CONSERVATEURS SUR LE PROJET DE LA MILICE
Lord Monck nommé gouverneur. — Affaire du Trent, grande excitation, organisation militaire dans la province. — Remaniements ministériels. — Ouverture du septième parlement. — Sir Allan McNab élu président du conseil, M. Turcotte élu président de l'assemblée législative. — Débats sur l'adresse. — Organisation du département de l'agriculture, comités de la colonisation. — Progrès de la colonisation dans le Bas-Canada; émigration aux Etats-Unis. — Projet de loi des écoles séparées. — Question des édifices d'Outaouais. — Projet ministériel de la milice, rejeté à sa deuxième lecture. — Défaite du ministère Cartier-McDonald, sa retraite ; résumé de sa politique.
Le successeur de Sir Edmund Head fut le vicomte Monck, irlandais de- naissance. Le nouveau gouverneur prit les rênes de l'administration, le 25 octobre 1861. Sans avoir encore donné de grandes preuves comme habile homme d'état, il avait cependant acquis une certaine expérience parlementaire, et avait rempli dans le gouvernement anglais le poste de deuxième lord de la trésorerie.
Le commencement de l'administration de Lord Monck fut marqué par l'affaire du Trent ^ qui se passa dans l'automne de 1861. La guerre civile entre les Etats du Nord et ceux du Sud de l'Amérique sévissait déjà depuis quelques mois. Le gouverne-
inen[t cpnXédédré envoya, deux, délégi^és, MM, Masson
délégiiéSjâmbarqués, à bjDrd^'u^^ r^'en?, furent arrêtés avec leurs s"ecrétair>e&^,.daijâ,le goUe.de la Floridej par le navire auiéricaija ,5an^/aç«^b^ aue.aémmandait le capitaine Wiîkés. "Ils 'furent incarcères daiis une pnsôn.d'ètaL par ordre.deS a;utontes4e Washingion.^,,^^.^^.^^,. ^., ,,.^ ,,,j;AMi oj:.-,:î .„., Cette. arjçe.station iput à fait contraire, aiixl^^ig'^iitejiçaatiQnalgSj p^rpdpi^i.t ea. /Va^leter^e,- e,t ^u-Ç^^àa. une;.sensat|Qa içr.o.fopdW. .,,^^^ . métî-opple ; V,e/?îpi'es^?i de demandejç ap gouveruewe.ii't .aip^éricain, la j^epVi:atiya 4e, .J'insulte .faitje au pa.villo4, anglais^ et /la reddition, d^?,'^^?Si^AS;aj;)rès, ijue apologie çQiiyéuiible. Puis elle JDlfc. des ; préparatifs. niiJlitaU'es, envoya, des tKQu^es, et, des. ^nii^ylio.ns. au, Gajjada,, d^n?' ^§J^^^' -^^
..;,f)6 .^e-i^r p^té,,^ les Çp.nadi^ii§.fij;e,ilt ,les démax.çh-es ,qjU:e.G9^]iiandajLtla,p,J?u,4^nce. Xia guerre qui ;Se^faisait aux portes du Canada pouvait se tP;U:çfler ppntre eux. Le gpuvernenient voulut prévenir tout dapger ;
centre^. .Eniih^ les Canadien^ .in,ontrèiènt lé plus gr^nd.^zèié .^o.ur défendre, leurs foyers .ç|e..conç,çrt ^>(èf?.ies tro^i^s: auglaiae.s,^^ , .Heiireiisenient j^x^e la diplomatie tranckg/ la, A}^' ç,vij].t^!du Tmit- Les '.américains avaient 4'al)prd, approuvé l'arrestation des délégués du Sud,,. Je coiîgrès ayai t môme, .voté ■ des^ remercimeiits .au commandant .\yilkes,;, ip^is. ils reyiprt^nt à ujxe^ e9^Ldiw:tq.Çlus..|>r^d,^pt^^f,/|ïsJçépa^,èçefli,l'■insyi^ d',uj?ie;jii^,api^r,e;.s^ti?-
faisante, ea désavouant l'acte de violence commis par leurs officiers de marine, et en libérant les prisonniers, qu'ils replacèrent sous la protection du pavillon anglais.
La métropole fit de grands éloges de l'attitude prise par les Canadiens; la reine les félicita officiellement de leur loyauté et de leur patriotisme. Cette fidélité et ce dévouement des Canadiens envers l'Angleterre se manifestèrent en effet d'une manière éclatante ; même ceux qui, en 1849, s'étaient faits annexionnistes, se montrèrent également prêts à défendre le drapeau britannique. Ces manifestations de loyauté étonnèrent les Américains, et détrompèrent ceux qui croyaient qu'un certain nombre de Canadiens avaient des tendances annexionnistes. Il faut avouer que dans la lutte civile entre les Etats, les sentiments de la masse des Canadiens furent favorables aux confédérés. L'affaire du Trent contribua à diminuer les sympathies pour la cause des Etats du Nord.
Cette difficulté fit sentir la nécessité d'organiser la milice sur un pied efficace, et de construire le chemin de fer intercolonial, de Québec à Halifax. C'était le moyen d'avoir un débouché à la mer, sans avoir à compter avec les Etats-Unis, et de faciliter les opérations militaires. Les négociations entre les colonies et l'Angleterre furent reprises pour la construction de ce chemin, mais elles devaient encore échouer pour un certain temps.
Quelques jours avant la session de 1862, trois ministres du Haut-Canada MM. Ross, Vankoughnet et Morrison donnèrent leur démission. M, Ross dé-
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sirait se retirer depuis longtemps, afin de consacrer tout son temps aux affaires du Grand-Tronc, comme président de la compagnie. M. Vankoughnet, décidé à abandonner la politique, fut fait chancelier du Haut-Canada, à la place du juge Blake. M. Morrison, dont le malheur fut de n'avoir pu obtenir un mandat, fut aussi fait juge de la cour des plaidoyers communs. D'autres changements eurent lieu dans la magistrature. Sir John-B. Robinson, ayant été contraint, par son âge avancé, de donner sa démission, comme juge en chef de la cour du banc de la reine, fut remplacé par le juge A. McLean ; le juge Hagarty monta alors à la cour du banc de la reine, à la place de ce dernier.
M. John-A. McDonald éprouva quelque difficulté dans le choix de ses nouveaux collègues. MM. John- H. Cameron et Campbell refusèrent d'accepter des portefeuilles, parce qu'ils ne purent s'entendre avec lui sur la question de la représentation. Après plusieurs démarches, M. James Patton fut nommé solliciteur-général du Haut-Canada, M. J.-B. Robinson, président des comités du conseil exécutif, et M. Carling, receveur-général. Ces changements ne modifiaient en rien la politique du ministère ; bien que les nouveaux ministres fussent favorables à la représentation en rapport avec le chiffre de la population, cette question resta encore libre ; seulement le ministère ne devait pas présenter de mesure qui concédât ce principe.
