FONDATEURS
Ursulines de Québec ....
Mme de la Peltrie.
Congrégation de N. D., Mont-
réal
Sœur Marg. ItourTeois.
Séminaire de Québec . . . .
Mgr de Laval .
Séminaire de Saint - Sulpice,
Montréal
Comp. de Montréal.
Soi'urs (le la Congrégation, Qué-
bec
Mgr de Saint- Valier.
Ursulines des Trois-Rlvières .
Mgr de Saint- Valier.
Collège de Montréal ....
M. Curratteau, Sulpic.
Séminaire de Nicolet . . . .
M. Brassard, curé.
Collège de .Saint-Hyacinthe . .
M. Cirouard, curé.
Collège de .Sainte-Thérèse
M. Ducharme, curé.
Collège de ChamWIy . . . .
M. Mignault, curé.
Collège de Sainte-Anne . . .
^L Painchaud, curé.
Université de Toronto.
Collège de l'Assomption .
^L Labelle, curé, Dr Meilleur, etc.
Collège McGill, Montréal . .
Hon. P. McGill.
Collège de Kingston . . . .
Mgr McDonell .
Ecoles Chrétiennes, Montréal .
MI\L les Sulpiciens.
Histoire du Canada en tableaux, par Mgr Lange vin.
La Congrégation de Montréal établit plusieurs missions : à la Montagne (1676), transférée plus tard au lac des Deu.x-Montagnes, à la Sainte- Famille, île d'Orléans (1685), quelques années aprè.s, au
96 r^YDENHAM. [1841
A mesiTio quo la population augmentait, et que le besoin se lliisait sentir, surg-issait un de ces magniliquos établissements, qui t'ont aujourcVhui la gloire du Canada catholique. Ces institutions ont impiiinr aux Canadiens un caractère religieux ci morr.l, (|u'ils ont su assez bien conserver jus(ju'aujourd"hui, oi qu'il est désiralîle de voir se p('V])(''1u(M-. On doil donc une reconnaissance cternelh» à c(\s ]>rêtres di''sint«'^ressés, à ce? femmes remplies de chariic et de zèle, qui sacrifièrent à Tcducation de la jeunesse leur santé et leUrs épargnes, dans les moments si critiques de notre histoire. Si lei. Canadiens eussent dépendu uniquement de Tancien gouvernement, ils se sera:(^nt trouvés presque sans moyens d'éducation. Ils auraient manqué d'hommes capables de défendre leurs droits politiques et leur nationalité. Ils auraient été sans influence et n'auraient pu conquérir leurs droits et leur privilèges.
Pour nous résumer, disons qu'en 1841 l'instruction classique ét-ait très-répandue. Dans le Bas- Canada, elle pouvait être comparée avec avantage à celle des peuples les plus instruits de l'Iilurope, eu égard ù la population. L'instruction populaire se développait assez rapidement dans les villes et dans quelques paroisses privilégiées, mais elle manquait presque totalement, à part l'éducation religieuse, dans le plus grand nombre de nos campagnes. Plus de la moitié de la population canadienne en était privée complètement.
Châteai'.-Richer, à La Chine et à la Pointe-aux-Trembles (Montréal), à liouclici ville (1703), à la i'rairie de la M.agileleiiie (vers 1703), à la Pointe-aux-Tremblcs, Ouébec, (1715), à .Saint- Laurent, ile de Montréal (1732), à Saint-Denis (I783), à la Pointe-Claire, île de Montréal (17S4), à Saint-Eustache (1833). (Jlistoire de la Sicur Bourivois.
Dans le Haut-Canada, on avait passé diverses lois d'éducation on 181G, en 1820 et en 1833. Ces mesures, de l'aveu des membres de cette province, avaient été trouvées insuffisantes ; elles avaient manqué de produire des résultats satisfaisants. La nouvelle loi fut donc bien vue de tous les partis. L'éducation élémentaire était passablement répandue parmi le peuple : cependant plus de la moitié des enfants était privés des bientaits de l'instruction. Un certain nombre d'écoles supérieures appelées écoles de ii^rammaire étaient en opération. Comme institutions de première classe, il n'y avait que l'Université de Toronto, établie en 1827 et liée avec l'éo'lise d'An^'leterre. et le collège catholique de Kingston, fondé en 1837 par Mgr McDonell. UAcadémie du Iluut- Catiadu, qui existait depuis cinq ans, fut. incorporée en 1841, sous le nom de Collège Victoria de Cobourg. Au mois de septembre 1841, une charte royale fut octroyée au Qaeens Collège de Kingston. Cette institution, qui était liée à l'église presbytérienne, ouvrit ses classes l'année suivante. Le collège McGill, établi en 1835 par la générosité de l'JIon. M. Peter McGill, était dans le Bas-Canada la seule institution anglaise de premier ordre.
