‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufactures, etc., etc., etc. [microforme]Chapitre 40 sur 43 · D CT · texte numérisé non relu

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gés de l'examen des écoles et instituteurs de leurs arrondissements respectifs, et doivent faire des rapports annuels.

Dans la partie supérieure de la Province, l'organisation de l’instruction publique est liée à celle du pouvoir municipal ; dans le Bas-Canada, elle n’a que peu de liaisons avec elle. Et comme, sur plusieurs autres points, l’organisation n'est pas la même dans les deux sections de la Province, il convient de donner séparément et aussi laconiquement que possible les traits principaux des deux systèmes,

Dans le Bas-Canada, les habitants de chaque localité élisent des Commissaires, et s'ils ne le font pas dans le temps fixé par la loi, le gouvernement en nomme à leur place. Ces Commissaires ont sous leur contrôle les écoles élémentaires établies en vertu de la loi, et sont les possesseurs et ont la garde de tous les livres appartenant à ces écoles. Ils ne peuvent acquérir de meubles ou d'immeubles que pour un certain montant, Ils engagent les instituteurs et règlent le cours d’études des écoles qui sont sous leur contrôle, ainsi que toutes les contestations relatives à ces écoles ; il y a néanmoins faculté d'appeler de leur décision au Surintendant. Ce sont eux aussi qui font prélever sur les habitants la taxe imposée par la loi pour l'instruction publique; ils peuvent en outre établir une école-modèle, et déterminent quelle contribution mensuelle chaque habitant doit payer, en sus de la taxe sur les immeubles, pour chaque enfant en âge d'aller à l’école, et aussi le nombre et les bornes de chaque arrondissement scolaire,

Les personnes qui se destinent à instruction publique comparaissent devant un des deux Bureaux d'Examinateurs établis à Québec et Montréal, pour faire examiner leurs qualifications et recevoir leurs diplômes. Chacun de ces Bureaux est composé de quatorze personnes.

Les Catholiques et les Protestants ont des écoles séparées, lorsque la minorité catholique ou protestante le demande.

Dans le Haut-Canada, il y a aussi des Commissaires élus pour la régie et l’administration des écoles, et les instituteurs sont tenus de subir un examen. Les écoles-modèles sont établies par les conseils municipaux des comtés, et ces conseils sont autorisés à prélever une taxe dans ce but et pour la fondation de bibliothèques de comtés ; cette taxe est en outre de celle qui est destinée au soutien des écoles élémentaires. La division des {ownskips en arrondissements scolaires et la nomination de surintendants locaux sont aussi laissées aux conseils municipaux. Ces surintendants doivent visiter chaque école de leur arrondissement 4 fois dans l’année, et décider les contestations relatives aux écoles ; leurs décisions sont sujettes à appel au Surintendanten-Chef.

sements Il y a de plus, ‘ans chaque comté, un bureau d'instruction publique, qui examine les , tituterrs e‘ leur donne des diplômes : il choisit les instruc- livres scolaires, et pourvoit à l'établissement des bibliothèques des Canada, écoles, s autres Enfin, il existe un bureau général de l'instruction publique du | ns de la Haut-Canada, chargé de l'établissement et de la régie de l'école x juement normale, qui est aussi sous la surveillance du Surintendant-en-Chef. ! En vertu de la loi, les Catholiques du Haut-Canada ont droit M ent des à des écoles séparées de celles des Protestants, mais (comme nous le à loi, le remarquons au chapitre des “Cultes”’) la pratique est bien différente de

la théorie.

Le système haut-canadien d'ailleurs est bien propre à encourager et développer l'instruction publique, comme on vient de le voir. Il pourvoit en outre à ce que l’on prenne, sur la part de l’allocation provinciale destinée au Haut-Canada, une somme de «Æ£1,500

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'appeler tuteurs qui fréquentent l’école normale ; enfin, le Gouverneur est au- k prélever torisé à prendre sur la même allocation une somme de «£3,000 pour le

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l'école, bien probable qu'avant deux ans il n'aura rien à envier sous ce rap-

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port à la partie supérieure de la Province.

L'instruction publique élémentaire s’est peut-être développée plus lentement dans le Bas-Canada que dans l’autre section de la Province. Mais il n’est pas douteux que depuis plusieurs années les progrès sont ici très sensibles, et que, si cette section de la Province n’a pas été sous ce rapport au pas de course du Haut-Canada, elle n’en a pas moins avancé surement et fermement dans la voie de l'instruction publique. Il peut se faire que le nombre des écoles et celui des enfants qui les fréquentent n'aient pas toujours été dans une progression aussi rapide qu’on l’eût désiré, mais il est de fait que les écoles i actuelles donnent aux enfants du peuple un enseignement plus solide et plus durable que celui qu'ils y puisaient précédemment.

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Au reste, les tableaux suivants font connaître les progrès de l’instruction publique dans les deux sections de la Province :

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Nombre de maisons d'écoles en construction.

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ducation.