Dès le mois de juin 1861, M. Rose avait aussi donné sa démission comme commissaire des travaux publics, et avait été remplacé par M. Cauchon. La
npn^iaatioii de ee derriier Jtutbien accueillie ;. M- jGauçhpn,9.y ait, déjà; donné .-àç iiautes jreiive^, 4p Pf^P^PM? adii^i,ais.tra{,iye, ,0015919 /comraissaix^ . d^, ,teïre& .^^yl^
. . I*ar,^ î^oitck, ,Q!uy{nit,ie sep,tièm:^ .pajrlqmeni} ;ié ,-^p
§ûp ûr^te-ur. , , ^nv jççptim. d.§ , Sir .;Etijenne.Tfi;ÇJb.é3. S^r Allai! A^çiSab,i|i^5 él^.à.ce l^autposte^ à unamaj.Oî;i^é (ip^U;ûis,;y^ij:^^ .jLi'^ç^Qrjit.de.paçti. r^s^ta^ é]fm^ejç à,;Ge
^■;Pa? iCeUis 41^tïo$i,-;;Si$ ,Nama?ei ."^.eileaiv ;Qe.8^a?^ d'être président du conseil légi^l^if. ,-,Il;P9ÇLtiou^ k jreater dans, 1^^ ; juinistère,. et . accepta ■ le /po;rte|euJrlIe de^^nf^l-ïe de , l!agric,ulture,. départeiiieprt ^gi^'u^ië, jXqi ]iq\iYjç)ie 4^y-^t.çQU9tituex séparpmeni.. ■..,.^.,,.,..') 7t ;,.j4s.l'!*?&W^W^e législative^ les pa^ti^ coirime,uçèr.€iat Ift Jutterp9liti.qu^;B?islôOliQi:X du pré&idJerit'. ¥> G^xtier pmpQsft:M,Jlî?f»tteJdéputédQ-Twis-R^Yiè^|6§iCQI^me çftadidat;piiu}$téa,iel j.il-éuuméa'a Jes iseryLGes.que ce dépriué iaraii ■ reMus au parti lii^éral-copsery^teW; Mi:PFiiiiimpuà:présenta JNJ. Sjcett^, c^oniroe le ça^idi.dat;de:r<)pjwsitiiQn,.et jrappeU la .manière liabile et;iiQpp.|'^)D:ie;qye,Q Mgu^U.e il s'était déjà acquitté des (^eypi,??;, 4§| ifii'é^^deDti [de., [ 1^ : .^^hambre. , Malgréj le^ titjçes de, i^.,Sji|Gptte.à,.laprés.ideucej .M. Turpottp V^^^)
PPFta,f!^tj:^i^iYpi^ -lo;:!. .:;•;•] ^^^i h.:-':i -..■ :/:■ !:;l:i L'heureux candidat avait les qualités r,€^q*ii[Çje^ pour la haute ppsitioa que venait de lui. conférer la inajorité des représentants. Il 'possMâitlesdeuxlàngi|fes,, et ^vait^iii^p éxp^enep^e parïe'i^eçL^^^ y^?ê^
afiîfgêâJ- ■^. Tùrcbttë'éfèit de piii's'4ift''MUlii^fifés-'' distmgïié/'ét possédait des talents Ènllaûts.' ■"'' ' ' ''
pans Xé discquîi's'.diî trW ^ord' Monck' sinhoncà offiçiërLerrîènt 'ii^mqri'dn Pi"ince ÈpouXy \'é Vnnc^' Alitert, et les éloges, .donnés par .la i-ei,ne.à la Ioya,uté' des ■ Canadiens dans ; l'afiai^je^ .^xujtfmî.. Il ji-ecomT. nianda à la, consideràtioii des memï)respe libre échange entre le Canada et les j^rovifices raaritîmés, rdrgàriisation dé la" nïilicè; "'èt^ 'tïnè " %*ï ^dë; Ibdnqtië; \ rdute'dans le fî.ânt-Cariadà^^^^ '>.'■.;. ••.vu •■■t; ;:!'•.!,)
^.'beiiis, jeune député; proposa ràdrèssè,'qnî'fut secondée' par '[ 'M. ' Notman.. ' L^opposition' deinàndci sar les' cliângeTïiènts rninisteriels dèë explications, qîiè 'les nlinistres éé hâtèrent de doiin-éir. Le fcïifemin diè fëi'iïïtôî'côlonial fut le sujet dé quelque disciSsSîôiiV Lés députés furent prësqiïé' unanitnes a 'âdittéttre l'iîïiportâînceët'lâtnécegâilé desâ conétrùCtion^ quinze seulement vûtèfent conïrë%' përiagraplië -de f à<3iie§sè •
quis'yiâppôrtafit.' '-'■■■' ' "' '^ -'' ,;;■•:.:":::::: :> "-> ' :;;;
ITînt^rniinaïilë question' dé ''là''i^jpTésBntiàtiori''ré-vint encore sut le tapis. Ce fut M.' Win. McBougall qui Jirésenta uii' aniendement à l'adresse; par lequel il Regrettait que le gbùvërïiè^urtt'BÛtpas'é '
reconaniandër iirie mesure pr'ô^rô a assiireT au Haut- Canada, qui avait 285,000 âmes de plus que lé Bas- Gaiiâdâ,'sà juste part dans la- représeritatîoii;''^^^^^ iioirj-
M. Sicottë présenta un apiendemeiit a cette mptiôii, par lequel il affirmait que l'égalité de la représen-. tation était essentielle au maintien de l'Union, et garantissait à chaique section des Ibib et des îristitùtions en harmonie avec ses désirs et ses bescaris. La majdrité' dès représen tari té cfti Bas-Cânadià et tous'
ceux du Haut-Canada, à l'exception de M. Joh.n-S. McDonald, se prononcèrent contre cette motion. M. Cartier démontra qu'elle était inopportune et inutile, après la position prise par les ministres à la dernière session ; il la considérait comme une motion de nonconfiance ; il fallait se contenter de voter contre l'amendement de M. McDougall.
M. John-H. Cameron demanda d'accorder au Haut- Canada une augmentation de la représentation dans l'assemblée législative et de conserver le caractère fédéral au conseil législatif. Il fit un habile discours pour engager les Bas-Canadiens à voter en faveur de son amendement, qui fut également refusé.
M. Dickson proposa une motion plus juste et plus acceptable : c'était de répartir la représentation dans les deux provinces, suivant la population, tout en conservant l'égalité. Cette motion reçut l'approbation des libéraux du Bas-Canada. M. Sicotte déclara que ce changement ferait disparaître de choquantes inégalités, qui avaient excité beaucoup de mécontentements. MM. Foley, McDougall et McGee se prononcèrent fortement pour la motion, qui fut cependant repoussée par une forte majorité dans chaque section de la province (76-40). M. Cartier et plusieurs autres conservateurs se prononcèrent contre, parce qu'on admettrait par là la représentation proportionnelle au chiffre de la population, principe qui tendait à assimiler nos institutions à celles des Etats- Unis.
Beaucoup de députés prirent la parole sur cette question ; on remarqua dans leurs discours unegrande modération. La motion McDougall ne réunit que
1862] Lord monck. 443
quarante-deux aeput^
en'lBBl, le Bg^'-Canàda, re;,poussa, unanimement, leé
pretentiong de la province puçst. No.us. yoyons, par
^.■i"'Jr.',:'. '! îfcT ::"Pf'M^:;; {yn ^, ,-:'i;i:".;:^vr.!^'f-!'ij 'r;h'(' lesmotions opposées de MM. MçPpugall , e.t, Sicotte^
deux des çliefs de l'opposition, que le I]aut:Çanada
îi'av/uti. pas, ^lu^ , ,df^ . <^}i^.ïiçeS| (iioi)t§n^,4es, ^ iji^jé^-j^^is:
une augnien tatipji de .représentants, ; e.t • .qp'il , était
impossible de régler la q.uçstiqn sansun changement
conSititutioiinel. .N'oiis yèrroné nieni;Qt lés partisans
outres de la réprésehlàtîon Sàséé .sui\ là popiilîitîon
abâridoniier eux-mêmes leurs opinions, afin de par-
v.enir, au, pouvoir. ", r , . ■. •
La principaleluite. eut lieu lorsque >I.,l\oIey,au,lre
clièt ' libéral j, proposa u il àmèpàéînent a l'adresse^
pàiv lequel , il déclarait "(jué le gquvêrnepient'.ayalt
yibiê'.ià constitution ■ eiï maintehànt pendant. deiix
àns'àii pou.v0il*. M- lé soliiciteùi'-gênpràl Moi^risoa,'
sans avoir; un Siège dans. le, parlement., . . .
