Ce chiffre suffit pour montrer qu’en général ce département est effectif et possède la confiance publique.

Nous regrettons de n’avoir pas un tableau des lettres reçues durant l’année, dans chaque bureau de poste de la Province; nous nous trouvons ainsi privés de statistiques intéressantes. Nous devons done nous contenter de constater ici le nombre des lettres-mortes à la fin de l’année commencée le 5 d’Avril 1851:

Lettres provinciales ................. ss... 46,959 “venant de la Grande-Bretagne. ........... 7,604 “6 “des Etats-Unis .................. 12,229 DR ON ON ON Rte un nn Gt 66,862.

Nous eûssions fort désiré pouvoir profiter du rapport du Maître- Général des Postes, rapport dont le Parlement a ordonné l’impression et que les typographes ne paraissent devoir terminer qu’à la fin de Février courant. Nous eûssions constaté un progrès constant depuis 1851, et nous nous serions convaincus que le temps est arrivé ou du moins n’est pas éloigné où une nouvelle réduction pourrait s’opérer avec avantage.(*)

Nous pouvons néanmoins ajouter que, du 1er d'Octobre 1853 au 1er de Juillet 1854, le département postal a établien Canada 119 nouveaux bureaux de postes, et depuis le 1er de Février courant, nous avons entre un grand nombre de nos bureaux de postes l'institution des ‘“ Mandats de Postes.” Au moyen de cette institution, on peut se procurer à un des principaux bureaux de”postes, moyennant un quart de piastre, un mandat sur un autre bureau de postes pour toute somme au-dessous de 10; il va sans dire que le montant du mandat doit être payé préalablement au bureau d’où émane le mandat. Ce taux d’un quart de piastre est probablement trop élevé, mais comme coup d'essai c’est certainement une amélioration.(f)

Le Maître-Général des Postes a aussi donné plus d’extension à l’enrégistrement des lettres. Précédemment il n’était fait d'entrées dans les livres des bureaux de postes que pour les lettres contenant de l'argent. Mais aujourd’hui cet enrégistrement peut s’effectuer pour toute espèce de lettres, moyennant le paiement d’un denier qui donne droit à un certificat d’enrégistrement.

Le même département, depuis que ce qui précède est écrit, a été autorisé par ne loi à faire de nouvelles réductions dans le tarif postal, et ces réductions devront commencer à avoir effet au 1er de Juillet prochain. Aux termes de cette loi, les journaux canadiens pourront

(*) Voir l’Appendice © qui donne de nouveaux détails. (t) Ce tarif a été amélioré depuis. (Note du 8 Juin 1855.)

circuler dans tout le Canada, et être expédiés aux Provinces anglaises de l'Amérique du nord et aux Etats-Unis, francs de port. Cette mesure aura nécessairement pour effet d’augmenter la circulation de nos journaux et spécialement des journaux quotidiens ou qui paraissent trois fois par semaine. Car un des obstacles à cette circulation était certainement l'impôt d’un demi-denier sur chaque feuille, parce qu’il était alors de l'intérêt pécuniaire des souscripteurs de souscrire à des journaux hebdomadaires ou semi-hebdomadaires dont les frais de port étaient de 50 à 75 par 100 moindres que ceux des journaux quotidiens ou paraissant trois fois la semaine, D’un autre côté, les journaux hebdomadaires ne pourront souffrir de cette réduction, car elle est sentie également par eux, leurs frais de port étant précédemment proportionnés au prix de leur abonnement.

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Quoique la construction des chemins de fer soit très-coûteuse, surtout pour un pays comparativement peu peuplé comme l’est le Canada, cette Province n’a pas néanmoins hésité un instant à s’imposer les plus grands sacrifices pour posséder des voies ferrées qui la mîissent en état de lutter avec les chemins de fer de l’Union Américaine, de la même manière qu’elle lutte avec les Etats-Ur‘s pour leur arracher au moyen de la voie du St. Laurent le commerce 1e l’ouest qu’ils voudraient accaparer. La tâche était difficile et onéreuse, puisqu’il s'agissait de lutter avec un peuple dix à douze fois plus nombreux et possédant des ressources si considérables. Mais le patriotisme a fait que chacun s’est dissimulé l’immensité de la tâche, et s’est mis à l’œuvre pour produire les résultats magnifiques que nous voyons aujourd’hui.

