‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufacturesChapitre 12 sur 28 · LBS CANAUX DU CANADA · texte numérisé non relu

LBS CANAUX DU CANADA

On voit par cet état que le nombre de vaisseaux canadiens ou anglais, qui ont fréquenté non canaux en 1851, était moins de cinq fois aussi considérable que celui des vaisseaux étrangers, et qu'en 1852 ils étaient moins de quatre fois aussi nombreux que les vaisseaux étrangers, bien que le nombre de vaisseaux canadiens ou anglais se fût accru de près de 600. En 1853, la proportion de ceuxci par rapport aux vaisseaux étrangers était à peu près la même qu'en 1851. Mais avec la libre navigation du St. Laurent qui n'a été accordée que Tan dernier, et la réciprocité commerciale dont nous sentirons les effets cette année, nous verrons le nombre des vaisseaux étrangers qui fréquentent nos canaux s'accroître dans une proportion beaucoup plus rapide que celui des vaisseaux anglais ou canadiens, quoique nous soyons bien certain que notre marine ne souffrira pas de ces nouvelles relations avec nos voisins.

L'influence de nos canaux sur le développement du commerce canadien et américain est bien constatée par le fait qu'il y a 50 ans les lacs Ontario, Erié, Huron, Michigan, Ste. Claire et Supérieur étaient absolument sans commerce, tandis que le tonnage des vaisseaux qui sillonnaient leurs eaux était :

En 1820 de 5,500 tonneaux,

" 1830 de 20,000

" 1840 de 75,000

" 1850 de 215,787

On voit que la progression a été de plus en plus rapide pour chaque décade. Ajoutons que la valeur des produits et marchandises transportés sur ces lacs en 1850 a été de $362,000,000, ou de 0690, 500,000.

Il est en outre question depuis plusieurs années de relier le lac Champlain au St. Laurent par un canal qui serait construit entre Longueuil çt Caughnawaga. On croit que l'ouverture de ce canal aurait l'effet de nous "permettre de verser nos céréales au cœur même du meilleur marché de l'Amérique avant qu'on pût en faire venir d'ailleurs," et, en engageant les vaisseaux américains à prendre la route du St. Laurent, d'assurer à la Province un revenu considérable par les droits qui seraient payés par eux sur nos canaux. Le gouvernement a ordonné à un ingénieur très capable de faire l'étude de la meilleure route à suivre pour l'ouverture de ce canal, et l'on prétend que le coût total de ce nouvel ouvrage ne sera pas de moins de =£500,000. Si ce projet s'exécute, il va sans dire que le canal de Chambly, qui d'ailleurs nécessiterait très prochainement de grandes réparations, deviendrait inutile et serait probablement abandonné.

Page 1