‹ Le Canada, son présent et son avenir [microforme]Chapitre 3 sur 8 · SOMMAIRE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE

Introduction.

Comment assurer l'Indépendance des Provinces de l'Amérique Britannique du Nord ? Opinion de l'Hon. 1. Buchanun.— Traité de réciprocité. — Chemin de fer Intercolonial. d'Hulifux, comme trait d'union entre les Provinces et les Cunadas avec Les Elats-Unis.—L'urgent et le taux limité de l'Intérêt.—Institutions de crédit en France. — Dépenses et uméliorations.— Quelques mots sur la polilique de l'opposition.—Coup d'œil sur une réorganisation financière bâsée sur celle qui régit lu Frunce.—Administralion des contributions directes.—Administralion du contrôle—Administralion de l'Enrégistrement et des Domaines.— Droits simples ou fixes — Droits proportionnels— Transcription hypothécaire.— Considérations mgénérales.—Conclusion.—Banque Nationale.

Les évènements qui s'accomplissent sur cette partie du continent et qui sont appelés à modifier

si profondément la politique du Canada, que l’é-,

lément démocratique est sur le point d’engloutir dans la République Américaine, mériteraient, non les quelques observations de l’auteur de ces pages, mais les appréciations politiques d’hommes plus aptes que nous à retracer la grande épopée de notre histoire contemporaine, Les débats qui s'agitent dans le Parlement Canadien et les luttesélectorales qui passionnent - les Provinces Britanniques du Nord, les opinions émises par les principaux hommes d'Etat de la - G:inde-Bretagne donnent un singulier intérêt

'aux aperçus économiques que nous allons essayer : de développer dans les chapitres qui suivent.

C'est une étude bien intéressante que celle de

la politique universelle à l'heure où nons écri- . vons ces ligües.

Le principe de l'autorité si longtemps dominé dans cette partie du nouveau monde par le principe républicain ou populaire laisse un vaste

: champ d’étude à l’homme qui teute se rendre compte de ces retours étonnants et subits de l'humanité sur elle-même.

Et quand on envisage les différentes phases de la politique qui agitent notre époque, on est tenté de se demander s’il n’est pas des hommes

, prédestinés dans les décrets de la Divine Providence, à rappeler aux rois, empereurs, grands du moude, philosophes et penseurs, que tout doit

‘aboutir À un but immuable, éternel, la raison bâsée sur la justice et sur la religion.

Les différentes nations d'Europe ont subi leurs phases révolutionnaires, et chacune de ces époques mémorables a laissé après elles les marques indélébiles du doigt de la providence.

Des rois tour à tour grands, despotes, généreux, cruels, libéraux, religieux, athées, se sont | partagés les différents états de l’ancien monde; : des révolutions ont surgi, elles ont renversé le | pouvoir autocratique pour le remplacer par la : démocratie.

| Chaque époque a eu ses enseignements, chaque | siècle ses déceptions, chaque nation ses mal- ‘ heurs, l'univers entier ses grands hommes.

| La France. peut être plus que tont autre na- : tion de l’Europe a subi ses crises politiques et

fait rejaillir ses instincts révolutionnaires sur les autres gouvernements.

La mémorable révolution de 89, que bien des auteurs illustres ont bénie, que de plus illustres encore ont maudite, a entrainé daus des fleuves de sang humain les derniers vestiges-de'ts ro: Jauté, qui pendant dix-huit siècles avait fait la grandeur de la France,

Le pouvoir militaire, si cher à la France, lui a fait acoepter à force de gloire, le régime:absolu, qui a succédé bientôt à l’añurchié, suite fnévitable des horreurs de 93, et Dieu a fuit surgir d'une île presque déserte de la Méditerranée le plus grand potentat des temps modernes

La grande épopée napoléonieñné aeu ses jours glorieux, ses déceutions et ses malheurs, et pour avoir voulu soumettre l'univers entier sous ln domination de son génie, le grand homme a dû mourir dans l'exil avant d'avoir vu ses rèves irréalisables s’accomplir.

L'élément populaire dans la personne des rois constitutionnels a remplacé l’autocratie, et ce nouveau régime a disparu lui-même pour faire place à cette parodie de république, enfant mortné que 1848 a vu naître et que 1849 n emporté, mais révélant au monde étonné cette grande figure du 19e siècle, qui laissera dans les pages impartiales de l'histoire de Frunce, le plus célèbre des noms qu'ait encore cnregistrés les annales de cette nation si fertile en grands monarques.

