‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufacturesChapitre 3 sur 28 · EN 7 ANS · texte numérisé non relu

EN 7 ANS

ADgleterre et Pays de Galles

Ecosse

Irlande

Canada (d'origine française) Canada (d'origine britannique)

Etats-Unis

Nouvelle-Ecosse ....

Nouveau'Brunswick . , . •

Terreneuye

Indes Occidentales ....

Allemagne et Hollande ....

France

Tous autres lieux ....

En mer

Lieu de naissance inconnu

dim. 6.69 par 100 aug. 8.81 « « « 17.12 « " « 27.69 " " « 46.63 " « " 4.60 " «

Total

aug. 73.9 par 100.

Nous n'avons là qu'un petit nombre de points de comparaisons, parce que les dénombrements n'ayant pas été faits d'ordinaire durant la même année pour les deux sections de la Province, les documents officiels ne peuvent combler la lacune. Néanmoins, nous pouvons encore au moyen de certains documents, mis à différentes époques devant le Parlement Provincial, recueillir d'utiles renseignements sur les progrès de notre population. Ils nous donnent en effet le total de la population pour un certain nombre d'années, et fournissent en même temps le chiffre de l'augmentation de la population d'une époque à une autre. Les voici tels que nous les avons trouvés et complétés :

Tableau indiquant la proportion suivant laquelle la population du Haut-Canada a augmenté annuellement depuis 1811.

En 1811,

la population du Haut-Canada était de 77,000, suivant M. Boucbetto.

" ** ** 150,097, augmentation annuelle, 7.40 par 100*

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Ta^ëau iiidîqua&t k proimrtk>n mirant laquelle la poptdation âtt Bas-Oa&ââa a augmenté depuis 167(3.

En 1676, U

populatibn du Bai-Camula tftaitde 8,415.

-EssasTî-ras*' ï

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Ï590,2ffl,

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La première années pour laquelle le chiffre de la population des deux sections de la Ptovinoe est donné, se trouve êiare 1825. Ajoutant donc ensemble lôs chiffi^s des populatiôtis respectives du Haut et du Bas-('anada> ndUB trouvons que la population des deux Canadas était alors :

Haut-Canada -. ^ * ~- v *:&-*.»-.-.*, * 158,027 habitants,

Bas-Canada 423,630 "

Total. ..... ,*..w ... . .. . . w 581,657

Ce qui fait que r«cc!roi8&emejit lœiniel enùre 1825 et 1851 a été de 8J per cent*

Mais le meilleur moyen de juger de Taugmentation de notre population, c'est de la cotn^iarer à ceUe de k p^pulatâou des Etats-Unis qui sont renotumés à cet égard*

Eh bien, en 1800 la p(y|)ulation libre de rUnîon Américaine était de 5,305,925, et en 1850 ette était de 20,250,000 ; ce qui, en 50 ans, ne fait pas tout-à-fait une augm^entation de 400 pour cent. Le Haut- €anada au contraii<e, dans les 40 an&ées qiû se sont écoulées de 1811 à 1851, s'est accru en population de 1100 pour cent. Nous ïie parlons pas ici du Bas-Canada qui n'accroit guère sa population que par les naissances. Mais comme la même chose pourrait être dite de quelques-uns des Etats-Unis, nous prenons la population réunie de rOhio, du Michigan et de riUînois en 1830 et 1850, et obtenons les chiffres suivants :

1830 1,126,851 habitants,

Augmentation en 20 ans . . . w 320 par cent

D'un autre côté, si nous prenons la population du Haut-Canada pour 1830 et 1849, nous avons le résultat qui suit ;

1830 -. 210,437 habitants,

Augmentation en 19 ans 375 par cent.

L'avantage reste donc au Canada.

