HAUT-CANADA
L'Hon. W.-K. Draper, procureur-général, H-C. ; , " W. Morris, receveur-général.
Le 20 décembre suivant, M. W.-B. Kobinson, conservateur du Haut-Canada, se joignit au ministère comme inspecteur-général des comptes publics. M. Henry Sherwood, ^lu' re conservateur, avait été auparavant nommé solliciteur-général du Haut-Canada, sans siège dans le cabinet.
Les chefs de l'administration, M. Viger et M. Draper, occupaient le premier rang parmi les hommes d'état canadiens par leurs talents et leurs profondes connaissances. Tous deux avaient une longue expérience dans les atfaires politiques. M. Draper était encore un orateur distingué. Ses principes politicjues étaient plus modérés qu'autrefois ; il finit par admettre le gouvernement constitutionnel comme l'en tendaientles chefs libéraux.
M. Papineau dut son élévation au poste de commissaire des terres de la couronne, non à ses talents ni à ses connaissances, qui étaient médiocres, mais à son origine française et à son alliance avec une famille respectée des Canadiens. M. Smith était un avocat assez remarquable du barreau de Montréal, MM. Morris et llobinson-< fêtaient cfes hommes intègres et respectés de§
Haut -Canadiens. C»^s liois d( 'in it*r.s t't aient n<niveaux dans la politi(jU(\ sans connaissances parlt-mentaircs ot sans inliucncc.
Après avoir or^'anisé son minisinre, Sir Charles Metcalfcsc décida à dissoudre le parlement. Le 23 septembre, une proclamation sortit à cet etiet, et les brefs d'élections furent aussitôt émanés.
Deux grands partis se dessinèrent dans la lutte électorale L'un, composé des libéraux des deux sections de la province, devait ftiire triompher les principes défendus par les membres du ministère La Fontaine-Baldwin, leur manière d'entendre le gouvernement responsable, tout en condamnant le g'ouverneur dans son retard à former le ministère ; l'autre, composé principalement des conservateurs du Haut et du Bas- Canada, approuvait sans restriction les actes du gouverneur.
La cause embrassée par les ex-ministres triompha dans le Bas-Canada. Les' libéraux élirent une majorité écrasante de leurs partisans MM. La Fontaine, Aylwin et Morin furent élus par acclamation, ce dernier dans deux comtés : tandis que MM. Yig(% Xeilson et Cuvillier perdirent leurs élections. M. Yiger fut battu dans deux comtés ; cette double défaite ne l'empêcha pas de garder son portefeuille. D'un autre côté. MM- Moftatt et de Bleury, candidats ministériels, remportèrent à Montréal une faible majorité sur MM- Drummond et Beaubien. Cette victoire fut due à la violence et à l'influt^nce des sociétés secrètes.
Dans le Haut-Canada, ce fut le contraire : MM. Hincks et Dunn, membres du ministère La Fontaine-Baldwin, perdirent leurs éljections. et les réformistes purent à peine élire une dizaine de leurs partisans Le ministère avait employé tous
les moyens d'influence qu'il avait à sa disposition : le gouverneur était intervenu lui-même dans la lutte, et avait fait pencher la balance en faveur du parti conservateur. On doit remarquer que les Haut-Canadiens ont de tout temps montré de l'inconsistance en politique : à chaque élection, les partis devenaient tour à tour en majorité. Il suffisait qu'un gouverneur montrât de la sj'mpathie envers la minorité pour que cette minorité devînt la majorité : c'est ce qui a fait souvent la faiblesse et l'embarras des gouvernements. Les Bas-Canadiens étaient beaucoup plus fidèle à leurs principes ; ils ne se laissaient jamais influencer (i). En somme, une majorité de quelques voix fut acquise au ministère dans ces élections.
(i) Liste des députés élus aux élections générales de 1844 :