Une autre mesure importante l'ut celle qui établissait dans le Haut-Canada des corporations municipales, au moyen desquelles le peuple pourrait gérer à l'avenir ses atlliires locales. Plusieurs réformistes .s'opposèrent à certaines elau-ses, entre autres, à celles qui laissaient à l'exécutif la nomination des présidents et des trésoriers. Les libéraux du Bas-Canada les appuyèrent, tout en profitant de cette occasion pour essayer d'amender
l'ordonnance que le conseil spécial aA'ait imposée à cette province, et qui était en plusieurs points semblable à la loi que Ton voulait établir dans le Haut-Canada. Ils désiraient enlever au gouvernement la nomination des officiers municipaux, changer les divisions des districts, et les chef-lieux, que le gouvernement avait fixés d'une manière arbitraire. Ils ne s'opposaient pas aux institutions municipales, mais ils voulaiiMit les établir sur un pied satistaisant pour le peuple, qui les avait en aversion.
La loi fut discutée avec chaleur pendant plusieurs jours. M. Viger prononça un discours énergique, que nous reproduisons en partie : " J'ai examiné, disait-il, avec la plus stricte attention l'ordonnance du Bas-Canada, et je suis fâché de dire que le caractère de cette mesure ne ]:>eut être ai>prouvé par i)ersonne. Elle a été passée par des personnes qui ne représentaient pas !<» p<Hiple. Elle a établi un mécanisme de gouvernement
inconnu jusqu'à présent du monde civilisé
Le gouverneur divise à sa volonté la province, qu'il morcelle en districts; il nomme certains officiers des conseils ; il contrôle les assemblées de ces conseils, et a le pouvoir de les dissoudre à sa volonté : c'est ce qu'on appelle des corporations municipales ! des institutions par lesquelles le peuph^ se gouverne lui-même ! Si la chambre peut se laisser )>rendr(^ à un semblable ])iége, j'en serai bien étonné. Oh ! Mais le système est bien bon pour les pauvres Canadiens, diront certains membres, ]^our ces Canadiens à d<'mi civilisés, qui n'ont aucun droit de se gouverner euxmêmes ! Je ne veux pas que Ton me croie opposé aux institutions municipales ; mais celles qu'on
lions o tire ne sont pas cefjn'elles devraient être. Si rordonnance du Bas-Canada eût été soumise au peuple, elle ne serait pas devenue loi ; parce
que c'est une loi inique et sans exemple Be
telles lois, l)ien loin de promouvoir le bon gouvernement, ne peuvent que détruire la paix et riiarmonie du peuple. J'espère qu'on ne fera pas partager au reste de la province le sort du Bas- Canada je suis assez égoïste pour m'opposer
à ce que tous ces beaux et grands avantages soient accordés aux Haut-Canadiens "
M. le secrétaire Harrison, le moteur de cette mesure, dit que la responsabilité du gouvernement reposait sur ce projet de loi, et qu'il y tenait tel qu'il l'avait présenté. Il s'opposa à ce qu'on le comparât avec l'ordonnance du Bas-Canada. Comme cette dernière loi venait d'entrer en opération, il trouvait juste de ne pas l'amender pour le moment. Si l'expérience démontrait qvi'elle contenait C[uelque chose de A'icieux, il serait temps alors d'y fjiire les changements nécessaires.
M. Baldwin trouva injuste la conduite du ministère envers le Bas-Canada, en refusant d'amender l'ordonnance des municipalités. Ce n'était pas de cette manière c^u'on gagnerait l'affection du peuple. " Si je croyais un seul instant, continua l'honorable membre, que le peuple du Haut-Canada fût disposé à agir injustement envers le Bas Canada, je rougirais d'être son représentant. Tant qu'on établira de semblables distinctions, c'est en vain que l'administration nous dira qu'elle désire nous voir unis... " M. Baldwin engagea fortement le ministère à ne pas imposer une mesure contraire aux désirs du peu-
pie, mais plutôt à l'aniendeT'de manière a la rendre ntile et efficace.