.■\':}T:;:^-r^-'<''' !.t '^'^ .:!;/;i::-:T'^> :..r ,h"'u!m:>iJ-uhj «ou j; .!jL,a, chambre s'était déjà,çn 18GlTPî;onQncôe,&ur,C6
s;uiet,. .Le ministèj,'e, considéra cette., motion., conime yate, . 4e. . non-cpniiance ^ . -piusieu.r&. . de . ses .partisans, ap^ès. a.Yoir , blâroé , X.jxcie ^ d.e • M. , Morj:igoa:i^ , ,yAtèr)ent ç^P^nd,ant,çpp,txeJa :m.QtiQç^..q.n,i ,tu^^ }]e^elés à. n.ne majorité 4e d%,s,ept ,y9ix., ,!.Ç^,yp.te niAtîhi.à. 1a. ïpngyç, .d;i?cussion. de i'.adr^s^V j j^pron^e. le,, pr.o.Àyeny e^ différentes divisions, le ministère, Cartier-McDpna]^ était appuyé. par un nomhre de partisans. as$çz.,.coûr sidérable. '..... .,;',,.,,,.■>
.Au conseil, législatif, l'.adresse prppos.ee .par, .M. Bôultori, îiit adoptée sans dnrisjph. . .,, .
.tJ.n des priiicipâûx acte? de cette sessipîi lut,'çélui quiamendaît là loi àe 1857, concer'ftaht^ le ^tîirëaù
d'agriculture. Il organisait ce bureau en un département public, séparé, sous la direction d'un ministre de l'agriculture. Cet acte référait à ce bureau, outre les statistiques et les patentes, toute matière qui se rattachait à la colonisation et à l'immigration ; il laissait toutefois au gouverneur en conseil le pouvoir de transmettre le contrôle de l'immigration et de la colonisation à un autre département.
Ce nouvel acte complétait l'organisation des départements publics. La plus grande partie des abus d'autrefois était disparue dans chaque bureau, par suite des modifications qu'on y avait faites.
L'organisation séparée du département de l'agriculture avait été ardemment sollicitée par la presse et par le peuple. On avait reproché à M. Vankoughnet de ne pas connaître assez le Bas-Canada, d'avoir encouragé une immigration protestante, et d'avoir concédé des limites considérables de bois à des particuliers, au détriment de la colonisation. On avait alors demandé de placer à la tête de ce département, un ministre qui encourageât une immigration catholique et pût travailler efficacement au rapatriment des Canadiens-Français, réfugiés aux Etats-Unis. Le gouvernement s'était rendu aux désirs de la population, en mettant Sir Narcisse-F. Belleau à la tête des affaires de la colonisation et de l'immigration, en envoyant des agents d'immigration dans les pays catholiques, et en favorisant le retour des Canadiens émigrés.
Pendant cette session, les hommes d'état accordèrent à ces graves intérêts une attention toute particulière. En proposant de nommer, à l'assemblée
législative, un comité d'immigration, M. McGee traita cette question à un point de vue pratique et élevé, et fit d'excellentes suggestions pour le développement de la colonisation.
M. Cartier s'éleva contre le reproche fait au gouvernement dont il était le chef, de n'avoir pas donné un encouragement suffisant à l'immigration et à la colonisation. 11 énuméra les causes qui avaient retardé le défrichement des terres incultes. Il déclara que le gouvernement voulait faire de nouveaux efforts, et se proposait de doubler l'octroi des chemins de colonisation. Le comité suggéra plusieurs améliorations concernant les émigrés.
Un comité de colonisation fut également nommé ; on répandit des circulaires parmi les personnes capables de fournir des renseignements sur la colonisation ; on recommanda d'ouvrir plusieurs route» dans la forêt, de cesser la vente de limites considérables, d'accorder au colon seul le droit au bois de sa propriété, lorsqu'il aurait payé le premier versement du prix de sa terre.
M. J.-B.-E. Dorion, qui prenait un grand intérêt à la cause des colons, proposa de changer les règlements qui régissent la coupe du bois sur les terres publiques. Il prétendit que ces règlements mettaient les colons à la merci des marchands de bois, qui, munis de licences, enlevaient partout le meilleur bois. MM. Gauchon et Sherwood répondirent que ces règlements étaient sages ; que s'il y avait des abus, il fallait en conférer avec le département des terres.
Les conseillers législatifs nommèrent également
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d'ëS*êMnrl§s siii^1â''^ïdmsati6n et sur PîmiirigMibri. Sir' Nàircïsse-P. 'Belleâii i^rononra un in lérôssatit dïfc'Ôiirè sur ïes affairés "qùî 'icbn cernaient son département. Il constata les progrès d'à la colonisation danà le^demieïêà années,' grâce' à Tinïpulsïon ddùiièe ^ar te' -gô^r^îiieïfléiit, et ■ dé'ciafa' qii'ii y avait dans- lé Blag^Gânâ^â' Sept: ïiiîllions et demi ' d'âcfés ' 'dé' ' 'tèi^iié à^pètt-tés iô t'OuT&f ta 'aux colons; ' : : ' -^ ' • : : o i J n;^ i ii« ' uv
"lies Cànadiëri^, 'sàiis distirictiôfri de'patti, derbàfndeféia'f ■a'I'unariïmité- une ' coldnisàti'on ' plus ê'Mëàtei Ld j^rëssè tf épargna pas ses écrits ;'lë't;ïér^ reddûTblà d^éiObrtbët'aéTDatridtisnié:'"^ .■H.i:.->M:u:u-» '•;».:a!nt
La colonisation avait lail des progrès assez çonsidëtaBlès •daiis lès' dèrnièl'ès aniiétes,' gtâcë 'à l'ëctroi de' $W&M\}"fait àmiiielîèïrient dépuià 1855^ et 'a d'a^tf'és'somin es 'accordées a' dés chemins dé'' jfèifinlîè^ cîâss'e. ' Dé l'-ÔSS; à 186^ ïricïtisivètnert tj iï 'âvkiï éié''!âït'(i£iils'.''lè; Èàs-(danàda ÎS42t '11111165' 'de roTités colômsatrices, qiiï ont coûté '6536,00ô. "Layéntë dés tôi*res s^était 'accriié grandeniënt ààùé'le ^B.k-^GQ.iï'àdà'^' et avait dépassé, en 1860'etié'6i^ 'celle dii ïfàWt-
"'^a cdiistruèrCidn 'du .cheîniil d^';Gràna-ll'on6 a"^^^^ xéH^le^'pantons^de TEst ayài.t ,tavpjisé le déVeropge-
méiLt de cette ,ric]ie partie de làprayinçe. 'Eudutrei
yéj^tufe et rentré tien d'e diverses rputeV n été
dleïërmirie àrfàirè ces sacrifices- d^ârgent par le fânieux mémoire de douze missionnaires des Cantons,, de, ri'sf^ rédigé par M.^ \^^^ Antoine Racine, et qui eut îiéâuc'oû'p dé " rëiéfitisseirie'nt. ' Ces zélés mission-
naires, connaissant l'état misérable du colon en ces endroits, exposèrent ses besoins, les obstacles qui s'opposaient au rapide établissement des terres, et recommandèrent l'ouverture de nouveaux chemins. Leur appel ne fut pas fait en vain. On a une idée du développement de la colonisation par la population française en établissant que, dans les huit comtés qui forment les Cantons de l'Est, les Canadiens-Français étaient en 1851, inférieurs en nombre à la population anglaise de 13,600 âmes, et que dix ans plus tard, ils la dépassaient de 4,400. L'augmentation de la population française avait été de cent quatorze pour cent, tandis que celle des autres origines n'était que de cinquante-sept. Ces cantons, destinés à être peuplés exclusivement de colons anglais, faisaient graduellement place aux colons français. C'était, comme le remarqua un jour M. Joly, entre les deux races une lutte de travail et d'énergie.
