LE CLIMAT
La superficie de l'Empire Britannique, en chiffre rond, est de 9,000,000 de milles carrés ; dont un tiers, dans l'Amérique du Nord, un tiers aux Antipodes, un sixième dans la zone tempéré(; de l'Europe et de l'Asie, et un sixèime dans les tropics. Si une portion de cet immense empire, qui comprend un cinquième de la surface du globe, a été décrié à raison de sa chaleur intense, et l'autre à raison de son aridité, le Canada, dans l'esprit d'un grand nombre, doit être considéré comme le pire de tous, à raison de son climat glacial ; car, un froid "sibérien et canadien," sont synonimes d'un froid hyperboréen. L'exportation en grand et continue, par toute l'Angleterre, des fourrures provenant des rivières, forêts et plaines du Canada, le voisinage de la baie d'Hudson, les sommets neigeux des Montagnes Rocheuses, ont contribué pour beaucoup à faire du Canada, à l'étranger, une espèce de Sibérie ; cependant, rien n'est moins conforme à la vérité.
Quand le Roi de France signa le traité de cession du Canada à l'Angleterre, pour diminuer l'importance de la conquête de sa rivale, et laisser croire au léger sacrifice de la France, il s'écria, en apposant sa signature au traité : " après tout, il ne s'agit, tout au plus, que de quelques arpents de neige." Dans les cercles officiels, on accepta cette manière de voir, et, jusqu'à ces derniers temps, l'opinion du Roi de France, continua de prévaloir, même chez les personnages les mieux renseignés en Europe.
Il n'y a pas bien des années encore, un homme d'état ano-lais éminent ne disait-il pas, en parlant du Canada ; " ces
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immenses bancs de glace des déserts de l'Amérique du Nord : " d'autre part, les géographies qui servent à l'enseignement, dans les écoles, et les encyclopédies qui ornent nos bibliothèques publiques représentent invariablement le Canada comme voué, en grande partie, à une éternelle stérilité, à raison de la rigueur de son climat.
Il y a à peine dix ans, un écrivain disait, dans La Revue Critique et Hi>torique de Winsor, sur l'Amérique duXord, en parlant de la géographie physique du continent : " La région " situé au nord du St-Laurent et des grands lacs ne peut être " considérée, comme ayant une très grande valeur, à raison de " ses ressources forestières." Cette assertion avait pour base unique l'idée qu'on entretient communément sur la rigueur du climat. L'année dernière, les marchands de bois du lac Michio-an connaissaient tellement bien la richesse forestière des réo-ions en question, qu'ils ont tiré de " ce.^ forets sans valeur," près de 212 millions de pieds de bois.
Les expéditions fréquentes au pôle Nord, ont beaucoup contribué à perpétuer ces notions erronnées, sur le climat du Canada, et que l'on ne cesse pas de propager. Suivant Perry, le froid de l'Ile Melville était si intense que l'eau chaude tombant du haut d'un mât se changeait en grêlon, avant d'atteindre le pont ; l'on chargeait les fusils de chasse avec des balles de mercure, et l'on perçait un madrier d'un travers à l'autre, avec des balles d'huile d'amende corgelée, sans les briser.
Plusieurs autres récits du même genre ont été publiés, par des navigateurs dignes de foi, sur la partie du Dominion adossée au pôle Nord, et il a été tenu pour acquis que le froid devait être le même dans tout le reste du pays ; de sorte qu'en Europe, on est resté à peu pivs convaincu, que l'un des traits les plus caractéristiques du Canada, c'est la rigueur de son climat.
Des agents de compagnies de chemins de fer aux Etats- Unis et dans les territoires situés au sud de la ligne frontière internationale, se sont évertués, à répandre l'idée, que le climat du Canada est préjudiciable à l'avenir du paj^s. Tout dernièrement, le département de l'agriculture du Canada, fut informé que des milliers de pamphelets tout imprégnés d'amei's reyrets
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hypocrites, bien entendu avaient été distribués par toute l'Angleterre, soutenant que le climat du Manitoba comprenait " sept mois d'hiver polaire et cinq mois de temps froid : " Il va s'en dire, que le but de cette propagande, était d'attirer au Dakota, les colons en partance, pour le Manitoba, sous prétexte d'un meilleur climat.
