‹ Le Canada sous l'Union 1841-1867 (volume 3)Chapitre 13 sur 36 · C.-E. Casgrain, second · texte numérisé non relu

C.-E. Casgrain, second

P. Young, adjudant-général de la milice,

E.-P. Taché, député adjudant-général de la milice^ B. C.

Donald McDonell " " ** H. C.

E.-H. Bowen, juge du district deGaspé,

J.-G. Barthe, greffier de la cour d'appel.

Ed. Burroughs et Louis Fiset, protonotaires du district de Québec.

2Ôâ ÊÀïHdAilf, [1846

mesures favorables à ses concitoyens. Aussi vit-on le Haut-Canada profiter de ses forces pour piller le Bas- Canada, témoin les mesures concernant les biens des Jésuites et Tadministration de la justice dans la province supérieure, et le refus d'indemniser le Bas- Canada des pertes qu'il avait souffertes en 1837-8. M. Viger s'était donc trompé grandement. On peut à peine comprendre qu'une conduite si contraire aux usages parlementaires ait été tenue par ce patriote qui avait rendu, avant l'Union, les services les plus éminents à son pays dans une carrière toute remplie d'honneur et de patriotisme. Ses derniers actes ne devaient pas cependant mettre en oubli ce qu'il avait fait par le passé, et lui laisser au moins le bénéfice de bonnes intentions pour le bien de ses concitoyens.

Au mois de juillet, quelque temps après la démission de M. Viger, M. Draper fut chargé par Lord Cathcart de s'adresser à quelques Canadiens-Français pour les engager à entrer dans le cabinet. Il écrivit à MM. Morin et Caron, leur disant que le gouverneur ne leur demandait pas de former une administration, mais qu'il leur offrait le choix sur trois portefeuilles dans le conseil exécutif. Cette démarche ne réussit pas plus que celle qu'on avait tentée en 1845. Les chefs libéraux ne voulaient pas consentir à siéger avec certains membres du cabinet ; ils refusaient d'accepter des portefeuilles S3ulement parce qu'ils étaient Canadiens-Français : ils réclamaient le pouvoir comme parti, d'après les principes du gouvernement constitutionnel, vu qu'ils possédaient la confiance de la grande majorité de la population du Bas-Canada. En s'associant à des

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hommes auxquels ils ne pouvaient se fier, ils n'auraient eu alors aucune garantie pour faire adopter les mesures qu'ils croyaient favorables aux intérêts du pays; ils se seraient trouvés dans la même position que MM. Viger et Papineau.

Au nombre des autres événements arrivés en 1846, est l'incendie du théâtre Sain trLouis. Il y avait à peine un an que les deux tiers de Québec avaient été détruits par l'incendie, lorsqu'un autre malheur venait, en 1846, plonger ses habitants dans un deuil déplorable. Dans la soirée du 12 juin, un grand nombre de citoyens se rendaient au théâtre Saint-Louis pour assister à l'exhibition des dioramas de M. Hamson. Au moment où les spectateurs commençaient à se retirer, le feu prit dans les scènes par une lampe à huile camphrée qui se détacha du plafond. La salle fut en un moment dans un trouble, une confusion indicible. Ceux qui se trouvaient encore à l'intérieur se portèrent en masse vers la seule issue connue, qui était très-étroite. Les premiers, poussés violemment dans l'obscurité, furent écrasés sous la pression de ceux qui les suivaient, et tous se trouvèrent accumulés en masse compacte les uns sur les autres. Il ne leur fut pas possible de sortir ou de reculer, et on ne put les arracher à la mort, malgré les efforts qui furent faits par plusieurs citoyens zélés. Cf st alors qu'eut lieu une scène terrible. Dans ce moment désespéré, plusieurs de ces infortunés, voyant tout secours humain impossible et n'espérant qu'un secours divin, crièrent à un prêtre alors présent sur la scène de leur donner l'absolution. Le ministre de consolation leva les mains pour les bénir et les

absoudre. Environ quarante personnes trouvèrent la mort dans ce triste accident (^).

Comme la question de l'Orégon fut réglée d'une manière paisible, il n'y avait.plus de raison pour la métropole de laisser l'administration civile du Canada entre les mains d'un gouverneur militaire. Aussi Lord Elgin fut-il appelé à succéder à Lord Cathcart ; il prit les. renés du pouvoir le 30 janvier

L'administration de Lord Cathcart fut peu brillante. On ne remarque que le règlement de la liste civile, l'organisation de la milice, la question des biens des Jésuites et l'incendie du Château Saint- Louis.

Pendant son administration, Lord Cathcart ne fit pas grand bruit. Homme paisible et conciliant, il laissa à ses conseillers la conduite des affaires publiques. Il avait pu exercer sur eux une certaine pression afm de les faire consentir ù. reconstituer l'administration d'une manière forte et constitutionnelle. Il ne le voulut pas, laissant cette tâche à son

( ' ) Au nombre des victimes étaieut MM. A. -S. Scott, avocat, J.-J. Sims, apothicaire, H. CarweU, marchaud, Mme. John Gibb, Mme. Louise Lavallée, épouse de M. Ronald McDonald, rédacteur ^u Canadien^ et sa fille, Mme. Rigobert Angers.

Au mois de mai, un incendie consuma les deux villages de Chicoutimi et de la baie des Ha ! Ha ! . détruisant bâtisses, provisions* animaux, etc. Près de 3000 personnes se virent dépourvues de tout par cet accident. Au mois d'août, c'était le village de Laprairie qui disparaissait à son tour sous l'élément destructeur. Environ 300 propriétés furent détruites dans ce dernier incendie. Dans ces deux désastres, la popuLition reçut des secours abondants.

L'Hon. M. James Kerr fut au nombre des citoyens décédés en 1846. Il avait été de nombreuses années conseiller législatif et exécutif du Bas-Canada^ et en dernier lieu juge de la cour du banc de la reine.

successeur, car il ne se considérait que passager comme gouverneur. Il sut, toutefois, acquérir Testime de tous les partis politiques, et laissa dans le pays une bonne réputation. Lord Cathcart ne conserva que quelques mois le commandement militaire, et partit pour l'Angleterre dans l'été do 1847.

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