Napoléon IIT a surgi, non d’une île déserte comme Napoléon Ier, muis des profondeurs de l'exil et de l’abîime des malheurs.

L'expérience et les plus dûres épreuves l'ont amené à comprendre les aspirations de son siècle et cet homme devant lequel s'inclinent aujourd’hui toutes les politiques et toutes les diplomaties du monde, laissant bien loin derrière lui le principe du Droit Divin, à franchement arboré le glorieux drapeau des nationalités.

Et, chose incroyable! et qu'avant son avènement au pouvoir ne pouvaient admettre les penseurs et les philosophe», il a su allier ensemble le principe de la démocratie avec celui de l'autorité.

Mais, chose plus incroyable encore! Voilà qu’une nation puissante et forte entre les plus puissantes et les plus fortes, comme pour donner raison à cette politique admirnble, les Etats - Unis d'Amérique, dont le gouvernement était bâsé sur l'élément populaire sans principe d'autorité, À vu naître une révolntion dans le sein de cette république orgueilleuse, considérée jusqu'à ce jour comme le mcdèle le plus parfait des pouvoirs républicains. :

Et depuis trois années nous assistons à ce triste et navrant spectacle d'une guerre fratmicide entreprise au nom de la liberté et de l'union des peuples de la fière et superbe Amérique.

Puis, à côté dé ce fatal mais utile évènemnent nons voyons sortir d’une démocratie qui semblait indestructble depuis des siècles, un empire rayonnant de jeunesse, de force, d'avenir, qu'un peuple dans un mouvement unanime et enthougiaste décrète au Mexique, à la porte de cette même nation qui combat jusqu’à l’agonie pour sanver sa république.

Enfin pour rendre ces témoignages plus sensibles encore, voilà que des provinces protégées par le gouvernement britannique, se sont fati-

‘’guées de vivre séparées les unes des autres, et que ésirant s'unir entr’elles sous le principe de l’antorité, vont former une union fédérale, sous la

sauvegarde et la puissance d'un enfant de la ne royale hong RE

» Clest ce-graud changement apporté dans le Politique nd “À contrée par l'union des Canadas et des provinces, qui fera l'objet de notre travail, bien imparfait sans doute, mais que nous croyons utile en ce moment de livrer à lu publicités : r «y rt 7 ,

Nous étudierons -cetlé question, au pôint de vue commercial et financier de ln confédération projetée, en demandant toute l'indulgence que notre inexpérience se croit en droit de solliciter de nos lecteurs.

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L'hon. M. I. Buchanan pose en principe :

10. Que pour maintenir notre indépendance, et forcer le gouvernement américain À reconnattre nou seulement l'utilité mais encure la nécessité du Traité de Réciprocité, il faut que le pays se crée des débouchés plus faciles ;

20. Que la confédération de toutes les Provinces de l’Amérique Britanrique du Nord devient indispensable pour assurer l'indépendance des deux Canadas en leur facilitant des communications pratienbles par les fleuves, les canaux et les lacs pendant la Navigation, et en hiver par les voies ferrées ;

30. Que par suite, le chemin de fer intercolonial d'Halifax devient le pivot sur lequel repose tout l'édifice tant de lu confédération que de l’avenir prochain des deux Canadas ;

40. Que pour atteindre ce but sans autre ressource que la situation actuelle au point de vue financier du Canada, il ne faut pas y songer ; mais

{qu'en émettant un certain capital de papier monnaie le gouvernement arniverait facilement à pourvoir à toutes les défenses, en entreprenant les réformes suivantes :

Construction dun chemin de fer d'Halifax.

Elargissement des canaux de manière à permettre à des vai-seaux d’un fort tonnage de se rendre par la voie des lacs jusqu’à l'extrémité des lacs Supérieur et Michigan, reliant ainsi le St. Laurent à Chicago et aux principaux ports des grands lacs d'Amérique.

Te! est le fonds &e l'ouvrage dont nous venons de parler. Examinons maintenant la valeur de ses diverses considérations et discutons libéralement ces divers points de vues auxquels l’éminent homme de commerce et politique s’est lui-même placé.

Et d'abord se présente à nos yeux cette importante question, question de vie ou de mort pour les deux Canadas : sans le traité de réciprocité que deviennent nos relations commerciales pendant la fermeture de la navigation ?