On ne peut plus mettre en doute, que certaines régions du Canada soient toujours couvertes de neige, qu'un grand désert d'Amérique, traverse plusieurs dégrés de latitude, entre le Golfe du Mexique et la ligue frontière internationale ; mais, l'étendue de la Puissance du Canada est tellement grande, qu'une partie de ce pays est couverte d'une neige perpétuelle, et que l'autre reçoit la chaleur et l'éclat du soleil presque continuellement. Une partie de ce pays est sous l'atmosphère froid delà mer Glaciale, une autre partie ressent l'air humide de l'Atlantique, uue autre encore jouit de la brise vivifiante du Pacifique, et une quatrième partie enfin a la surface de son sol brûlée par la chaleur des eaux tropicales.
Dans les parties extrêmes du Nord, la végétation est tellement stérile que les arbres atteignent à peine la hauteur d'un enfant de deux ans ; dans les parties méridionales, la végétation est tellement fertile que les fruits et les fleui's croissent avec autant de vigueur que dans l'Italie et le sud de la France.
Entre ces deux climats si opposés toutes les céréales, la verdure et les fleurs des climats tempérés, viennent à profusion, et pour peu qu'on voyage à l'Ouest ou au Sud, il naît sans cesse, sous les pas, une végétation des plus variée. En effet, ce pays a tous les climats de l'Europe à la fois, depuis la Méditerranné à l'océan Artic ; et rien d'étonnant, puisque le paj^s s'étend, depuis la même latitude que celle de Rome, en Italie, à le latitude de Cape North, en Norvège, et couvre à peu près la même superficie.
Le climat de sa nature est extrêmement complexe, et dépend d'une variété infinie de causes ; entr'autres la chaleur, la pluie, les nuages, le vent et les autres conditions atmosphériques. Ces dernières, dépendant les unes des autres, peuvent
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se résumer dans les causes générales suivantes : lo le degré de latitude ; 2o l'étendue et la conformation du pays ; 3o l'élévation au-dessus du niveau de la mer ; 4o la conformation, la position et l'élévation du ipàys environnant ; 5o la nature et la température du courant marin le plus voisin ; Go la position, la distance et la direction du plus proche continent.
Ces conditions nécessitent une étude aussi approfondie, pour le Canada, que pour tout autre contrée. C'est un fait établi; le climat n'est pas une question de latitude ou de longitude ; le sud n'est pas nécessairement chaud, ni le nord froid ; le vent d'Est n'apporte pas avec lui les rhumatismes ; celui du Sud n'est pas absolument chaud, ou le vent d'Ouest accompagné de pluie.
Le climat si varié de l'Angleterre, comparativement au peu d'étendue de la Grande-Bretagne, devrait mettre en garde toute personne tentée d'accorder un climat unique à un pays aussi vaste (jne le Canada. On sait bien que les climats de Bath et de Torquay diffèrent matériellement. Même les deux petites îles de Jersey et Guernesy, à pas plus de vingt milles de distance, l'une de l'autre, jouissent d'un climat tout à fait opposé.
Cette persistance à médire de notre climat, depuis si longtemps, a fini par amener un bon résultat, une attention toute spéciale est maintenant accordée aux études météorologiques. Le Canada est décidé de donner tout l'encouragement possible à l'étude de cette science, afin d'opposer des faits aux assertions frivoles et mensongères. Le gouvernement de la Puissance a huit stations principales de météorologie ; 34 stations de première classe reliées aux bureaux principaux, par télégraphe : 31 stations de 1ère classe, 172 de seconde et 85 do troisième classe. Il existe aussi 93 phai-es d'alarme, dont 73 stations à signaux, 1<5 munies de leur propre registre automatique.
La Grande-Bretagne est un des pays les mieux favorisés du monde, pour la production du blé. Son climat en été est de 60° à 62°. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement de la Puissance, a neuf bureaux enrécfistrant la tem-
pérature de chaque jour. 10 bureaux sur 16 en 1898 établissant la moyenne de la température en été, savoir : d^ 60'^ à Gô'^r
Dans toutes ces difiérentes stations les agents du gouvernement canadien tiennent compte constamment à toute heure de l'état de la température du pays. Ces observations sont aussi éloigné, que le point le plus à l'Est des rives sud de la Baie d'Hudson, l'est de Victoria sur l'île de Vancouver. Les réo-istres des forts de la baie d'Hudson ont même été consultés, relativement aux " entrées concernant la température." Les i-apports des voyageurs ont été contrôlés de près, en ce qui touchait au climat.
De toutes ces sources d'informations, il résulte, que le climat du Canada est salubre pour les Européens.