Sir Allan McNab et quelques autres conservateurs i^arlèrt^nt contre la mesure, parce qu"ils étaient opposés aux institutions municipales ; ils ne voulaient pas concéder au peuple de si grands pouvoirs. Une majorité de quelques voix se prononça en faveur de l'acte du Haut-Canada, et refusa en même temp? d'amender l'ordonnance du Bas-Canada. On remarqua avec chagrin M. Hincks et quelques députés d'origine française appuyer le parti ministériel dans cette question si importante pour l'avenir du peuple (i).
La législation criminelle reçut de grandes modifications, grâce à trois lois qui furent rédigées par M. Black, député de Québec. Lp premier de ces actes avait rapport au crime de larcin, le deuxième reo'ardait les injur«\'; malicieuses et le troisième traitait des offenses contre les personnes. Ces chanti'emciits adoucissaient la sévérité des lois criminelles, imi réduisant de beaucoup les offenses capitales. La iieiiie du /y/A^/v'fut aussi abolie, et l'on substitua 1 > péiiiteii-ier à la déportation. Les anciennes lois, par leur sévérité, répugnaient aux mœurs de ce siècle ; d'ailleur.';, leur excès de rigueur assurait assez souvent l'impunité des coupal)les. Cette nouvelle législation mettait le Cainida sur le même pied que l'Angleterre, qui avait déjà adopté la même réforme. Le savant jnge de l'amirauté reçut des Canadiens les plus grandes félicitations pour les changements qu'il A'enait d'introduire dans la législation canadienne.
(i) MM. Kuel, Quesnel, Taschereau et Raymond.
1811] SYDENHAM. lOl
Des amendements furent laits aux lois qui régissaient les cours de districts et à celles qui coneermient le recouvrement des petites dettes dans le Haut-Canada. Une autre loi établissait dans le Bas-Canada, des cours de districts ayant juridiction dans les atïaires civiles au-dessous de X20 (i), et des cours de divisions poiir atïaires au-dessous de £6 5 0. Cet acte, qui resta en force jusqu'en 1844, remplaça les cours de shérifs érigées par le conseil spécial.
Au nombre des autres actes importants étaient ceux qui pourvoyaient à la traduction des lois en français, à la fixation du cours monétaire et à la création d'un bureau des Travaux-Publics, dont la nécessité se faisait vivement sentir. Un projet de loi ayant pour but de perfectionner les actes des élections, fut aussi passé par les deux chambres, malgré l'opposition du gouvernement. Le gouverneur le réserva à la sanction royale : c'était vouloir qu'il ne devint pas loi. C'est ce C[ui eut lieu en effet.
Le conseil législatif refusa son concours à dixhuit projets de loi soumis par l'assemblée. De ce nombre était celui qui accordait aux "pétitionnaires des élections contestées, un délai pour se conformer aux réquisitions voulues par la loi, un autre était relatif à l'indépendance des jimes, un troisième devait rendre électif le conseil de ville de Québec. En rejetant les mesures si nécessaires et si justes, le conseil s'exposait à renouveler les anciennes divisions qui avaient existé entre les deux chambres et à s'aliéner l'esprit du peuple.
(i) Confoi rnéincnt à cette loi, vingt-deux di^tiicto furent ériges dans le' Bas-Canada et cinq juges furent nommes : MM. H. Guv, Wm. Power, A.-N. Morin, C.-E. Mondelet et C. McKav.
On peut dire qu'en général cette session porta de bons fruits ; elle vit passer plusieurs mesures de la plus g-rande utilité. Le commerce allnit recevoir une nouvelle impulsion par les travaux qui devaient être exécutés ; la législation criminelle avait été dépouillée de son ancienne sévérité ; la loi des écoles était destinée à répandre les bienfaits de l'éducation par tout le pays, jusque dans les rangs les plus obscurs de la population. Ces mesures d'intérêt général, proposées par le gouvernement, furent accueillies avec plaisir par les lil)éraux, qui leur donnèrent un appui cordial. Ils auraient été pleinement satisfaits s'ils eussent obtenus certaines réformes qu'ils réclamaient à bon droit. Quoique en minorité, ils protestèrent chaque fois qu'on leur refusa de leur rendre justice, et restèrent fidèles à leur devoir. Quelques-uns d'entre eux, dans une ou deux circonstances importantes, se rangèrent, il est vrai, à la politicjue ministérielle ; mais ils ne tardèrent pas à être condamnés sévèrement par leurs constituants, qui allèrent jusqu'à leur demander de remettre leur mandat. L'opposition du ministère à l'amendement de l'ordonnance des municipalités, à l'examen des pétitions des élections contestées, à l'adoption du projet de loi des élections, n'était guère de nature à calmer la population libérale du Bas-Canada. Elle aggravait encore la position de ce parti, qui était déjà assez pénible.