La situation géographique du Canada n ayant pour seul débouché praticable pendant six mois que le fleuve du St. Laurent, les difficultés sans nombre des communications d'hiver, l’indispensable nécessité de traverser le sol des Etat-Unis pour joindre les ports maritimes de Portland, Boston et autres centres d'embarquement, placent le Canada dans une alternative de telle impassibilité ou de telle dépendance qu'il est matériellement impossible pour un gouvernement pré-

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Lorsque }” gouvernement américain jouissait des bienfaits de la paix, que l'union de toutes les rovinces du Nord et du Sud de son territoire ivaient sous le même pavillon politique et de prospérité, que les liens d'amitié unissaient nos provinces au gouvernement américain, que nos changes commerciaux se faisaient de part et d'autres avec libéralité et avantage mutuel, il était possible de demeurer froid spectateur du présent, sans songer à l'avenir que des complications politiques sont venues assombrir et rendre redoutable à plus d'un point de vue,

Depuis le rappel de notre traité de réciprocité, qui commence à être mis à exécution dès l’année prochaine, les hommes pratiques de toutes les opinions se sont démandés ce qui adviendrait de nos destinées politiques, industrielles et commerciales, si nous demeurons plus longtemps sans forces en cas de guerre, sans voies ferrées pour joindre nos ports pendant l'hiver, sans <anaux suffisants à notre navigation iutérieure pendant l'été et la saison navigable,

C'est alors qu'on a dit : Les Canadas sont isolés, sans issue et sans ports, le gouvernement américain n’a pas'besoin de fuire de grands efforts pour s'emparer de ces provinces, et lors même que l'Angleterre offrirait à ses possessions protection et secours matériel, tôt ou tard la conquête deviendra le fruit de quelques tentatives des Etats-Unis. Que l'hiver nos communications par Portland soient rompues, que par les autres lignes du Haut-Canada elles soient seulement arrêtées pendant six mois, et les deux Canadas livrés à eux mêmes sans industrie qui leur soit propre, obligés de vivre des produits plus qu'ordinaires de leur sol, sous une température qui paralyse tous travaux et toutes entreprises, la population canadienne se trouve réduite à demander aide à ses ennemis et à souhaiter l’unnexion.

Mais si au contraire il est possible au Canada de sortir de cette impasse, de trouver des moyens d'éviter le piége qui peut tous les jours lui être tendu et dont le premier ballon d'essai vient d’être lancé par le retrait du traité de réciprocité, il est du devoir de tous ceux qui veulent rester ce q'ile sont, c'est-à-dire, sujets anglais canadiens, qu'ils proviennent de telle ou telle origine, d'aider le gouvernement du pays à se créer des moyens de sortir d'embarras et de ne pas le jeter, au contraire, dans les difficultés d’une opposition aussi systématique, qu'injuste et anti-patriotique.

J1 faut donc de toute nécessité assurer la parfaite indépendance des deux Canadas en fucilitant nos communications.

Les objections que nous avons souvent enten- -du faire aux projets d’un chemin de ferà Halifax sont les suivantes :

L'immense étendue à parcourir par la voie ferrée est presqu’inbabitée,et, par suite du manque de voyageurs, les bénéfices de la compagnie, qui entreprendra l'exploitation de cette voie, seront nuls, Le prix du fret sera tellement exorbitant que les marchands re feront certainement jamais ve-

air leurs marchandises par cette ligne. Il est des saisons où les neiges s'’amoncellent à telle quantité que les dépenses pour la Cie. seront aussi «élevées que seront longs les délais pour faire par-

renir le fret à sa destination. Entin, et la plus forte objection est celle-ci : le Canada est déjà endetté ; 1…n construction de ce nouveau chemin de fer va augmenter encore le budjet des provinces et sans nouvelles taxes ou des subsides du gouvernement impérial, il est imprudent de songer à créer un nouveau déficit à la caisse, qu'il est matériellement impossible de combler. Voilà, croyons-nous, les principales objections qu'il est ut-être opportun de soulever, et nous serions oin de blämer nos économistes prévoyanta d’opposer ces réflexions aux propositions du gouvernemsnt, si nous ne pouvious leur répondre :