C’est de cette manière que nous avons obtenu le grand chemin de fer qui doit traverser la Province dans toute sa longueur, en nous donnant une communication non-interrompue par voie ferrée d’une extrémité à l’autre du territoire canadien. Cette grande voie s’appelle “ Chemin de Fer du Grand Tronc; ” elle aura 1,112 milles de longueur lorsqu'elle sera terminée. Il s’y trouve actuellement 392 milles qui sont en activité, en comprenant cette portion du Chemin de Fer du St. Laurent et de l'Atlantique située entre Portland et li frontière canadienne. Il devra être livré cette année (1855) 295 nouveaux milles, de manière qu’au 1er de Janvier 1856 plus de la moitié du Chemin de Fer du Grand Tronc sera terminée et en pleine opération. Les contracteurs sont en outre tenus de compléter toute la ligne avant le 1er de Janvier 1860, et ils auraient très probablement accompli leur marché longtemps avant cette date, sans la crise monétaire qui est si profondément ressentie en Canada, aux Etats-Unis et en Angleterre. Ils ont en même temps à construire le Pont Victoria sur le St. Laurent, vis-à-vis la Cité de Montréal. Ce pont est à lui seul un ouvrage gigantesque et qui coûtera au moins €2,000,000. Il est néanmoins commencé, et ce que l’on en voit fait croire que ce

sera, comme l’a dit M. Bayard Taylor, ‘“ un ouvrage qui rivalisera avec les Pyramides d'Egypte.”

Après le Chemin de Fer du Grand Tronc, nous pouvons citer le Grand Chemin de Fer Occidental (Great Western Railway), qui a 228 milles de long et est maintenant en activité. Il a fallu un grand nombre d'années pour construire ce chemin de fer, vû les difficultés financières que la compagnie a rencontrées ; mais aujourd’hui elles sont surmontées, et cette voie ferrée promet d’être une des plus lucratives de l'Amérique. Elle s'étend depuis Windsor jusqu'aux Chûtes de Niagara, où elle communique par le moyen d’un pont de suspension en fer avec plusieurs des principaux chemins de fer des Etats-Unis.

Il y a de plus : 1°. le Chemin de Fer d'Hamilton et Toronto, qui 4 40 milles de long et que la Compagnie du Grand Chemin de Fer Occidental vient de prendre à bail ; il sera tout probablement livré à la circulation dans les six premiers mois de cette année ; 2°. le Chemin de Fer de l’Ontario, Simcoe et Huron, dont 64 milles sont actuellement en activité, et les 32 autres le seront apparemment ce printemps.

Dans le Bas-Canada, le Chemin de Fer du Grand Tronc passant sur la rive sud et à une grande distance des établissements si nombreux et si florissants du nord, les citoyens de Québec se trouvent à peu près isolés et ne peuvent en hiver communiquer avec les chemins de fer du sud que par une navigation plus ou moins-périlleuse au milieu des glaces du St. Laurent. Ils se sont donc décidés à entreprendre un chemin de fer sur la rive nord, et ce chemin, dans un parcours de 157 milles, desservira une population industrieuse d’au moins 250,000 habitants. Ce chemin est sous contrat, et la construction n’en est arrêtée momentanément que par la crise financière actuelle. Il aura pour embranchements : 1°. un chemin de fer de 19 milles de longueur destiné à approvisionner de bois de chauffage la Cité de Québec; 2°. le Chemin de Fer de Rawdon, l’Industrie et Lanoraie qui a 23 milles de longueur et est en pleine activité. A Montréal, le Chemin de Fer de la Rive Nord se trouvera en communication avec le Chemin de Fer du Grand Tronc et avec ceux des Etats-Unis par le moyen d’une partie du Chemin du Grand Tronc, du Chemin de Fer du St. Laurent au Lac Champlain, et de ceux de Montréal à Lachine et de Montréal à New-York.