Vers la fin de la session, Lord Sydenham tomba grièvement malade des suites d'une chute de cheval. Cet accident hâta la fin de la session. Le 18 septembre, le parlement fut prorogé par le major-général Clitherow, nommé à cet effet
député-gouvernour. Le lendemain, le gouverneur mourut à Kingston, n'étant âgé que de 42 ans. Cette mort si inattendue causa un grand regret malgré les divergences d'opinion au sujet de sa politique. II l'ùt inhumé le 24. dans la capitale, avec tous les honneurs dus à son rang. Le même jour, le général Jackson prêta serment i omme administrateur de la province.
Lord Sydenham (connu d'abord sous le nom de Charles Poulett Thompson), est né en Angleterre en 1700. La réputation qu'il avait acquise dans les affaires commerciales le firent bientôt connaître des hommes d'état de la métropole, qui le placèrent à la présidence du bureau de commerce. Il occupa ce poste élevé pendant plusieurs année.*:;. ¥a\ ISoO, il lut appelé à remplacer Sir John Colborne, comme gouverneur-général des Provinces Britanniques. L'aidée suivante, on le créa pair du Royaume-Uni avec le titre de Baron de Sydenham et de Toronto, et, quelques jours avant sa mort, il recevait les insignes de l'ordre du Bain.
Lord Sydenham était remarquable par ses profondes connaissances. Il était surtout très-versé dans les affaires parlementaires, et possédait les qualités nécessaires pour la conduite d'un corps représentatif. Doué dune énergie extrême, amateur du travail, il s'occupa sans interruption de la tâche que le gouvernement impérial lui avait imposée. Dans la vie privée, il gagna par ses belles manières l'affection de ceux qui furent admis dans son intimité.
Pour première mission, il reçut ordre de préparer les voies à l'union des deux provinces. C'était une tâche très-difficile à remplir ; les
partis étaient divisés plus que jamais ; ils se rcssontaiont encore de la secousse des troubles insurrectionnels, l^ord 8ydenham arracha au conseil spécial du Bas-Canada un simulacre de consentement au projet d'union, et ne s'occupa nullement de la protestation de toute une population contre cet acte injuste. Dans le Haut- Canada, il parvint, à force d'habileté et d'intrigues, ;\ g'agner une majorité de la législature en laveur de ses vues. Fier de ce succès, il rédigea à la hâte, avec l'aide de quekjues amis, l'acte constitutionnel ; il parvint, grâce à son influence et à des moyens plus ou moins honnêtes, à le l'aire adopter par le i>arlement impérial. Sans attendre la proclamation de l'Union et la convocation de la nouvelle législature, il fit passer i'>ar le conseil spécial, composé de ses créatures, plusieurs ordonn^ances dont les uik's étaient lionnes dans leurs principes, mais mauvaises dans certaines de leurs dispositions ; les autres étaient iniques dans toute leur teneur. Ces ordonnances faisaient peser des taxes considérables sur les ha])itants du pays et changeaient plusieurs de leurs anciennes coutumes.
Une autre mission de Lord Sydenham fut de faire fonctionner l'acte d'union et d'administrer les alfaires d'après les principes du gouvernenu^nt responsable. Il pouvait, rétablir hi tranquillité publique, et ctrele régénérateur du pays, en rendant justice égale à tous les Canadiens, sans distinction d'origine ; par une conduite libérale, il eût posé les fondements d'une nouvelle ère de bonheur. Au contraire, il s'appliqua à briser les partis, alin de n'en laisser aucun gagner une position saillante sur la scène poli-
tique, et de conduire lui-même les aHhiros ])ubliques (1). Il sc^ plut surtout à exclure la moitié de la population Irnuçaise de toute participation aux allaires politiqu(»s et aux principaux emplois, et il la tint dans une position humiliante. Il donna une preuve de son mépris pour cette origint» dans la proclamation de l'Union, où il exprimait pour le Haut-Canada " des s-^ntiments d'atléction aussi bien que d'intérêt, " laissant à supposer par son silence quels sentiments il éprouvait pour l'autre province.