JH)P014TrON; 81

Prenons mainteBaait les popi^dations totales du Canada et des Stats-Unis à. différentea époques, et Toyooa quels chi&es nous ûbr tiendrons ainsi :

Population libre des Etats-Unis en 1840 « .,. Xé,582,10â habitants* ♦♦ •' ** en lai^O ,-, 20,089,909 *<

Aecroîssement en 10 ans. ^ ,..,,, . 37.77 par cent.

Population eficlare des Ëtats^TJnis en 1840«. 2,487,358 habitants» *« '' en 1850,. 3,179,587

A©croissen\ent en 10 ans , r • • •• - 27.81 par eent.

Population totale du Canada en 1841 ^ .^ . . , . 1,156,139 habitants»

*^ " « en 1851 1,842.265 ^'

Accroissement en 10 ans....^ ^.,,,«. 59.34 par cent.

Voilà qui établit clairement que, dans la dernière décade comprise entre 1841 et 1851, le Canada a fait des progrès surprenants et beaucoup plus remarquables que ceux qu'ont faits les Etats-Unis. La différence en faveur du Haut-Canada eût été encore plus frappaîite si nous en eussions comparé la population pour la même décade avec celle des Etats-Unis pour la période de 1840 à 1850, Nous eussions vu que le Haut-Canada avait, pendiait ces 10 années, accru sa population de 104. 57 par cent.

Ce que nom disons là est parfaîtement compris de nos voisins d^outre-ligne. Us reconnaissent que nolxe population fait, pour soi^ nombre, plus de progrès que la leur. C'est ce qui fait dire à une Eevue américaine {Hwnfa Merchawts^ Magazine) « qu'^ supposant ** qu'en 1753, le Canada contînt 50,000 habitants, la population a d$ « se décupler quatre fois, si elle est maintenant (1854) de deux ipil- *' lions. Cet accroissement est iwesque double de celui de la popur *' lation des Etats-Unis, qui actuellement (1854) n'est probablement *' pas de beaucoup plus de vingt-deux millions ; elle s-eet ainsi dé- ^ cuplée deux fois dans la même période. Cet accroissement est " produit de deux manières : par l'excédant des naissances sur les « décès, et par l'immigraiion. Par la première, la population n'a pu " guère se doubler en moins de 30 ans ; la différence est donc due à ^' l'immigration."

En vertu de cette théorie, si la population C^nadiemie-Françai^e était de 50,000 âme^ en 1753, l'ac<)roi86ement par les naissances en eût porté le chiffre à 550,000 âmes en 1853, tjE^dis que de fait elle iétait de 700,000 âmes deux années auparavant, et eût été de plus de 800^000 âmes sans l'immigration des cinr][ à six années précédentes. D'où il faut conclure que la population Canadienne-Française se double eu moins de t?e»tç ans, proJ>aWei»ent put vingt-oiïiq m vingt^ei? ans.

Au reste, il est pent-être bon de remarquer que le climat est pour beaucoup dans cet accroissement étonnant, puisque le nombre de décès en Canada est bien moins considérable qu'il ne l'est auz^tats- Unis ; et, si nous ne comptions pas dans le nombre de nos décès ceux qui ont lieu parmi les immigrés à leur arrivée, la différence serait encore plus forte. Ainsi, en 1851, il est mort en Canada 19,449 personnes, dont 7,775 dans le Haut-Canada, et 11,674 dans le Bas-Canada. Il ne faudrait pas croire cependant que le Bas-Canada fdt moins salubre que la partie supérieure de la Province, puisque la différence que Ton remarque ici, entre le nombre des morts des deux sections de la Province, est due aux immigrés qui, arrivant atteints du choléra, de la peste ou du typhus, expirent sur nos rivages. D'ailleurs, il y a amélioration, puisque le nombre des décès dans le Bas- Canada était en 1844 de 12,928, en 1845 de 13,906, en 1846 de 17,778 et en 1847 de 21,142.