Voici comment M. l'abbé Ghariier s'exprime sur les Cantons de VEst, dans sa brochure sur la colonisation : « De l'avis de tout le monde, ce territoire est susceptible de devenir la partie la plus riche, la plus belle de la Province de Québec. Le paysage est magnifique ; les sites sont charmants. Le climat est aussi doux, sinon plus doux, que celui de nos anciennes paroisses. Les chemins à lisses qui existent déjà, et surtout ceux qui sont en voie de construction, promettent un écoulement rapide aux produits de l'agriculture. Le voisinage des Etats-Unis est encore un avantage considérable. Le caractère accidenté du pays, tout en rendant facile l'égout de» lerres, fait abonder les pouvoirs d'eau partout. Les
terres: karatés,' comvéortes' en: bois ftâacsf Offrent '"^ïffl: saliléger^;il.est vrai, .mais propre à la .cuUU'i»e"iie t&uteespècede graiûiet stictout'très feLvorable à'iapEOductibn/dra foiH' et de t'hèrbe. 'Lai supéii^fité d^spâllirages des Cantons de i'Esl est- bien;: coa^tatée 5' c'est' là: qu'on renconlte les plus' beatix troupeaux,' &t nos ! races d^aaiinaux dégénérées, ' tine fois trans*-' portées ià, semblent y aeq^uérir une taille et des ^lia-: • lités BOuvellës;; Ceci est éûy aân^ cottredit^ aux pâ-^ ■ tUiPagers dont: elles. sont nour-rids et à rexeellente'eàai: qsie leur iournlësent lés soiLtrces .si- l^urès, lés .ïnàs^; seaus si limpides que. l'on reaatcfintre partout d&ni^j
cette ïjégion.- ' : : •■•' ••'':- .; •• • ■•■:■.' ,;;:■-• •.;:;>; -\-;oJ
=^ "« tJn 'des grands âtantages qu'llî y 'à "i: bOlonisér ' les terres haûte&v c'estque d^s ia preffiière année,- on' • pexft semer et 'récolter sans être lenu à'ârracber leBseni<;hes,'':et sai/s ^ 'àcciiper de l'éf out àxi-Ml ) • tànviîs ' que laceii'dte du' boi&frâhc, convertie en set, siifBt' pour payer; la plus: gràade.paiitiè: des,.feîiis> de i défrichement.-1:;- 'nîMi-'c^u y.;< ;::;j;h ,WA\ 'A: zÂtn\îuO H^t'i
.;«I1 y a: dans les. Cantons de l'Eât de l'espiaee po-ûir. -les Canadiens des. Etats-Unis, qui désirent revenir ' fouler ieiSoL de la patrie, et pour- tous ..les pères de famille daiis les vieilles paroisses qui visent: à établiîT'
leurs eôifants.' :;' .. ■ v ' ..:.-' i .,; n ':•)
«D'abord '^e gouvernement y possède encore un peumoins d'un million d'acres de terre; c'est ce ^ qtfon appelle terres publiques où; terres de la cou- ' roaiiné. 'Le'prix> d'eixes'ierrés est -dé: trois chelinsn
l'âGré^ani^plusi ))■ ':.;■' :- ^ ■-,;.;.;:; .;.'.;■ 'Jh)
-liiO gouvernement avait fait Gommencer à ' gra/iïdsfrarîs=, depuis 1858- environ; plusieurs grandes routes
qm, iraxerçpnt, leîs teyjçcs Jn^i^lt^e^^ .à 4|§st ^e-gti^jébec, dansla-jp^ie ,3ud du^ S|aintrJbauïeflÇ.(^f^9^^^ mina T^hq, Elgin ,. J^njjjçcpqata, J)»!^ tap^djLac . et^^ataf^e(i.),. ,,jpes.4taJ^issementS;S'ép]ael,9nj^ latig
de çps .ïOu|es.. . .Ei:\ 18fiJ;-y6,?,.une, j)eii^eî.,cp^oiLi^> 4^ cadiens, dé l'île du Prince-Edouard, au nombre d'environ quatre eçnts persûnnés^ ■ vînt' se ■ 'fixer .-drft'ns^ïe caiât)Qn'4e Me tajMédiaçV et prospérai', g^câçè ii:(i\i^\3sh secoïir^-|mMics.- ftn ,1 859-00,- guel(j\ïeS' autrës'côlôTis
Taotié. Gës premiers établisseinehfcsfu-'re'ïit snrveiiiës par M. Staiiislâs Drapeau, un dé nos 24}^s prçniç i§w§ de la Gôlonisalionv Déjà pliisieTiPS d^eatré'-èûï' îbriïit^nt ^ujpuïd^'lip^,' , ;^'e^ ;p^if ôis^^ s •^6§é;z',p^Qs|iej['4s,,'*, ;S(- 'BtajJ'éaa afaït'Uff-livFe précieux sur les -déveioppeifl.ent^ de^ 1^. colo^i^ii():^.'.^\i'^hss(^^ lS61'.'Get oitvTâgë qui a r&çu des-élo^e»' riî^itîêë", îipjitibùt lune ina§se dé renseignjîmen^§:..^pr-.j^vç^^ nîsâtîpn (»}v EnT 1^862, quelques •fi-èrëji Tràp|)ifete8 jeitèj^jij',e^cûJtp les fo^^^ 4''Wp.-(i,ut"ri^, ç5laf^) .^Afi?
Ifr' cah loti -d-e. Lange vin |. ils se -m^nt bientôt- en toufés
■■■', il. i.-A:: ': ■'. ■..■;':• ,•. :,.;;., ; iî. ^ V li .i: :<-^ I/Ti Olli.i
vi(i\) Le chemin Taché, sait une ligne parallèle auflea-yte âépuîa te zJaaton Buçkland, eomté de Bellechasse, jasqu-'a^ cheimti de Matapédiac, comté <i« Rimonski. En 18^2^ ciHCfuaiitp nrilies d« ce «hemin étaient tenniàés ; il n'est pas encor© Achevé/ 'Le chemin. Elgin part du flenvô Satat-Lanrent, 4 Saint- Jean-Port- J.ôlij" flQurt-vers lé sud et gagne la ligne prà^Cinciale/eo; traveraantisiî captohe, XiéchémiaTémiscouata paTt delà ^iviAt'fe' du- Loup, et gagnant le' sud st ifend à la frontière du IVIaiae, Le chemin de Mëtapédiaç s'étend de' Métik à ia&aïe des -Chaleurs: ; qnfinj le ohemia qui s'éténdi-de Matâûfe au' cà^^l^fliatireis.'