Il lui fallait cependant une majorité représentati\e pour faire approuver l'Union. Comme nous l'avons déjà vu, il obtint cette majorité par la violence, les intrigues, et priva les électeurs (1(» ]oi\r droit de A'ote, moyens tout à fait inconstitutionnels. Mais cette majorité ne représentait ])as les vœux du peuple. Plusieurs fois elle lui lit défaut et mit si^s projets en grand danger : |)nnive, sou projet d'émettre du papier-monnaie, qui fut repoussé ; les actes concernant les élections, qui furent adoptés malgré le gouvernemenj ; l'acte des municipalités du Haut-Canada, qui ne ])assa qu'à la majorité de quelques voix.
C'est à tort qu'on a vanté les succès de cette administration : ces succès ne lurent qu'appa-
(i) Dans une lettre privée en ilatedu 27 juin l84l,,Lor(l .'^y(lenham ccrivait ce f)ui suit : " .... My nfficers (ministers), tliougli the he'-t men, I l)eiievc, for iheir departnicnts thrxt can I>e found, were iinfitrtunately, many of tlicm, unpopular fiom their previous conduct, and nfine of ihem sufhciently acquainted with the manner in wliich a goveinment thiough pailiament should lie conducted to rendernie any assistan e in this matter. I had therefore lo fight the whole battle mystrU ; and it has been a considérable puU on both one's address and temper — particularly as I had a ministerial crisis on my hands on the very day of the meeting: The resuit, however, has been complète success. ..." (Li/e o/Lord Sydenham. )
leiits. On cnit que Lord >Sydenham était parvenu à rétablir la paix ; cependant le mécontentement était presque général i);irmi le peuple. Ce o-quvernenr déilara hii-niénie tjuil ne pouvait laisser partir un seitl soldat de la noml)reuse armée que l'Angleterre entretenait à grands irais depuis les troubles. Il laissa donc à son successeur des embarras et des obstacles nombreux ; les atlaires étaient dans un état de confusion. Les mesures importantes qu'il lit pa.sser, ne pourront jamais faire oublier la politique tyrannique qu'il suivit à l'égard de la population libérale : il ne lui laissa pas même une étincelle de confiance dans son cœur. Les faits .sont là ; l'écrivain lidèlodoit les consigner dans l'histoire de son pays tels qu'ils se sont produits. Jamais un Canadienfrançais ne pourra louangtM- cette administration qui, dans le temps, a été honnie j^ar tous ses compatriotes.
Cette politique si injuste ne pouvait subsister longtemps. En ettet, On verra l)ientôt le parti qui l'a approuvée s'ét(Mndre rapidement, et le jiarti libéral, si grandement outragé, sortira victorieux et plus Jouissant que jamais.
Quant aux Haut -Canadiens, ils lurent généralement satisfaits de l'administration frîydenham qui leur avait été favorable sous tant de rapports, ils étaient devenus les maîtres du pouvoir ; ils avaient obtenu une représentation considérable, leurs finances étaient i)rosperes, le siège du gouvernement, et enfin une large part dans la distribution des deniers publics leur étaient accordés.
1841] SYDENHAM. lOt
Lfis relations amicales outre l'Angleterre et les Etats-Unis faillirent être rompues à cette époque, par deux graves difficultés. La première, la question des frontières entre la République Américaine et les Possessions Britaniquos, dans les environs delà rivière Madawaska. existait depuis quelque temps, et fut sur le point de conduire à des hostilités ouvertes. Une partie du territoire en litige avait été occupée par les troupes anglaises à Madawaska. L'état du Maine considéra cette prise de possession comme une violation directe et ilagrante des an-angements qui existaient alors. Cette question devait bientôt se régler paisiblement par dos arbitres que nommèrent les deux pays.