Le temps a amplement justifié les prévisions de Malte- Brun. Le Canada et le reste des po.ssessions britanniques,, dans l'Amérique du Nord, d'après lui, bien que moins favorisés que les Etats-Unis, sous le rapport des avantages physiques, contiennent une forte race évidemment destinée à un brillant avenir. En effet, tout, sur ce sol, se trouve réuni, pour le développement des forces physiques et morales de l'homme. On y trouve à la fois cette hardiesse de caractère qui permet de surmonter les plus grands obstacles, ces froids secs et vivihants qui stimulent et donnent l'éiiergie aux populations, et ces avantages naturels qui récompensent le travail. La nature promet à la nation canadienne do brillantes destinées.
Rien, d'après cet éminent auteur, de tous les avantages dont semble l'avoir doté la nature, rien n'est plus propre, que son climat, pour assurer au Canada la haute position, dans l'avenir, qui semblent lui avoir été de tout temps départie.
Si l'on s'en rapporte aux données ci-dessus, comme étant les plus sûrs guides, pour s'assurer de la nr.ture d'un climat, il s'en suit que le Canada se trouvo (-n grande pai-tie. situé sous la même latitude que les pays d'Europe, qui sont réputés les plus salubres.
La moyenne de la température des régions baignées, par les rivières Moose et Abbitibi, correspond au Nord de l'Europe
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soit 65 ' F. Les régions arrosées par la partie Nord de l'Ottawa et du Sagueuay, ainsi que le Nord de la Nouvelle- Ecosse, ressemblent au littoral du côté sud de l'Ano-leterre Paris, le centre de l'Allemagne et le sud de la Russie, soit 60*^ F. La température de l'été est de 65" F., sur les z-ives du haut du h>t-Laurent formé par les grands lacs, London, Toronto, Kingston, Montréal, le St-Laurent jusqu'à Québec, et dans l'Est jusqu'à Frédéricton, la capitale du Nouvcau- Brunswick.
Ce qui fait le climat, c'est plutôt le degré d'élévation que la latitude d'un pays, et sous ce rapport, le Canada est mieux favorisé que la plupart des autres contrées. D'après Humbolt, l'Europe a une altitude moyenne do 671 pieds, l'Amérique du Sud de 1,132, l'Asie de 1,151, et l'Amérique du Nord de 748 pieds. La partie canadienne de l'Amérique du Nord a 800 pieds d'élévation.
La déclivité depuis l'océan ati lac Supérieur n'est pas plus de six pouces au mille, en moyenne, et encore la pente reste à peine sensible, avant d'avancer dans l'Ouest. Montréal à la tête de la navigation océanique, endroit, atteint seulement,, après un parcours de plusieurs centaines de milles, sur eau douce, au baissant, est seulement, à dix-huit pieds au-dessus du niveau de la mer. 1
Les courants sous-marins sont exceptionnellement favorables au Canada. Le long des côtes de l'Atlantique, le giilf Stream y fait sentir la bienfaisante chaleur de ses eaux, et à un tel point que sur l'Ile de Sable, des troupeaux de chevaux de prairies, il y a des siècles passés ayant été jetés sur cette île, après un nauvrage, sans abri d'aucune espèce, y ont vécu et se sont multipliés. A Halifax, en plein cœur d'hiver, une douzaine d'heures de vent de sud auront bientôt fait de chasser les bancvs de glace, comme une machine fauche le blé mûr.
Le long du côté canadien de l'océan Pacifique, le courant de la mer du Japon y produit le même etiet, que le courant du golfe en Angleterre. L'île de Vancouver, quant à son climat est semblable à celui du sud de l'Angleterre, si ce n'est que la chaleur de l'été est plus grande mais il y a moins d'humidité.
Dans le voisinage de Victoria la plus haute température, à l'ombre, durant les mois de juillet et août est de 80 à 90 degrés Fahr. ; pendant que durant l'hiver, il est bien rare qu'il y ait plus de dix degrés de froid.
New-Westminster, sous la latitude 49*^ 13' a une température moyenne annuelle de 50 degrés, Pelée Island, Ontario, sous la latitude 41^ 50', a une température moyenne annuelle de 49 degrés. Quant aux courants océaniques, nous devons ajouter, qu'ils exercent leur intluence, sur les régions situées sur leur parcours, jusqu'au 10*^ de latitude.