(*) Notijr extrayons de l'eTceilélit outragé 'de' M. pl-^tTOàlirles statistiq^uçs suivantes, qui nous démontrent le pr9grèà,^rîç!i)lé dètt dix dernières amiées : ' ' '•'•-"• - ■ •• '^'
Jusqu'en 1850, la colonisation s'était portée principalement dans la partie sud du Saint-Laurent. II y avait, cependant, du côté nord des Laurentides une vaste plaine s'étendant du Saguenay à l'Outaouais. C'est dans cette contrée qu'une partie de la
de terr«« à 95,813, dont 14,477 propriétaires occupaient de« circuite on lopins de terre d'une étendue moindre que dix acres ; aujourd'hui le chiffre des occupants de terre s'élève à 105,671, dont 6,822 seulement possèdent des circuits ayant moins que dix acres. Ces faits constatent assez les développements de la colonisation, puisque le nombre des familles établies sur les emplacements a dixoinué de plus de la moitié, et que le chiffre total des nouveaux occupants de terre s'est accrà de 9,858 durant oee dernières dix années.
" En 1851, on comptait dans le Bas-Canada 3,605,167 acres de terr* en état de culture, dont 2,072,341 acres avaient été ensemencés et avaient produit 15,221,013 minots de grains et 4,972, 937 minots de patates et légumes, formant en tout 20,193,950 minots et 755,579 tonneaux de foin.
" Le recensement de 1861 démontre qu'il y a actuellement 4,804,235 acres de terre en labour, dont 2,928,133 acres ont été ensemencés et ont produit 27,565,179 minots de grains et 14,184,612 minots de patates et légumes, en 1860, formant une récolte totale de 41,749,791 minots et 689,977 tonneaux de foin.
" Ces statistiques constatent donc une augmentation de 1,199,068 acres de terre nouvelle préparés durant ces dÉmières dix années, ayant produit un surplus dans les récoltes de 12,- 344,166 minots de grains et 9,211,675 minots de patates et légumes, formant un total de 21,555,841 minots. Quant à la culture du foin, il y a eu une diminution dans le rendement de 65,602 tonneaux, par suite de l'extension que prend la culture des légumes pour la nourriture du bétail, et aussi pour d'autres causes qu'il n'entre point dans mon sujet de développer.
" Il y a dix ans, on estimait la valeur de la propriété foncière rurale du Bas-Canada à $116,832,632, égale à une valeur moyenne pai terre de $1,228 ; aujourd'hui cette valeur s'élève à $171,513,- 0*0, à part les vIIIct, soit environ $1,623 par chaque terre ; formant ainsi une augmentation de $54,680,437.
"La valeur récoltée des grains, patates et foin, s'élevait i $15,774,722, en 1851 ; aujourd'hui cette valeur est portée à $26,452,874 ; offrant ainsi un accroissement de richesses de $10,678,162.
" Le bétail a aussi subi une grande augmentation depuis dix tms, surtout «ous le rapport du perfectionnement des races.
" En 1861, 1« chiffre du bétail s'élevait à 1,681,531 têtes,
1862] LORDMOKCK. 45i
colonisati on s'était portée depuis une dizaine d'années. Les établissements fondés en 1850, par MM. les abbés Hébert et Boucher, sur les bords du lac Saint-Jean, avaient pris de l'accroissement. Le gouvtrnement y construisit le chemin Kénogami, qui s'étend de la Grande Baie aux bords du lac. Grâce à la fertilité du sol, au grand commerce de bois, les établissements du Saguenay et du lac Saint-Jean ont pris un développement considérable ; cette partie de la province, qui compte déjà douze paroisses, promet un avenir prospère.
La colonisation fit également des progrès dans la vallée du Saint-Maurice, où le gouvernement ouvrit plusieurs routes, le chemin des Piles, celui de Matavi^in, etc. Déjà en 1861, les cantons Saint-Maurice et Shawinigan, colonisés depuis 1849, comptaient une population de 3376 âmes. MM. les abbés Brassard et Provost jetèrent, eu 1862, les bases, d'une nouvelle colonie sur la rivière Mantawin ; tous ces établissements sont aujourd'hui assez prospères.
Dans la vallée de l'Outaouais, les progrès étaient aussi très-satisfaisants. La population des comtés d'Outaouais et de Pontiac doubla dans l'espace de dix ans, M. Boucher de la Bruyère mentionne, dans son rapport de 1861, que le long des chemins de Wake-
évaluées à $19,256,732 ; aujourd'hui il l'élèT* à 2,034,716 pièces, estimées à $25, 781, 79S, formant un surplus de 353,185 têtes et une augmentation en valeur de $6,525,066.
" L'industrie domestique s'est également bien développa. En 1851, on évaluait à $2,714,012 la valeur des produits manu* facturés dans les fermes ; aujourd'hui cette valeur a augmenta jusqu'à $5,576,462, formant un surplus de $2,862,450. C'est surtout le beurre, le sucre et les tissus qui ont le plus progressé. "
fîjeld ^l- dje Portlaad, plus 4^.- qwfLlvù . .ceuts, = faroUifis péfçiqà^ 4Qs l^'.Uuioû ^ a^ iftik des .Êy0grè& ?;0:];isiclif^^e^
Ipn^. deXJEçJi^- dai3g,l,e^ ,yaU4&.§ ;d^^
Ji'jeiicoiir^epîeûtaGjçjxrdéjîîii^la.lé^^ ^^p'ipjéss-par le ;çWg:é ^fc, ,à .î^iojjmatipa. -dçs soei^tp? de colonisation. Rendons ici hommage. a\ix, BGi:çv;ipe.ç imqienpes, rendus .jkac le^. fœôtr.es canadiexi,^,; -dans la cau^.e, de Ja.çplo'nisatiQn,. comme dajis.ceiiç. de Jl'^s,tri^ction élémentaire et, s^vipéripure, " ei..' '^n's' la ; i'pndatlQn,dQVmjtlj,u!iiQn -de. .Éienfâisànççj
etc! . Pàriout pn,l'4s a, yuy depipye^t* ïe, jlus'^?^^ zeïé j "af|û' aè^ prbcp^'eVVft' Ta 'popullaijipn'jrê' bl'eçî.-elré moraï'religiVux et matériel. "*'' , '"",/'. '' ''\f/ ^ j^ç .gpu>:^ru.ew.çnjj ,çptisaçr^. .^„p,çp..]gre$j SpOjODO an;
nuelieme.aj, à.'\a, PQî}iectipp de,^^^^
le Bas-Canada, ce qui fait une somme tptale de
$^ij^thOOt)^perfd^rit là'pMde deî'Ùm^tiyÔii^bntra
è t^ii^iTlÔïnè^ suiffiWtt"C f ' fei: ^ l'àir^èiit -ûoùÊ^^^
^opiilâti du:Bas-Gaïia4aj4'pri.eiirt -pris une- 'part .raisonnable aë§^'iaTa:rirô'rrtiniipjft'^;c,ëtis'^^^^^ mijÇk^.deofeii-eîiaitïi^tâ^efr tfei"«faia£ 4©ètiBés:;Apé'd me;iitaii-dêVeîo|)jÊtiï^ \