Ce dernier chemin de fer a une longueur de 32 milles jusqu’à la frontière canadienne, celui de Montréal à Lachine a 9 milles, et celui du St. Laurent au lao Champlain en a 45.

Comme prolongement du Chemin de Fer de la Rive Nord, il y a le Chemin de Montréal à Bytown dont la longueur sera de 120 milles. Ce

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chemin traversera un pays à bois d’une grande valeur, et se trouvera à Bytown au centre même de cet immense commerce de bois de l’'Outaouais qui est une des plus grandes sources de richesses de la Province. Il n’y a que 13 milles de ce chemin qui soient livrés à la circulation, et pour le reste la compagnie aura probablement à compter avec la crise financière actuelle, comme le fait la Compagnie du Chemin de Fer de la Rive Nord. Néanmoins, il est très probable qu'avec l’aide du gouvernement les deux lignes pourraient se construire dès à présent, et faire communiquer directement l'Outaouais avec le grand port de mer du Canada, en attendant que la ligne se prolongeât de Bytown à la baie Georgienne sur le lac Huron.

Cette dernière entreprise s’exécutera avant longtemps, par l’action conjointe de cinq compagnies de chemins de fer, auxquels le Parlement provincial doit accorder dans sa présente session une charte pour cet objet. Ce sera un chemin de 250 à 280 milles de longueur.

Si du lac Huron nous retournons à Bytown ou Cité d'Outaouais, nous voyons un autre chemin de fer se diriger sur Prescott, situé sur le St. Laurent; c’est un embranchement tant du Grand Tronc que de la grande ligne du lac Huron à Québec. Ce chemin qui est terminé a une longueur de 50 milles.

Treize milles au-delà de Prescott se trouve Brockville, d’où se dirige sur l'Outaouais un chemin de fer qui, lorsqu'il sera terminé, aura 160 milles de longueur. Dans le mois de Septembre prochain, il doit être livré 30 milles de ce chemin à la circulation publique.

En remontant encore le fleuve, nous arrivons à Cobourg situé à 140 milles de Brockville. C’est là qu’aboutit le Chemin de Fer de Cobourg et Peterborough qui a 28 milles de longueur et doit être terminé en ce moment.

Plus loin, sur le lac Ontario, se «rouve Port Hope d’où le Chemin

de Fer de Port Hope à Lindsay a son point de départ. Ce chemin

est en construction ; il aura 36 milles de longueur.

Le Chemin de Fer de l’Ontario, Simcoe et Huron, dont nous avons déjà parlé, se trouve à l’ouest de celui de Port Hope. Plus loin encore on rencontre le Chemin de Fer de Buffalo, Brantford et Goderich. C’est par cette voie ferrée de 160 milles de longueur que l'Etat dè New-York communiquera avec le lac Huron; ce qui lui exemptera une navigation de plus de 400 milles. Quatre-vingts milles de ce chemin sont livrés à la circulation publique et 40 autres milles le seront le printemps prochain.

La petite Ville de Niagara a aussi son chemin de fer qui la met en communication avec Chippawa. Ce chemin a 17 milles de long, et est la propriété de Samuel Zimmerman, Ecuyer, citoyen américain résidant au Canada.

Après cela, comment la ville de London, qui progresse si rapidement et est si justement fière de sa prospérité, n’aurait-elle pas sa voie ferrée ? Il est vrai que son chemin de fer n’est pas encore terminé, mais il le sera probablement avant le printemps de 1856. Il aura 30 milles de longueur, et mettra London en communication avec Port Stanley.

Nous pouvons donc dire qu’actuellement il y a en Canada 1034 milles de chemins de fer livrés à la circulation, et il y en aura 1500 à la fin de cette année (1855) si les contracteurs du Grand Tronc complètent leurs 295 milles.

Nous ne prétendons pas ici avoir fait mention de tous les chemins en construction. Nous n’avons fait qu’indiquer les principaux, afin de donner une idée des entreprises gigantesques que le Canada vient ou est en voie d'exécuter.

On évalue à Æ11,000,000 sterling le montant des sommes dépensées sur les lignes de chemins de fer du Canada. Que sera-ce lorsque tous les chemins de fer en construction ou projetés seront terminés ? Que sera-ce sile Cheniin de Fer Septentrional du Pacifique se construit ?