En Canada, la proportion des habitants à l'étendue du territoire est comme suit:

Haut-Canada, 27 habitants par chaque mille carré ;

Bas-Canada, 4 " " " " "

Tout le Canada, 7 " «

Ou un habitant pour un peu plus de 84 acres carrés, tandis que l'Angleterre contient 332 personnes, le Pays de Galles 136, et l'Ecosse 92 par mille carré.

Le nombre d'acres occupés est dans tout le Canada de 9.73 par chaque habitant, de 11.03 dans le Haut-Canada, et de 9.12 dans le Bas-Canada.

En 1851, le nombre d'habitants des Cités et Villes du Canada était de 171,034, ou d'un onzième de la population totale. L'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse et les Iles de la Manche au contraire ont plus de la moitié de leur population concentrée dans les Villes, la population de celles-ci étant de 10,556,288 habitants, tandis que celle des campagnes était en la même année de 10,403,189.

On comptait en Canada, en 1851, 949,034 hommes, dont 449,067 dans le Haut-Canada et 449,967 dans le Bas-Canada. On comptait aussi 893,231 femmes, dont 452,937 dans le Haut et 440,294 dans le Bas-Canada. L'excédant des hommes sur les feinmes était donc de 46,130 dans le Haut-Canada et de 9,673 seulement dans le Bas-Canada, l'excédant total étant de 55,803.

Il y avait en Canada, à la même époque, 293,667 familles, dont 152,336 dans le Haut-Canada et 141,331 dans le Bas-Canada. Chaque famille se composait, terme moyen, de plus de six personnes, tandis que dans la Grande-Bretagne chaque famille n'était pas de cinq personnes à la même époque.

H est né, dans la même année, 69,420 enfants, dont 32,681 dans le Haut-Canada et 36,739 dans le Bas-Canada. Le nombre de naissances dans cette dernière section de la Province se trouve ainsi avoir excédé celui des naissances dans le Haut-Canada de 4,058, quoique celui -ci eût alors 61,743 habitants de plus que le Bas-Canada. Ce ne peut être là un résultat accidentel, puisque le nombre des naissances en 1851 est proportionné à celui des naissances pour les autres années, comme on peut le voir par le tableau suivant :

Kaifisances dons le Bas-Canada^

En 1844,.. -\ 32,279

Le nombre d'hommes non-mariés était, aussi en 1851, de 646,120, dont 342,321 dans le Haut-Canada et 303,799 dans le Bas-Canada ; celui des femmes non-mariées de 583,267, dont 293, 773 dans le Haut- Canada et 289,494 dans le Bas-Canada ; celui des hommes mariés de 284,871, dont 147,872 dans le Haut-Canada et 136,999 dans le Bas- Canada ; celui des femmes mariées de 278,927, dont 143,506 dans le Haut-Canada et 135,421 dans le Bas-Canada; celui des veufs de 17,419, dont 8,742 dans le Haut-Canada et 8,677 dans le Bas-Canada ; enfin celui des veuves de 30,430, dont 15,522 dans le Haut-Canada et 14,908 dans le Bas-Canada.

Le nombre des centenaires Canadiens en 1851 était de 58, dont vingt dans le Haut-Canada et trente-huit dans le Bas-Canada. Celui des sourds-muots, aveugles et lunatiques était à la même époque comme suit:

HADT-CANADA.

BAS CANADA

TOTAL

Nombre d'hommes sourds-muets

Nombre de femmes sourdes-muett

es 189

Nombre total de sourds-muete

Nombre d'hommes aveugles

Nombre de femmes aveugles

Nombre total d'aveugles ....

Nombre d'hommes lunatiques Nombre de femmes lunatiques

Nombre total de lunatiques

nss

Nous ne savons réellement pas à quoi attribuer le nombre beaucoup plus grand de lunatiques, aveugles et sourds-muets que renferme le Bas-Canada. Nous laissons cette question à Tétude des hommes fipeciauz^ et passons sans transition ou préambule à un tableau

POPÙLAtiOîV.