A l'est des Montagnes Rocheuses, le professeur Macoun, découvrit une vaste région que des voyageurs avaient autrefois surnommée l'apex du grand désert américain. Il en vint à la conclusion, après examen, que le sol de cette contrée n'était pas naturellement stérile. La surface seule était sèche et calcinée, à raison d'influences atmosphériques remontant dans le lointain des âges, dont la principale était la chaleur apportée par les vents venant du golfe du Mexique. Vents qui perdaient leur humidité, en traversant les plaines de sable en ébulition qui sépare le golfe du Canada. Après en être venu à cette conclusion, il en fit l'expérience, qui fut subséquemment tentée sur une plus grande échelle, par la compagnie du chemin de fer Pacifique Canadien. Des fouilles furent faites en conséquence, et sous la croûte durcie, surgit un sol avec tous les éléments propres à celui de première qualité.
Ce sol se trouvait, pour ainsi dire, hermétiquement fermé, et dans l'impossibilité de prodiguer ses richesses, faute d'air. La même influence, ayant sa source dans le golfe du Mexique, avec l'aide, d'après certains observateurs, des vents du Chinook, se fait sentir sur le climat de cette région, où sont les "ranches" du Canada.
Dans le district d'Alberta, le climat d'hiver est comparativement modéré, et non rigoureux, les ouragans sont inconnus, les animaux passent l'hiver en pleine air, sont gras et en bonne condition au printemps. Le " Stock Association " d'Alberta, d'après ses rapports, a 250,000 têtes de bétail, 100,000 moutons et 50,000 chevaux. Différents autres pro-
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priétaires, en possèdent un tiers de plus. Tous les rapports augurent bien de l'avenir et parlent avantageusement du climat de l'hiver.
Les grandes étendues d'eau qui sont un des caractères distinctifs du Canada, exercent aussi une influence considérable sur le climat.
La baie d'Hudson couvre une superficie de 1,000 railles de longueur, sur 600 de largeur. La température, est de 65*^ F, en été, et de 8 degrés moindres que celle du lac Supérieur, en hiver. La chaîne ininterrompue des grands lacs, qui s'étend depuis la latitude 44-, 45, et la latitude 51 nord, et depuis la longitude 75 à la longitude 120, couvre, y compris les lacs de moindre étendue, une superficie de 130,000 milles carrés, et représente à elle seule la moitié de l'eau douce de toute la surface du globe. L'on se rendra compte facilement de l'influence modératrice sur notre climat de ces immenses nappes d'eau qui ne gèlent jamais.
Dans les plus vieux établissements du Canada, l'expérience a démontré, que par suite du déboisement des forêts et l'égouttement des terres marécageuses, le climat s'était sensiblement modifié. D'après Malte-Brun, " on remarque, au Canada, les mêmes changements atmosphériques observés en Europe, lors du déboisement des grandes forêts d'Hercynie, et les immenses travaux desGermains.pour l'égouttement des marécages, et le climat devenant de plus en plus tempéré, accuse un changement de 8 à 10 degrés, depuis que toutes les ressources de l'industrie européenne ont été mise à contribution, pour la culture du pays."
Le nombre des centenaires, surtout parmi les descendants des Canadiens-français, dont les ancêtres ont vécu et sont morts au Canada, pendant dix générations, atteste la salubrité du climat, pour les Européens ; sans compter, que le poids des enfants, à leur naissance, et leur taille à vingt-et-un ans dépassent de beaucoup la moyenne, parmi les Européens.
Durant l'insurrection du Nord-Ouest Canadien, en mars 1885, les hommes et les garçons s'enrôlèrent indistinctement, sans examen préalable, depuis la péninsule du Niagara, et dans
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toutes les cités comprises entre London et Halifax. Cinq mille hommes de troupe, avec un contingent de mille em pi 03'és de toutes sortes, s'embarquèrent dans des wagons ouverts de la compagnie du chemin de fer Pacifique Canadien. Ces troupes traversèrent, à pied, les solutions de continuité '■ gaps " du chemin de fer alors en voie de construction, et gagnèrent le nord à marche forcées, à travers la neige et les avalanches, de trois points à la fois du chemin de fer, à des centaines de miPes de distance, les uns des autres. Ils couchaient, sous des tentes, sans souci de leur santé. Cependant, pas un seul des six milles ne succomba, par suite de maladies occasionnées par le climat, après avoir été en butte pendant des mois à toutes les intempéries du froid, jusque sous le 53ème degré parallel nord.