seraitsaus: -tiGRité adijpii.rd'Jiui;pïtts. ^rdspèM) pIus; potpûîe^iJ î^èftfë 'ft'aniîôtis pa^'pént^êtrei^tfâlfre'Và'^^iJi^^
cedt imlie: klë: nés'>ci3îttj>atîii3tiS9 ttiepi-gés; sur leHèiiâ^) toiré>' ■ des- ' BtatSrUnfe* On ètàife : pî^dàigûè ;<dës' :ar.géitts,' l(>rsqa'd;.ls'agissaît;d8'CO,raraerQ0,oiîi;TOtaitmêriie-.d^ux" C6ntâ:qu,'a'lir:e';ceiit milie piastres pai:it'. fatofiser .nineî ligne; dd "vrapeiarrë -océsgiticpuiesj; .';ôn;xpn6trmsaiti(;iia; palais législatif ■4îii*iiN douté; aiandelâ-de. La 'sorB^ûe: to taie' alliouée è^Aic ojalomsatidn -; «((),■ dLaosmji: pa;yà pres^.; ([UQ i ■ éxélusiï'emeiat: .ag?mcple^ oâ ^aoGor.dall; "àorpeioe ; une;s(Dainïe'':â'îiHîuelie!-.dd peîiltifiïîkiliB :pia§-tf«S')à fl-eît-. couragement deia:eôioi]Lis9.6i'd.i]:;;dans;;ieS;:;(i$iU^ tp'B^ri
jRla&iei|Hi^ ^ôin!Q&;à0mjttiî3!rpolft)l[i(pteS; <®it -tea^yé» que là: législature; diu;aifc"pti;l]air!3-.-dÂs sacrifiaee .plusS) grand$v'-.:M.'iTjeB3ie^?^;eBkîe:ftutïeg)&'Gxprifl3iait..ai:osivià-> la aeigstojQi ide îl 862ï i • «: En- ^^og^r^m't î .fti-tx ; somna^ aen j c0r-âôep,!p!0|i^'-d'a;ufere8:Qbj&:^5!!Je çiçQig::ôtr:e?>justifiabl{Ç.; d€'di!Feq«&V:ôiLivj?rto'e:4e!^^'tmT>e^ .ii^çi^i-ps-. dP-'.-B.a^ii Gaa^^da n'a .pas ,élé suffisa-pil^giU. .farViOt'isé§-, - O^i; /(^rt vraiferajpj^ôpi'ieîp :ua«.r,^a»mft-. fce;aïioQyîp,:;]gJu^, GQi?.,§i-f, dérable^'- -sl-.jl'atiuîiifeu^i •îf!aiipei;7J\i5tic«r)5bii;Xtobt?>l?its,0^,
Il est certain qu'un encooragteiÙ!©'iiï; ^Di^^ïSiSgvt^illd'actn corder,^ l'étahlissemen-.t,';dQ&.tQj'r-e&;-iTiovi;ltesv.-ftiu-tijt ralemtj : l'émigration, . •1,ou|our-& r.'Çr-Qi^aanie ■ Aq .la .• -i)OT : i P ulatiott: française, aiiix : E tats-Hûis. : : :Tû,us les. a«Sv des > miliiers ide-Ganadieûs-, .bef oés.;dij' foJ; .espQir.:d'.ari'ivesf ri vite à ia foitiiné, .etiéMouis: par-la-.:pérâpeGtivft:dvtMi.j avenir id^ùiiériqiue,'al33mdcm:naiGnt' 'leui-s ,t)OrEes'"?ia-'U talés. : ^13 mpiivemejit.îsi' tfatal: a la "Datirôtaalité-iCa+'nadien/ne ;se ctîntinue' eiroore mâlbefujTeUseiiiijBt. .€et^' >. peiîdatit uîitittiès-^petithotEàbre/batiiacquis aaK;iEt(ats-i: Unis tmei icerlaiine aisahc©;; lé;n©mbrei der ceitsv.qwi»/
4â4 LORD HONCK. [1862
ont été trompés dans leurs calculs est immense. La condition des Canadiens émigrés est guère enviable. La grande masse vit au jour le jour ; les ouvriers ont, il est vrai, des gages élevés, mais ils dépensent en proportion ; et, après avoir épuisé leur santé, ils se trouvent souvent dans une triste situation sur cette terre étrangère. Leur influence politique est nulle ; leur position, sous le rapport moral et religieux, est en général assez pénible ; beaucoup élèvent leurs enfants dans une complète ignorance.
M. l'abbé Tassé, dans son étude sur l'émigation, constate que 200,000 Canadiens ont laissé la province de 1840 à 1866. Avant l'Union, il y avait déjà un certain nombre de nos compatriotes aux Etats, et depuis la confédération, le mouvement de l'émigration, au lieu de diminuer, a malheureusement progressé. Restreint autrefois à quelques comtés du district de Montréal et des Trois-Rivières, il a gagné le vieux district de Québec et les autres parties du Bas-Canada. Nous croyons ne rien exagérer en portant de 400,000 à 500,000 le nombre de Canadiens réfugiés actuellement (1872) aux Etats-Unis.
La première émigration avait été causée par la difficulté de se procurer des terres, et par l'absence de communications faciles. Les mauvaises récoltes qui se sont succédées, et qui par suite ont causé l'appauvrissement de la classe agricole, le luxe et l'intempérance, ces deux plaies sociales, le manque d'industries suffisantes, le salaire trop modique accordé au travail, le trop petit nombre de carrières ouvertes à la jeunesse instruite, le goût des aventures et des voyages pour nn certain nombre, voilà autant de
té^j rMîflM^! ÎSè
dàTit ces aëïniëres aïinôes;; Il y a'^plusie],
causes'- aiil'qi-i'èlfeé' 'îT' e'st ' imppssimè ' 'il'e', rëinëClifeii''.
G'est 'l^''ffl'aifg;tiê''d^îivyâ^é'qùr a'' eïê, Td caiig^ô''i??fiî;
raénïtfô''ilianiiîacKiTp^'-les M
Déjà petfâHiit ■ iy-;&eTik^\iîfeFri'îèV^^- 'anÂ'êy Ç 'i)ffisiWi^è
b'éllé's'îiidtf&trl'és ''ont ^^è''^ï*lè%'s'dfarri§ î'e^i^îè's'èt'Ms
voirs d'eau, le bas prix de la-'iîiàîtf â'œWvïé/î^é^ éôift'm-UiiidationB:fgcïle«5"seitimi»^éïït à''liot¥e^i«p©sMbn. EBp^0rig<^ff3Liê:le47Kîfiîïiirï fâtôis^iiiilfd.fea.iwaïïuîffabtyMït» ^èl■§v^■ti^î^'dte■shMr&f'■;li";ci6rtBtinlé^brtJ^x]*^'$)1^^^ cïïëriîiil'ë dë'fëi' éîï-'^iëffe^^tîvê; aMt^M'tt'ftJ'aîfflîi n;u^ï*W¥t'èe^'rmîbl«mfefit$éiïïioiii''ênîgfltQyëa^m»é*mi6ni
t urré' piiiillqïïe^ ^^èsîr Hîïéftiî^Vtèé' hMi Wù'e'pragifc'èsiidii biëÀ plûs^gfSfttl'e;qtfé',éé''H^'^è ''fk j^b'pWïàftèiit*/' POH^â rex'eiiipië; ■Ûë''-pltréïétiVs' ' p^fe"' 'i^^i •'pefitâtiM'' tha^ÏÏê a'n'rièe- 't>éWe]it''iiri '^^âi^ti^'ïfoâfiBirë dé"ci^oyëhW^'êlr-^î restent 'dan'g^ïifë' tënd'îiibA^ffei^sailte;^ ,:>v^A\uy,A:^ cm Un projet de loi, presentQpar M. Aneyn,^ai3nei\(la^ l'acte qui. concernait le Havre de. Ouebec^' expert metfaïi à'îW cdMMssroii''du'iidvi^è''â'i^'i)'ôger'^ (&oit Se;t6ïma0e'sui^1ê^<na^îreâ:':^ ^l]';^^'^'^ ''^^■'f^^'ï;':
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456 LORD MONcîi. [1862
écoles séparées, après une lutte longue et acharnée, devait enfin triompher ; la voix éloquente et l'habileté de M. McGee contribuèrent à ce grand changement. Il ne restait plus que quelques fanatiques, MM. McDougall, Ferguson, Morris et Brown, entre autres, qui refusaient de concéder aux catholiques le plein droit d'établir des écoles, où ils pussent donner à leurs enfants l'instruction religieuse avec les autres branches de l'enseignement. La crise ministérielle empêcha le projet Scott de devenir loi, et les libéraux s'engagèrent à passer une semblable mesure sous leur responsabilité.