êeB ptcrfessionâf, Méfier» d; occupation^ prinôîpalea âeê haMtànts du Canada èii 1S61. On y vei*a que le nombre det cultivateurs est très grandj ^tant de 164,494. Et comûie chaqticl faftdlle est, d'après le ree^setnent, d'enrlron 6 petsotines, il est claîr que pius de la minHé de la population eôt occupée de la culture déô champs. Nous disons ^to de la rtuntié, car nous ne comptons pas ici la classe que les recenseurs appellent " Jouttialiers." Or, un très grand nombre de ces journaliers^ que le recensement dît être dé 141,049, travaillent aussi aux champs. En sorte qu'on ne se tromperait pas fort en disant que les trois quarts de notre population sont adonnés à l'agriculture.

On verra encore, pat le tableau qui suit, que le Bas-Canada cède sans envie lô pâë à sa soêUf-provînce pour les auberges et cabarets, les brasseries, dîstillérîêâ et h6telletîe&.

Tableau indiquant les profbssitms, métiers et oeéupatJons principales des habitants du Canada en 1851.

BàXrt'QàXfADA,

iÀM-OAinxbJk.

TfiltALé

Avocats et Procurèurë * . . * . * 4 .

Auberp;iâtes et C&bftretier* • . . .

Banquiers

B6ucliôrs .i i ....

dOO

Bmilangers

Brasseurs

Carrossiers .... -,

Charpentaers •..• ..;* ..*,

Charrons ....

Charretiers

Colporteurs

Commis ^ ....

Constructeurs de bateaux et vaisseaux

Couturières ; . . ^ • . . .

Cultivateurs

Constructeurs dé wàggoiis . . . .

Distillateurs .»b ....

Epiciers . • » «

Fabricants de papier

Ferblantiers . • . 4 ..... . . . .

Fileurs . » *

Fondeurs ..4

Forgerons .i

Hommes de chantiwa

Hôtelliers

Imprimeurs

Instituteurs et lustiiutrice» . , . .

lugcnieurs .•4.

6on

Journaliers

Jour&alistes «... • • • » 4 . . .

^tH'aireé et papetierâ .... . . » /

Maçons

Haîtres de postes • • . • ....

Marchands

Tableau indiquant les professions» métiers et oocnpatio&s prîncipaleB des habitants du Canada en 1851. — (CoTUinué.J

HAiTT-CANADA. BAB CANADA.

MédeciAâ et Chinirgiens . . « • Menuisiers .... «...

Meubliers

Heuniors ... « .^ . «

HodÎRtes .... . • • •

Mouleurs

KayigateuT*8 et matelote ....

Négociautft .... . » . *

Notaires

Pécheurs

Peintres .... ....

Pilotes

Plâtriers

Plombiers ,

Potier»

Poulienrs

Reutiers •

Scieurs

Sculpteurs et doreurs ....

Selliers

Servajites

Serviteurs

Tailleurs et tailleuses ....

Tailleurs de pierres ....

Tanueurs

Tenant des maisons de pension

Tisserands

Tonneliers

Tenant niagasin, (voir " Marchands. ") Voiliers

Ce chiflEre de 2,215 aubergistes ne doit pas trop nous effrayer, lorsque nous savons qu'en 1849 la Cité de New-York avec une population de 371,223 habitants comptait 3,779 auberges licenciées ; c'est 1,564 de plus que tout fe Canada en 1851.

Pendant que nous en sommes aux comparaisons, nous ferons remarquer que l'État de New-York, qui est l'Etat de l'Union Américaine qui augmente le plus rapidement en population, avait 1,371,812 habitants en 1820 et 3,098,818 en 1850, donnant une augmentation de 1,727,006 ou de 125 par 100 en 30 ans. C'est un accroissement annuel d'un peu plus de 4 par 100, ou d'environ la moitié de celui de la population du Canada.