Mais, nous dira-t-on : " en admettant qu'il en soit ainsi relativement au climat, sur la vie humaine, n'est-il pas vrai que la vie végétable en souffre ? N'est-il pas vrai que partout en Canada, bien que la température mu} enne soit celle de l'Europe, il y a des gelées en été qui compromettent sérieusement le succès des travaux agricoles ?"
Cette question a aussi fait l'objet d'une étude approfondie.
Sir George Simpson nous dit que la vigne est abondante, sur la rivière Kaministiquia, un des tributaires du lac Supérieur dans la direction du Nord-Ouest, l'on y trouve aussi la tomate poussant à l'état sauvage. Il rapporte encore que, de son temps, des troupeaux innombrables de buffles venaient prendre leurs ébats, dans la région arrosée par la Saskatchewan. " L'herbe dont ils se nourrissent, dit Sir George, est grasse et abondante, le buffle y hiverne avec les autres animaux domestiques qui servent à l'alimentation des blancs et des Indiens."
Le professeur Macoun, a trouvé des concombres mûrs, dans le mois d'août sur le territoire de la rivière de la Paix. Dans la vallée de l'Ottawa, le raisin pousse, en grande abondance, et le dernier rapport décennal établit que la récolte du raisin qui était, en 1880, de 3,896,508 livres, fut en 1890, de 12,252,333 livres.
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Si vous examinez les exhibits du Canada, vous verrez des pommes, poires, pêches et autres fruits de toutes sortes, qui donnent l'idée d'un splendide climat, plus favorable à la production de ces fruits, que ceux de la " Grande-Bretagne," et même des Etats-Unis. Preuve, les prix élevés des pommes du Canada, sur le marché de Londres.
Il n'y a pas à se le dissimuler, il existe un obstacle, dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, peut-être moins sérieux, que pour les Etats de l'Ouest-Sud, qui rend la température moyenne de l'été beaucoup plus basse que de raison, et détruit du même coup, en partie, l'exactitude des calculs basés sur la moyenne de la température. Cette obstacle c'est la gelée qui, dans certaines années, se fait sentir, pendant l'été. A raison de cet inconvénient, plusieurs personnes intéressées ont déprécié le climat, comme défavorable à la production du blé. L'expérience des premiers colons d'Ontario fut la même que celle des premiers colons du Manitoba. Nous n'entendons plus parler maintenant d'une pareille objection dans Ontario. Déjà, dans les provinces des Prairies, les semences faites de bonne heure, ont surmonté considérablement cet obstacle, vu que le blé semé, dans ces conditions, est assez vigoureux, pour résister à une gelée subite. La graine de blé de Fyfe est considérée comme la meilleure.
A l'aide d'un sol splendide couvert d'un dépôt d'alluvion noir d'une couche moj^enne de vingt pouces, reposant sur fond d'argile, — avec une récolte moyenne, d'après les statistiques des dix dernières années, de plus de vingt minots de l'acre, avec en plus, des semaines de huit jours, vu l'heure où le soleil se couche dans les hautes latitudes, on peut être certain que l'énergie et l'esprit d'entreprise des habitants du pays, surmonteront avant lontemps le seul obstacle qui semble s'opposer à la production du blé, — obstacle qui du reste est loin de se présenter tous les ans.
Les échantillons de blé et autres céréales, parlent par euxmêmes, et disent leur qualité ; le produit de la dernière récolte égal à 51,000,000 de minots, dont 33;500,000 minots de blé, est
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une preuve que le Canada est destine à devenir un des plus grands producteurs de grains, parmi les pays du monde, surtout si l'on se rappelle que la récolte de 1890 n'était que de 26^ millons de minots, indiquant une augmentation, durant la dernière décade, de 200 pour cent.
Une preuve que ceux qui s'occupent de la production du grain sont satisfaits, c'est que, dans le Manitoba, la superficie ensemencée de blé, en 1899, a été douille de celle do 1890, et que dans le nord de l'Alberta, on a ensemencé, deux fois plus de grain, en 1899, que dans l'année 1890.
Le tableau suivant fait voir la température moyenne de l'été et de l'année aux différentes stations du Dominion du Canada, y compris la latitude, longitude, et l'élévation audessus du niveau de la mer. Les températures sont le résultat de dix années d'observations, et concernent toute l'étendue du pays où il a été possible d'établir des postes d'observations.
STATIONS
Colombie Anglaise.
Agassiz
Abbotsford
Barkerville
Carmanah, V.I
Donald ••■
Duncan, V.I
Enderby
French Creek, Y.Î..
Hazlemere
Kamloops •
Kuper Islaiid
New "Westminster. . . .