En outre des écoles élémentaires, il y avait dans Îe Hant- Canada :

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d'éducation et écoles du H.-

Canada à …. [181860 135295 144406 1596781 76895 180810 202806

Les rapports officiels font voir aussi que le montant consacré à l'instruction publique dans le Haut-Canada s’est élevé à £154,218 en 1851, à <£196,074 en 1852, à £199,674 en 1853; et que, du mois de Novembre 1853 à la fin d’Août 1854, le département de l'éducation a doté les bibliothèques publiques de la même partie de la Province de 62,866 volumes sur l’histoire, la zoologie, la botanique, les sciences physiques, la géologie, la philosophie naturelle, la chimie, la chimie agricole, l’agriculture pratique, les manufactures, la littérature moderne, la littérature ancienne, les voyages, les romans, etc.

Sous le nom de “Collèges et Universités,” dans le dernier tableau, se trouvent compris :

1°. L'Université de Toronto, qui est une université protestante mixte sous le contrôle du gouvernement et est richement dotée des deniers de la Province ; elle a des Facultés de Droit, de Médecine, des Arts, de Théologie, etc. ; un collège en dépend ;

2°. L'Université du Collège Victoria, dans la Ville de Cobourg ; elle possède plusieurs Facultés, entre autres une de Médecine et une des Arts ;

3°, L'Université du Collège de la Trinité, dans la Cité de Toronto; elle ne date que de 1852, et est une université anglicane, fondée par l’Evêque anglican de Toronto au moyen des contributions généreuses de ses ouailles ; elle possède des chaires de Théologie, de Littérature, de Mathématiques, de Droit, de Médecine, etc. ;

4, Le Collège de Régiopolis, à Kingston, collège catholique confié aux soins de membres du clergé; il est fondé depuis plusieurs années ;

5°. Le Collège de la Reine (Queen's College), aussi à Kingston; c’est une institution presbytérienne ;

6°. Le Collège de St. Michel, à Toronto, institution toute nouvelle, mais qui parait devoir prospérer sous la direction supérieure de l’Evêque catholique de Toronto et les soins des Pères de l'Ordre de St. Bazile ;

7°. Le Collège de St. Joseph, à Bytown ou Cité d'Ottawa, fondé par l’Evêque catholique actuel de Bytown, et dirigé par des membres du clergé.

Le Haut-Canada a aussi l'avantage de posséder un journal de l'instruction publique, que rédige le Surintendant du Haut- Canada. Il serait à souhaiter que le Bas-Canada eût aussi le sien ; l'instruction publique y gagnerait, et l’on connaîtrait mieux les progrès que font les écoles élémentaires.

Dans le Bas-Canada, en sus des écoles élémentaires, mais au nombre desquelles nous les avons mises, il existe 67 Ecoles-Modèles qui sont tenues sur un excellent pied, et dix-neuf Académies qui ne le eèdent en rien aux autres institution; du même genre de la Province supérieure.

Le Bas-Canada est en outre doté d’un très grand nombre d’institutions de haute éducation, et n’a sous ce rapport rien à envier aux pays les plus favorisés, comme on en peut juger par ce qui suit.

Depuis longues années, Montréal possède une université protestante “ l’Université du Collège MeGüill,”” qui est convenablement dotée et dans un état florissant. On y a établi des chaires de Droit, de Médecine, des Arts, d'Histoire, etc.

Montréal a de plus deux collèges catholiques, celui de Montréal sous la direction des Messieurs de St. Sulpice, et celui de Ste. Marie sous les soins des Révérends Pères Jésuites. Ces collèges sont dans un état prospère, et sont fréquentés par un très-grand nombre d’élèves qui, outre le français, l’anglais, le latin et le grec, y apprennent la versification, les belles-lettres, la rhétorique, la géographie, l’histoire, les mathématiques, la physique, la chimie, la botanique et la géologie ; ils y suivent aussi un cours de philosophie, et y apprennent leur religion.

Le Grand-Séminaire de Montréal est destiné aux élèves des collèges qui veulent étudier la théologie catholique pour entrer dans les erdres sacrés.

Le District de Montréal, qui est densement peuplé, n’a pas voulu demeurer en arrière de la grande cité dont il est si justement fier. Il a fondé les Séminaires ou Collèges de Ste. Thérèse, Chambly, L’Assomption, Terrebonne et l'Industrie, où la jeunesse canadienne reçoit

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une haute éducation, qui la prépare aux professions libérales, à l’état ecclésiastique, etc.

Si du Diocèse de Montréal nous passons à celui de St. Hyacinthe, nous y trouvons une institution d'éducation très florissante, qui est en même temps grand-séminaire et collège; c’est le “ Séminaire de St. Hyacinthe.” Le Grand-Séminaire prépare les lévite: pour le sanctuaire, et dans le collège les jeunes gens étndient les lettres et les sciences profanes.