Si maintenant nous prenons la Pensylvanie comme terme de comparaison (c'est l'Etat qui rivalise le plus avec New- York), nous trouvons que sa population en 1820 était de 1,049,858 âmes, tandis qu'en 1850 elle était de 2,314,897. Cela nous donne une augmentation de

1,2)65,039 habitants ou de 120 par 100 en 30 ans, et de 4 par 100 pa^ année.

D'un autre côté, en parlant de l'accroîssement et des occupations diverses de notre population, la question du paupérisme vient d'ellemême sous notre plume, et quoique nous ne puissions la traiter au long, nous ne devons pas omettre la vérité sur ce point. Il est de fait que le paupérisme, comme menace et danger, n'existe pas en Canada, Nous avons il est vrai des pauvres parmi nous, (et qui n'en a pas ?) mais nos pauvres ne sont pas une charge ni un péril pour l'état. Ils sont secourus dans le Bas-Canada et en partie dans le Haut-Canada par nos Institutions religieuses de bienfaisance et de charité, et nous sommes sous ce rapport bien différents des Etats-Unis.

Dans les Etats voisins en elBFet, c'est la municipalité ou l'Etat qui fait la charité ; aussi, sommes-nous en position de savoir quel nombre de pauvres ils ont et combien ce paupérisme naissant leur coûte. Les statistiques officielles portent qu'en 1850, 134,972 pauvres, dont 66,434 Américains et 68,538 étrangers, ont reçu l'aumône aux Etats- Unis, et qu'ils ont nécessité une dépense de $2,954,806, égale aux deux tiers du revenu du Canada en 1853.

— ^sV^iî^^^^^^S'ïft—

CULTES

Le Canada doit, en grande partie, son état actuel de civilisation, ses mœurs douces et ses sentiments profonds de religion aux Missionnaires qui, en venant y porter le flambeau de la foi, y ont implanté rétendard de la civilisation. C'est ce qui faisait dire, il y a quelques années, à un écrivain Canadien, que " si Thistoire s'occupe un jour du Canada, elle dira qu'il a été formé par les Prêtres séculiers et par les Jésuites."

" En effet, continue le même écrivain, le premier siècle, qui a suivi l'arrivée des Européens dans la Nouvelle-France, nous montre d'un côté les Jésuites parcourant le pays dans toutes les directions, pénétrant dans ses parties les plus reculées, explorant ses ressources naturelles, établissant des rapports de fraternité entre les aborigènes et la race étrangère, et posant les jalons de la civilisation depuis le Golfe St. Laurent jusqu'aux Bouches du Mississipi ; de l'autre» il nous ofifre le Prêtre séculier conduisant au sein de la forêt des groupes de hardis pionniers, dirigeant leurs travaux, soutenant leurs espérances, présidant à la naissance de l'humble Village, élevant au bord de la rivière le clocher de sa chapelle, et organisant en petit la paroisse canadienne. Tour à tour juge, médecin, législateur, maître d'école, le curé-missionnaire était l'âme des nouveaux établissements qui se formaient sur les deux rives du St. Laurent, Jetées au milieu du désert, forcées de lutter contre une nature sauvage, sans cesse exposées aux incursions des Iroquois, ces communautés naissantes, pour se maintenir, avaient besoin de l'autorité et du dévouement du prêtre catholique. Ses paroles pleines d'espérance arrêtaient le découragement, et ses exhortations à la paix empêchaient que la confusion et l'anarchie ne se glissassent au milieu des éléments hétérogènes dont se composaient par fois ces petites sociétés, tandis que ses connaissances et son expérience le mettaient en état de donner d'utOes conseils sur les travaux à exécuter et sur les règlements à établir pour l'avantage commun. La juste influence ainsi acquise auprès de ses paroissiens était employée au service de la

28 CULTES

morale et de la religion. C'était le principal objet de sa mission ; et il y dévouait toute son énergie et toutes ses ressources. Aussi par les soins du prêtre Canadien, le caractère national en se développant s'est trouvé fortement empreint de moralité et d'attachement au catholicisme."