La question des édifices parlementaires d'Outaouais fut le sujet de fortes accusations portées par les libéraux contre le ministère. La législature avait approprié $900,000 à la construction de ces édifices ; les contrats avaient été donnés aux entrepreneurs pour une somme de près de $700,000. Cependant le gouvernement avait déjà dépensé plusieurs cent mille piastres en sus de l'appropriation, lorsque guère plus que la moitié des édifices était terminée. Plusieurs travaux importants ne furent pas mentionnés dans les contrats. Le système que l'on adopta pour le chauffage, la ventilation, etc., fut en partie la cause de cet excédant de dépense ; il exigea des excavations profondes dans le roc vif.
M. Rose, sous lequel furent en partie faits ces ouvrages, était reconnu par son intégrité; mais il s'était trouvé à la tête du département des travaux publics, sans connaissances pratiques de ces ouvrages, et avait dû se fier à des employés subalternes, qui l'avaient trompé. Lorsque M. Gauchon lui succéda,
les contrats étaient s'gnés et les travaux assez avancés. M. Cauchon refusa de se servir de l'assistant commissaire, M. Keefer, en qui il ne reposait nulle confiance ; ensuite, il fit examiner les travaux par M. Killaly, et lui fit préparer un rapport, qu'il soumit aux chamîàres.
M. Cauchon avoua que des erreurs avaient été commises par les architectes dans la confection des plans et l'évaluation des dépenses; mais pour calmer l'étonnement que ces révélations devaient produire, il cita des exemples de semblables erreurs commises en d'autres pays. Ainsi, le palais de West minster, évalué à £707,000, avait coûté £2,333,000. M. Mackenzie proposa sans succès de soumettre la question des édifices à l'action d'un comité ; munide renseignements plus ou moins coirects, il déclara qu'il y avait eu des fraudes, et qu'il s'était passé des faits étranges. M. Sicotte fut d'avis qu'une enquête était nécessaire, afin de constaterpourquoi tant d'argent avait été dépensé.
On reprocha avec raison au ministère de ne pas avoir informé la législature, en 1861, de l'état réel de l'ouvrage, et d'avoir payé des sommes considérables en sus de l'appropriation première, et cela en violation des privilèges de l'assemblée législative. Cette question malheureuse porta plusieurs membres à retirer leur confiance au ministère et à accélérer sa chute.
M. John-A. McDonald présenta un projet de loi
destiné à organiser la milice sur un pied efficace.
La mesure avait été préparée sur les suggestions
d'une commission spéciale composée de MM. Cartier,
458 i.ORD MONK. [186'2
McDonald, du colonel Lyson, etc., et nommée à la i suite de l'affaire du Tient. Cette difficulté avait démontré l'importance qu'il y avait de mettre la province sous la protection d'une force efficace, et tous les Canadiens, sans distinction de partis, reconnurent que la loi de milice était ineffi<:ace, et insistèrent sur une meilleure organisation.
Les commissaires, dans leur rapport, établissnient qu'une force active de 50,000 hommes, devant faire chaque année vingt-huit jours d'exercice militaire, et qu'une réserve d'un pareil nomhre, étaient nécessaires pour la défense efficace de la province. Ils recommandaient la division de la province en districts militaires, et la construction d'un arsenal dans chaque district. Le gouvernement se détermina à mettre à effet les suggestions des commissaires.
M. John-A. McDonald fit l'historique de la mesure et expliqua le prûjet qu'il présentait. Les ministres déclarèrent qu'on lèverait une force plus ou moins considérable (30,000 à 50,000 hommes) suivant le besoin et les sommes votées par la législaluie.
Les libéraux insistèrent à connaître le montant des subsides que le gouvernement demanderait. M. Galt répondit qu'on se proposait, la première année, de lever vingt mille hommes, qui, ajoutés aux dix mille volontaires, formeraient trente mille, et qu'on leur ferait faire quatorze jours d'exercice ; on désirait porter ce nombre à cinquante mille hommes l'année suivante. Le montant qu'il demanderait dans le budget serait de $850,000, y compris les accoutrements et la construction des arsenaux, dont la somme s'élèverait à 8240,000. Ce dernier montant
était demandé une fois pour toujours, II était rl'avjs que la dépense annuelle Ul; dépasserait dus $5i!0.0CO. M. Loranger pensa que la province t ni ipable de fournir une som'ne aussi cousidn-iltle pOT la milice, le </^/îa7 était déjà coi.sidéraule. M. Evanturul parla également contre la mesure. M. Laagevia l'approuva, tout en suggérant quelques modifications. MM. Rose et de Cases se prononcèrent aussi en faveur d'une milice efficace.
Le projet de milice ne fut pas discuté comme le méritait un sujet de cette importance. Les libéraux ne firent pas connaître leurs vues sur la question de la défense ; ils furent unanimes à voter contre le projet ministériel, afin de renverser le cabinet. Quel* ques démocrates étaient d'avis qu'il n'y avait pas besoin de milice, que l'Angleterre devait nous défendre et payer une miMce si elle en voulait; ils étaient c )nséquents avec leurs principes annexion' nistes, qu'ils n'osaient pas professer publiquement, mais qu'ils entretenaient en eux-mêmes.
Les organes des libéraux jetèrent l'effroi parmi la population, en criant que la mesure demandait des sacrifices immenses, et établissait une taxe directe de cinquante centins pour le soutien de la milice. Gomme le fit remarquer M. Gartien cette taxe n'était qu'une pénalité infligée à ceux qui ne se rendraient pas à l'exercice. La population des campagnes cornmença à s'exciter, et demanda le rejet du projet ministériel.
Le peuple pouvait être effrayé d'une organisation si coûteuse, de la levée par conscription de trenli; à cinquante mille hommes que l'ou devait enlever à
l'agriculture et aux industries pendant quatorze ou vingt-huit jours de l'année, lorsque jusqu'alors, on n'avait dépensé que de faibles sommes pour la milice. Tout danger du côté des Etats-Unis avait cessé ; les Américains se livraient alors à une guerre civile, qui devait les épuiser, et les dispenser de porter leurs regards sur le Canada.