Le Parlement provincial a en effet reçu au mois de Décembre dernier une requête de citoyens très respectables et très influents du Canada et des Etats-Unis, demandant une charte pour construire sous ce nom un chemin de fer qui remonterait la vallée de 1’Outaouais jusqu’au lac Huron, d’où il se prolongerait jusqu’au Sault Ste. Marie pour de là se rendre à la côte du Pacifique. Le Gouvernement américain à fait faire une étude de la route la plus courte et la plus praticable pour cet objet, et il parait que c’est par l'Outaouais que la ligne devrait passer. Ce chemin (lorsqu'il sera construit) devra faire une véritable révolution dans les routes suivies par les bâtiments maintenant destinés aux Indes, à la Chine, à l’Australie, etc. En attendant que nous voyions ce grand ouvrage s’exécuter, faisons quelques rapprochements entre le nombre de milles de nos chemins de fer et celui des voies ferrées des Etats-Unis.

Au ler de Janvier 1854, les Etats-Unis avaient 17,317 milles de chemins de fer terminés, le reste de l’Amérique en possédait seulement 1273 milles, et l’Europe toute entière 16,055. La part des Provinces anglaises de l'Amérique du nord était de 823 milles.

À la même époque, la population des Etats-Unis était d’environ 26,000,000, celle du Canada de 2,000,000 et celle du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse de 500,000 habitants.

Le nombre de milles de chemins de fer était donc alors par rapport aux habitants :

Aux Etats-Unis ............ comme 1 est à 1501 habitants, Dans les Provinces anglaises, “#1 4“ 3037 «

Les Etats-Unis se trouvaient donc avoir alors proportionnellement deux fois autant de milles de chemins de fer que le Canada. Mais il est juste de remarquer que c’est depuis 2 à 3 ans seulement que les entreprises de chemins de fer ont fait des progrès rapides en Canada, et il est probable que, dans les 2 années qui se seront écoulées depuis le 1er de Janvier 1854, le Canada aura presque complété autant de milles de chemins de fer qu’il en possédait alors.

Au reste, voici comment se répartissent les milles de chemins de fer des Etats-Unis :

Nombre de milles de chemins de fex.

AMIS curseurs etsens ces hest ide sde 417 New-Hampshire .............................. 512 N'OPHDRE ia at aes diosdaes else ras 422 Massachussetts .............,........... toc 1283 Rhode: Tsland ................ soso scsosee 50 Conneotlont: sers see ssseces et sos 669 DU RE AU à A EE 2345 NON MY ee Miss r ses ashaeniesensetse 408 PORSYIVAMS renier 1464 DOMIMAMD ie snessets idée les Sa ses 16 Mafia. chere eeééisdeauiadee 597 VMS dress osent ace 673 Caroline du nord ............................. 249 Caroliné du aud ..........,...... cesser . 575 COBION aies US Man end 884 DOM ES AR Re RE ta nr ne 54 .

A TRAD: Sr around ets su Eos 221 MiSRiIph esse ss, dti dnsitses 155 OMAN sim er enet e iRss 117 LOMME O nn me TT ares doser 388 SONTOORV dune ira tesas means ss 233 OMIS TS mar LE DE UE deb ages SE 2367 MAGMIRON Le ere enens essaie 601

BD 0 À LE 4: CPE PT OS 1127 LRO LS better ed ae. 1262 MBBOMN semé di lirssis state ere vec 50 WARD LE an ET Care 178 Texng ot: TOWBs sus so ss vases fondue des eee 0

Ce tableau fait voir que, si les Etats de l’Union Américaine, au ler de Janvier 1854, avaient proportionnellement le double de milles de

Dr ne Eros

chemins de fer des Provinces anglaises de l'Amérique du nord, il n’en est pas ainsi pour chaque Etat pris individuellement, Au contraire, à cette époque là il n’y avait que sept Etats de l’Union qui eûssent plus de milles de chemins de fer que ces Provinces, et 20 autres en possédaient moins qu’elles ; et sur ces 20 Etats, il s’en trouvait certainement 17 au-dessus desquels le Canada doit être placé pour son nombre de milles de chemins de fer. Il est très probable que la proportion sera beaucoup plus favorable au Canada en 1860, alors que nos lignes principales seront terminées.