La seconde difficulté s'éleva au sujet d'un Canadien du Haut-Canada, nommé Alexander McLeod, qui fut pris, au mois de janvier 1841, sur le territoire américain, et incarcéré par les autorités de l'Etat de New- York, sous l'accusation d'avoir participé au désastre du bateau à vapeur " Caroline,'' lors des troubles insurectionnels. Le gouvernement anglais condamna amèrement cet acte, et demanda la mise en liberté du prisonnier McLeod. Il allégua que l'acte de l'incendie de la "Caroline" avait un caractère public ; que cet acte avait été comploté et exécuté par des personnes diimeut autorisées, par le gouvernement colonial à ]H*endre les mesures jugées nécessaires pour la protection de la vie et des propriétés des sujets anglais ; et, comme ces personnes avait accompli un acte de devoir public, elles ne devaient pas être jugées par un tribunal étranger. Le gouvernement américain ne tint pas compte de ces remontrances : il laissa régler la question par
l'Etat (le New- York. L'Angleterre souffrit cette humiliation. McLood eut son procès à Iltica ; mais le jury, faute de preuves suffisantes, acquitta le prisonnier, qui fut libéré après environ un an de réclusion.
Ce fut le 21 janvier 1841 qu'eut lieu l'installation du chapitre de Montréal, institué pour le service de la cathédrale, alin d'aider févéque dans le gouvernement de son diocèse. Cette cérémonie, faite au milieu d'un grand concours, fut présidée par Mgr de Nancy. Le chapitre st; composa d'abord d<^s chanoines titulaires A. Manseau, Y. G., H. Tludon, J.-C. Prince, A. -F Trudeau. Et. Lavo;e et J.-O. Paré, et des chanoines honoraires. I.^s vice-généraux du diocèse. Y. Quiblicr, Yiau 1^". Deniers, P. Archambault, et .I.-Z. Caron. Cette institution n'était pas nouvelle dans l'église du Canada, lin. <h:ipiire avait autrefois existé dans l'ancienne capitale de la colonie ; et ce ne l'ut que par le malheur des temps que ce corps si utile s'éteignit. (1)
Quelques missionnaires de la société des Oblats vinrent, en 1S41, se iixer à Montréal, d'après la demande de Mgr Bourget. Le Kév. Père Honorât, déjà connu par sa piété et ses connaissances, était le supérieur de la mission. Cet ordre s'est répandu ensuite dans plusieurs t'iidroits du Canada, il a rendu à la religion de grands services par les prédications et le zèle apostolique de ses membres.
Les Canadiens reçurent, en 1840 et en 1841, la visite du comte Forbin-.Tan.^on, évéque de Nancy et de Toul, primat de Lorraine. Cet illustre prélat rendit son séjour remarquable par ses nom- Ci) MJlcutges /Religieux de 1841 .
1841] SsYDENHAM. 109
brenses et savantes prédications. Son éloquence fit une impression profonde sur lout(> la i)opulation catholique : aussi on rr^çut-il des marques touchantes d'estime, et son souvenir est-il resté vivace dans «on cœur.
Un autre personnage éminent, M. Vattemare. visitait aussi le pays, dans un but tout à fait philanthropique: c'était de réaliser et de propager entre les diverses nations un système d'échange de li^Tes, d'objets d'art, descience, etc. Le généreux et célèbre voyageur parvint à créer, dans les principales vilh^s de l'Amérique, une noble émulation pour réalisercebut excellent. Son plan fut adopté par les deux populations du pays.
Les Canadiens-français eurent à déplorer, en 1841, la mort de l'honorable M. Joseph Papineau, doyen des notaires du Bi.s-Canada. et un des premiers mi^mbres de raiirien parlement provincial. Ce < itoyen. aussi distingué par son caractère et son patriotisme, (pie par ses vertus et son grand âge (88 ans), était le père de l'honorable M. Louis- Joseph Papineau. On remarque aussi le détH'-s du colonrd Joseph Bouchette, arpenteur-général du Bas -Canada, auteur du magnifique ouvrage intitulé " Description Topographique du Canada " et de précieuses cartes de la province. On peut ajouter a ces deux noms celui de M. l'abbé Jean Kaimbault, supérieur de Nicolet depuis de longues années. M. Kaimbauli, français de nai.ssance, avait été contraint de fuir le flot révolutionnaire de 1793 ; il était arrivé deux ans après au Canada, qu'il adopta pour sa patrie et dont il fut une des liloires par ses talents et son intelligence (1)
(i) Moururent en 1841 M. J.-L.-M. Sauvage du Chatillonnet, autre prêtre, fr.inça;s de naissance, de la maison de Sai»t-Sulpice,