Ce n'est pas pour exploiter le transport des voyageurs du Haut et du Bus-Canada seulement que nous demandons le chemin de fer interculonial, ençore moins pour chercher des bénéfices dans le transport des résidants entre le Canada et le point de départ, Halifax ; mais c'est bien pour fonder un moyen de transport de marchandises entre le seul port abordable du Canada pendant l'hiver que nous sollicitons la création de cette ligne. Le prix du fret devra être calculé raisonnablement et de la manière la plus équitable par une commission de la Chambre de Commerce des principales villes du Haut et du Bas Canada intéressées à la question ; la concession à une compagnie ne pourra être faite que tout autant que le prix du fret sera fixé à l’avance, afin d'éviter un monopole dangereux, autant pour les propres intérêts du commerce que pour ceux des concessionnaires. Comme cette voie est surtout un chemin stratégique et protecteur des Provinces de l'Amérique Britannique du Nord, et rentre forcément dans le système de dtfense du pays, le gouvernement impérial devra concourir à la dépense dans une proportion assez large pour indemniser le pays des immenses sacrifices que lui cause sn position exceptionnelle, eu égard aux Etats-Unis d'Amérique ;—l’amoncellement des neiges et des glaces dans certunes saisons de l’année n’est pas une objection soutenable en présence de l'avenir sans issue du Canada si les Etats-Unis venaient à refimser nos débouchés par leurs voies ferrées, et la question de quelqnes jours de retard pur les neiges et par les glaces ne peut entrer en balance avec les inconvénients et les dangers de notre abandon complet à nos propres ressources en cas de guerre avec nos très-suscptibles et, encore plus, arrogants voisins.

Quant à la question de la dépense pour le pays, nous savons bien que cette objection peut être soulevée par des hommes à vues étroites et à conceptions bornées, mais nous ne permettrons pas à des hommes sérieux et réfléchis de nous faire de semblables objections." faut être ou ne pas être; voulez-vous devenir américain, dites oui, et demandez l'annexion; voulez-vons demeurer ce que vous êtes ct grandir encore en étendue et en prospérité, alors, vous tous, peuples de Amérique Britannique du Nord, tendezvous une main fraternelle, faites abandon de toutes vos jalousies de race, de préjugés, de religion, et ne songez qu'à votre nationalité canadienne et britannique, prenez des moyens efficaces pour sortir de cette impasse, et par une alliance étroite d'intérêts communs, unissez en confédération les possessions britanniques du Nord, Vous vous aiderez dans les dépenses, vous

vous supporteres dans des saerifices matuels, et vous fonderez cettu ligne de voie ferrée qui viendra vous donner non seulement un débouahé de marchandises, mais encore, et surtout, pourrionsnous dire, un noyau de défenses pour votre pays. Crées des ressources nouvelles aux pe vinces unies .en facilitant la navigation des fleuves, des lacs et des rivières ; et pour cela 6laree vos CANAUX, pe éviter les exigences et

égoïisme d'un voisin incommode qui, dans un moment de ses caprices de libéralisme étroit, ou d'amour-propre exagéré, peut vous dire : “ Vous ne voulez pas devenir américains,” on bien : “ Votre gouvernement ne veut pas reconnaître notre supériorité, alors vous ne passerez plus sur notre territoire sans payer les droits les plus exagérés d'entrée dans nos ports: Vous ne vonlez pas payer, eh bien, restez chez vous et nous chez nous.”

‘Dans cette situation, le chemin de fer d'Halifax devient, non seulement d'une utilité incontestable, mais d'une nécessité absolue. Les Provinces du Huat et du Bas-Canada, sont-elles seules intéressées à lu construction de ce chemin de fer? Nous sommes loin de le penser et nous disons au contraire que le Nouvean-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et les Provinces de la confédération projetée, sont ou doivent être plus désireuses que nous d'attendre ce résultat,

Unies nux Provinces du Hant et du Bas-C.

les Provinces maritimes peuvent entreprendre un système de défense contre l’'aggression des Etats- Unis, qu'il ne leur serait pas même possible de tenter de soutenir, réduites à leurs propres forces. Le projet de confédération, tel qu'il à été présenté devant les Chambres par le gouvernement du Canada, offre à toutes les Provinces les grands avantages d'un protectorat efficace et d’une alliance incontestablement indispensable aux Provincesg'en Bas. L'opposition qui vient d'être faite aux partisans de la confédération dans le gouvernement respectif des Provinces parait surprendre quelques personnes, et nous avouons pour notre part qu'il nous eut paru bien surprenant qu'il en fut autrement. Les Provinces d'en Bas sont en contact continuel et en relations journalières avec les Etats-Unis ; les Américains, qui possèdent dans ces Provinces un grand nombre de compatriotes et des intérêts majeurs, se sont émus de voir se réaliser les projets de l’Angleterre, et c'est pourquoi le gouvernement américain a aidé de toute son influence les élections qui viennent de faire tomber les ministres des Etats de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Ile du Prince-Edouard. Si nous sommes bien renseignés, et nuus croyons l'être, la corruption que sait si bien exercer le gouvernement yankee ne serait pas demeurée étrangère à ce singulier système de politique des Provinces d'en Bas. L'Etat du Maine notamment

aurait fait des sacrifices importants, qui se seraient traduits par des sommes assez rondes qui auraient acheté le vote de plus d'un opposant. Que le chemin de fer d'Halifax se construise et nous mettons en fait qu'il est impossible à la confédération de pouvoir ne pas exister. C'est un fait certain que cette voie exécutée, où seule-

ment décidée, les provinces seront les premières: à solliciter d'entrer dans l'union.