Dans le Diocèse des Trois-Rivières, se trouve le ‘“ Séminaire de Nicolet” qui est une pieuse fondation d’un prêtre catholique et doit sa prospérité actuelle à la munificence des Archevêques de Québec, sous la jurisdiction desquels se trouvait naguère le Diocèse des Trois- Rivières. Cette institution est, comme celle de $t. Hyacinthe, tant grand-séminaire que collège. Toutes deux donnent une instruction solide à un grand nombre d'élèves.

Enfin, à Québec, siège du Métropolitain catholique, l’instruction publique n’a pas été négligée. L'an dernier, on jetait les bases de la grande Université-Laval, à laquelle Sa Majesté la Reine de la Grande-Bretagne avait accordé des Lettres-Patentes, et que Sa Sainteté le Pape Pie IX venait d'approuver et bénir. Cette université, comme la plupart des séminaires et collèges du Bas-Canada, doit sa fondation au clergé catholique. Ce sont les Messieurs du Séminaire de Québec qui ont voulu se charger de pourvoir à tous les besoins pécuniaires de cette université, et ils s’acquittent de la tâche généreuse qu’ils se sont imposée volontairement, avec la même libéralité et le même dévouement dont ils ont fait preuve chaque fois qu’il s’est agi de contribuer à l’instruction du peuple ou au soulagement des grandes infortunes. Cette université, quoique de date toute récente, possède des facui.:s de droit et de médecine qui promettent déjà de donner de l’éclat et de la renommée à l’enseignement de cette université. Grâce aux soins des Messieurs du Séminaire, elle pourvoit depuis deux ans à l’entretien à Paris de trois jeunes Ecclésiastiques canadiens. Ces jeunes messieurs se préparent au professorat par de fortes études dans la belle institution des Carmes. Un des membres du Séminaire fait à Rome, depuis un an, de nouvelles études théologiques pour professer plus tard dans la faculté de théologie de la nouvelle université, qui sera pour le Canada catholique ce que doit être pour l'Irlande l’Université catholique de Dublin.

Le KSéminaire de Québec, dont il vient d’être fait mention, est la plus ancienne maison d'éducation du Canada, puisqu'elle a été fondée en 1663 par le premier Evêque de Québec, Mgr. Francois de Laval-Montmorency, qui lui légua tous ses biens, Lors de

la suppression des Jésuites en Canada, le Séminaire de Québec, qui était destiné principalement à l'instruction des jeunes gens se préparant au sacerduce, fut divisé en grand et petit séminaire, le premier consacré à l'instruction théologique, et le second remplaçant le Collège des Jésuites. Le Séminaire de Québer, depuis sa fondation, n’a pas failli à sa mission. Son enseignement n’a fait que croître en importance, etaujourd’hui dans aucune maison d'éducation de l'Amérique on ne procure à la jeunesse studieuse une instruction plus solide et plus durable. On y enseigne les langues française, anglaise, latine et grecque, la versification, les belles-lettres et la rhétorique ; on y fait suivre des cours de géographie, d’histoire, de géologie, de botanique, d'histoire naturelle, d'architecture, d'astronomie, de musique, de dessin, de mathématiques, de physique, de chimie et de philosophie, sans compter des cours réguliers d'instruction religieuse, dont sont exempts les élèves qui ne professent point la religion catholique, la même exemption existant dans toutes les maisons d'éducation du Bas-Canada. Le Petit-Séminaire de Québec est fréquenté par environ 350 élèves, dont 180 pensionnaires.

Dans le Diocèse de Québec se trouve encore le Collège de Ste. Anne de la Pocatière, fondé par un Prêtre catholique. Le cours des études s’y divise en deux parties distinctes. Dans le 1er cours ou cours préparatoire, on enseigne les langues anglaise et française, la géographie, l’histoire, la géométrie pratique, le dessin linéaire, la tenue des livres, l’horticulture et la musique; ce cours est de quatre années. Dans le second cours ou cours classique, on enseigne le latin, le grec, les belles-lettres, la rhétorique, la philosophie, les mathématiques, la chimie, la botanique, le dessin, la musique; ce cours est de six ans. Ce collège, comme tous les autres collèges catholiques du Bas-Canada, est sous la direction du clergé. .

La Paroisse de Ste. Marie de la Beauce possèdera aussi sous peu un collège, grâce aux efforts généreux et intelligents de son curé et à la libéralité du Parlement. Il en est de même de la Paroisse de St. Germain de Rimouski, qui devra en grande partie au Député du Comté et au Curé de la Paroisse d’avoir bientôt un collège dont cette section du pays devra beautoup profiter.

En parlant des institutions scolaires du Bas-Canada, il ne faut pas passer sous silence les nombreuses écoles des “ Frères des Ecoles Chrétiennes.” On les trouve dans plusieurs de nos campagnes, dans toutes nos grandes villes et dans plusieurs de celles de la Province supérieure; et elles sont fréquentées avec autant d'empressement et de bonheur que celles que ces bons Frères possèdent en France. en Angleterre, aux Etats-Unis et ailleurs. A la fin de l’an dernier, ils

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