Plusieurs partisans du ministère essayèrent de faire modifier le projet. Les ministres s'y refusèrent ; ils crurent pouvoir braver l'orage, et se fièrent trop sur leurs propres forces. Le projet de la milice fut rejeté à sa deuxième lecture sur un vote de soixante et un contre cinquante-quatre (^).
M. McDonald se trouva dans sa section supporté par une majorité de sept voix; ses partisans ne divisèrent pas leurs forces, et plusieurs membres indépendants se raillèrent à eux. M. Cartier, au contraire, qui avaitjusqu'alors été soutenu par une forte
(i) Pour la 2e lecture du Bill : Allevn, Ault, Baby, Bell (Russell), Benjamin, Biggar, Bianchet, M.-C. Cameron, C'arling, Caron, Cartier, Cauchon, Chapais, Clarke, Cqckbum, Crawford, Dawson, DeC»ses, Denis, Desaulniers, J oseph Dufresne, Dunkiji, Dunsford, Ferguson, Galt, Haultain, Hooper, Jackson, Langevin, Jolin-A. McDonald, McCann, McLacldin, Morin, Morris, Morrison, Morton, Pope, Portman, Poupore, Priée, Eobinson, Robitaille, Rose, J. -3. Ross, R,yerson, Pi.ykert, Scott, Simpson, Smith, Somerville, Street, Tassé, Telt et Walsh — 54.
Contre : Abbott, Archambault, Beaubian, Bell (Lanark nord), Beandreau, Bo-wen, Brousseau, Bureau, Burwell, Connor, Cowan, Daoust, DeBoucher\-iUe, Dickson, Dorion, Dostaler, Dmmmond, Alex. Dufresne, Evanturel, Foley, Portier, Fournier, Gagnon, Gaudet, Hébert, Howland, Huntington, Huot, Jobin, Joly, Kierzkowski, Labrèche-Viger, Lafraraboise, Loranger, D. -A. MacDonald, John-S. MacDonald, Mackjnzie, McDongall, !McGee, McKellar, Mongenais, Munro, Notman. O'Halloran, Patrick, Prévost, Rankin, Rémillard, J.-J. Ross, Bymal, Scatcherd, Sicotte, Simard, Starnes, Stirton, Sylvain, Tasoherean, Wallbrid^e, TThite, Wilson et Wright— 61.
t862j LORD MONCK. 46Ï
majorité, se iruuva dans une minorilé de treize. Plusieurs de ses partisans refusèrent leur concours au projet do la milice, qui avait été condamné par leurs'constituants, dont ils représentaient en chambre les opinions et les besoins. Les libéraux votèrent en corps contre la mesure dans le but principal de renverser le ministère ; le vote qu'ils donnèrent éta,it un vote de non-confiance.
Mais comme le fit remarquer MM. Drummônd et Loianger, ceux qui enregistrèrent leurs votes contre le projet de la milice, ne le firent pas par manque de loyauté. Les uns, les modérés, trouvaient cette organisation trop onéreuse pour les revenus de la province, mais ils étaient prêts à faire certains sacrifices pour la défense du Canada ; les autres votaient non-confiance dan? l'administration.
M. Cartier et ses collègues considérèrent qu'après ce vote, ils devaient donner leur démission. C'est ce qu'ils firent le 21 mai (1862). En remettant les rênes du pouvoir, M. Cartier exprima sa reconnaissance aux députés qui lui avaient accordé jusqu'alors un appui, constant. Il félicita M. John-A. McDonald, son collègue, de la majorité qu'il avait obtenue dans la province quïl représentait. Il se déclara fier d'avoir succombé sur une mesure destinée à soutenir sur ce continent la gloire du drapeau britannique, et dont la nécessité avait été admise. Il craignit que les ennemis des Bas-Canadiens ne vissent dans ce vote les preuves d'un manque de loyauté.
En effet, sans approfondir ù fond les raisons qui portèrent la majorité des membres à rejeter le pro-
jet de milice, les hommes d'état et la presse de l'Angleterre regardèrent cette conduite comme un indice que les Canadiens refusaient de pourvoir à leur propre défense ; ils allèrent jusqu'à les accuser de manquer de loyauté. Quelques membres, M. Goldwin Smith entre autres, parièrent d'abandonner le Canada à lui-même, puisqu'il n'était qu'un fardeau pour l'empire, et qu'il faisait courir les dangers d'une guerre avec les Etats-Unis. Les autres pensaient que les Canadiens devaient faire de plus grands sacrifices pou'" la défense de leur territoire que par le passé* Ils voyaient du danger à laisser au Canada les 12.000 hommes de troupes, qu'il y avait alors, sans être appuyés par une force volontaire suffisante. Depuis la guerre américaine, le gouvernement impérial insistait à ce que le Canada prît une part plus active à sa propre défense; selon LordPalmestou, il n'avait pas l'intention d'augmenter ni de retirer les troupes du Canada; c'était dire que les Canadiens devaient • compter sur eux-mêmes pour le reste. La nouvelle politique de laisser les colonies pourvoir à leur propre défense faisait de grands progrès.
Le parti libéral-conservateur ou simplement conservateur, formé en 1854, avait fait un long règne. C'était le même parti qui, sous les noms de divers ministères, McNab-Morin, Taché- VlcDonald, etc., avait administré les affaires publiques. Le dernier ministère Cartier McDonald, qui était une continuation des précédents, comptait presque quatre années d'existence. Remarquons que les députés du Bas- Ci;! lii, p ir leur uuLon, avaient été la force de ces administrations. La chiite des conservateurs chan-
1862] hOKT) MONC&. 163
geait les rôles, le Haut-Canada allait pendant deux ans commander à l'autre province.
Depuis que MM. Cartier et John-A. McDonald avaient remplacé au pouvoir MM. McNab et Morin, ils avaient doté la province de plusieurs actes législatifs importants: la décentralisation judiciaire, la codification des lois civiles, l'introduction des lois françaises dans les cantons de l'Est, la refonte des statuts provinciaux, les actes des municipalités, la réorganisation de plusieurs départements publics, le rachat définitif des droits seigneuriaux, l'assimilation des lois commerciales et criminelles des deux provinces, l'achèvement des chemins de fer; voilà autant d'actes qui jettent de l'éclat sur l'administration des conservateurs, et dont les résultats ont grandement contribué au bien de la province.
Mais à côté des services réels qu'elle a rendus, cette adminstration est marquée de quelques ombres : le choix de la capitale, sa conduite relativement 4 l'érection des édifices parlementaires, un faible peutr être trop grand pour la compagnie du Grand-Tronc, enfin certaines violations des usages parlementaires. Il est difficile toutefois qu'une longue existence politique ne laisse pas quelques actes à condamner.
Malgré ce qu'en ont dit leurs adversaires, MM. Cartier et John-A. McDonald apparaissent dans notre histoire comme les deux plus grandes figures politiques de l'époque. Ils ont droit à la reconnaissance publique, car ils ont rendu les plus grands services à leurs compatriotes, Après plusieurs anoées de carrière administrative, ils sortirent tous deux du cabinet aussi pauvres qu'ils y étaient entrés. Ils se
montrèrent tolérants et libéraux, ils défendirent généreusement les institutions catholiques, les écoles séparées, empêchèrent les fanatiques, comme Brown et ses adeptes, de dominer sur le Bas-Canada. Disons encore que les chefs conservateurs ont toujours été soutenus et généralement approuvés par le clergé, fit par la m.asse do la population has-canadienne des deux origines.