Il existe en effet en Canada, comme nous l’avons déjà dit, une détermination bien arrêtée d’avoir aussitôt que possible un réseau complet de chemins de fer, afin de lutter avantageusement avec les Etats- Unis, et cette détermination s’est montrée au grand jour par les sacrifices personnels que se sont imposés les habitants de cette Province. Les sacrifices individuels ne peuvent guère être évalués, mais ceux que les corps publics ont faits, au nom des populations de qui ils relèvent, sont suffisants pour donner une idée de ce que pourrait faire la Province s’il en était besoin. Voici donc quel était, au 1er de Janvier 1854, le montant des souscriptions ou contributions des municipalités du Haut-Canada en faveur des compagnies de chemins de fer :

Ville de NIagnti: eue socress sus ee Æ15,000 M7 PO MODO rss succes ete 50,000 M O0 ssn née roses ess 75,000 de Prato issue sure: 25,000 ‘4 Ste. Catherine................... 12,500 BMD WR essieu ns 50,000 1: “PYONCONT ess Sr idées ass 25,000 4 Woodstock ..................... 100 Township de Hope...................... 15,000 ‘6 Brantford .................. 12,500 LL Bone sisi sus sieste 10,000 “6 Canborough ................ 2,000 «6 Waïinfleet .................. 5,000 ‘6 Middleton .................. 1,250 ‘6 Moulton et Sherbrooke ....... 5,000 ‘6 MANIP ses este truite 2,500 Village de Chippawa .................... 5,000 ‘6 PAP series ivre cena 10,000 Gomté: de Grey... sshessiausensssre 4,000 ‘6 Bruce et Huron................ 125,000

Lincolr et Welland.............

n’en ire, sent s en rtaison e la lors

dé- 0mM- Latss SAnce, eux i ils faire ivier lités

Et dans le Bas-Canada, les contributions des municipalités se montaient à la même époque aux sommes suivantes :

Cité de Montréal .......................... <100,000 Ofté de Québec... .......sssosoesossooo eee 100,000 Ville des Trois-Rivières .................... 12,500 Village de L'Assomption.................... 5,000 Comté de St. Maurice ...................... 50,000 Townships de l’est ......................... 100,000 Municipalités au-dessus de Montréal .......... 65,000 . Voilà donc à peu près un million de louis que les municipalités du

Haut et du Bas-Canada ont souscrits pour les chemins de fer. La Province, de son côté, a accordé sa garantie à deux ou trois lignes de chemins de fer, et en dernier lieu à la Compagnie du Chemin de Fer du Grand Tronc, qui est ainsi assuré de «£3,000 par mille.

Depuis que ce qui précède est écrit, nous avons reçu un tableau du nombre de milles de chemins de fer dans les différentes contrées du globe, au 1er de Janvier dernier. Le voici :

Milles.

Dur: tout:l6 globe... here éersssessses 40,344 Dans l’hémisphère oriental..................... 17,020 «4 . occidental. .................. 23,324 AUX Bat ONIS sas sas usées uns see. 21,528 Dans la Grande-Bretagne ..................... 7,114 An AHOMAQNE ss os sacosnce dors sos de 5,340

PR PAROI Do Red RS RSS

Bu Belalque. sas sense en esters HO NONSIB need aus Msn ra datent

Aus Indes, ss anti ré sat eseleée ds à LOU Ge au A ia iv ete neo as

Dans l'Amérique du sud....................... Pin NON VO sesesrsnsseeene detente 42 En Afrique..... fnsta ere retiens eee aier 25.

Ce tableau place les Provinces anglaises de l'Amérique du nord immédiatement après la France, qui n’a pas le double de milles de 4 chemins de fer que possèdent ces Provinces. D'un autre côté, il ‘À nous fait voir que, dans l’année 1854, l'augmentation de milles de |

chemins de fer aux Etats-Unis a été d'un peu plus de 24 par 100, et en Canada et dans les autres Provinces anglaises de l'Amérique du

nord de 63 par 100.

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