Mais, dit-on, ai les provinces ne veulent, confédération çomment les y Sbligerehon ?

L'Angleterre l'a dit elle-même, si les population consultées décident la confédération, elle sers beureuse d'approuver ce système politique, maib dans le cas contraire, que fera-t-elle ? À cels nous croyons devoir répondre que le but du gouvernement, Impérial est de consulter la majorité des parties intéressées, et que cette majorité décidant, la Grande-Bretagne prendra des moyens pour faire accepter ses dé. isions, SI les provinces, pour des motifs d'amour propre, ou pour des causes encore moins justifiables,s’opposent à la confédération et si d'un nantre côté le gouvernement impérial fait entrer duns sa politique de füîre de ses possessions un seul Etat, sous un seul chef dont le titre serait gouverneur général ou Vice- Roi, comme vous voudrez, ce ne sont certes

les oppositions irréfléehies d'un ou de quelques petits états qui pourront empêcher le gouvérnement de continuer ses entreprises et d'atteindre son but. Je veux bien vons protéger de tout mon pouvoir, de tonte mon influence, peut dire l’Angleterre, je veux bien faire respecter votre indépendance et vous conserver mon protectornt en faisant inattaquable le pavillon britannique dans mes colonies, mais de même qu’un chef de famille a le droit d'administrer sa fortune et ses affaires selon sa meilleure manière d'apprécier les'besoins de ses enfants et de leur bien-être, de même aussi, moi Grande-Bretagne, qui enis ce que je dois à mes sujets et À mes intérête, je veux vous faire connaître, peuples et habitants dé mes provinces du Nord, que je ne vous conserve mon protectorat qu'à la seule condition que vous écoutiez mes conseils en vous rendant à la voix de la raison et de la justice et en me procurant les moyens d'action qui me sont nécessaires pour défendre vos intérêts et l'honneur de mon protectorat. Et si les provirces ou l’une des provinces refusent de se rendre à la raison, quand le gouvernement leur aura fait entendre le dernier appel fait à leur bon sens et À leur loyauté, ce sera alors à elles à choisir entre le délaissement de la protection de la Grande-Bretagne, ou l'entrée volontaire dans la confédération ; à moins, cependant, que le gouvernement impérial n’impose lui-même à ces prc-inces le système politique que les circonstances et les besoins du moment Pauront forcé d'adopter.

Pour obtenir le but proposé, l’'Hon. M. I. Buchanan pense que, livrés à nos propres ressources actuelles, ni les provinces unies, ni les deux Canadas ensemble, ne peuvent y arriver.

Mais il ajoute qu’en dotant le pays d'un système financier combiné avec les besoins du pays, ses relations avec l'Amérique, l'expérience du passé, les prévisions de l'avenir, il est possible de surmonter les difficultés en les faisant tourner à l'avantage de la prospérité publique.

L'Hon. 1. Buchanan propose l'émission de papier-monuaie de la part du gouvernement, mais il néglige de dire quelles seront les difficultés à vaincre, et quelles ressources on devra créer au gouvernement pour surmonter les obstacles. Nous pensons que si l’on veut mettre en pratique les moyens que nous allons proposer, non seulement il est possible au Canada et aux Provirices

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C'est sur cette partie de notre travail que nous allons surtout attirer l'attention de nos lecteurs, en les priant de ne lire ce qui vasuivre que comme des idées émises sens condition de parti, sans autre but que de faire du bien, en créant à nos relations avec l'Europe, à nos débouchés avec nos voisins, à nos rapports jonrnaliers avec eux, un système de compensation qui deviendrait ja principale prospérité de ce pays, en lui fournis: sant des ressources monétaires que sa position actuelle lui refuse et qui Mi seront toujours refusées,tant que notre système financier sera sons le coup des entraves ridicules qüi parilysent les efforts des hommes aussi sincèrement dévoués aux intérêts de leurs compatriotes et de leur pays que le sont les Uivers administrateurs ou

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