Plus tard, lorsque des jours mauvais commencèrent pour la France, et que le Canada, qui lui était si dévoué, cessa de lui appartenir, le prêtre resta avec 60,000 ou 70,000 Canadiens au poste qui lui avait été confié, pour aider à la conservation des lois, des mœurs, dès coutumes, de la langue et de la religion de ce petit peu^ile si violemment séparé de sa mère-patrie. La tÂche était difficile, mais le clergé la remplit avec un zèle admirable. Il se fit le guide et le protecteur du peuple ; il le dota, autant qu'il put, d'écoles élémentaires et de maisons de haute éducati<m, et ai:^ourd'hui il renouvelle les act^s héroïques du passé, tout en aec<Mrdant auxprogrès de la civilisation ce qu'elle est en droit de lui demander. C'est ainsi que, pendant que d'une main il fonde des hôpitaux, des écoles, des couvents, des sémiaaires et des universités, nous le voyons prendre de l'autre la hache du bûcheron, diriger le surplus de la population vers les terres vagues qui forment encore partie du sol national, abattre avec lui l'arbre di9 la forêt, ériger la cabane de ce nouveau pionnier de la civilisation et la chapelle qui est le plus beau souvenir des bords du St Laurent, et puis s'armer du s^ne de la rédemption, parcourir le pays tout entier, prêchant une sainte croisade contre l'intempâ'anoe et détruisant un vice qui menaçait de devenir permanent

Voilà en peu de mots une partie de ce qu'a fait autrefois et dô ce que fait de nos jours le clergé oathoUque du Canada. Voyons main* tenant quels ont été, depuis la cession du pays en 1763, les progrès du catholicisme parmi nous ; nous saurons ainsi si le succès a répondu aux efforts du clergé.

En 1763, tout le vaste pays qui forme aujourd'hui le Canada, et tout le reste de l'Amérique au nord du Mexique et du Golfe de ce nom, étaient sous la jurisdiction de l'Evêque de Quéliec. En ce mo* ment les Etats-Unis forment près de 30 diocèses différents, et le Ca* nada en compte sept II n'y avait alors qu'un seul Evêque ; aujourd'hui, nous avons un Archevêque dont le siège est à Québec, six Evêque» suffragants et trois coadjuteurs. Enfin, il n'y avdt en 1790 que 146 prêtres ; aujourd'hui le Bas-Canada a 640 prêtres et le Haut-Canada 117, répartis comme suit, savoir:

OeiliTBS»

Arohidlooèse de QmébGC -...4 185 Prêtrôs.

Dboèse^les Trois^Rivières...».^ ^«. m. ««.«.. 56

Diocèse de St. Hyacinthe. ^•.4^«.^....^..»<.*».* ^8

Dîoeèse de Montténl •.**..**^.-^^,..* 229

Diocèse de Bytowû ..* ..•^.*.-**.<^. -••,*..* 40

Diocèse de Kingston ..w.^ ....*^-*«-* 36

Diooèse de Toronto ♦ *.,•-** 25

Oatre des vioatres^gânâraux qui» dsms les s^t dio-

oèses, «ont au nombre dd. .. ^ »«. i. . i. .*«.«.»..« • 18

FiKrtfiaaiit m total de * ^ *.. 657.

Ces 657 prêtres desservent 375 Cures et Missions, dirigeaat une trentaine d'établissements de charité et de communautés religieuseai» aident à T^ministration de sejjt diocèses, et donnent Tensdgnement «à la jeunesse dans 15 è 16 Université, Séminaires et Collèges.

Les Cnres, Missions et Communautés religieuses sont réparties comme suit dans les sept ArcMdiocèse et Diocèses du Canada :

1" i ■ t ,•■'■■' ,' î Diocèses.

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